Extraits de
GAUDET, GUSTAVE, LA VALLÉE DE MEMRAMCOOK : HIER-AUJOURD'HUI, pp. 176-220

BIOGRAPHIES

Pour mettre fin à ce livre, il serait propice d'inclure de courtes biographies de fils et de filles, nés ou élevés dans la paroisse. Hommes et femmes qui, au cours de leur vie, ont laissé leur marque en se montrant dignes de leur paroisse natale, dans le domaine religieux, dans la magistrature, dans la médecine, dans les arts, dans le monde des affaires, dans la politique et dans la vie civile. Ceux qui en tout temps et en tout lieu ont fait rejaillir sur leur paroisse, la gloire et la renommée qu'ils ont méritées. J'écris ces lignes pour ceux et celles qui sont partis pour un monde meilleur et aussi pour ceux et celles qui oeuvrent encore et qui font toujours honneur à Memramcook.

LES PÈRES STE-CROIX

Vouloir écrire l'histoire de Memramcook, sans parler du Père Lefebvre et des Sainte‑Croix depuis leur arrivée en 1864 dans la paroisse, serait commettre un gros péché d'omission, car les deux sont tellement liés ensembles que l'on pourrait dire qu'ils sont inséparables. Si le nom de la paroisse de Memramcook paraissait sur les cartes du Nouveau­Brunswick avant 1864 comme paroisse assez importante, c'est à partir de la venue du Père Lefebvre et à sa suite, que le nom de la paroisse de Memramcook a pu s'écrire en lettres majuscules à cause du rôle qu'elle a joué dans la vie des Acadiens, non seulement dans la provinces, mais dans tout le Canada et même aux Etats‑Unis.

L'oeuvre des Sainte-Croix en Acadie et plus spécialement dans la paroisse est relatée en grandes lignes dans un volume "Sainte-Croix au Canada". Dans le chapitre, l'oeuvre des Sainte-Croix en Acadie, on trouve un résumé de l'histoire de la paroisse Saint-Thomas jusqu'à l'arrivée du Père Lefebvre le 7 juin 1864, avec une quantité de portraits des bâtiments du collège, ancien et moderne, de l'église, du couvent, des curés, de la congrégation jusqu'en 1949, de même que des photos des églises de Lourdes, Pré-d'En-Haut, Dorchester et Beaumont. Description des cours d'études; cours préparatoire, académique, universitaire, école d'éducation, de commerce et d'agriculture. Dans le chapitre, "Au regard de l'histoire", on lit ce qui suit:

"Toutefois, l'Université Saint-Joseph a fait oeuvre de pionnier et peut sans vaine prétention réclamer sa large part des fruits de l'éducation en terre Acadienne. A l'Église, elle a donné près de 350 prêtres, dont 3 archevêques et 3 évêques, des vicaires généraux et de nombreux prélâts. A la société civile, elle a préparé une foule d'hommes distingués qui ont fait leur marque un peu partout dans le pays; un premier ministre au Nouveau-Brunswick, un autre pour l'lle-du-Prince-Édouard, plusieurs ministres des gouvernements provinciaux, du fédéral, des sénateurs, des membres du parlement et des assemblées léglislatives, des médecins en grand nombre, des avocats, juges, des journalistes, des hommes d'affaires, des inspecteurs d'école, des agronomes et des cultivateurs instruits. "On reconnaît l'arbre à ses fruits."

En tout cela, l'Université Saint-Joseph n'a été qu'un instrument entre les mains de la Providence dont l'action évidente se révèle à chaque étape de l'oeuvre." 1947

Le Père Camille Lefebvre, c.s.c.

L'abbé F.X. Lafrance, curé de la paroisse de Memramcook avait fondé en 1854, le petit séminaire St-Thomas qui ouvrit ses portes le 15 novembre de la même année. A la suite d'embarras pécuniers et autres difficultés, le séminaire de St-Thomas fut fermé en 1862. Ne pouvant plus rayer ses dettes, monsieur le Curé Lafrance fit cession de ses propriétés a Mgr Sweeney, évêque de St-Jean et demanda à son Excellence qu'il fasse venir à Memramcook une communauté religieuse qui continuerait l'oeuvre déjà commencée. Pour mieux assurer la réussite et le succès de l'entreprise, il offrait d'abandonner la cure de Memramcook à celui qui serait choisi comme supérieur de cet établissement d'éducation.Mgr Sweeney rencontra à New York, le visiteur Général de la congrégation Sainte-Croix et fit les démarches pour qu'il fasse en son nom, une proposition en ce sens au supérieur de sa communauté. La demande de Mgr Sweeney, ayant été acceptée par les autorités de la Congrégation Sainte-Croix, le T.R.P. Générai désigna, le révérend Père Camille Lefebvre qui devint curé de la paroisse de Memramcook et en même temps supérieur du nouvel établissement que la communauté réussit de fonder à cet endroit. Le Père Lefebvre se mit en route le 27 mai de l'année 1864 et arriva à Memramcook le 7 juin suivant. Le dimanche qui suivit l'arrivée du Père Lefebvre, le Curé Lafrance monta en chaire pour la dernière fois et prononca ces paroles prophétiques en présentant son successeur à ses paroissiens: "Enfin il est arrivé le nouveau Moïse qui doit conduire son peuple dans la terre promise! Dieu soit loué!" II fit ensuite ses adieux aux habitants de Memramcook qu'il desservait depuis au-delà de douze ans; et la semaine suivante s'en alla prendre la cure de la paroisse du Barachois.Le nouveau curé et à la fois supérieur se mit à l'oeuvre et c'est le 10 octobre 1864 que s'ouvrirent les classes au collège Saint-Joseph, nom qui remplacait celui de "petit séminaire de Saint-Thomas". La vie du Père Lefebvre et l'oeuvre qu'il a accompli avec les autres religieux de Sainte-Croix a fait l'objet d'un livre de 300 pages, ouvrage dû à la plume d'un des se premiers élèves, l'honorbale Sénateur Pascal Poirier.

Le Père Camille Lefebvre naquit le 14 février 1831. II entra à l'Institut de Ste-Croix le 28 avril 1852 et y fut ordonné prêtre le 27 juillet 1855.

Arrivée à Memramcook, le 7 juin 1864, il y demeura jusqu'à sa mort, le 28 janvier 1895, alors qu'il fut trouvé mort dans son lit. Ce Saint prêtre, cet éducateur, ce fondateur de la première institution qui a donné aux Acadiens le privilège de l'enseignement français sur un pied d'égalité avec la langue anglaise (du moins pour les garçons) dans les provinces Maritimes. Après ses funérailles imposantes, il a été enterré dans le vieux cimetière de Memramcook, près de la petite chapelle blanche, dans ce coin de terre réservé aux religieux de la communauté, ses collaborateurs et ses continuateurs dans l'oeuvre de l'éducation des Acadiens pendant 100 ans.

LE PERE A. ROY

Le père Alfred-Valère Roy succéda au Père Lefebvre en tant que supérieur du Collège et comme curé de la paroisse. Dans le volume "Sainte Croix au Canada", voici ce qui est écrit sur le père Roy.

"II vit le jour le 25 octobre 1850 à Côte des Liesses, P. Q. II fit toutes ses études classiques au Collège St-Laurent, entra au noviciat en septembre 1871, fit profession le 7 décembre 1872 et fut ordonné prêtre le 21 août 1875."

Le père Lefebvre, alors provincial, ayant trouvé, dit la chronique, en ce jeune religieux une piété très remarquable, une grande activité et beaucoup de savoir-faire dans la direction du jeune âge, l'appela à Memramcook dès 1873, soit deux ans avant son ordination. Comme il avait l'intention d'en faire son successeur dans les oeuvres d'Acadie, il lui abandonna bientôt toute la direction du département des élèves. Cependant, il le laissa venir à Saint-Laurent comme supérieur de 1892 à 1895. Après la mort du Père Lefebvre en 1895, le conseil provincial désigna le Père Roy, comme successeur de ce dernier à la direction de l'Université Saint-Joseph, poste qu'il occupa jusqu'en 1904 et qui comportait en plus la desserte de la paroisse. A partir de cette date, le "bon Père Roy" comme disent encore les vieux Acadiens, s'occupa exclusivement de la paroisse jusqu'en 1918. Pendant la terrible épidémie d'influenza à l'automne de cette même année, malgré son grand âge, il se dépensa sans mesure au secours des malades. II dût, à plusieurs reprises, se faire fosseyeur pour inhumer les victimes du fléau. Dieu lui avait ménagé une épreuve encore plus pénible: il lui fallût bientôt dire adieu à ses paroissiens à peine sortis de la terrible épidémie et quitter ce coin de terre où il avait donné le meilleur de lui-même. Le supérieur général l'appelait à la succession du regretté Père Dion, comme provincial. Admirable d'obéissance et d'abnégation, le père Roy dût quitter cette paroisse où il se sentait aimé de tous et s'en vint à l'Oratoire avec la double charge de provincial et de supérieur. Au chapitre général de 1926, il devint assistant du supérieur général et alla vivre à Notre-Dame, Indiana, jusqu'en 1932: autre exil qu'il accepta avec sa bonhomie ordinaire. Le supérieur général sût adoucir les rigueurs de cet exil en lui permettant de fréquents séjours en Acadie "chez-nous", comme il disait de si bon coeur. II passa les deux dernières années de sa vie à Saint-Laurent où il édifia toutes ses confrères et en fut profondément estimé. II mourut au collège, le 10 mars 1934 à l'âge de 84 ans.

En ce qui concerne la paroisse de Memramcook, où il a oeuvré pendant vingt-trois ans, comme curé, son souvenir passera à l'histoire, comme ayant été un curé modèle, charitable, accessible à tous, en un mot, méritant bien le surnom le "bon Père Roy".

LE PERE LOUIS GUERTIN, c.s.c.

Quoiqu'il ne fut jamais ni vicaire, ni curé à la paroisse Saint-Thomas, le Père Louis Guertin a donné 53 ans de sa vie au Collège Saint-Joseph, comme éducateur. II fut à tour de rôle, professeur, préfet des études et supérieur à deux reprises. II a donc joué un rôle prépondérant au cours d'au delà d'un demi-siècle en Acadie. En plus de ses occupations, dans les diverses fonctions qu'il a occupées, il a été dans la paroisse comme dans beaucoup de nos centres acadiens du sud de la province, un promoteur de l'agriculture par ses écrits dans chaque numéro du Fermier Acadien, par ses conférences sur l'agriculture, prônant l'emploi de la chaux, la culture du trèfle et l'amélioration de l'industrie laitière comme moyens de progresser et d'améliorer le sort de l'agriculteur acadien. Son expression favorite était "Pas de chaux, pas de trèfle."

L'on raconte qu'un jour, un des employés de la ferme, que le Père Guertin taquinait souvent, avec cette expression, ayant vu le Père Guertin faire une taille sévère des pommiers du verger en avant du collège et trouvant qu'il coupait beaucoup trop de branches, dit au Père Guertin: "Pas de branches, pas de poumes".

Tout au cours de sa longue carrière, l'agriculture fut donc, après l'éducation, le second amour du Père Guertin. Aussi fut-il l'instrument du choix de profession de plusieurs de ses élèves qui devinrent agronomes. II était bon professeur de latin et de sciences. II aimait surtout le football et c'était lui l'arbitre en chef lors des parties. Cette préférence pour le football était probablement dûe au fait qu'il avait fait un stage d'études à l'Université de Harvard aux Etats-Unis et qu'il avait été témoin de parties toujours très contestées entre Yale et Harvard.

Au collège, il fut le fondateur de la Société Bilingue. Les anciens se rappellent ces fameux débats bilingues du 24 mai ou de la veille de la fin d'année. Sa contribution au service de la paroisse, pendant plusieurs années, était son sermon de Noël en anglais. De sa voix grave, il commençait toujours par: "Jésus Christ, the only begotten son of God was born today". II ne manquait pas au long de son sermon de se "dérhumer" et de cracher dans son grand mouchoir rouge. Le Père Guertin est né en 1864 et décédé à l'Hôtel-Dieu de Moncton le 3 février 1941. II est enterré dans le cimetière de la paroisse à côté des autres prêtres de la Congrégation Sainte-Croix.

Voici un extrait de l'éloge funèbre prononcé par son Excellence Mgr L.J.A. Melanson, archevêque de Moncton.

"Le Père Guertin fut essentiellement un éducateur. Sa belle intelligence, son vaste savoir, sa longue expérience en avait fait un homme de toute première valeur. Son oeuvre d'éducation ne fut pas restreinte à l'Université dont il fut deux fois le recteur et durant de si nombreuses années le professeur désintéressé et zélé. II fut par-dessus tout un saint religieux et un saint prêtre. Nous pouvons dire sans nous tromper que nul autant que lui n'a incarné la vie du pieux fondateur de notre Université, le vénérable Père Lefebvre. II s'est identifié à son oeuvre, il s'est épuisé à la maintenir et à la développer pour l'Église et ce pays qu'il avait fait sien. A la mémoire du Père Lefebvre, l'Acadie désire désormais associer le nom de celui qui pendant plus de 50 ans s'est dépensé pour l'instruction de plusieurs générations de ses enfants."

LE PERE PHILÉAS BOURGEOIS,c.s.c.

De tous les prêtres et religieux natifs de la paroisse Saint-Thomas de Memramcook qui se sont signalés au cours d'une vie bien remplie au service de l'Église et de l'Acadie, le père Philéas Bourgeois, c.s.c., occupe une des premières places. Dans une conférence devant la société historique acadienne, la Mère Saint-Marc Bédard, o.s.u. de Saint-Léonard, nous donne un apercu du travail gigantesque que le Père Bourgeois a accompli durant sa vie. Éducateur, écrivain, journaliste, il a été au dire de ses contemporains, l'âme de la plupart des grands discours patriotiques de son époque. Sous le manteau de l'anonymat, il a rempli pendant plusieurs années la fonction de rédacteur au journal L'Evangéline. Sous le pseudonymes Jude et Viator, il a écrit une quantité de lettres et mansucrits. Le Père Bourgeois fut le fils de prédilection du Père Lefebvre. II entra au Collège Saint-Joseph à l'âge de neuf ans et demi. Benjamin de sa classe, doué d'une mémoire prodigieuse, il fait, au témoignage de son compagnon d'enfance et de toujours, le Révérend Père André Bourque, c.s.c., "le cours d'études le plus brillant et le plus solide de tous les élèves passés au Collège." D'une politesse exquise rempli de douceur et d'urbanisme, il est aimé de tous.

II entra au noviciat des Père Sainte-Croix le 29 juin 1873. Après son noviciat, il est nommé professeur à son Alma Mater. Ordonné prêtre le 27 septembre 1879, par Mgr John Sweeney à Moncton, il chante sa première grande messe dans l'église paroissiale de Saint-Thomas de Memramcook, le dimanche suivant son ordination en présence de ses parents, Monsieur et Madame Frédéric Bourgeois. En 1880, lors de la convention de Québec, le Père Bourgeois, un des délégués de l'Acadie semble être le porte parole tout désigné du groupe Acadien. II présente à la convention, un substantiel mémoire sur "L'État présent des Acadiens et leur avenir." Notre jeune ami s'est surpassé déclare le Moniteur Acadien de Shédiac. "Son discours est aussi solide par les idées et beau par les sentiments, qu'il a été bien dit". Des tonnerres d'applaudissements l'ont accueilli.

Le Père Bourgeois prend aussi une part active à la Convention de 1881 à Memramcook. Pour aider à son père à payer une hypothèque, il quitte l'enseignement et s'en va comme vicaire pour un an à l'église canadienne Sainte-Marie à Manchester, N.H. De là, il devint curé à Main-à-Dieu et Louisbourg au Cap Breton. Transféré ensuite au Havre-Boucher comme curé pendant trois ans, alors qu'il donne sa démission le octobre 1889. II revient comme professeur au Collège Saint-Joseph. Tout en enseignant, il continue sa collaboration au Moniteur Acadien et à L'Évangéline. En 1891, il s'embarque pour un voyage en Europe. Chaque semaine, il adresse son journal de voyage aux éditeurs du Moniteur et de l'Evangéline. A sa demande, ses articles paraissent sous pseudonyme de Viator. Dans son journal de voyage, écrit au fil de la plume, se révèle le prêtre, l'historien, le patriote, le poète, le journaliste. En 1891, à son retour, il entre chez les Eudistes au Collège de la Pointe de l'Église, où il sera professeur d'anglais. II écrit pendant son séjour au collège "Le Panégyrique de l'abbé Jean-Mandé Sigogne"et par le fait même, devint le premier Acadien à publier un livre en 1892. En 1893, il reprend la route de son Alma Mater où il enseigna la classe de rhétorique latine. II écrit un deuxième livre "L'école aux apparitions mystérieuses", relatant au seul point de vue historique, note-t-il dans sa préface, les faits étrangers qui ont agité le village de Scoudouc pendant plus de trois ans.

De 1900 à 1902, le Père Bourgeois emploie les deux années qu'il passe au Collège Notre-Dame de la Côte des Neiges à Montréal à rassembler les documents nécessaires pour son Histoire du Canada en 200 leçons qu'il destine "à la jeunesse française de la Puissance du Canada". Ce volume, publié d'abord en 1903, connaîtra plusieurs `éditions. La maison Beauchemin le publia sous le titre "L'Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours" (c'est-à-dire jusqu'en 1925 au moins).

En juillet 1903, celui que l'on désignera comme "l'un des plus brillants professeurs et écrivains de l'Acadie et du Canada" revint au Collège Saint-Joseph comme professeur de littérature et d'histoire.

Pendant les années 1903 à 1911, le Père Bourgeois publie en volume, une série d'articles intitulés "Les Anciens Missionnaires de l'Acadie devant l'histoire". En 1911, le Père Bourgeois se retire à l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Là il participe activement à organisation et à la rédaction des tous premiers numéros des "Annales de Saint-Joseph du Mont-Royal.

Le 1 février 1912, sur l'ordre formel de son médecin, il met un terme à ses activités aux Annales. Dans ses temps libres, il avait commencé la composition de la "Vie de l'Abbé François-Xavier Lafrance" et "Une courte notice biographique de l'Abbé François-Xavier Cormier". Le malade, conscient de la gravité de son état obtient de venir terminer sa vie au presbytère de Memramcook, tout près de sa chère Alma Mater. C'est là, que son ami le Père André Bourque lui fermera les yeux le 3 avril 1913.

Le service funèbre est chanté en l'église de Memramcook, témoin de son baptême, de sa première communion, de sa profession religieuse et de sa première messe. Cette église où à maintes reprises il a distribué le pain de vie et proclamé la parole de Dieu à ses co-paroissiens. Son Excellence Mgr E.A. LeBlanc,premier évêque acadien et ancien élève du Père Bourgeois au collège de Church Point, est venu de Saint-Jean présider les funérailles. A côté des autres prêtres et religieux de Sainte-Croix, enterré dans le cimetière paroissial, le Père Bourgeois qui a fait connaître sa paroisse de Memramcook d'un bout à l'autre du pays, un de ses plus dignes fils, dort de son dernier sommeil.

LE PERE A.T. BOURQUE, c.s.c.

Le père André Bourque est né le 27 juillet 1854, fils de Thaddée Bourque et Anne Bourque. Placé en 1865 au Collège St-Joseph, André Bourque fit ses études classiques au complet, après quoi, comme son ami d'enfance et confrère de classe le Révérend Père Phileas Bourgeois, se sentant appelé à la vie religieuse, il se fit admettre dans les rangs des prêtres régulier de la Congrégation Sainte-Croix. II enseigna ensuite dans l'institution où s'étaient écoulés ses "jeunes ans" à partir de l'année même de son ordination en 1884 jusqu'en 1889. Ensuite, il alla à St-Laurent, près de Montréal. Tels sont les événements qui ont précédé la date de son départ pour les missions du Bengale. Cependant, au mérite d'avoir été missionnaire jusqu'en 1896, il a mérité aussi un autre titre assez enviable, celui d'être l'auteur de plusieurs belles chansons acadiennes, telles: "Evangéline", "La Marseillaise Acadienne","Plainte et pardon", "Le Pêcheur Acadien" et "La fleur du souvenir", celles-ci respirant toutes d'un même coup, l'amour du catholicisme et du pays natal, l'Acadie.

La chanson "Evangéline" qui est en quelque sorte, notre deuxième hymne national après "L'Ave Maris Stella", chanson que l'on chante, non seulement en Acadie, mais en Nouvelle-Angleterre, au Québec et même en Louisiane. Dans nos soirées acadiennes après avoir chanté Evangéline, on chante avec non moins d'entrain, "Le Pêcheur Acadien" et "LaFleur du souvenir". En plus de ces chansons si bien connues, le Père Bourque a aussi, à son crédit la composition d'une cantate, des odes, des hymnes, et des marches d'inspiration nationale. II a aussi écrit un ouvrage de longue haleine intitulé: "Les causeries du Grand Père Antoine", ouvrage extrêmement intéressant, décrivant les moeurs et les coutumes de la vie traditionnelle acadienne, dans un atmosphère gaie et légère. En faisant parler son personnage, le grand-père Antoine, le Père Bourque parle ainsi d'un des chants qu'il a composé; sa "Petite Marseillaise acadienne" qui ne ressemble guère à celle de nos fougueux républicains d'outre-mer; que ce chant acadien nous serve donc, pour ainsi dire, de bénédicité patriotique aujourd'hui et pour toujours. Si ces propos peuvent nous sembler démodés, ils reflêtent cependant le profond sentiment patriotique qu'animait le Père Bourque, tout en étant modeste en parlant de ses talents, il déplorait le manque de compositeurs acadiens. "Je vous envoie un petit chant patriotique que je viens de composer" écrivait-il au Père Stanislas Doucet, en 1910, "Comme vous pouvez le voir, ce n'est rien de bien prétentieux ou de bien grandiose ... Ce n'est qu'un humble effort, à d'autres de faire mieux". Le Père Bourque a donc fait oeuvre de bâtisseur, en claironnant un premier réveil, même si certains vers sonnent faux à nos oreilles exercées et à nos coeurs réconfortés. Le Père Bourque est décédé le 30 juin 1914. II repose à côté des autres Pères et Frères Sainte-Croix dans le cimetière de sa paroisse natale, Saint-Thomas de Memramcook. Par ses chansons, il a fait connaître au loin sa paroisse et il a été lui aussi, un de ses dignes fils.

LE PERE JEAN BAPTISTE CORMIER, c.s.c.

Le 21 octobre 1979, un hommage grandement mérité était rendu au Père Jean Baptiste Cormier, c.s.c. En ce jour, une plaque commémorative de bronze fut érigée en l'honneur de ce prêtre, natif de la paroisse de Memramcook, à la faculté des Sciences et de Génie de l'Université de Moncton, à l'occasion du retour des anciens de 1979. Le Père Cormier est né le 23 juin 1918, fils de Pascal Cormier et d'Evangéline LeBlanc. II fit ses études classiques à l'Université St-Joseph, où il obtint un B.A. en 1940, il fit ensuite ses études théologiques à Montréal et fut ordonné prêtre en 1944 dans la chapelle de l'Université St-Joseph par Mgr Norbert Robichaud. II étudia aussi à l'Université de Montréal où il obtint une license en science en 1950. II fut professeur à l'Université St-Joseph et l'Université de Moncton de 1945 à 1979. II fut le premier professeur de chimie de ces institutions et les milliers d'étudiants auxquels il a fait la classe depuis 1945 à St-Joseph et à Moncton, s'accordent pour dire qu'il a une réputation "qui frôle la légende". II a été, à tour de rôle professeur de chimie et de physique, directeur du département, responsable de laboratoire, membre du conseil d'administration et a siégé au Sénat Académique de l'Université.

La plaque érigée en son honneur se lit comme suit: "En reconnaissance à l'apport précieux du Père Cormier à l'enseignement de la chimie et faisait suite à la recommandation de la Faculté des Sciences et de Génie, l'administration du Centre Universitaire de Moncton a décidé que l'aile de chimie de l'édifice de la Faculté des Sciences et de Génie, sera dorénavant appelée "l'Aile Jean Baptiste Cormier". Le Père Jean Baptiste Cormier est décédé le 25 mars 1980. Ses funérailles eurent lieu le 27 mars 1980. II repose maintenant dans le cimetière paroissial à côté des autres Pères et Religieux de Sainte-Croix. Lui aussi a fait honneur à sa paroisse natale et l'a fait connaître au dehors de nos frontières.

LE PERE DISMAS LEBLANC, c.s.c.

Le Père Dismas LeBlanc, natif de la paroisse, a eu la distinction d'avoir été le premier supérieur acadien de l'Université St-Joseph et aussi d'avoir été le premier curé acadien de la paroisse de St-Thomas de Memramcook. Le Père Dismas, né le 26 septembre 1879 du mariage de Pacifique LeBlanc et de Scholastique Caissie. II fit ses études classiques à l'Université graduant avec un B.A. en 1904. Après ses études théologiques au Séminaire de Québec, il est ordonné prêtre le 18 juin 1908 par Mgr Casey dans l'église Saint-Thomas de Memramcook. Prêtre séculier pendant quelques années et vicaire dans différentes paroisses du diocèse, il décide de joindre la Congrégation Sainte-Croix en 1914 et il fut nommé à l'Université St-Joseph. Tour à tour, il fut professeur, préfêt de discipline avant de devenir le premier supérieur acadien de l'Université en 1925.

En 1928, il descend à la paroisse comme curé. Encore ici, il fut le premier acadien a être nommé à cette importante charge, curé de l'une des plus grandes paroisses du diocèse. Pendant son terme qui dura 6 ans, eurent lieu les assises du premier congrès marial du diocèse de Saint-Jean, les 4, 5 et 6 septembre 1931. La clôture de ce congrès pour la population de langue française eut lieu à Memramcook. La messe pontificale en plein air dans la cour de l'école réunit une foule immense. Pour perpétuer le souvenir de ce congrès, on érigea en face du presbytère un magnifique monument à Notre-Dame de la Paix.

En 1934, commencèrent les travaux de l'agrandissement de l'église et en juillet de la même année, les travaux de rénovation étaient déjà très avancés quand finit le second terme du Père Dismas LeBlanc, en juillet 1934. Comme collégien, le Père Dismas s'était acquis la réputation d'être un très bon acteur et c'est lors de la représentation du premier drame joué au Monument Lefebvre, qu'il perdit accidentellement le bout d'un doigt (second doigt de la main droite). Plus tard, il dirigea les comédies et drames qui se jouaient aux fêtes de la Sainte-Cécile et à la Saint-Joseph. II était aussi un très bon artiste et un amateur de la culture des fleurs. Retiré au presbytère de la paroisse durant ses dernières années, il est mort le 17 octobre 1957.

MGR PHILIPPE BELLIVEAU, P.D.

Philippe Belliveau, né le 21 juin 1861, fils de François Belliveau et Madeleine Landry. Etudes classiques au Collège St. Joseph 1879-81. Etudes théologiques au Grand Séminaire de Montréal, ordonné le 20 décembre 1884 à Montréal par Mgr Fabre. Curé de Grande Digue, le 30 septembre 1896. Créé prélat domestique en 1914. M.A., de l'Université St. Joseph, 1897. Décédé le 7 août 1933. Un saint prêtre, grand patriote il fut toute sa vie durant, un champion de l'éducation en Acadie.

Mgr Belliveau était surtout un bon orateur. II était connu comme l'orateur des grandes circonstances. De belle prestance, de taille imposante, il savait commander l'attention de son auditoire. C'est lui, qui prononca l'oraison funèbre lors des funérailles du Père Lefebvre. Son discours pour me servir de propres expressions fut l'apothéose "du meilleur d'entre tous ceux qui ont vécu et sont morts en Acadie". Extrait du livre, Le Père Lefebvre et l'Acadie, de Pascal Poirier.

Aux fêtes du cinquantenaire du Collège, en juin 1914, Mgr Belliveau, lors du grand banquet dans le patinoir, fut au nombre des anciens, qui répondaient aux diverses santés. Là encore, il sut se faire valoir dans un discours à l'emporte pièce. A Grand Pré, en août 1921, lors de la prise de possession du terrain cédé à la Société Nationale de l'Assomption par le Canadien Pacifique, son discours intitulé "La revanche de l'Histoire", discours dans lequel il cite en anglais les neuf premiers vers, à jamais célèbres, du poême Evangeline de Longfellow "This is the forest primeval, etc..." Que sont devenus ces feuilles que l'ouragan a jadis dispersées en légers tourbillons sur l'onde et les sillons? Elles sont ici, Mesdames et Messieurs, en s'adressant aux quelques trois cents congressistes qui revenant du congrès national à la Pointe de l'Eglise (Church Point), s'étaient arrêtés à Grand Pré, (où se trouve aujourd'hui l'église St. Charles), les descendants de ceux et celles qu'on avait dispersés comme des feuilles éparpillées aux quatre coins du monde. Cette page d'histoire si bien racontée par l'orateur demeurera à jamais gravée dans la mémoire de ceux et celles qui l'ont entendu à Grand Pré en 1921. Comme orateur, Mgr. Philippe Belliveau, fait partie à juste titre des membres illustres de la paroisse de Memramcook.

MGR HENRI D. CORMIER

Le Frère Antoine Bernard dans son livre: "La renaissance Acadienne" écrivit:

"M. le curé Cormier à Moncton. A cette paroisse française de Moncton, née dans l'agitation, il faut un curé de choix, résigné d'avance à semer parmi les épines. Qui assumera la redoutable tâche? Nul autre que l'Abbé Henri Cormier, fils de la paroisse et du Collège de Memramcook, prêtre âgé de quarante ans, répondit à l'appel de son évêque et accepta le lourd honneur. Ancien vicaire de l'Abbé Savage à Saint Bernard (1904-1906) et alors curé de l'Aboujagane, le Père Cormier ne se distinguait pas par une haute éloquence ou par des dons brillants de l'extérieur. C'était un humble, un patient, mais un fort. Résolument, il se mit à l'oeuvre et entraîna toute sa paroisse. II acheta, au prix d'environ $23,000.00 un bel emplacement d'église, à l'angle des rues Lutz et Saint-Georges. Ensuite, il y construisit une crypte inaugurée en 1915, qui devait suffire aux besoins du culte jusqu'à l'arrivée, en 1937, du premier archevêque de Moncton, Mgr Melanson. Car il y aura un jour un archevêque acadien à Moncton."

Voici ce qu'écrivait M. Henri P. LeBlanc, dans l'album souvenir du 25ième anniversaire - Paroisse Notre-Dame de l'Assomption, en février 1939. "Fondation de la paroisse". Sa grandeur Mgr LeBlanc qui avait été nommé au siège épiscopal de Saint-Jean en 1912 décida d'établir à Moncton une nouvelle paroisse. Le décret épiscopal statuait que la division viendrait en vigueur le 10 février 1914 et que monsieur l'Abbé Henri D. Cormier, alors curé de l'Aboujagane, en serait le curé. En 1914, le 10 février se trouvait un mardi. Or le Père Cormier devait arriver le lundi après-midi. Une réception fut préparée pour le nouveau curé. En attendant, un groupe de 75 Acadiens allèrent à sa rencontre à Painsec Junction. Avant la réception à l'église, il y eut un souper intime à l'hôtel LeBlanc. Ce soir-là, tous les paroissiens de l'abbé Cormier se rendirent à l'église St-Bernard pour recevoir officiellement leur pasteur. La cérémonie fut aussi simple que touchante. Après la cérémonie, le Père Cormier se retira dans la résidence que lui avaient acheté les paroissiens, immédiatement après sa nomination. Cette belle propriété était sur la rue Alma. Le nouveau curé se mit à l'oeuvre, Dès sa jeunesse, le Père Cormier, comme tous les enfants de la belle paroisse de Memramcook, avait appris à aimer le grand Saint-Joseph que l'on honore d'une dévotion toute spéciale dans cette paroisse depuis les jours du bon Père Lefebvre. Le nom de sa nouvelle paroisse qu'allait-il être? II aimait le nom de paroisse du Sacré-Coeur. Enfin, il opta pour le nom "Notre-Dame de l'Assomption". Toutefois, il choisit Saint-Joseph comme pourvoyeur des fonds. Est-il nécessaire de dire que dès le premier dimanche, le Père Cormier gagna tous les coeurs et rallia, selon le décret épiscopal, toutes ses ouailles sous la banière de Notre-Dame de l'Assomption. Le grand désir de tous était d'avoir une nouvelle église. Monsieur le curé ne tarda point à chercher où en jeter les fondations. Quant à lui, un véritable prêtre, l'église serait dans la localité où circule la population, un lieu où le Divin Prisonnier du Saint Tabernacle aurait des nombreux visiteurs. Le 21 mars 1915, la première messe fut célébrée dans le nouveau local, sous-­basement de la cathédrale. "Le 21 juillet 1919, on commence les travaux à l'Académie du Sacré-Coeur". "Les Soeurs de la Providence arrivent en 1922". "Les Soeurs Notre-Dame du Sacré-Coeur, le 23 décembre 1923". "On commenca la construction de l'Hôtel Dieu au mois de mars 1927". La Prélature pour Mgr Cormier. C'est au mois de mars 1934, que le Père Cormier fut élevé à la dignité de la Prélature Romaine par Sa Sainteté Pie XI. La cérémonie de l'investiture eût lieu à l'Assomption, le 5 juin suivant et fut l'occasion de grandes réjouissances. La mort de Mgr H.D. Cormier, malade depuis quelque temps, le médecin lui dit qu'il n'y a plus d'espoir, la réponse du saint prêtre fut "Deo Gratias". J'accepte volontiers. J'ai fait tout ce que j'ai pu. Le lendemain, le 2 août, il rendait son âme sacerdotale à Dieu. Paroissiens de l'Assomption, inclinons-nous devant la dépouille mortelle de notre premier curé. II s'est usé pour notre bien spirituel et temporel. Le 4 août avait lieu les funérailles de Mgr Cormier. Elles furent imposantes, pieuses, tristes, en présence d'un archevêque, de deux évêques, de plusieurs prélats, d'un grand nombre de prêtres, de religieuses et d'une foule de laiques de toutes les classes de la société, preuve indubitable du respect que la population de Moncton et des environs avait pour le regretté défunt. Que son âme sacerdotale repose en paix dans le sein de son Dieu.

Mgr Melanson, l'archevêque prononca les paroles suivantes lors du service funèbre:

"Le travail gigantesque qu'il a accomplit ici durant 25 années, les soucis et les tracas accumulés l'ont miné et usé au point que l'on peut dire que la grande preuve d'amour que l'on peut donner à ceux que l'on aime est de donner sa vie pour eux. Nous pouvons mesurer dans sa mort le degré d'amour et de dévouement que fut Mgr Cormier a porté à ses paroissiens. Aussi son souvenir demeure au milieu des siens et sa mémoire se transmettra de génération en génération comme le type achevé du vrai prêtre. Un apôtre infatiguable et un bienfaiteur insigne de sa race."

Mgr Henri Cormier est né le 24 octobre 1873, fils de Dominique Cormier et Lydie Dupuis. II fit ses études classiques à l'Université Saint Joseph et gradua bachelier ès Arts en 1895. Après ses études théologiques au grand séminaire de Québec, il fut ordonné prêtre à Saint­-Jean, N.-B. le 16 juillet 1898 par Mgr Sweeney. II fut l'un des plus dignes fils de la paroisse de Memramcook.

MGR JEAN V. GAUDET, P.D.

Jean Gaudet, prêtre, né le 11 août 1883, était le fils de Vital Gaudet et Marie LeBlanc. II obtient son B.A. en 1902 de l'Université St-Joseph et fut ordonné prêtre en 1906 par Mgr Casey à Memramcook. II fut successivement vicaire à St-Paul (1906-1911), curé de St-Thimothée d'Adamsville (1911-1916), capitaine-aumônier du 165e Bataillon Acadien durant la guerre 1914-1918 et Major pendant la guerre 1939-1945. De 1919 à 1923, il fut curé de Ste-Anne de Kent, curé de Notre-Dame de Mont Carmel, Ste-Marie (1923-1925), curé de Shédiac de 1925 à 1939 et curé de Dieppe de 1942 à 1956 alors qu'il se retira à Dieppe. L'Université St-Joseph lui décerna un M.A. en 1908 et un doctorat en 1946. Créé prélat domestique en janvier 1948, il est décédé le 25 mai 1971. Son service funèbre fut chanté dans l'église Ste-Thérèse de Dieppe par Mgr l'Archevêque dans une messe concélébrée par plusieurs évêques et une centaine de prêtres dans une église remplie à capacité.

Après le service, le cortège funèbre se mit en route pour Memramcook pour l'inhumation dans le cimetière paroissial. A Memramcook, un dernier libera fut chanté dans l'église où il avait été baptisé, confirmé et où à douze ans, il fit sa première communion en plus d'y être ordonné prêtre en 1906. C'est ici aussi où il avait chanté sa première messe en présence de ses parents et amis. II fut le premier prêtre natif de la paroisse de Memramcook, proprement dite, à être ordonné dans son église paroissiale. Les membres de la Légion Canadienne présents en grand nombre, entouraient le cerceuil et à la fin du Libera, le clairon sonne le dernier "Reveil". La voute de la vieille église en tressaillit alors qu'on rendait un dernier hommage à ce fils issu d'une nombreuse famille qui pendant toute sa vie avait honoré et fait connaître sa paroisse, non seulement dans la province et dans le pays, mais même en Europe pendant les deux grandes guerres, comme aumônier militaire. II dort maintenant de son dernier sommeil parmi les siens.

L'ABBE FRANÇOIS XAVIER CORMIER

Le Père Philéas Bourgeois, c.s.c., auteur de plusieurs livres et de nombreux articles pour les journaux, a écrit une courte notice biographique de l'Abbé François Xavier Cormier, premier prêtre né dans la paroisse de Memramcook et insigne bienfaiteur du Collège St-Joseph.

François Xavier Cormier est né le 27 février 1846 à l'anse des Cormiers, Memramcook, fils de Bénoni Cormier et Marguerite Cormier. En 1855, le jeune François fut envoyé, après bien des instances, au collège de M. Lafrance, c'est là qu'il révela ses talents et ses belles dispositions. En 1861, il fut envoyé par le Père Lafrance au collège Ste Anne de la Pocatière. A l'ouverture des classes en 1864, il fut l'un des premiers élèves du Père Lefebvre. II termina ses études classiques en 1867. II fit ses études théologiques au grand séminaire de Montréal, où il fut ordonné prêtre en 1870. II fut le premier prêtre acadien gradué du Collège St-Joseph. Vicaire à St-Jean et à Frédéricton. Curé à St-Anselme, au Village de Richibouctou et à Cocagne. En 1895, Mgr Sweeney, le nomma curé de l'Aboujagane, poste qui jusqu'à là, avait été une mission du Barachois. II y demeura curé jusqu'à sa mort le 4 août 1906. Un premier service funèbre fut chanté dans l'église de l'Aboujagane, après quoi, le défunt fut transporté à Memramcook où eut lieu un deuxième service chanté, par Mgr Casey, évêque de St-Jean. Dans son testament, l'abbé Cormier avait demandé qu'on placât, pour tout monument sur sa tombe, une petite pierre tombale, avec une inscription: commune, courte et simple.

Le Collège St-Joseph a voulu néanmoins lui élever un monument convenable en marbre. Ce dernier est érigé tout près des restes mortel du Révérend Père Lefebvre. L'inscription est courte et simple. Elle se lit comme suit: "À la mémoire de l'abbé François Xavier Cormier, insigne bienfaiteur du Collège St-Joseph, décédé le 4 août 1906, à l'âge de 60 ans et 6 mois, R.L.P."

Bienfaiteur du Collège St-Joseph, feu l'abbé François Cormier l'a été, dans le vrai sens du mot. II a versé une première somme de $3000.00 lors de la construction de l'aile en bois du Collège. En 1900, lorsque cette aile a été recouverte de pierre, il a versé un autre $3000.00. II a acheté la terre de feu Joseph Belliveau au prix de $4,400.00. Cette terre revenait au Collège après sa mort. Après ses funérailles, il laissait la belle somme de $3,200.00, ce qui fait un total d'à peu près $14,000.00 que ce fils de la paroisse a fourni à l'oeuvre de l'éducation. II a passé en faisant le bien et il mérite une première place à côté des autres enfants de Memramcook. II a été un grand et insigne bienfaiteur de son Alma Mater, patriote éclairé et providentiel de son temps et de son pays.

LE PERE NAPOLEON LANDRY

Le Père Napoléon Landry, né le 31 décembre 1884, fils de Philippe Landry et Marie Gaudet fit ses études classiques à l'Université St-Joseph et au Collège Ste-Anne de Pointe de l'Eglise en Nouvelle-Ecosse. II fit ses études théologiques au Séminaire d'Halifax et fut ordonné prêtre le 29 juin 1914 à Halifax par Mgr O'Leary. L'Université St-Joseph lui décerna aussi un M.A., en 1950. II fut vicaire à Bouctouche et curé dans les paroisses de Sackville et à Sainte-Marie de Kent de 1925 jusqu'à sa retraite en 1954. Le Père Landry a publié deux recueils de poésies "Poèmes de mon pays" et "Poèmes Acadiens". Ces publications lui ont donné une renommé non seulement au pays mais aussi en France. Dans un concours littéraire international organisé en 1951, par le Père Florimontain de Lyon, en l'honneur de l'Assomption de la Vierge Marie, son poème "Notre Assomption" a obtenu le quatrième prix. Le 20 mars, le texte a été lu dans la Basilique de Notre-Dame de Fourvière, à Lyon, et l'auteur a reçu comme trophée un diplôme à la Croix-Blanche de Savoie, Lauréat de l'Académie des Jeux Floraux de Lyon. En 1955, il obtint le grand prix de la langue française de l'Académie Française. Les poèmes du Père Landry, nous font voir son grand patriotisme, d'abord pour sa paroisse natale car il intitule un de ses poèmes "Memramcook" qu'il écrivit à l'occasion du centennaire de l'église. Patriotisme aussi pour sa patrie l'Acadie, pour laquelle, en diverses occasions, il lui dédia des poèmes.

M. Alphonse Désilets, secrétaire de l'Institut Canadien écrit ce qui suit sur le Père Napoléon Landry:

"L'auteur et son oeuvre: Si notre poète national, Louis-Honoré Fréchette, revenait, il ne dédaignerait pas de prêter à ce beau livre le sous-titre de "légende d'un peuple". En des vers immortels, que Pamphile Lemay, nous présentait dans la noblesse de l'alexandrin français, Longfellow a chanté l'odyssée de l'Acadie Martyre. A son tour un poète authentique, descendat des héros de Grand'Pré et de Beaubassin, a décroché la cithare toujours pendant aux rameaux séculaires qui ombragent le puits d'Evangéline.

Monsieur l'Abbé Landry est à la fois historien et poète. Et c'est l'histoire qui nourrit sa muse préférée, celle du patriotisme.

Il y a dans ce livre tant de flamme et de vie ardente qu'on y retrouve en vérité, l'âme et le coeur de l'Acadie indomptée, debout dans sa foi vive et sa fierté française. II y a tant dans ces strophes, un souffle de grandeur d'énergie et de volonté qui entraîne vers les sommets de la pensée et détermine à l'action.

J'ai entendu des voix acadiennes, celles des Savoie, des Robichaud, des Bourque, des Sormany et des Poirier, entre autre, et j'en retrouve les accents nobles, virils, agressifs et tendres tour à tour, dans les chants du prêtre-poète ou passe l'âme de son pays.

Une critique moderne, moins soucieuse de la règle littéraire que protagoniste de l'aberration vers-libriste, cherchera la paille dans le lingot d'or vierge. Elle en trouvera toujours pour se boucher les yeux. Mais le lecteur ordinaire, celui qui demande à nos livres, l'aliment de son coeur et la lumière de sa pensée, ne se rassasiera point de méditer cette poésie, sobre et grave, simple et claire, expressive et entraînante. II s'en dégage un dynamisme auquel ne résistera pas le vieux levain patriotique de la race acadienne.

Les "Poèmes Acadiens" de M. L'abbé Napoléon Landry sont comme un chant de résurrection qui s'ajoute à l'épopée de la nation martyre, notre soeur dans la foi, le sang et la parlure, l'immortelle Acadie."

Le Père Napoléon Landry, de taille imposante, et bon athlète dans sa jeunesse mourut accidentellement à Moncton le 28 septembre 1956. Comme les autres fils de la paroisse, il a porté la renommé de Memramcook au-delà des siens. A côté de ses parents et de ses ancêtres, il repose en paix dans le cimetière de sa paroisse natale.

SIR P. A. LANDRY

Au côté des prêtres et religieux, fils de la paroisse, qui ont joué un rôle de premier plan dans la vie de l'Eglise dans cette partie de la province, il y eut aussi des laïcs qui firent connaître notre paroisse dans le domaine professionnel et dont la renommé, qu'ils ont acquise fut rejetté sur leur paroisse natale, la paroisse de Saint-Thomas de Memramcook et en fut la gloire.

En premier lieu, ce fut Pierre Amand Landry, né à Memramcook en 1846 qui fût un des premiers élèves du collège Saint-Joseph. Ses études classiques terminées, il enseigna pendant quelques années avant d'entreprendre des études en droit. Le 21 octobre 1870, il fût admis au barreau du N.-B. situé dans l'édifice du Palais de justice de Dorchester; il était le 1er acadien à y être admis. Son père Amand Landry, qui fut le premier acadien élu député de la province, décida en 1870 de se retirer de la politique. Ce fut son fils, Pierre, jeune avocat, qui se porta candidat et fût élu député à l'élection de juin. II fut réélu en 1878, Ministre des Travaux Publics et Secrétaire-provincial et occupa ces fonctions jusqu'en 1883. Elu député fédéral pour Kent en 1883, il obtient une maître ès Arts à l'Université Saint-Joseph. II fut juge pour le comté de Westmorland en 1890, juge de la Cour Suprême en 1893 et juge en chef de la Cour Suprême en 1912. II fut nommé Chevalier en 1916. De même qu'Amand Landry, son père fut avant lui le premier Acadien élu député à la Législature du Nouveau-Brunswick, son fils, Pierre fut le premier avocat acadien de sa province natale qui occupat un porte-feuille de Ministre de la Couronne. Le premier Acadien qui ait siégé sur le Banc de la Cour Suprême, le premier Acadien qui soit devenu Juge en Chef de cette même Cour, le premier Acadien qu'un souverain d'Angleterre ait nommé Chevalier. C'est à ma connaissance, un cas unique dans l'histoire du Canada. (Placide Gaudet).

Le juge Landry, décédé en juillet 1916, a été enterré à Memramcook dans le cimetière de sa paroisse natale. A l'entrée de l'Institut de Memramcook, anciennement, l'Université Saint-Joseph, on y voit une plaque apposée en 1955 par la Commission des lieux et monuments historiques du Gouvernement du Canada.

SIR P. A. LANDRY

Membre de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, 1870-1874, et 1878-82. Commissaire en chef des Travaux Publics et Secrétaire-Provincial, membre des Communes en 1883-1890 et juge en chef du Banc du Roy en 1913. Le premier acadien fait chevalier par sa Majesté le 13 juin 1916. Né à Memramcook, N.-B., le 1 er mai 1846, mort a Dorchester le 28 juillet 1916. (Fin de la citation)

Pour les personnes intéressées, Della Margeret Stanley, a publié une intéressante biographie de Sir Pierre A. Landry, intitulée: "Au service de deux peuples".

P.A. Landry a acquis une renommé considérable dans le monde politique et juridique. Cet homme fût l'âme et la tête de toutes nos oeuvres de redressement national, de nos conventions nationales, de nos conventions sur l'éducation et l'économie ainsi que pour notre lutte pour obtenir un évêque acadien. Derrière sa grande tenacité, était son grand talent d'orateur, son âme de patriote ardent, doué d'une intelligence peu commune et d'un jugement extraordinaire. Pierre Amand Landry peut être considéré comme le plus grand acadien de l'histoire. (Père Anselme Chiasson). II était un digne fils de la vieille paroisse de Memramcook.

LE JUGE ARTHUR LEBLANC

Arthur LeBlanc, avocat, né le 3 octobre 1879, fils de Thomas LeBlanc et Marie LeBlanc. Etudes classiques à l'Université St-Joseph B.A., en 1900. Admis au Barreau en 1905. Marié en 1907 à Marie Mclnnes. Elu député à la législature pour le comté de Restigouche en 1917. Conseiller du Roi en 1921. Nommé juge de la Cour Suprême en mars 1924. M.A. 1925, L.L.D. 1931, de l'Université St-Joseph, L.L.D., Laval 1925. Crée Chevalier de St. Grégoire en juin 1937 par Pie IX.

Comme avocat, il s'est attiré une grande renommé. II a défendu plusieurs causes et a réussi à obtenir des verdicts favorables pour ses clients. II était reconnu comme un bon orateur. Ardent patriote, il était de toutes les fêtes acadiennes. Fervent chrétien, il l'a été pendant toute sa vie. II repose maintenant dans le cimetière de sa paroisse natale à côté des siens, descendants des premiers habitants de la vallée ,de Memramcook.

LE SENATEUR LEGER

Antoine Léger, avocat, né le 16 octobre 1880 fils de Julien Léger et Marie LeBlanc. Etudes classiques à l'Université St-Joseph, B.A. 1903, admis au Barreau le 6 novembre 1907. Marié le 11 avril 1910 à Alvina Léger, élu député conservateur en 1925. Secrétaire-Provincial de 1925 à 1935. Depuis la Confédération, il fut le seul au Nouveau-Brunswick à avoir présenté le discours budgétaire dix années consécutives.

De plus, il fut auteur des livres suivants: "Les Grandes Lignes de l'Histoire de la Société l'Assomption" et deux romans "Elle et Lui", "Une fleur d'Acadie". Pour ces deux romans, il s'est vu attribué le titre de premier romancier acadien et sa production historique et littéraire lui a valut l'honneur d'être reçu membre de la Société Royale du Canada. II obtient une Maîtrise ès Arts en 1928 et une L.L.D. en 1933 à l'Université St-Joseph. II fut nommé Sénateur en août 1935. II était l'avocat conseil de la Société l'Assomption, membre de la Société Royale du Canada, Vice-président du Bureau des Commissaires Censeurs de la Banque provinciale, aviseur parlementaire de la Délégation Canadienne à la deuxième réunion plénière des Nations-Unies. Patriote sincère, actif et compétent, le Sénateur Léger résidait à Moncton où il a maintenu une étude légale pendant 40 ans. Toute sa vie durant, il a resté profondément attaché à sa paroisse natale et la visitait aussi souvent que possible. Bon chrétien, il participait à toutes les grandes cérémonies religieuses qui se déroulaient dans la paroisse. Comme bien d'autres ex-paroissiens, il ne manquait pas la procession de la Fête-Dieu, le chapelet à la main on pouvait le voir dans les groupes d'assomptionistes qui défilaient en rang derrière la bannière de la Société. Lui aussi, il a fait honneur à sa paroisse natale en se montrant un de ses dignes fils partout où il a passé.

Depuis le 7 avril 1950, il repose dans le cimetière de Memramcook où il a tenu à être enterré à côté de ses parents et amis.

DR. DAVID LANDRY

David Landry, né en juillet 1866, fils de Vital Landry et Mathilde Cormier, fit ses études classiques à l'Université St-Joseph et gradua en 1885. Son cours classique terminé, il se rendit à Montréal pour faire ses études en médecine. Docteur à partir d'août 1895, il s'en alla pratiquer sa profession à Bouctouche. II se marie à Marie-Anne Michaud le 6 octobre 1894. II fut élu à la législature provinciale et devint membre du cabinet à titre de Secrétaire-Trésorier. II fut aussi Ministre d'agriculture de 1908­-1912; le premier acadien à occuper ce poste. Pendant toute sa vie, le Dr. Landry eut à coeur la société l'Assomption. II fonda la première succursale à Bouctouche en 1904, seulement un an après la fondation de la société à Waltham en 1903. En autre, il fut Président Général de la Société de 1913-1919. II obtint de l'Université St-Joseph une maîtrise es Arts en 1901. II mourut le 18 décembre 1928.

Le Dr. Landry était reconnu comme un bon orateur et un ardent patriote. A toutes les fêtes ou manifestations acadiennes, il prenait une part active. Pendant toute sa vie, il fut aussi un bon chrétien. Le Nouveau-Brunswick, sa province natale qu'il a apporté pendant toute sa vie au service des autres au meilleur de ses capacités, en nommant un pont qui enjambe la rivière de Bouctouche, le pont Dr. David Landry. La plaque commémorative fixée à l'extrémité sud du pont fut dévoilée pas deux de ses fils, le Dr. Raoul Landry et le Père Léopold Landry, père­ Blanc, le 6 septembre 1980.

LE DOCTEUR CAMILLE GAUDET

La renommée du Dr. Camille n'a peut être pas dépassé les cadres de la paroisse comparativement à celle d'autres fils de Memramcook, qui se sont distingués dans les différentes sphères de leur profession à travers la province et même à l'étranger. Mais c'est surtout dans les alentours de sa paroisse natale, que pendant presque 50 ans, le nom du Docteur Camille fut connu et où il exerce sa profession de médecin de famille. A ceci, il fut un modèle du genre, il fut un médecin qui était disponible vingt-quatre heures par jour. Le docteur Camille était le fils du Dr Edouard Gaudet et de Julia Michaud et est né le 15 mai 1888. II fit ses études primaires à l'école du village St-Joseph et ses études classiques à l'Université St-Joseph où il obtient un B.A. en 1912. II gradua en médecine de l'Université de Montréal en 1913 après quoi, il maria le 9 juin 1914, Corine Léger. II débuta sa pratique médicale à Montréal jusqu'en 1918. A l'automne 1918, il ouvrit un bureau à Shédiac, où il demeura jusqu'en 1920. C'est alors qu'il vint s'établir à St-Joseph où il pratiqua jusqu'à sa mort. II prenait la succession de son père, le Dr. Edouard puis de celle de son frère aîné, le Dr. Alfred. L'Université St-Joseph lui décerna un M.A. en 1941. Au moment de son décès, le Dr. Camille était conseiller de la commission de la santé du comté de Westmorland, président honoraire de la Chambre de Commerce de Memramcook, membre du Club Richelieu de Moncton, membre de la ligue du Sacré-Coeur, membre de l'Association des médecins canadiens de langue française et médecin de l'Université St-Joseph. Bien connu et apprécié dans tous les milieux sportifs de la région, il avait été lui-même, joueur de baseball, de hockey et de football. Toute sa vie durant, il montra un grand intérêt pour tous les sports qui se pratiquaient dans la vallée, en assistant aux parties et en leur fournissant tous les encouragements possibles. Le Dr. Camille était surtout reconnu pour sa grande charité. Au lieu de recueillir des honoraires, souvent c'est lui qui déboursait en faveur des déshérités. Lorsqu'un incendie aurait brûlé une maison dans la paroisse et les bénévoles passaient de maison en maison pour recueillir des offrandes en faveur du sinistré, le docteur fournissait toujours sa grosse part. Si celui pour qui on demandait l'aumône avait un compte avec le docteur, il lui donnait aussi un reçu payé en entier. Cela se passait évidemment avant l'avènement de l'assurance maladie. Le docteur Camille est décédé le 29 novembre 1961 après une courte maladie. Lors de ses funérailles, l'église St-Thomas était remplie à capacité, témoignage de l'estime de tous les paroissiens, envers celui qui, pendant toute sa vie, leur avait prodigué ses soins et ses conseils. II repose en paix dans le cimetière paroissial.

ALPHE BELLIVEAU

M. Alex Savoie dans son livre "Un siècle de revendication scolaire au N.-B." raconte ce qui suit au sujet du professeur Alphé Belliveau: "Un grand méconnu". II cite les paroles du Père Hector Belliveau, un des fils du professeur: "Durant une période de 40 ans, le professeur Alphé Belliveau a donc formé près de 2,000 enseignants qui portèrent ensuite, avec plus de compétence et un meilleur salaire, l'éducation à des centaines de mille petits Acadiens dans les paroisses du N.-B."

Qui était Alphé Belliveau?

Pour bien comprendre le caractère de l'homme et l'influence exercée dans son milieu, il faut rappeler deux faits de sa jeunesse: il n'hésitait pas à marcher huit milles par jour pour parcourir la distance qui séparait le village des Belliveau, son patelin, au Collège St-Joseph et Memramcook, où il commenca son cours commercial en 1864 et son cours classique en 1867. De plus, il avait comme amis du collège, Pascal Poirier, Pierre Amand Landry, Placide Gaudet, Philias T. Bourgeois, Philippe Belliveau et André T. Bourque pour ne mentionner que les plus importants. Comme ses amis, il fut sans doute influencé par les charismes du Père Camille Lefebvre. A sa façon, il jouera un rôle très important, quoique plus effacé à la renaissance des Acadiens.

II termine ses études en 1870 et opte pour l'enseignement dans le but d'améliorer l'instruction des petits Acadiens qui étaient fort dépourvus dans ce domaine. II enseigna trois années à l'école primaire,de Memramcook, avant d'enseigner cinq années à Grosses-Coques et à Saulniervïlle, chez les Acadiens de la Baie Ste-Marie dans la Nouvelle-Ecosse. Le 16 avril 1879, Alphé Belliveau était engagé pour enseigner aux élèves francophones du cours préparatoire à l'Ecole Normale de Frédéricton. II obtint la permanence d'emploi le 1 août 1880. II fut titulaire du cours français de 1885 à 1920. En 1885, il épousait Marie Babineau, une ancienne élève du couvent de Saint-Louis et une de ses premières élèves du département préparatoire à l'Ecole Normale. De 1885 à 1920, la famille Belliveau fût la seule famille française à demeurer à Frédéricton. Le milieu était alors entièrement anglophone; pas un mot de français à l'église, à l'école et dans la rue. Malgré cette situation défavorable, Alphé et Marie Babineau ont réussi à élever une famille de sept enfants en français. La demeure des Belliveau devenait le lieu de rendez-vous des députés acadiens durant la session du parlement à Frédéricton. "Même Pierre A. Landry, alors juge de la Cour Suprême au N.-B.", écrit le Père Hector Belliveau, "assistait à ces soirées." Alphé Belliveau mourut le 1 juin 1927 à l'âge de 76 ans moins deux mois, sa mort passa inaperçue. II ne reçu aucun éloge pour l'immense travail accompli au cours de ses quarante années de service à la cause française au Nouveau-Brunswick. II a passé en faisant le bien et c'est le cas de dire avec l'historien: "Le bien ne fait pas de bruit". Alphé Belliveau avait dédié sa vie à la formation des futurs enseignants francophones de la province et il ne dévia jamais de l'objectif qu'il s'était fixé. II le fit toujours avec dignité. Mgr Carney, curé, fit un touchant éloge au défunt lors de ses funérailles et parla du rôle qu'il avait joué dans les activités paroissiales et dans l'enseignement. Des quantités d'éloges de ceux et celles qui ont fréquenté le cours français de l'Ecole Normale de Frédéricton, lorsque le professeur Belliveau y enseignait, ont écrit des témoignages éloquents d'appréciation de leur ancien professeur. Comme tous les autres fils de la paroisse de Memramcook, il a fait honneur à sa paroisse natale et en même temps à sa race et à son pays.

ARTHUR GAUDET, B.A., M.A.

C'était le 9 mai 1949, un de ces beaux matins de mai, qu'on portait en terre ses restes mortels. Son âme immortelle s'était envolée vers son créateur quatre jours auparavant. Arthur Gaudet, agronome, un pionnier, dort maintenant du sommeil des justes dans le cimetière paroissial, protégé par un grand Calvaire et à l'ombre des érables en attendant le jour du réveil général. II dort à côté d'un Lafrance, d'un Lefebvre, d'un Guertin, d'un Landry, tous des pionniers dans différents sphères d'activités, à côté de ses ancêtres, pionniers eux aussi et fondateurs de la paroisse. Mort à la tâche, il aurait pu prendre une retraite bien méritée à 64 ans mais cédant aux demandes de son chef, il continua à remplir ses fonctions jusqu'à ce que le mal le terrassa. Cet homme de devoir voulait remplir jusqu'au bout sa mission.

Arthur Gaudet a eu dans sa vie deux amours; son pays et l'agriculture. Son pays, c'était tout d'abord sa famille, son épouse distinguée et ses enfants dont il pouvait à juste titre s'en orgueillir, son église paroissiale où il fut baptisé, où il se maria, où deux de ses fils reçurent le sacerdoce, où il servit lui-même comme enfant de choeur durant une soixantaine d'années, son Université, où il fit ses études classiques et qui l'honora d'un parchemin de Maître des Arts, son village de St-Joseph qu'il servit de mille et une manières, comme juge de paix, secrétaire d'école, secrétaire des propriétaires des marais, secrétaire de la société d'agriculture, secrétaire des producteurs de fraises, président de la succursale Lefebvre de la société l'Assomption, président de la compagnie de l'aqueduc, amateur et supporteur des clubs de baseball et et de hockey ainsi que pour tous les mouvements pour l'avancement du village, de la paroisse, enfin de l'Acadie dont il épousa toutes les causes et qu'il savait défendre en tout temps, comme patriote ardent et éclairé. Arthur était avant tout un Acadien de tous les jours et non seulement des grandes occasions et des grands ralliements patriotiques, membre distingué de nos sociétés nationales et mutuelles, conseiller général de la Société l'Assomption pendant plusieurs années, membre de l'Association Acadienne d'Éducation.

L'agriculture, après son pays, l'avait prit tout entier. A l'emploi du ministère fédéral pendant au delà de quinze ans, il parcourait les sections françaises de notre province et prenait part à tout mouvement d'organisation et de relèvement agricole. Transférant, en 1926, ses activités du département fédéral au département provincial, il devenait par le fait même agronome de district pour les comtés de Westmorland et Kent avec un bureau à Moncton. Son travail comme agronome, le mettait en contact journalier avec les fermiers de deux comtés et leurs nombreux problèmes. Profitant de ses vastes connaissances, tous recevaient la réponse appropriée et de bons conseils. Secrétaire pour au-delà de 27 ans et membre de l'exécutif de l'Association des Fermiers de la province, Arthur était l'âme dirigeante de cette organisation. En sa qualité de secrétaire correspondant, travail qui accaparait beaucoup de son temps, il voyait aux programmes de l'assemblée annuelle, à la présentation auprès des autorités gouvernementales des nombreuses résolutions adoptées tous les ans. II fut aussi secrétaire de la Société de Littérature Française Agricole depuis sa fondation, il était l'homme responsable de la publication du "Fermier Acadien" et Dieu sait les nombreuses difficultés qu'il eut à surmonter. Arthur Gaudet fut donc un pionnier dans ce domaine de l'agriculture. C'était lui l'aîné, qui était toujours prêt a donner un bon conseil à nous les plus jeunes et le corps agronomique de la province tant anglais que français perds en lui un de ses membres les plus distingués, qui a su en tout temps faire honneur à sa profession. Orateur avec la parole chaude, il pouvait enthousiasmer les foules. II était parfaitement bilingue, bon conférencier, apôtre du mouvement co-opératif, il était de toutes les fêtes et de tous les rassemblement agricoles. Arthur était avant tout modeste, il faisait le bien tout en restant dans l'ombre.

La foule immense qui remplissait la grande église de Memramcook témoigne de l'amitié qu'il s'était créé durant sa vie. Funérailles, imposantes, spectacle jamais vu en Acadie où trois frères, deux prêtres et un séminariste célébraient la messe de Requiem, présidaient à l'Absouts et récitaient les dernières prières sur la fosse de leur père en ce 9 mai 1949 (étrange coincidence, ce jour était le jour anniversaire de sa naissance.

Sur cette tombe fermée depuis quelques jours, nous ses confrères de travail, voulons déposer l'offrande de nos plus ardentes prières, offrir nos plus sincères condoléances à la famille et leur assurer que nous garderons de celui qui nous avons nous aussi aimé et admiré, un pieux et fidèle souvenir.

M. HENRI P. LEBLANC

Lors des funérailles d'Henri P. LeBlanc, Euclide Daigle écrivait dans l'Evangéline: "Le 17 juin 1958, sur une hauteur dominant la rivière Petitcodiac, nous avons remis à la terre, Henri P. LeBlanc (1879-1958). Encore à la face des peuples et des siècles, comme à la face du ciel, de la terre et de la mer, nous avons proclamé les mérites de celui qui venait de déposer les armes. Comme on descendait sa dépouille mortelle dans le tombeau, la foule laissa éclater son admiration reconnaissante en entonnant et avec quelle émotion, l'Avé Maris Stella, ce chant religieux et patriotique que le défunt avait si souvent entonné lui-même pour clôturer des réunions acadiennes et qu'il convenait d'entonner pour clôturer une carrière un vie acadienne."

Une heure auparavant, sous la voûte du Monument de Reconnaissance Acadienne, l'éloge du défunt sortait de la bouche de l'Archevêque des Acadiens:

"Sans vouloir prononcer l'oraison funèbre, disait Mgr L'Archevêque, il est de mon devoir de souligner les grandes qualités qui ont caractérisé le cher disparu. L'Eglise Canadienne et l'Église Acadienne perdent un grand serviteur, un fidèle serviteur. L'Acadie perd un ardent patriote dont le rôle et les services seront davantage reconnus à mesure que se fera le recul des années."

Les remarques que faisait S.E. Mgr Robichaud le 17 juin 1958 avant d'officier à l'absoute d'Henri P. LeBlanc, pointaient également vers l'avenir: "Si je puis formuler un voeux", disait Son Excellence, "C'est la prière que ferait le défunt lui-même s'il vivait encore, qu'il ait parmi nos laïcs de nombreux et fervents imitateurs."

Henri LeBlanc, né le 21 juillet 1879, fils de Pierre LeBlanc et Marie Belliveau. Etudes classiques à l'Université St-Jospeh. Etudia la philosophie à Montréal. Marié à Euphémie Arsenault le 30 juillet 1906, il entra au service de l'Intercolonial à Moncton en 1907 où il devint directeur du magasin C.N.R. II obtint un M.A. de l'Université St-Joseph en 1930 et un doctorat en histoire de l'Université St-Joseph de Moncton en 1955. II reçu la médaille "Pro Pontofice et Ecclesia" en 1937. II fut le premier organisateur général de la Société l'Assomption, nommé à ce poste le 8 mai 1904. Un historien de la Société lui consacre cette phrase élogieuse: "Par sa parole vigoureuse, sa connaissance approfondie de l'histoire de l'Acadie, son enthousiasme ardent, il sut vite enrôler sous l'étendard de l'Assomption, les Acadiens des Etats-Unis". Conseiller général de la Société pendant plusieurs années, lui aussi fut un des dignes fils de la paroisse de Memramcook.

ABBEY LANDRY

Abbey Landry, né le 2 octobre 1903 était le fils de Philomon Landry et Eleonore Bourque. II fut marié à Eveline Léger le 5 août 1929. C'est pendant les années 40 qu'il fonda la compagnie "Abbey Landry Construction Co." et il commenca à prendre des contrats pour construire des écoles un peu partout dans la province. Cette compagnie à date a construit plus d'une quarantaine d'écoles. En plus, il dirigea aussi la construction des églises de Lakeburn, Parkton, Dieppe, Bouctouche, Pointe Sapin, Ste-Marie, St-Paul, Notre-Dame, Newcastle ainsi que le monastère des Trappistines et celui des Trappistes de Rogersville. En 1947, il construisit le collège Notre-Dame d'Acadie à Moncton et en 1950 il construisit la bâtisse de la Société l'Assomption sur la rue St-Georges de Moncton. De 1960 à 1965, il construisit plusieurs édifices de l'Université de Moncton tel que l'école Normale, différentes résidences et l'aréna Jean-Louis Levesque.

En Nouvelle-Ecosse, la compagnie Abbey Landry construisit une résidence au Collège Ste-Anne de Pointe de l'Eglise. A Shédiac, il construisit Villa Providence. II construisit aussi les résidences des religieuses N.D.S.C, de Pointe Sapin, Grand Sault, Baie Ste-Anne, Pré-d'en-Haut et St-Anselme.

II fut responsable des additions à l'Hôtel Dieu et à la Moncton City Hospital, à l'Hôtel-Dieu de Chatham de même qu'à la succursale de Mountain Road de la Banque Royale, de la Banque de Commerce de la rue Main de Moncton, du magasin Dominion et autres compagnies de la ville de Moncton.

Abbey Landry a su pendant sa vie s'entourer de bons ouvriers et de maîtres charpentiers. II est mort à la tâche le 17 décembre 1968. La compagnie reste toujours sous la direction de son fils aîné, Laurie, et oeuvre dans le domaine de la construction au Nouveau-Brunswick. Toutes ces églises, toutes ces écoles et bâtiments variés que l'on trouve un peu partout dans la province sont un témoignage de l'oeuvre accomplie par ce fils de la paroisse de Memramcook et autant de monuments consacrés à sa mémoire. Lui aussi a fait honneur à Memramcook.

ELOI LEBLANC

En collaboration spéciale dans l'Evangéline du mercredi 5 juillet 1978, le Père Médard Daigle, c.s.c., professeur à l'Université St-Joseph pendant au-delà de 25 ans écrivait ce qui suit:

"L'Acadie se souviendra longtemps de ce petit violoneux qu'on remarquait à peine au début des soirées parce que sa taille et son humilité, son respect des autres et sa conscience professionnelle le tenaient à l'écart. La nature l'avait doué d'un physique modeste, avec un nez et des oreilles amplifiées ce qui explique peut-être sa timidité. Sans érudition, mais aussi sans prétention, Eloi parlait peu et d'un timbre de voix étouffée, utilisant le language du terroir, c'est-à-dire le parler quelque peu "sagouinien", ne disant que ce qu'il voulait dire, dans ce français folklorique pittoresque et sublime sans détour et sans éclat, préférant se taire et passer pour niaiseux plutôt que d'afficher ce qui dépassait ses connaissances et sa sincérité.

Au début des soirées, alors que les poignées de mains et les rires introduisaient les rencontres, Eloi, renfrongré à l'ombre du piano, ajustait la voix de son violon dans des quintes parfaites, aidé de sa soeur, Laura, sa fidèle accompagnatrice. Quand tout à coup le micro annonçait: "Eloi LeBlanc", et dès que les applaudissements et les hourrah s'éteignaient, les mélodies sonores, puissantes, précises, vigoureuses remplissaient toute la salle, atteignant les coins et les recoins des objets, des coeurs et des consciences.

Toute une vie folklorique surgissait de son violon, tantôt tendre et doux comme une mousseline de mariée, tantôt fulgurant et endiablé comme une course de chevaux. Dans une salle bondée de monde ou dans l'intimité d'une humble cuisine, le violon d'Eloi chantait, riait ou pleurait, émouvant jusqu'aux plus réfractaires à la musique.

Eloi a plus fait pour l'Acadie que bien des discoureurs et des chevronnés. C'est en travaillant et en amusant qu'il fut patriote. Son violon chantait l'Acadie, perpétuait les pures expressions de son folklore, la faisait aimer par les charmes de ses mélodies, de son âme, de sa sincérité, de son amour, sans jamais blesser personne.

Pour Eloi, le violon servait de prolongement à sa personne, ou plutôt sa personne passait dans son violon. Alors il révélait sa foi, son language, tout ce qu'il avait au coeur, et il s'exprimait son être avec la clarté d'un message écrit. Dès l'âge de huit ans, sur un violon plus long que le bras, car les petits violon adaptés aux enfants étaient alors inconnus, Eloi, en compagnie de ses frères et soeurs, accumulait à chaque jour ce fameux répertoire qui fit de lui une encyclopédie vivante, vibrante et exacte de toutes les mélodies exprimées par les violoneux des Maritimes.

Ne connaissant que très peu la lecture musicale, Eloi compensait cette lacune par une mémoire phénoménale qui avait l'avantage de saisir plus fidèlement les nuances, les ritournelles, les soupirs même de ses condisciples. Ce qu'il avait dans la tête, il l'avait sous les doigts; ses mains semblaient directement branchées sur sa mémoire, de sorte que ses doigts, même son petit doigt crochu, couraient avec une précision et une rapidité incroyable. Il était notre Jean Carignan acadien. S'il n'avait pas comme son brillant émule, la prestance, la technique merveilleuse, ni les connaissances approfondies des mélodies traditionnelles puisées aux sources même de leur origine, il en avait l'âme, la justesse, la rapidité, la mémoire et la beauté sonore.

Un jour il me joua le début de Rosmarin de Kreisler, m'avouant qu'il ignorait le reste. Quelques jours après, il me joua la pièce en entier parce qu'il avait eu le bonheur de l'entendre sur disque. Sa mémoire formidable accumulait beaucoup plus vite les airs que les titres, et il s'agissait de turlutter ou de "subler" (siffler) une "toune" pour que la reprise sorte claire, nette, en pleine allure sous les doigts magiques de notre héros.

Conscient de la gravité de sa maladie, cette vedette régionale envisagea la mort avec sérénité. II choisit et paya son cerceuil, exigeant simplement le petit symbole d'un violon sur sa tombe. II révéla même à quelques intimes qui le visitaient les morsures progressives que la mort grugeait dans ses entrailles; et tout cela sans frayeur, sans énervement, tout simplement comme s'il avait rendez-vous pour un concert chez Dieu."

Au salon funéraire Dupuis, le premier soir, le père Médard Daigle, grand ami et admirateur du célèbre violoniste, rappela la grandeur caché de ce petit homme qui distribua son temps, sa musique, son coeur et sa santé pour que l'Acadie participe un peu plus à cette fidélité folklorique ou le travail, la joie, la fidélité, l'âme des ancêtres reviennent chez nous à travers les mélodies, les chants et les objets d'autrefois.

Puis lui-même, s'excusant de son audace, prit son violon, joua pour les sympathiques assistants, ces mélodies toujours nationales "Ave Maris Stella" et "Reine d'Acadie", ces deux airs de chez nous à la fois religieux et patriotiques qui ont rallié tant d'énergie et d'amitié chez les Acadiens, non seulement pour louanger la Vierge-patronne et son Fils, mais pour l'obtention de nos droits linguistiques et politiques.

Ses obsèques remplirent les bancs, les allées et le sanctuaire de l'église de Pré-d'en-Haut. Parmi les vingt-deux petits violonistes aux écoutes de Suzuki et dirigés par le curé, une dizaine des meilleurs âgés de 10 à 12 ans, ajoutèrent leurs sympathiques cordes à la louange liturgique dirigée par Alice Belliveau.

Le Père Paul Prévost, c.s.c., célébrant, fit une admirable éloge du défunt, et c'est ainsi que disparut, aux regards des yeux mouillés, Eloi LeBlanc, probablement le plus éloquent folkloriste de notre région.

Eloi LeBlanc est né à Collège Bridge, le 26 novembre 1909. Fils de Protais LeBlanc et d'Henriette LeBlanc. Avec son violon, à sa manière, a fait connaître sa paroisse natale et lui a fait honneur. II est mort le 21 juin 1978. II repose maintenant dans le cimetière de la paroisse de la Pré-d'en-Haut, paroisse où il a vécu une partie de sa vie.

ALYRE CORMIER, B.S.C., C.A, C.D.

Alyre Cormier est né le 27 septembre 1923, fils de Damien Cormier et Alva Landry. Etudes commerciales à l'Université St-Joseph. II fut un des premiers gradués de la classe du cours de Sciences Commerciales (B.S. Comm.) à l'Université St-Joseph en 1945. Marié à Andréa Doucet le 29 juin 1953. II fut employé, comme assesseur, au bureau provincial de l'Impôt sur le Revenu, Saint-Jean, N.-B. II est le seul Acadien à occuper ce poste de confiance au bureau de Saint-Jean.

Le Bulletin des Anciens de l'Université de Moncton du mois de mars 1981 disait à son égard:

"La Chambre de Commerce de Moncton Métropolitain (CCMM) s'est élu le mois dernier lors de sa 90e réunion annuelle, un nouveau président en la personne de M. Alyre Cormier, professeur à la Faculté d'administration de l'Université de Moncton. M. Cormier succède ainsi à Donald Lebans de MacArthur Flower Shop qui devient président sortant. II est le cinquième francophone à accéder à ce poste tant convoité par nos amis anglophones. Dans une entrevue accordée au journal l'Evangéline, le nouveau président déclare que la CCMM s'est sensibilitée au fait français à l'intérieur de ses murs et croit que cette tendance ne peut aller qu'en accentuant.

M. Cormier à l'emploi de l'Université de Moncton à titre de professeur de comptabilité finance depuis 1975. II a accumulé au cours des années, une expérience fort intéressante dans le domaine des affaires. Sa carrière a débuté en 1945 alors qu'il était au service de Revenu Canada à St-Jean, N.-B. Lors de son séjour à St-Jean il a également servi dans les forces armées réserve (marine) et lorsqu'il quitta St-Jean et la marine réserve, il détenait la grade de Lieutenant-Commandant.

De 1963 à 1967, il fut président et contrôleur d'un groupe de sociétés à Fredericton. En 1967, il fut embauché par l'Assomption Cie Mutuelle d'assurance-vie, puis devint président et directeur général de l'Imprimerie Acadienne et du journal l'Evangéline. Quelques temps plus tard, il acceptait un poste de vice-président administratif avec la Cie de Gestion Atlantique Ltée.

M. Cormier est comptable agréé et un ancien président de l'Institut des Comptables agréés du Nouveau-Brunswick, deuxième francophone à occuper ce poste. II siège de plus à divers comités qui se préoccupent de près ou de loin du développement économique de la région."

De plus, il a été membre du conseil scolaire District No. 15 de Moncton et président du Comité de Finances, président de la Commission des biens temporels, Archidiocèse de Moncton (Comité aviseur à l'Archevêque de Moncton), président du Conseil paroissial, Paroisse du Christ-Roi, Moncton. Actuellement, il est le directeur général, Institut de Memramcook à Saint-Joseph, N.-B. Un autre fils de la paroisse qui occupe d'une manière digne, un poste de confiance et qui fait honneur à sa race, à sa paroisse natale.

GIORGIO GAUDET, B.A. M.A.

Giogio Gaudet, fils de Louis Gaudet et d'Alice Gauvin est né en juin 1941. Bachelier es Arts de l'Université de Moncton, maîtrise es Arts en travail social de l'Université de Montréal et Diplômé en Gestion (Career Assignment Program) de la Fonction publique du Canada. II est marié à Rosella Gaudet le 15 août 1964.

Tour à tour, enseignant à l'école secondaire de type correctionnel, N.-B. en 1961-62, travailleur social, ministère de la Jeunesse et Bien-être, N.-B. en 1964-65, surveillant, service au Bien-être de l'enfance, Ministère de la Jeunesse et Bien-être, N.B. de 1965-1967, surveillant suppléant, programme d'assistance sociale, Ministère de la Santé et Bien-être, N.-B. en 1967-68, professeur à l'Université de Moncton à la Faculté des sciences sociales 1968-70, directeur de la Formation et du Développement du personnel du Ministère de la Santé et Bien-être, N.-B., 1970-71, directeur du programme de développement social au Ministère des Services Sociaux, N.-B. 1971-73.

Analyste de politiques sociales au bureau du conseil privé, Ottawa, 1973-74, agent exécutif principal au bureau du Sous-Ministre, Santé et Bien-être social, Canada, Ottawa, 1974-76, directeur à la division des Services Sociaux, Santé et Bien-être social Canada, Ottawa, 1976-77.

Ces divers stages dans le domaine du Bien-être et de la Santé lui ont permis d'accéder au haut poste de Sous-ministre en août 1977 au Ministère des Services Sociaux à Frédéricton. Les Acadiens qui ont atteint le poste de Sous-ministre sont peu nombreux et lorsqu'un jeune homme de moins de 40 ans y arrive, on peut dire de lui "il est jeune, il est vrai, mais aux âmes, bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années". En occupant la position de Sous-ministre au Ministère des Services Sociaux à Frédéricton, Georgio Gaudet, un autre fils de Memramcook fait honneur à sa paroisse, à son village natal et à sa famille.

J. DOLLARD LANDRY

Date de naissance: le 10 juillet 1942, Lieu de naissance: Memramcook-est, N.-B. Parents: Onisime Landry et Feu Régina Arsenault Marié à: Huberte LeBlanc, le 5 septembre 1966

Education: Cours Commercial, Collège Saint-Joseph, 1959. Baccalauréat en Sciences Commerciales, Université Saint-Joseph. Moncton, 1963. Maîtrise en Commerce, Université de Moncton, 1964, Doctorat en Economie du Développement, Université de Paris. France. Scolarité en 1964-65; défense de thèse intitulée: "Structures des Provinces Maritimes du Canada face au Développement Economique" en 1971, et obtention du doctorat.

Bourses d'étude: 1962 et 1963 - Boursier du Club Acadien. 1964 - Boursier de l'ACELF, donné par "L'Union du Canada". - Bourse d'enseignement de l'Université de Moncton. - Bourse de dévouement du Conseil étudiant de l'Université 1965 - Bourse France-Acadie.

Publications: - Mémoires de la Société Royale du Canada, 1977 "La nature et les causes des disparités socio-économiques sur le territoire acadien". - Revue de l'Université Sainte-Anne, Nouvelle-Ecosse, 1977 "Les circonstances économiques des provinces maritimes et des régions acadiennes". - M.E.E.R., Bureau régional, Moncton, 1979. "Les parcs industriels de la région de l'Atlantique: une évalucxtror de l'incidence économique". - Revue de l'Université de Moncton, 1980. "Le sous-développement en Acadie"

Emplois: - CHARGE D'ENSEIGNEMENT, 1965-67; Université de Moncton. - AMENAGISTE RURAL, 1967-70, à l'Institut de Memramcook, sous le programme de l'Arda, responsable de Kent-Westmorland. - ANALYSTE INDUSTRIEL, 1970-71, au Ministère de la Croissance économique, Fredericton. - AGENT DES SUBVENTIONS, 1971-72, au M.E.E.R., Bureau de Fredericton, il s'occupait principalement des régions francophones du N.-B. - GERANT DES ENTENTES FORDER-ARDA, 1972-74, au M.E.E.R., bureau de Fredericton, il s'occupait principalement de l'entente FORDER du Nord-Est du N.-B. et de l'entente ARDA de Kent. - ANALYSTE REGIONAL, 1974-76, au M.E.E.R., bureau régional de Moncton. - ADMINISTRATEUR, ANALYSES ECONOMIQUES, 1977-80, au bureau régional de la région Atlantique, Moncton. - DIRECTEUR DE LA PLANIFICATION, 1980-81, M.E.E.R., Bureau régional de la région Atlantique, Moncton (avec un personnel de 14). - DIRECTEUR GENERAL, Conseil Economique Acadien, 1981, prêté pour 3 ans par le M.E.E.R. afin d'établir le CEA sur une base plus permanente, responsable d'établir un secrétariat, préparer un Bulletin (à tous les 2 mois), faire le recrutement et les relations publiques, et faire ou diriger de la recherche sur l'économie des Acadiens.

Dollard Landry, malgré son jeune âge, a déjà joué un rôle de premier plan dans différentes sphères de l'enseignement, dans le service civil et à mis ses vastes connaissances au profit des Acadiens du Nouveau-Brunswick. Ce jeune homme est un digne représentant de la Vallée qui l'a vu naître et a contribué comme bien d'autres, à répandre sa renommée comme étant un des plus beaux coins de l'Acadie, pourvoyeuse d'homme et de femmes qui l'ont honoré et l'honorent encore.

SGT. ALBAN LEBLANC

Une biographie du Sgt. Alban LeBlanc de la plume de Robert E. LeBlanc, officier des Services de la Succursale no. 89 de la Légion Canadienne nous dit:

"Alban LeBlanc s'enrolle à Fredericton, le 26 novembre 1942. II fut assigné au camp militaire d'Edmundston. Après son entraînement à Edmundston, il fut transféré au Camp de Valcatier, P.Q., et assigné au régiment "Les Voltigeurs de Québec". En juillet 1942, on le retrouve au camp militaire de Whitley en Angleterre. Là, il se joint au fameux régiment Royal 22ième, les "Van Doos". En janvier 1944, les "Van Doos" mettaient pied à terre à Valina, de mer d'Italie. Le 15 janvier, le soldat Alban LeBlanc ainsi que ses copains du régiment du Royal 22ième connaissaient la terrible réalité de la guerre à Anzio en Italie où l'hiver se passa dans les tranchées au nord du chemin d'Ortona-Orsagna.

En mai 1944, les forces alliées, par le Royal 22ième, dont Alban LeBlanc faisait partie, attaquait la fameuse ligne Adolphe Hitler. Le 23 mai 1944, le Sgt. Alban LeBlanc se distingua au point de se mériter la médaille militaire.

Les compagnies A, B et C, accompagnées de trois chars d'assaut devaient, à travers un long champ de pois, avancer sur l'ennemi à l'heure zéro (9:00 a.m.). Après une avance de 400 verges, les trois compagnies furent arrêtées par une mitrailleuse Allemande qui vomissait 700 balles à la minute. Chaque peloton comptait plusieurs morts et blessés. Reculer ou avancer s'avérait impossible à cause du feu mortel provenant de la mitrailleuse Allemande installée à cent verges du peloton 13, dont le sergent Alban LeBlanc et son ami le soldat Armand Landry faisait partie. Au moment où le soldat qu'il était blessé, le sergent Alban LeBlanc sauta debout et s'attaqua seul au nid de la mitrailleuse Allemande. Après avoir lancé une grenade no. 36 dans cette direction, il fonça sur la position ennemie avec une mitrailleuse légère ("Bren Gun') crachant 120 balles à la minute. II captura seul cet emplacement ennemi si dangereux".

Les documents attestant cette rencontre nous donnent la suite: Le sergent Alban LeBlanc fonça seul la position ennemie et captura la position de la mitrailleuse et l'en débarrassa de ses occupants. II fut décoré par le roi et reçut une lettre de félicitation de l'Honorable Vincent Massey, Haut Commissaire du Canada, à Londres.

Le 30 décembre 1944, le sergent LeBlanc souffrit une blessure qui consistait de trois "scharnels" à la jambe gauche. En août 1945, le régiment Royal 22ième se rendait en France afin de continuer leur campagne à travers la Belgique, la Hollande jusqu'en Allemagne. Une fois la campagne d'Europe terminée, il s'en revint au camp d'Aldershot en Angleterre jusqu'en septembre 1945. Lorsqu'il retourna à son pays natal, après un séjour à la Citadelle de Québec, il fut libéré de l'armée le 12 novembre de la même année.

En plus de la décoration de la médaille Militaire, il reçut les médailles suivantes: L'Etoile France-Allemagne, l'Etoile de l'Italie, la médaille 1939-1945, C.V.S.M. et Clasp.

Le sergent Alban LeBlanc, de Lourdes, en se méritant ces hautes décorations a fait honneur à notre grande et belle vallée de Memramcook. II demeure un de ses fils distingué.

ALDOR LEBLANC

Aldor LeBlanc est né à Collège Bridge, le 12 juillet 1927, fils d'Antoine et Ella LeBlanc, après ses études à l'Université St-Joseph, il a travaillé au département de comptabilité du Canadian National à Moncton. II fut marié le 27 juillet 1949 à Colombe Léger. En août 1957, il fut nommé inspecteur de la santé publique pour le comté de Westmorland et en 1953 il fut certifié par l'Association Canadienne d'Hygiène Publique. En 1953, il fut boursier du Ministère de la Santé et Bien-être National pour poursuivre ses études en Ontario. A son retour, il devint inspecteur en chef du comté de Westmorland de 1955 à 1965.

En 1965, appointé Superviseur Régional pour la région de santé district no. 1 (comtés de Albert, Kent et Westmorland). En 1967, promu au poste de directeur de la division environnement du Ministère de la Santé de la province du Nouveau-Brunswick, avec un bureau à Frédéricton.

En 1970, il quitte le ministère et accepta le poste d'administrateur de Villa Providence Shédiac Inc., nouveau foyer pour vieillards de 201 lits. Aujourd'hui, il est directeur de la Villa Providence, Shédiac, Villa du Repos Inc., Moncton, Cité d'âge d'Or Inc., Shédiac, complexe d'appartements (171), Villa Héritage Inc., Moncton, complexe de 204 appartements, membre du bureau de direction d'un centre de loisirs, du Centre Médical Régional Inc., de Shédiac et du Centre des handicappés, Moncton.

En plus de toutes ces activités, il fait partie de plusieurs organisations telles que: N.B. Gerontology Association, Canadian College of Health Service Executives, N.-B., Association of Health Service Executives, American College of Nursing Home Administrators, Fellow Governor, Région XII (Canada) avril 1979 - mai 1981, Royal Society of Health - Fellow, Secrétaire-trésorier de l'Association des foyers de secours du N.-B. II a été aussi membre et président de charte, région Atlantique en 1956 de la Canadian Institute of Public Health Inspector, membre actif de la Chambre de Commerce de Shédiac, membre du Shediac Yacht Club et du Pine Needle Golf & Tennis Club, des Chevaliers de Colomb, du Cercle Acadien et du Club Beauséjour, du conseil d'administration de l'hôpital Georges L. Dumont, Moncton et président de la Commission d'Aménagement Beaubassin.

Aldor LeBlanc, en juin 1981, reçu l'honneur d'être nommé président national d'une association canadienne à Vancouver. La présidence d'une organisation ou d'une société nationale est à la fois un honneur et qui peut en même temps comporter de très grandes responsabilités.

L'Association Canadienne des soins à long terme est une fédération d'associations (de foyers) provinciales et compte parmi ses membres, des associations du secteur privé ainsi que du secteur public. Le but de l'association est de promouvoir des soins de qualité et d'uniformité des services dans le domaine des soins à long terme à travers le Canada.

Aldor LeBlanc, en plus d'occuper une position de grandes responsabilités, trouve le temps de prendre une part active dans les domaines de la vie sociale et civique. Agé d'un peu plus de 50 ans, ce fis de Memramcook, devrait servir d'inspiration et de modèle à la jeune génération de la Vallée.

LOUIS G. LEBLANC, D. SC.

Louis Gonzague LeBlanc est né le 24 février 1902, fils de Marcel LeBlanc et de Joséphine LeBlanc. II fit ses études primaires à l'école de son village, McGinley's Corner de 1909 à 1918. De 1918 à 1920, on le trouve comme étudiant au Collège Saint-Joseph. Employé de la Banque Provinciale de 1920 à 1924, aux Etats-Unis, à des études du soir au Bentley College, Boston, Massachusetts, de 1924 à 1926, à l'emploi de la Waltham Trust Company de 1924 à 1933, de l'Etat du Massachusetts, département des banques de 1933 à 1937, et de la Waltham National Bank de 1937 à 1945, à l'emploi de la Newton National Bank de 1945 jusqu'à sa retraite, alors qu'il en était le président. Il a été directeur des institutions suivantes: Newton National Bank, R.L. Gourley Co., F.W. Foley Corporation (Mass.), South County Gas Co., Bristol Warren Gas Co. (R.I.), Better Business Management Corp. (Mass.). Elu conseiller général de la Société Mutuelle de l'Assomption pour le Massachusetts à la convention générale de 1959, réélu en 1963, réélu en 1967 et nommé 1er vice-président de l'Assomption, Compagnie Mutuelle d'Assurance-vie, le 1er janvier 1969. II devint administrateur de la nouvelle mutuelle et vice-président du conseil d'administration en 1969 pour un an. Réélu en 1970 pour trois ans et réélu en 1973 pour trois ans. Nommé au conseil en 1976 pour deux ans, 1978 fin du mandat et retraite en raison du règlement d'âge.

Membre du Club Kiwanis et du Brae Burn Country Club, Louis G. LeBlanc et son épouse, née Mélendé Belliveau, résident au 67 rue Summit, Waltham, Mass.

L'Université de Moncton lui décerna un Doctorat en Sciences Commerciales, et reconnu par là les mérites de ce fils de Memramcook, qui a occupé des postes de haute importance dans le monde des finances chez nos voisins du sud. Les hauts sommets qu'il a atteint dans un pays étranger, lui font honneur et en même temps à sa paroisse natale, qui en est fière et dont il mérite toute l'admiration.

ROMEO LEBLANC

A côté des Belliveau, Bourgeois, Bourque, Cormier, Gaudet, Landry, Léger et LeBlanc, fils de M'Cook, qui au cours de leur vie ont illustré leur paroisse natale et l'on fait connaître à travers le pays et même au-delà de ses frontières et qui après avoir atteint la renommé durant leur vie terrestre dorment dans le vieux cimetière paroissial, un autre fils de la paroisse, encore relativement jeune, est à se tailler une renommée à travers tout le Canada, aux Etats-Unis et dans les vieux pays. C'est l'Honorable Roméo LeBlanc, ministre des Pêches dans le gouvernement fédéral. Roméo LeBlanc, né le 18 décembre 1927 est le fils de Philias LeBlanc et de Lucie LeBlanc. II fit ses études classiques à l'Université St-Joseph et obtient un B.A. en 1948. II fit aussi des études pédagogiques à l'Université St-Joseph, un baccalauréat en Pédagogie en 1951. II fut professeur à Drummond, N.-B. pendant 2 ans. Ensuite, boursier de France-Acadie, il fit des études à Paris de septembre 1953 à 1954 à la Sorbonne. A son retour, il fut journaliste et correspondant à Radio-Canada pendant 8 ans, soit à Ottawa, Londres ou Washington. II fut ensuite secrétaire de presse pour le Premier Ministre Lester Pearson et le Premier Ministre Pierre Trudeau pendant 5 ans. En 1971, il fut nommé assistant président de l'Université de Moncton. En 1972, il fut élu député fédéral pour la circonscription de Kent et Westmorland. En 1974, il fut nommé Ministre des Pêches dans le cabinet Trudeau. Après l'élection du 18 février 1980, à la demande des pêcheurs, il fut demandé à nouveau d'occuper le ministère des Pêches. Elus à 2 différentes reprises avec des majorités accrues à chaque élection, Romeo, comme Ministre des Pêches et Oceans a gagné le respect et la confidence des pêcheurs. Durant son séjour à ce ministère, il imposa la limite de 200 milles. Le Canada, ayant été le premier pays a annoncé cette limite. Comme Ministre des Travaux Publics depuis 1982, représentant toujours sa province natale, il a été responsable de la venue du Département des Pensions à Shédiac, de même que de l'octroi de construction des corvettes à Saint-Jean. II a aussi eut beaucoup à dire au sujet de la construction des centres français à Saint-Jean comme à celui de la Miramichi à Newcastle. En juin 1984 Roméo annoncait qu'il se retirait pour le moment de la politique et qu'il ne serait pas candidat aux élections fédérales. C'est alors que des éditoriaux du Telegraph de Saint-Jean et du Moncton Times-Transcript ont signalé et vanté tous les services qu'il a rendus à la province comme Ministre des Pêches et Oceans et aussi comme Ministre des Travaux Publics depuis 1982. Ces hommages rendus, à celui qui a si bien représenté les Nouveau-Brunswickois, sont des plus mérités. Nommé au Senat en juin où il continuera à nous faire honneur. Roméo, habite Ottawa, mais pendant la saison estivale, il passe quelques jours de vacances bien méritées à son chalet de Caissie Cape.

AURELE YOUNG

Aurèle Young, né le 19 septembre 1921, fils d'Arthur Young et de Dina Belliveau. II fit ses études classiques à l'Université St-Joseph où il obtint un B.A. avec distinction, en 1943. II poursuivit ensuite des études en sciences sociales à l'Université Laval où en 1945 il obtint un Bacalauréat en Sciences Sociales et en 1946, une maîtrise en économie à la même université. II est le premier de l'Université St-Joseph à avoir obtenu un tel diplôme. II fut professeur à l'Université St-Joseph en 1946 avant de retourner faire des études post-universitaires à l'école libre des Sciences Politiques, Université de Paris de 1948-49. II fut candidat au parti conservateur pour le comté de Westmorland en 1952. II se maria le 28 juillet 1952 à Rita Boudreau. Tour à tour, il fut directeur du département des sciences sociales à l'Université de Moncton. En 1965, président des professeurs de l'Université de Moncton, directeur du département d'économie en 1967, membre du conseil canadien des sciences sociales, de la Chambre de Commerce Nationale, du Conseil Economique des Maritimes, du Conseil Economique du Canada, de la "World Peace Foundation" de la société ACFAS du Canada, du Sénat Académique de l'Université de Moncton, de l'Association des Conseils des économistes francophones.

Aviseur économique auprès du Gouvernement du Nouveau-Brunswick, membre de la Commission des relations du travail dans la fonction publique, N.-B., 1970-1976, membre de la commmission sur la commercialisation des produits de la pêche du N.-B., co-auteur de la Planification économique dans un état fédéral et du volume "Les Acadiens des Maritimes".

Par ses études approfondies et par son travail persévérant, Aurèle Young s'est acquis la réputation de bon professeur. Ces vastes connaissances en matières économiques ont été reconnues par sa province natale qui n'a pas hésité à avoir recours à ses services. Comme d'autres fils natifs de Memramcook, Aurèle Young, joue un rôle de premier plan dans le domaine économique. II a contribué largement à faire connaître et apprécier sa compétence économique dans tout l'est du pays.

 

 

Si de justesse et sans fausse prétention, la vallée est fière de ses fils illustres, dont on vient de lire la biographie, elle l'est, non moins de ses filles et femmes de la vallée, les épouses, les mères de famille, les religieuses et institutrices laiques, les gardes-malades, toutes ces admirables acadiennes qui, elles aussi ont contribué à sa gloire et à sa renommée, tout en restant dans l'ombre, en remplissant leurs rôles d'une manière digne et édifiante.

Martin Gray, cet auteur bien connu, écrivait dans son livre "Au nom de tous les miens" ce qui suit en parlant des enfants:

"Chacun de nous a besoin de laisser la trace de son passage parmi les hommes. Chacun se doit de vouloir laisser une marque, sa marque, parce que c'est ainsi que l'humanité, ce corps aux visages innombrables, creuse un sillon. L'enfant, c'est la trace d'un homme et d'une femme. II faut qu'un couple crée des enfants ou des oeuvres ou le bonheur pour les autres. II faut qu'un couple donne son amour."

Ils ont certainement laissé leur traces, ces couples de la paroisse qui ont élevé 10, 12 et 15 enfants et qui, dans certaines familles ont donné à l'Eglise, un, deux ou plus de leurs enfants, qui ont été et sont encore prêtres, religieux ou religieuses et à la société des hommes et des femmes qui ont été et sont encore, la gloire de leurs familles et de leur paroisse natale. Tous et toutes, méritent notre admiration et nos remerciements. C'est chapeau bas, qu'il faut les saluer.

Elles ont aussi laissé leurs traces et donné de leur amour, ces institutrices religieuses et laics, filles de la vallée et elles ont créé des oeuvres en dispensant une éducation française et catholique à des milliers de jeunes acadiens et acadiennes, dans nos écoles de campagne, de villes et dans les couvents des Maritimes, pendant 35, 40 ans et plus de leur vie. Pour la génération présente et pour les générations futures, voici leurs noms: Les Soeurs Marie Euphraisie, Marie Hélène, Marie Julienne (encore vivante 104 ans), Marie Angéline, Marie Hélène, Marie Anita, Florence Gaudet, Juliette Gaudet, Catherine Richard; les institutrices laïques: Sara Melanson, Béatrice Gaudet, Marie Boudreau, Rosalie Belliveau, Prémélia Gaudet, Alberta Gaudet, Créola LeBlanc, Estelle Léger, Marie Léger, Germaine Cormier. Sept d'entre elles jouissent d'une retraite bien méritée après plus de 35 ans d'enseignement. Elles ont droit à une place prépondérante sur le tableau d'honneur et dans l'histoire de la paroisse. Les autres, tant religieuses que laïques qui ne sont plus de ce monde, jouissent de la récompense promise aux servantes fidèles. Non moins méritantes, quoique moins nombreuses, sont aussi les filles de la paroisse, les gardes-malades qui ont prodigné à des milliers de malades dans les hôpitaux ou foyers pour invalides et qui sont encore à la tâche. Celles-ci aussi ont droit à l'admiration de leurs coparoissiens et la vallée est aussi fière d'elles. Toutes ont contribué à faire de cette vallée la plus belle sous la calotte des cieux.