ÉCOMUSÉE du PATRIMOINE de MEMRAMCOOK

Panneau d'interprétation de l'ancien couvent Notre-Dame du Sacré-Coeur

En collaboration avec la Congrégation des religieuses Notre-Dame-du-Sacré-Coeur

Photo prise lors du dévoilement du panneau en 2004

De gauche à droite : Pierre Landry, directeur du Foyer Saint-Thomas où se situe le panneau; Denise Léger-Collin, présidente de la Société; soeur Murielle Duguay, Supérieure-générale des religieuses Notre-Dame du Sacré-Coeur; Gérard LeBlanc, président, comité de l'Écomusée.


Texte qui paraît au panneau

L’abbé François-Xavier Lafrance, arrivé à Memramcook comme curé en 1852, était préoccupé par le manque de facilités pour l’éducation des jeunes Acadiens. Voilà pourquoi, en 1854, il fit construire un séminaire sur la Butte-à-Pétard. A ses débuts, ce séminaire, nommé Collège Saint-Thomas, était une école mixte fréquentée par les jeunes filles et garçons.

Vers 1858, Lafrance commence la construction d’un couvent pour jeunes filles. Le site du couvent aurait été là où est située l’ancienne école du village de Saint-Joseph. Ne pouvant obtenir l’approbation de son évêque pour y faire venir des religieuses de langue française, il en arrête la construction quelque temps après.

En 1862, à cause de difficultés financières, Lafrance doit fermer les portes de son collège. Il commence alors des négociations avec le nouvel évêque, Mgr Sweeney, afin de trouver une communauté religieuse qui pourrait venir continuer l’oeuvre éducationnelle qu’il avait commencée.

C’est ainsi qu’arrive, en 1864, le père Camille Lefebvre. Il y vient comme curé de la paroisse, mais également comme dirigeant d’une communauté de la Congrégation de Sainte-Croix qui s’occupera de ré-ouvrir le collège sous le nom de Collège Saint-Joseph.

Quelques années plus tard, en 1868, le père Lefebvre ouvrit une école pour filles, au-dessus de la sacristie, puis dans une maison d’une pièce convertie en école de campagne, où Philomène Belliveau devient la première maîtresse. Deux ans plus tard, Lefebvre fait ériger un couvent qui ouvre ses portes à l’automne de 1871, avec une Mlle Lapierre, venue du Québec, comme institutrice. Puis, en 1873, le père Lefebvre accepte que les Soeurs de Charité de l’Immaculée Conception viennent prendre charge du couvent qui aura un caractère bilingue. On y retrouvera donc des enseignantes religieuses, françaises et irlandaises.

Par après, cette annonce paraît régulièrement dans le Moniteur Acadien de l’époque:

PENSIONNAT du Sacré-Coeur de Notre-Dame
Memramcook, N.-B.
Cette nouvelle institution, agréablement située dans la magnifique Paroisse de Memramcook,
auprès du Collège St. Joseph, sera dirigée par les Soeurs de Charité
qui s’efforceront d’inculquer aux jeunes Demoiselles confiées à leurs soins les vertus et les connaissances convenables à leur sexe.

En 1884 une aile est ajoutée au couvent, dans laquelle, quatre ans plus tard, on fait construire une chapelle par Sylvain “Cook” Gaudet. L’autel qu’on y installe est l’oeuvre de M. John Ward de Shédiac.

En 1893, une Francophone, soeur Marie-Anne, est nommée supérieure du couvent. Elle était arrivée au couvent en 1875. Sous sa direction, une nouvelle allonge apparaît au couvent en 1904, résultat des travaux de construction de Dominique à Maximin LeBlanc.

En 1908, suite à des tensions culturelles entre les soeurs irlandaises et françaises, la supérieure générale des Sisters of Charity demande à soeur Marie-Anne de quitter Memramcook et l’assigne au couvent de Bouctouche.

La population acadienne de Memramcook n’accepte pas très bien cette décision; une pétition, adressée à la nouvelle supérieure, et des articles de journal s’ensuivent.

L’année 1924 demeure une date des plus importantes dans l’histoire du couvent Notre-Dame du Sacré-Coeur. Suite à des interventions de part et d’autre, le nouvel évêque de St-Jean, Mgr Édouard-A. LeBlanc, s’implique et met en marche les mesures nécessaires pour former une nouvelle congrégation de religieuses.

Ainsi prend naissance la congrégation des Religieuses de Notre-Dame du Sacré-Coeur, une communauté de religieuses françaises, qui prendra en main le couvent et l’enseignement des jeunes filles. Lors du premier Conseil général, soeur Marie-Anne est élue supérieure générale.

Au printemps 1924, sous la direction de la nouvelle supérieure, une troisième aile est ajoutée au couvent devenu la maison mère. Cette nouvelle section comprend le généralat, ainsi que des chambres et un dortoir pour les novices, et donne un aspect parfaitement symétrique à la structure externe du couvent. Quatre ans plus tard, en 1928, un agrandissement majeur au couvent comprend des salles de classe, une cuisine, des réfectoires et une grande chapelle. L’apparence extérieure du couvent ne changera pas pendant les prochaines 45 années de son existence.

Soeur Marie-Anne demeure supérieure générale des religieuses NDSC jusqu’au 15 août 1936, alors qu’on lui vote le titre de « Mère Fondatrice ». Elle meurt le 18 février 1941 à l’âge de 86 ans.

L’oeuvre éducationnelle des religieuses de Note-Dame du Sacré-Coeur se continuera encore pendant plusieurs années au couvent, connu à ses débuts comme « Académie Notre-Dame du Sacré-Coeur ». L’édifice du couvent Notre-Dame du Sacré-Coeur fut démolie en 1973, exactement 100 ans après l’arrivée des « Sisters of Charity ».



Image illustrant le couvent NDSC au cours des années

Le couvent NDSC après les derniers agrandissements de 1928