LA FÊTE-DIEU À MEMRAMCOOK

(extrait du livre de prône de 1820)

"Dimanche prochain, la messe commencera à huit heures et demie précises. Immédiatement après la grand'messe, on fera la procession solennelle du Saint-Sacrement dehors, si le temps le permet.Celui qui sera marqué pour porter la bannière ira la chercher à la sacristie pendant le dernier Evangile, puis passant par la porte de la sacristie, il se rendra devant la grand porte de l'église; alors les femmes et les filles défileront les premières à la suite de la bannière, ayant soin de marcher en ordre chaque côté du chemin, les premières arrivées se mettront à genoux, et ainsi à la file; pour le retour, elles iront encore à la suite de la bannière, mais dans un ordre contraire pour éviter la confusion, c'est-à-dire que celles qui marchaient devant en allant au reposoir seront derrière en retournant à l'église et vice versa. Les femmes qui auraient dee anfants avec elles ne se tiendront point devant le Saint-Sacrement.

Les musiciens marcheront immédiatement après le Saint-Sacrement; viendront ensuite les fusilliers qui formeront un bataillon carré. On ne prendra pour fusilliers que des personnes raisonnables; et le nombre ne devra pas excéder cinquante. La grande allée sera laissée libre pour leur faire place. Ils entreront au commencement de la messe ayant la tête découverte.Pendant la préface, celui qui sera à leur tête leur fera signe de défiler deux à deux et posément pour se préparer à faire la première décharge qui aura lieu au Sanctus et les autres comme suit, à savoir, la deuxième à l'élévation, la troisième au Domine non sum dignus la quatrième à la bénédiction du Saint-Sacrement, la cinquime à l'arrivée de la procession au reposoir, la sixième à la bénédiction au reposoir, la septième au retour à l'église et la huitième à la dernière bénédiction à l'église."

Suivent des commentaires sur le sens de la Fete-Dieu: "Institution de l'Eucharistie le jeudi saint; le deuil de l'Eglise est la cause de la translation de cette fête à un autre moment plus festif; l'Eglise se livre alors à toute la reconnaissance que demande un si grand bienfait; processions magnifiques, expositions fréquentes du Saint-Sacrement, saluts tous les jours de l'octave, exercises de piété dont il faut profiter. Notre Seigneur nous y invite admirablement. Venite ad me omnes qui laborantes. Cette procession est le triomphe de Jésus-Christ sur l'hérésie et l'impiété; nous assisterons un jour au triomphe de Jésus-Christ, c'est-à-dire au jugement dernier; tâchons d'y assister avec confiance."