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Vol 12 no 1, OCTOBRE 2001

 

Vol 12 no 1, octobre 2001

TABLE DES MATIÈRES

Mot de la présidente

Cahiers disponibles/Coupon cotisation

Conseil d'Administration 2001

HISTORIQUE DU SYSTÈME POSTAL DE MEMRAMCOOK

- Tableau des Archives postales
- Souvenirs de postiers
- Les bureaux de poste
- Le transport du courrier

LE DÉPART DES PÈRES DE SAINTE-CROIX

Corrections au dernier Cahier 65

 

MOT DE LA PRÉSIDENTE

Chers membres et amis de la Société,

À titre de nouvelle présidente, je désire remercier Madame Patricia Utley, présidente sortante, ainsi que Madame Géraldine LeBlanc et Monsieur Benoit Léger pour avoir siégé au Conseil d'administration de la Société historique. Ils ont donné généreusement de leur temps et de leur énergie afin que la Société puisse continuer sa mission de promouvoir l'histoire de notre belle Vallée. Le Conseil d'administration désire remercier Madame Aurélia Gaudet pour sa grande contribution au Comité du Cahier et pour son aide monumental à la Société.

J'ai tellement de choses à partager avec vous. Premièrement, je veux féliciter Anita Boudreau pour le travail extraordinaire accompli au musée, cet été. Quelle belle exposition! Au-delà de 500 photos de mariages étaient exposées ainsi que des robes de mariées anciennes et des antiquités. Nous avons eu des touristes de la Louisiane, de la Floride, d'Ottawa, de Montréal, de Boston et d'innombrables visiteurs de la région. Merci à tous ceux qui sont venus supporter notre expo-photos et surtout un gros merci pour vos généreux dons. Gràce à un rapportage présenté à la télévision de Radio-Canada les auditeurs francophones du Canada savent que Memramcook a son musée et une Société historique qui oeuvre à promouvoir son histoire.

Deuxièmement, après vingt-quatre années d'existence, nous sommes à faire des démarches avec la Municipalité afin d'obtenir l'école de St-Joseph pour notre local permanent.

Troisièmement, nous avons formé un comité pour organiser les célébrations de notre 25e anniversaire de fondation en mai prochain. Lorsque la Société fut fondée en janvier 1977, elle avait comme première raison d'être de sauvegarder le Monument Lefebvre. C'est grâce au premier Conseil d'administration que l'on jouit aujourd'hui de ce site historique.

Quatrièmement, nous avons fait une demande auprès des organismes de la province pour une aide financière qui nous permettrait de faire publier le second tome de Paul Surette, "Memramkouke, la lutte pour la terre". Dans ce même but, nous organisons un encan ("auction") qui aura lieu au Club D'Age D'Or-Le Berceau, vendredi le 9 novembre à 19h00. Nous sollicitons maintenant les membres, organismes, et commerces de la Municipalité pour des dons d'articles, de certificats cadeaux ou de services. Nous avons besoin du soutient de tous. Venez nombreux acheter vos cadeaux de Noel!

En terminant, j'espère que vous aimerez le contenu de notre cahier : un travail énorme de la part de notre nouveau rédacteur en chef, Gérard LeBlanc.

Meilleurs voeux pour la période des fêtes. Simone Smith,


Cahiers de la Société historique de la Vallée de Memramcook inc. encore disponibles

Vol. 1, nos 1, 2 ------- Vol. 2, nos 1, 2 ------- Vol. 3, no 2

Vol. 4, no 1 ------- Vol. 5, nos 1, 2 ------- Vol. 6, nos 1, 2, 3

Vol. 7, nos 1, 2, 3 ------- Vol. 8, nos 1, 2, 3 ------- Vol. 9, nos 1, 2, 3

Vol. 10, nos 1, 2, 3 ------- Vol.11, nos 1, 2, 3

Prix : 5.00 $ chaque

Série complète : 25.00 $ plus frais de poste.


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Veuillez faire parvenir aux personnes dont le nom suit, les Cahiers de la Société historique de la Vallée de Memramcook inc. pour l'année en cours.

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Régulier ---------- 15,00 $ ---------- 20,00 $ (US)

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Membre à vie ---------- 300,00 $

Institution ---------- 30,00 $ ---------- 35,00 $ (US.) ou organismes


CONSEIL D'ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE LA VALLÉE DE MEMRAMCOOK 2001-2002

Présidente : ---------- Simone Smith

Vice-président : ---------- Robert Léger

Trésorière : ----------Anita Boudreau

Secrétaire : ---------- Juliette Landry

Directeur : ---------- Adolphe LeBlanc

Présidente sortante : ---------- Patricia Utley

Conseillers/ Conseillères ---------- Denise Colin ---------- Gérald Landry

Avis : ---------- Winnita Dupuis

Représentant du Village : ---------- Léon LeBlanc


 

HISTORIQUE DU SYSTÈME POSTAL DE MEMRAMCOOK

Vérifier sa "boîte à malle" ou son casier postal pour la lettre que l'on attend depuis quelques jours, poster une lettre importante et s'assurer que la boîte est tournée à angle droit, s'arrêter au bureau de poste à la dernière minute pour y faire un mandat de poste, y ramasser un paquet ou une lettre "enregistrée" : voilà quelques exemples qui décrivent en quelque sorte les préoccupations des gens de la Vallée de Memramcook par rapport au service postal qui a existé depuis le début de la Confédération.

Or, au cours de ces années, de l'autre côté du guichet, si l'on peut dire ainsi, il y a eu un grand nombre de personnes qui ont oeuvré soit comme maître ou maîtresse de poste, comme facteur ou postillon, ou encore comme assistants à ces derniers, et qui ont souvent donné plus que le minimum requis.

Dans ce numéro des Cahiers, La Société historique de la Vallée voudrait rendre hommage à tous ces postiers par l'entremise de témoignages, d'anecdotes, de photos et de faits historiques.

Donner l'espace mérité à tous ceux qui ont contribué d'une manière ou d'une autre au service postal est malheureusement une tâche impossible. Certains noms nous échappent, en raison de dossiers officiels non-existants ou de mémoires brouillées, et, même là où les noms existent, il y a souvent manque d'information. Dans cet article, nous nous efforcerons donc de relater des expériences typiques en se penchant surtout sur les personnes et familles qui ont donné de longues années au système postal.

Le comité des Cahiers s'engage à publier des ajouts à cet article, à l'avenir, si d'autre information connexe devenait disponible.

BREF HISTORIQUE DU SYSTÈME POSTAL CANADIEN

Avant 1851, le ministère des Postes en Amérique du Nord britannique était une continuation outre-mer du Bureau de poste principal de la Grande-Bretagne. En 1849, le Parlement impérial adopta "une Loi autorisant les législatures coloniales à créer un bureau de poste intérieur" (G. B. 12 et 13 Vic [1849], chap. 66). Cette législation a été suivie au Canada par "une Loi qui prévoirait le transfert de la gestion des bureaux de poste intérieurs au gouvernement provincial, et la réglementation de ce ministère" (13 et 14 Vic. [1850]). Une législation semblable fut adoptée au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse et à l'Ile-du-Prince-Édouard et le contrôle des bureaux de poste fut cédé à ces gouvernements coloniaux en 1851.

Avec la création de la Confédération en 1867, le ministère des Postes du Nouveau-Brunswick et celui de la Nouvelle-Écosse ont fusionné avec ceux de l'Ontario et du Québec et la nouvelle loi, "une Loi pour la réglementation du service postal" (31 Vic.[1867], chap. 10), fut adoptée. Quand la Colombie-Britannique, l'Ile-du-Prince Édouard et, beaucoup plus tard, Terre-Neuve se sont unies au Canada, l'administration postale coloniale déjà existante fut intégrée à un plus haut niveau de l'administration canadienne. Le ministère des Postes a continué à fonctionner comme département ministériel jusqu'en 1981, date à laquelle il devint une société d'état appelée la Société canadienne des Postes.

La distribution du courrier par facteur au Canada

La distribution du courrier par facteur a commencé à Montréal en 1874. Le service a d'abord relevé du Bureau du secrétaire, puis de la Direction générale du service postal (1921) et enfin de la Direction générale des opérations (1947), qui était chargée d'élaborer les lignes directrices régissant le service postal sous toutes ses formes, de contrôler le nombre des employés des bureaux de poste, de diriger la distribution du courrier à domicile et de définir les services devant ètre fournis par les divers bureaux de poste.

La distribution rurale du courrier au Canada

C'est George Wilcox, un Canadien ayant vécu au Michigan, qui suggéra la distribution rurale du courrier au pays. En décembre 1905, Wilcox lança sa campagne depuis sa demeure de Springford, dans le comté d'Oxford en Ontario. L'idée obtint l'appui du public, mais les députés et le ministre des Postes la rejetèrent parce qu'ils la jugeaient trop coûteuse. Wilcox n'abandonna pas son projet, et pendant la campagne électorale de 1908, il eut le plaisir de constater que le ministre des Postes, Rodolphe Lemieux, avait changé d'avis. Le 10 octobre 1908, la première route rurale fut inaugurée entre Hamilton et Ancaster, en Ontario. Le 26 octobre 1908, le gouvernement Laurier fut réélu, et en quelques années la distribution rurale du courrier devint pratique courante.

(Les paragraphes qui précèdent sont extraits des Archives postales aux Archives nationales du Canada)

LISTE DES BUREAUX DE POSTE

ET DES MAÎTRES DE POSTE DE MEMRAMCOOK

En se référant aux Archives postales du Canada, on se rend compte qu'il y a eu, depuis le début du système de service postal dans la région de Memramcook, beaucoup plus de bureaux de poste que certains auraient pu se l'imaginer.

Région de Memramcook

Beaumont ---------- Belliveau Village ---------- Boudreau Village

Breau Creek ---------- College Bridge ---------- Collège Saint-Joseph

Cormier's Cove ---------- Dungiven ---------- Gouldville

McGinley ---------- Memramcook ---------- Memramcook-Est

Memramcook-Ouest Pré-d'en-Haut ---------- Saint-Joseph Université St-Joseph

Régions avoisinantes

Rockland ---------- Rockland Station ---------- South Rockland

Upper Dorchester ---------- Dover ---------- Upper Dover

Calhoun ---------- Taylor Village

On trouvera de la page 9 à la page 12 un tableau contenant une liste dtaille de ces bureaux de poste avec le nom de tous leurs maîtres de poste. On peut également trouver à la feuille centrale de ce cahier une carte illustrant le site de tous ces bureaux.

à noter:

1- L 'information contenue dans ce tableau provient des Archives postales aux Archives nationales du Canada et y est inclue telle qu'elle apparaît aux Archives, c.- à -d. en anglais par endroits.

2 - Les Archives ne contiennent aucune statistique plus récente que 1984.

3- On trouvera plus loin dans cet article de l'information additionnelle qui complétera le nom des personnes agissant comme maître de poste depuis 1984

Un examen des détails contenus au tableau révèlent certains faits intéressants:

- dans la région de Memramcook, au début de la Confédération, il existait déjà 7 bureaux de poste qui avaient fonctionné sous le système britannique; il s'agit de: Boudreau Village (Alex Boudreau), Belliveau Village ( Lewis Richard), Memramcook (S.C. Charters), Taylor Village (Charles Taylor), Rockland (Harriet Cochrane), Dover (H. Delesdernier) et Dungiven (John McVey).

-un bureau de poste nommé Gouldville fut ouvert en 1888 sous la direction d'un dénommé J.F. Richard ; on changea le nom du bureau à Memramcook-Est onze ans plus tard et on le ferma en 1917.

-le bureau de poste de McGinley fut établi en 1879 et fut renommé Memramcook-Ouest en 1899. Ce bureau ferma en 1952 et cette région fut incorporée à la route rurale no 1 de Memramcook.

-le bureau de poste de l'Université St-Joseph fut ouvert en 1938, pour changer de nom à celui de Collège Saint-Joseph en 1963, et enfin fermer ses portes en 1966.

-les bureaux de Belliveau Village, de Boudreau Village et de Beaumont fermèrent en 1953, et ces districts furent alors desservis par la route rurale no 1 de St-Joseph.

-le bureau de Pré-d'en-Haut fut fermé en 1970.

-le bureau de Cormier's Cove fut fermé en 1951.

-le bureau de Memramcook (Au Coin) est celui avec la plus longue durée, éclipsant celui de Saint-Joseph par un an.

-à la fermeture du bureau de poste d'Upper Dorchester (anciennement Rockland Station), en 1947, cette région fut incorporée à la route rurale no 2 de College Bridge.

-aujourd'hui, il ne reste plus que trois bureaux de poste dans la Vallée de Memramcook, ceux situés à Saint-Joseph, Memramcook et College Bridge.

SOUVENIRS DE POSTIERS

Que de souvenirs, d'événements, d'expériences et d'anecdotes pourraient sortir de la bouche de toutes ces personnes si l'on pouvait les faire parler. Or, on a justement réussi à cueillir des commentaires de quelques fonctionnaires des postes ou encore de personnes qui les ont bien connus.

Nous vous en offrons quelques-uns ici sachant très bien qu'il est impossible de tout raconter sur cette partie de notre patrimoine qui nous entoure.

 

Expériences d'une maîtresse de poste...
Antoinette LeBlanc nous raconte
des brins de sa carrière

Permettez-moi quelques anecdotes de ma longue carrire.

Le 4 f^évrier 1949, j'ai accepté la responsabilité du bureau de poste de Memramcook, mais d'après les dossiers du ministère des Postes la date serait du 11 mars 1949.... ça commence bien, n 'est-ce pas!!!

En tout cas, ce bureau était le plus grand dans la Vallée de Memramcook, comprenant deux longues routes rurales et toute la région du Coin pour environ un mille à la ronde...et tout ceci était desservi dans l'humble milieu d'une ancienne maison de James Sherry située sur Le Coin, une propriété achetée en 1941 par Alyre W. LeBlanc (mon mari) et que nous avons seulement occupée en 1947.

Comme mentionné plus haut, c'est en 1949 que le transfert du bureau de chez Mlle Doherty à chez-nous se déroulait. C'était avec peine et misère, vue la difficulté de dialogue avec cette dernière, que se produisit le déménagement des meubles et des autres "artifailles " nécessaires dans le temps pour le bon fonctionnement des affaires. Et malgré ses bonnes intentions, le cher monsieur des Postes, en charge de ce changement de responsabilité, en avait jusqu'aux "ouïes "...et vers les 4 heures, il se permet un p 'tit coup de gin! Moi, j'y pensais seulement! Mais les instructions et le partage du savoir-faire se continuèrent autant bien que mal avec les charpentiers en train de reconstruire les casiers et les mettre en place, et avec les tas de courrier et de "harriah" qui arrivaient par brassée et à plein traîneau! Finalement, le temps passé à cet exercice devait être suffisant d'après le bon monsieur et, avant de partir, il m'explique alors clairement que les heures de bureau sont de 9 heures le matin jusqu 'au temps où tout l'ouvrage est fini (vers 5 heures) au plus tard, sans heures supplémentaires payées.

Il nous laisse pour de bon vers les 5 heures en m 'encourageant vivement à contacter une certaine Mme Belliveau du bureau de poste de College Bridge en cas de problèmes urgents. Et si vous pensez que je l'ai approchée pour me secourir lors de mon premier rapport financier pour cette nouvelle entreprise, vous avez bien pensé! Elle était une bien charmante dame et, à plusieurs reprises, elle venait me débrouiller de ce qui lui paraissait être si facile! Je l'ai connue si bien que nous avons partagé bien des rires et échangé plusieurs belles histoires par la suite.

Le volume d'ouvrage et l'augmentation du courrier qui passait par ce bureau durant les années étaient devenus trop lourds et cela nous força de penser à la construction d'un bureau de poste pour accommoder tout ça. Même après 1952, déménagés dans notre nouvelle maison, l'espace n 'était jamais assez suffisant pour gérer ce volume d'affaires. Plus tard, nous entrons dans un nouveau bureau de poste construit pour cette fin, non loin du Coin, où il est encore aujourd'hui...ceci faisait du bon sens.

Suivant les examens à Moncton avec une classe d'autres personnes qui se préparaient pour des emplois dans le service civil, je devenais qualifiée sous ce système, et le bureau de Memramcook prenait enfin sa place avec une assistante permanente et une à temps partiel, des vacances et tout le reste. Je me pensais "grande fille " pour un court temps!

Les routes rurales No 1 et No 2 étaient très étendues et desservaient plein de familles.

Le triage du courrier pour McGinley (jusqu'en 1952) et Pré-d'en-Haut (jusqu'en 1970) se faisait chez-nous et ces bureaux nous envoyaient aussi leur courrier pour distribution locale ou externe. C'était le facteur de la route No 1 qui était chargé de cet échange. Le trajet de la route No 1 commenait au bureau chez-nous pour aller vers McGinley, le vieux Chemin de Shédiac, La Hêtrière et le Petit Dover jusqu'à chez M. Frank Cormier; de là, le facteur allait directement au bureau de poste de Pré-d 'en-Haut échanger le courrier et retraçait ses pas vers Dover, passait par La Montain et s 'en allait vers Saint Joseph jusqu'à chez M. Réginald LeBlanc; il revenait ensuite vers McGinley et retournait au bureau de Memramcook.... Whew! Tout ceci demandait 1 'effort, la patience et le courage de l'homme que j 'ai connu, durant mes 30 années à mon poste, comme le seul qui possédait toutes ces qualités... M. Hervé Bourgeois. Il était l'ami de tout le monde qu'il a rencontré. Par après, Henri D. Cormier, Thérèse (fille d'Hervé) Bourgeois, Léo Gaudet, Sylvère Làger, Guy LeBlanc, et Bernard Belliveau ont également été facteur sur cette route avant que je prenne ma retraite.

La route rurale No 2 commençait à notre Bureau, à partir de chez Raymond Brun (Mme Marguerite LeBlanc de nos jours), pour aller vers le chemin du Lac, Lourdes-sud et Lourdes-nord, retracer vers le chemin de La Mine, revenir vers le Coin de Memramcook, continuer vers Gayton et retourner au bureau de poste. Cette dernière route a compté plusieurs facteurs durant mon séjour comme maîtresse de poste. Je crains en oublier parce que j 'écris "de mémoire" et cela va tout expliquer! Nous avons eu M. Clovis Bourgeois, Hervé Bourgeois, mon mari Alyre W. LeBlanc, Mme Stella LeBlanc et un anglais nommé Blakeney. Il faut dire que pendant quelques années, alors que mon mari Alyre faisait la route rurale, je lui aidais à livrer le courrier étant donné que le bureau était fermé de 2 à 4 heures de l'après-midi.

Les chemins parcourus par ces facteurs n'en étaient pas les meilleurs. Les bouts de chemin non-asphaltés étaient très difficiles à passer le printemps et la vase labourée par les voitures qui devaient nécessairement utiliser ces routes créaient des fosses drôlement creuses et, de temps en temps, il nous fallait utiliser des chevaux ou des tracteurs pour déprendre notre véhicule embourbé! De nos jours, il y a peut-être des routes rapiécées dans nos coins mais pas de vase!

Parmi celles qui m 'ont aidée au bureau de poste, dans la maison chez-nous et ailleurs, la première fut ma soeur Lorraine (LeBlanc) Melanson, acceptée par le ministère des Postes comme assistante légitime en cas de maladie ou autre absence, et par la suite, et à différent temps, Bernice (Landry) LeBlanc, Diana (LeBlanc) Peters, Doris (LeBlanc) Roze, Ella (LeBlanc) LeBlanc, Nella (LeBlanc) Sonier, Thérèse (Dupuis) Gautreau, Joseline (LeBlanc) LeBlanc, Marguerite (Boudreau) LeBlanc et Rosella LeBlanc.

Il se passait aussi des drôles de choses durant les années de bureau à la maison. Une année, dans notre maison toute neuve, le jour de Noël, qui se trouvait sur semaine, nous étions à table avec nos amis et leurs enfants quand nous entendons quelqu'un à la porte... c 'était un inspecteur du ministère des Postes! Je le conduis vers le bureau, et quand il eut fini de vérifier que le courrier du jour avait été envoyé et que celui qui venait du train CN avait été reçu et en sécurité (fermé à clef), il s 'excuse et reprend son chemin. Il ne s'est jamais rendu compte du peu qu'il a manqué de sortir avec une patte de dinde sur une oreille! Et bien, "ça s' passait d'même dans l'bon vieux temps "!

Il y avait aussi des inconvénients avec le bureau chez-nous. Il y avait des clients qui arrêtaient ramasser un paquet ou une lettre "enregistrée" en revenant de la Messe du dimanche parce qu'ils n'avaient pas eu le temps de venir sur semaine. Et les soirs aussi, de temps en temps, la même chose se produisait. Et il y avait toujours l'inquiétude de sécurité à la maison et un tas de choses qui pouvaient nuire à notre vie privée.

Mais durant ces trente années de travail au bureau, j 'ai fait des amis extraordinaires qui comblent encore ma vie aujourd'hui. é ces personnes je redis sans hésiter un très sincère "Merci ", et à celles qui ne sont plus avec nous, un "Ave" et une pensée spéciale.

Avec les années venait aussi la maladie et, vers 1975, la maladie Alzheimer envahissait notre existence, mon mari y tombant victime. Je n'ai seulement que ces bonnes personnes qui m 'entouraient à remercier pour le support aimant et responsable qu'elles m'ont accordé durant ces années difficiles; c'est grâce à elles que je me suis rendue à mes 30 ans de service civil. Mais le déchirement entre le travail au bureau de poste et la maladie prenait aussi effet sur ma propre santé et j'ai dû me retirer en 1979.

Il y aurait beaucoup d'autres choses à ajouter, beaucoup de personnes à mentionner, mais, comme les noms qui m'échappent dans mes conversations quand j'en ai le plus besoin, je crains que oublie quelqu'un d'importance dans cet écrit et je m'en excuse à l'avance si c'en est le cas.

Je vous aime quand même. Après tout, je suis seulement une des nombreuses maîtresses de poste qui avaient un sens d'humour et le courage de donner de soi-même pour aider les autres.

Bien à vous,

Une ancienne (ahem!) maîtresse de poste Antoinette LeBlanc

 

Hervé Bourgeois - Facteur pendant 26 ans

Hervé est né le 11 juin 1904, à Scoudouc, fils d'Alphée et d'Herméline (Gaudet) Bourgeois. Il se maria le 12 novembre 1929 avec Marie, fille de Georges et d'Arzélie (Léger) Gaudet de Memramcook-Ouest, et est décédé le 3 novembre 1979 à l'âge de 75 ans.

Hervé a occupé le même travail pendant 26 ans, chose plutôt rare de nos jours : il était facteur. Il faisait donc la livraison à domicile du courrier. Pour ce faire, il devait partir de chez-lui, é McGinley, vers huit heures et trente le matin, ramasser un sac de courrier au bureau de McGinley, traverser à Memramcook, au Coin, où le bureau de poste était situé, ramasser le courrier et le mettre en ordre par maison de la route rurale. Cela fait, il commençait alors sa route en distribuant le courrier au McGinley (les dernières années) et à La Hêtrière, il continuait sur le chemin du petit Dover et se rendait jusqu'à Pré-d'en-Haut où il tournait au bureau de poste de la place. Il revenait alors sur ses pas jusqu'au chemin de La Montain qu'il suivait jusqu'au bout pour tourner vers Saint-Joseph et se rendre chez Honoré Gaudet. De là, il retournait au bureau de poste de Memramcook y apporter les lettres et paquets que les gens avaient déposés dans les boîtes à lettre pour être expédiés à l'extérieur. Sur son chemin de retour, il apportait le sac de courrier destiné au bureau de McGinley.

En plus, sa femme ou un membre de la famille s'occupait de faire la livraison du courrier dans le chemin de Shédiac à partir de chez Philias Cormier jusqu'à chez Yvon Landry. Ce dernier parcours était fait à pied quatre-vingt-dix pour cent du temps, été et hiver ; parfois ils étaient assez chanceux que quelqu'un s'offre pour aller les conduire.

Pour M. Bourgeois, son trajet de 27.3 milles, il l'a fait de plusieurs manières, pas une plus facile que l'autre. Il l'a fait à bicyclette, croiriez-vous, avec une grosse boîte en bois dans le panier en avant pour y mettre le courrier. Il l'a fait avec des vieilles autos usagées ...des pneus crevés, il en a réparé en cours de route! Il ne faudrait pas oublier les nombreux services que son cheval Peter lui a rendus. Des milliers de milles il en a fait. Beau temps, mauvais temps, sous la pluie ou dans de violentes tempêtes de neige, il devait sortir. Il racontait qu'assez souvent, durant l'hiver, la seule personne qu'il avait rencontrée sur sa route était le docteur Camille Gaudet qui, lui aussi avec un cheval, se rendait à une maison pour y faire un accouchement.

Parfois difficile ce travail de facteur... il se faisait souvent "bavasser" par des gens mécontents, s'il était en retard ou encore s'il avait été impossible de se rendre à cause d'une tempête. Mais ceci était plutôt l'exception, puisqu'il avait à coeur de faire son travail aussi bien qu'il était humainement possible de le faire. Il s'était donc fait de nombreux, nombreux amis qui appréciaient ce qu'il faisait. Et ceux-ci l'ont prouvé au jour de ses funérailles, puisque l'église était remplie de gens qu'il avait connus pendant ses 26 ans de service.

Au dire de sa famille, ils ne l'ont jamais entendu se plaindre même si souvent il arrivait trempé jusqu'aux os, ou encore, presque totalement gelé après avoir passé dix ou douze heures dans les froids glacés de l'hiver. Hervé avait un très grand coeur, surtout quand il s'agissait de ses enfants et aussi ceux des autres.

Un certain monsieur racontait un jour que lorsqu'il était enfant il demeurait à Gautreau Village et allait à l'école de Pré-d'en-haut, une distance d'environ deux milles. Lui et ses amis, trois ou quatre à l'occasion, attendaient que Hervé arrive au bureau de poste de Pré-d'en-Haut où il les faisait monter à bord de son "wagon" alors que lui marchait à côté du cheval...il trouvait qu'ils étaient trop petits pour marcher une telle distance!

Ce n'était pas facile la vie de facteur, mais Hervé l'a fait pour 26 ans. C'était le gagne-pain pour sa famille qu'il a beaucoup aimée. Eux-autres par contre ont énormément de beaux souvenirs de leur papa trop tôt parti.

 

Julia et Anthony Belliveau de College Bridge

Histoire tragique... histoire d'amour... histoire couronnée de succès de deux carrières de postiers. Voilà comment on pourrait résumer la vie de ce couple qui a donné presque 40 ans de sa vie au service postal de la région de Memramcook.

Alors qu'il était fiancé à Julia à Maurice LeBlanc d'Upper Dorchester, et qu'il travaillait comme "breakman" au CN, Anthony fut victime d'un sérieux accident de travail : il se fit prendre le bras droit entre deux wagons en essayant d'en faire l'accrochage manuelle, et il dut subir l'amputation de son bras au dessus du coude. Avec un tel handicap, il se considéra alors incapable de faire vivre une famille... mais sa fiancée Julia réussit à le convaincre autrement et le mariage s'ensuivit quelques mois plus tard (vers 1915).

Quoique Anthony fut éligible à une pension compensatrice, ceci n'était pas suffisant pour assurer le gagne-pain.

Peu après, on lui offrit le travail de facteur qu'il accepta et c'est ainsi que commena sa longue carrière avec le système postal.

Avant d'entrer en fonction comme maîtresse de poste en 1922, Julia était hôtelière et accommodait les voyageurs dans la partie de leur maison qui servait d'auberge et de restaurant. Elle s'occupa ensuite du bureau de poste jusqu'à sa retraite en 1959 à l'âge de 70 ans. Le bureau de poste avait été aménagé dans la partie avant de leur maison qui était située entre la voie ferrée et la rivière Memramcook. Ce bureau desservait les gens de la région de College Bridge jusqu'au coin du Lac, qui en avaient accès de 7 heures du matin à 7 heures du soir, six jours par semaine.

On se rappelle d'une clochette fixée au haut de la porte d'entrée du bureau de poste pour indiquer l'arrivée d'une personne. Non seulement les gens venaient au bureau pour affaire, mais souvent ils s'arrêtaient également pour jaser entre eux ou encore avec Julia et Anthony, étant donné qu'il y avait assez d'espace pour s'asseoir et pour se réchauffer au besoin autour du poêle à charbon.

En tant que maîtresse de poste, Julia avait à s'occuper de remplir les formulaires nécessaires, les mandats de poste et autres tâches connexes. Elle avait souvent l'aide de ses quatre filles, Florence, Alice, Thérèse et Rachelle, pour le tri du courrier destiné soit aux boîtes locales ou à la route rurale. De 1933 à 1960, Julia avait également le contrat pour transporter le courrier entre la gare et le bureau, sans doute avec l'aide d'Anthony. Aucunes vacances annuelles : on devait s'occuper de ces tâches à l'année ronde!

Comme facteur, Anthony était responsable de la route rurale qui desservait le village de l'Anse-des-Cormier et celui de Taylor Village, trajet qu'il faisait en "wagon" à cheval. Arrivé à la maison des Toogood (ancienne demeure de Hazen Farah) à Taylor Village, il y laissait le sac de courrier au bureau de poste de Beaumont, sac qu'Antoine LeBlanc de Beaumont venait chercher à pied pour le ramener au bureau de la place. Sa route terminée, et pour retourner chez-lui, Anthony traversait souvent le pont de Rockland pour ensuite suivre la grande route qui le ramenait à College Bridge. De 1923 à 1932, il avait le contrat pour transporter le courrier entre la gare et le bureau de poste. Pour quelques années, Anthony a également livré le courrier en Haut-du-Ruisseau, sur le chemin du moulin Anderson.

Malgré son handicap, il s'est occupé de ces tâches pendant 37 ans. Il étonnait les gens par son habileté à atteler son cheval avec seulement un bon bras et à accomplir toutes sortes de tâches telles que nettoyer l'étable, rentrer le foin, etc... Un jour, oubliant son handicap, il se comporta en héros alors qu'il entra dans une maison en feu pour y sauver deux jeunes enfants cachés sous un lit. Il n'a jamais possédé ou conduit d'automobile durant sa carrière de facteur et, contrairement à ses voisins et amis qui parlaient d'échanger leur auto, il parlait plutôt de changer son cheval devenu trop vieux!

Comme cela se faisait assez couramment le long des routes rurales, Anthony laissait souvent les écoliers de l'Anse-des-Cormier embarquer dans son "wagon" pour se rendre à l'école et pour en revenir.

On raconte une anecdote amusante au sujet d'un chien qui se trouvait sur la route parcourue par Anthony. Arrivé chez Tim Landry, à l'Anse-des-Cormier, Anthony sifflait pour attirer l'attention du chien qui venait jusqu'au "wagon" où il lui donnait le courrier entouré d'une ficelle. Au deuxième sifflement d'Anthony, le chien retournait vers la maison avec le courrier... or, ce chien était aveugle, mais il reconnaissait le sifflement du facteur!

 

Facteurs de Memramcook-Ouest

au début du siècle...une affaire de famille

De 1920 à 1923, Sylvain (à Sylvain) Léger de McGinley avait le contrat pour livrer le courrier dans la région désignée comme la route rurale no 1 de Memramcook, c'est-à-dire les villages de La Hêtrière, La Montain, le Chemin de Shédiac, Dover et Gautreau Village. McGinley ayant alors son propre bureau de poste, avec Anselme LeBlanc comme maître de poste, la plupart des gens de ce village devaient se rendre au bureau pour leur courrier.

Fils de Sylvain le forgeron, Sylvain avait plusieurs frères, avec qui il partageait la tâche de distribuer le courrier. C'est ainsi qu'à tour de rôle, Édouard, Sifroid et Sylvain lui-même s'occupaient des villages de La Hêtrière, La Montain, Dover et Gautreau Village, trajet qu'ils faisaient en "wagon" l'été, et en carriole, l'hiver. Un autre frère, Émile, distribuait le courrier à pied sur le Chemin de Shédiac.

Le courrier pour cette route provenait du bureau de poste du Coin à Memramcook. En plus d'y ramasser le courrier pour leur route rurale, les Léger ramenaient également le courrier destiné au bureau de McGinley et, la route terminée, en retournant au Coin, rapportaient le sac de courrier de ce bureau contenant les lettres et colis à destinations extérieures.

L'expérience des Léger dans ce métier n'était pas différente de celle de tous les autres facteurs de la Vallée : le travail était assez dur, les salaires pas très élevés et, lorsque les tempêtes d'hiver empêchaient la livraison du courrier, il y avait toujours des personnes qui trouvaient à rouspéter.

 

Edmond et Suzanne Gaudet, 44 ans au service des Postes

À peine un an après la Confédération, en 1869, et sans doute dû à l'influence du Père Lefebvre, un bureau de poste fut inauguré à Saint Joseph, plus précisément au collège qui n'avait alors que cinq ans d'existence.

Pendant presque 50 ans , les gens du village se rendaient au collège pour tous leurs besoins postaux jusqu'à ce que, las de se faire déranger et même importuner par ces gens, les dirigeants du collège voulurent se débarrasser du bureau de poste.

C'est ainsi qu'en 1918, alors qu'un certain monsieur Jean M. Léger était inspecteur régional du ministère des Postes, le bureau fut transféré chez Edmond à Florian Gaudet. M. Léger étant l'oncle d'Edmond, on peut supposer que ceci aurait pu influencer la décision de lui octroyer la position de maître de poste.

En 1915, Edmond Gaudet avait épousé Suzanne Richard , une institutrice native de St-Louis de Kent. En 1918, ils avaient déjà deux enfants. Edmond était alors propriétaire d'un ranch à renards argentés, situé sur le chemin de Pré-d'en-Haut, et avait à y mettre beaucoup de son temps pour assurer le gagne-pain de sa famille. Afin de voir au bon fonctionnement du bureau, Suzanne accepta d'y faire une grosse part du travail, expérience qui devait lui être utile quelques années plus tard.

En effet, en 1934, à l'âge de seulement 44 ans, Edmond tomba malade et ne put surmonter sa maladie. Après sa mort, Suzanne accepta la position de maîtresse de poste afin de pourvoir à une famille de 6 enfants dont le plus vieux n'avait alors que 18 ans.

A mesure que les enfants grandissaient, ils aidaient leur mère à tour de rôle, dans les différentes tâches du bureau de poste. C'est ainsi qu'en entendant sonner la clochette de la porte, lorsqu'une personne entrait, on aurait pu voir se présenter au guichet, soit Suzanne, ou encore, au cours des années, Charles-Édouard, Anne-Marie, Léo-Pold, Donatien, Thérèse ou Valmore. Les heures ouvrables normales de bureau étaient de 8 heures du matin à 8 heures du soir, du lundi au samedi ; mais il y avait souvent des visites, par la porte d'en arrière, des gens de régions éloignées. On se souvient, par exemple, que les gens de Boudreau Village et Belliveau Village profitaient souvent de leur présence à l'église le dimanche pour se rendre au bureau y effectuer des transactions postales.

Les enfants de Suzanne aidaient aussi au triage du courrier car, lorsque le sac de courrier arrivait de la gare, on devait le diviser selon sa destination ; non seulement devait-on faire le triage du courrier des gens du village, mais on devait également préparer un sac de courrier pour quatre différentes régions : Belliveau Village, Boudreau Village, le collège Saint-Joseph et le couvent des religieuses. Lorsqu'on était en train de faire le triage du courrier, on fermait un rideau à l'arrière de la vitre du guichet pour indiquer aux clients qu'ils devaient attendre. Une fois le triage terminé, on ouvrait le rideau, on remontait la vitre et on s'occupait des affaires de la clientèle.

On se rappelle que durant ces années, alors que Suzanne avait à s'occuper des affaires du bureau de poste, elle avait une servante à son service pour voir aux besognes de la cuisine.

Au cours des années, depuis qu'il n'y avait plus de bureau au collège, une grosse partie de la clientèle provenait du collège : religieux et collégiens. En 1938 cependant, il y eu un nouveau revirement. Le supérieur du collège, intéressé à avoir plus de contrôle sur les relations épistolaires de ses jeunes étudiants, approcha Suzanne afin d'avoir la liste de tous les étudiants qui possédaient un casier postal à son bureau. Consciente de sa responsabilité professionnelle envers ses clients Suzanne refusa de fournir cette information au supérieur. Une demande fut alors faite au ministère des Postes et, peu après, le collège obtint de nouveau un bureau de poste.

Avec l'ouverture d'un deuxième bureau de poste pour desservir un territoire assez limité, le volume d'affaires diminua au bureau du village et entraîna, par conséquent, une diminution des revenus. Suzanne persista quand même comme maîtresse de poste jusqu'à 1962 alors qu'elle prit sa retraite à l'âge de 70 ans. Suzanne demeura en bonne santé pour plusieurs années après sa retraite et vécut jusqu'au bel âge de presque 106 ans, étant décédée en 1998.

(Voir BIOGRAPHIE, Suzanne Richard Gaudet, P. 39, Vol 8, No 1, Les Cahiers)

 

Philippe Belliveau de Pré-d'en-Haut

Après avoir terminé ses études au Collège Saint-Joseph, Philippe à Dominique Belliveau se trouve un emploi à Moncton. Quelques années plus tard, il décide de commencer son propre commerce à Pré-d'en-Haut et se construit un bâtiment qui lui servira de résidence et de magasin.

Beaucoup se rappellent encore du magasin général (aujourd'hui la Caisse populaire) situé sur le coin nord-est du carrefour des chemins, non loin de l'église, où il avait aménagé une salle de billard. Mais, au cours des années, c'est bien plus que son magasin qui occupait son temps. Philippe était un "homme-à-tout-faire", et c'est ainsi qu'on le retrouvait dans cette même bâtisse, soit comme barbier, soit comme cordonnier, et éventuellement comme maître de poste. Il faut croire que ces occupations n'étaient pas encore suffisantes pour remplir ses journées, car on sait qu' il était également fermier et qu'en plus il charroyait le lait de sa ferme et des fermiers de la région à une laiterie de Moncton. En tant que cordonnier, il était devenu un expert dans la fabrication et la réparation des harnais à chevaux.

C'est en septembre 1919 que Philippe entra en fonction comme maître de poste. Il y demeura jusqu'à 1953. étant occupé avec ses autres métiers, il ne pouvait nécessairement pas voir à toutes les tâches du bureau de poste seul. Voilà pourquoi on a vu, à certains temps, sa fille Rita ainsi que les employés du magasin s'occuper de la routine quotidienne relative au bureau de poste.

Pour ce qui est du courrier de l'extérieur, on sait que pour plusieurs années c'était Hervé Bourgeois, facteur de la route rurale de Memramcook-Ouest, qui apportait le sac de courrier au bureau de Pré-d'en-Haut et en ramenait le courrier à destinations externes.

Pour quelques années, probablement surchargé par toutes ses autres occupations, Philippe ferma son magasin général mais continua ses autres métiers, y compris sa fonction de maître de poste. Il réaménagea son magasin vers 1947 et s'en occupait encore lorsqu'il abandonna le bureau de poste en 1953, après 34 ans de service postal Mais tout n'était pas fini. Pendant les onze prochaines années, Fred Comeau puis son épouse Évangéline s'occupèrent du bureau de poste de façon intérimaire. Et voilà qu'en 1964 un autre Belliveau apparaît sur la scène : Alfred, le plus vieux des enfants de Philippe et de sa deuxième femme, est nommé maître de poste. Et qui de mieux pour le guider dans cette fonction? En effet, pendant les six prochaines années, on retrouve Philippe au bureau de poste encore aménagé dans le magasin général, partageant avec son fils les tâches postales et le travail de magasin. Finalement, en 1970, le bureau de Pré-d'en-Haut est fermé en permanence et ce territoire est incorporé à la route rurale no 1 de Saint-Joseph.

Le bureau de poste de Pré-d'en-Haut ayant ouvert ses portes en 1880, on se rend compte que Philippe Belliveau y a donc travaillé pour 40 des 90 ans de l'existence du bureau, un fait qui mérite certainement d'être souligné dans l'historique du système postal de la Vallée de Memramcook.

Aujourd'hui encore, la contribution des Belliveau se continue dans le système postal puisque Roger, un autre fils de Philippe, travaille comme facteur sur la route rurale no 1 de Saint-Joseph.

 

Les Bourgeois de Belliveau Village

Une autre famille de la région de Pré-d'en-Haut qui mérite d'être reconnue pour sa contribution au système postal est la famille d'Aimé à Louis Bourgeois. Aimé, originaire de Belliveau Village, était fermier et forgeron. Il fut nommé maître de poste de Belliveau Village en 1911 et y demeura jusqu'en 1937, ayant donc servi en cette fonction pendant 26 ans. Comme on l'a vu souvent ailleurs, les membres de la famille se partageaient souvent le travail du bureau de poste et c'est ainsi qu'à Belliveau Village, les filles d'Aimé, Évangéline, Marie et Émilienne, aidaient leur père dans ces tâches. Le bureau de poste était alors situé dans la demeure d'Aimé, du côté sud-ouest du village, le long de la rivière Petitcodiac (voir page 44).

Après la démission d'Aimé, le nouveau maître de poste à Belliveau Village fut Albert Richard, le mari de Délina, fille d'Aimé. Il demeura à son poste de 1938 à 1948.

La contribution des Bourgeois au système postal se continua par après lorsque la petite-fille d'Aimé, Dorice à Jeanne à Aimé, (épouse de Fred Bourgeois), oeuvra comme maîtresse de poste de Belliveau Village pendant deux ans, de 1949 à 1951.

Et voilà que deux ans plus tard, Evangéline, fille d'Aimé, et maintenant épouse de Fred Comeau, se retrouve dans la même occupation que son père. En effet, de 1953 à 1959, Fred est maître de poste par intérim du bureau de Pré-d'en-Haut. On peut supposer qu'Évangéline, avec l'expérience acquise chez-elle à Belliveau Village, le supporte dans cette tâche, et en 1959 c'est elle-même qui devient maîtresse de poste intérimaire, fonction qu'elle remplit jusqu'en 1964. Durant ces onze années, le bureau était situé dans la demeure de Fred Comeau, voisin du magasin à Philippe Belliveau, maison où demeure présentement Arthur Bourgeois, petit-fils d'Aimé, qui a bien voulu nous éclairer dans cette affaire de famille.

 

LES BUREAUX DE POSTE

Le bureau de poste de Memramcook ... le plus ancien de la région

Selon les Archives postales, le bureau de poste de Memramcook existait déjà au début de la confédération avec un certain Silas C. Charters comme maître de poste, fonction qu'il remplit jusqu'à sa mort en 1901. Après la construction du chemin de fer, le courrier était transporté par train et arrivait à Memramcook deux fois par jour. Le courrier devait donc être transporté entre le bureau et la gare, travail qui était accordé par contrat postal. Jusqu'à 1897, Silas Charters accomplit également ce travail.

À la mort de Charters, Mme Éliza Landry (épouse de Tilmon) devint alors maîtresse de poste et s'occupa du bureau jusqu'à sa démission en 1926. De 1914 à 1920, elle avait également eu le contrat pour transporter le courrier entre la gare et le bureau de poste. Le site du bureau de poste de Mme Landry était du côté sud-ouest au carrefour des routes (#1 sur la carte). On soupçonne que cette maison était la même où M. Charters avait géré le bureau de poste précédemment.

M. Théotime (Tim) à Damien Melanson (originaire du Chemin de Shédiac), marié à Eugénie à Philippe Gaudet, fut nommé maître de poste en 1928. Auparavant, de 1902 à 1913, il avait eu le contrat de transport du courrier entre la gare et le bureau. (On ne trouve aucune information indiquant qui aurait agi comme maître de poste de 1926 à 1928.) Théotime avait installé son bureau dans sa maison, du côté nord de la route menant au Coin de Memramcook (#2 sur la carte). Théotime demeura maître de poste jusqu'à 1944.

Pendant une période de quelques mois, de 1944 à 1945, Lucien Bourque agit comme maître de poste dans une ancienne maison de Jim McSweeny, du côté ouest de la route, entre chez Narcisse J. LeBlanc et Honoré H. LeBlanc (#3 sur la carte).

Généva Robichaud, épouse de Blair à Siméon Melanson, devint ensuite maitresse de poste, de 1945 à 1947. Le bureau de poste se trouvait dans leur demeure, maison située du côté ouest de la route principale (#4 sur la carte) et ayant appartenu auparavant à Jim Sherry, là où est maintenant la maison de Fred Robichaud.

Après la démission de Généva Melanson, Mlle Mona Doherty fut nommée maîtresse de poste et installa le bureau de poste dans l'ancienne maison de Tim Melanson (#2). Elle ne remplit cette fonction que pendant dix mois et fut remplacée en 1949 par Mme Antoinette LeBlanc.

Comme Antoinette elle-même nous le raconte plus haut dans son exposé, elle demeura à son poste pendant 30 ans, de 1949 à 1979. Durant ces années le bureau de poste occupa trois différents locaux: le premier, dans leur maison (ancienne maison de Jim Sherry), située sur Le Coin (#5), immédiatement à l'est du gros magasin de Jim Sherry ; le deuxième, dans leur nouvelle demeure située au même endroit, leur première demeure ayant été déplacée tout juste à côté ; et le troisième, dans l'édifice actuel du bureau de poste du côté est de la route principale (#6).

À partir de 1928, Lucien Bourque avait eu le contrat de transport du courrier entre le bureau et la gare juisqu'à ce qu'il perde la vie dans un tragique accident de travail : vers 1954, il tomba du haut d'une structure spéciale où il était monté pour accrocher le sac de courrier que le train captait en passant.. Par après, ce contrat fut accordé à Aimé Saulnier et plus tard à Alyre W. LeBlanc.

À la retraite d'Antoinette, elle fut remplacée, par intérim, par Rosella (Collette) LeBlanc jusqu'en 1980 alors que Len Dupuis obtint le poste. Ce dernier y demeura jusqu'à sa mort en 1984.

À la mort de Len Dupuis, Rosella LeBlanc fut nommée maîtresse de poste et remplit cette fonction jusqu'en 1997 alors qu'elle accepta le même poste à St Antoine, son village natal.

Depuis 1997, c'est Murielle Cormier qui fonctionne comme maîtresse de poste, avec Claudette (Gautreau) Boudreau comme assistante. Le bureau se nomme maintenant la Station B de Memramcook et dessert tout le territoire du côté est de la rivière à l'exception de Gayton et de la région de College Bridge.

Depuis 2000, une réorganisation du système postale fait en sorte que tout le courrier de la Vallée est transporté de Moncton à Saint-Joseph où il est trié et assigné aux trois bureaux de poste et aux trois routes rurales de la région. C'est James LeBlanc, facteur de la route rurale no 2 depuis quatre ans, qui rapporte du bureau de Saint-Joseph le courrier destiné aux bureaux de College Bridge et de Memramcook ainsi que le courrier de sa propre route rurale. Cette route comprend une partie de Memramcook ( entre le ruisseau du Lac et le coin du Lac), une partie de College Bridge (à partir de l'école vers le sud), le Haut-du-Ruisseau, le Lac, Lourdes et la route du Pont Rouge.

 

Le bureau de poste de Saint-Joseph

Le premier bureau de poste de Saint- Joseph fut situé dans l'ancien Collàge Saint-Joseph (no I sur la carte) et était alors identifié comme le bureau de "St. Joseph". Selon les archives postales du Canada, son premier maître de poste fut Daniel Ethier (c.s.c.),qui entra en fonction en 1869.

Comme partout ailleurs, au début de la confédération, le courrier aurait été transporté à Memramcook par coach et cheval jusqu'à la construction du chemin de fer alors qu'il arrivait par train. Les premiers à obtenir le contrat pour transporter le courrier entre le bureau de Saint-Joseph et la gare ferroviaire se nommaient Abraham Landry (1884 à 1887) et Joseph Gaudet (1888 à 1891). Après la démission de M. Ethier comme maître de poste, cinq différentes personnes se succédèrent à cette fonction au bureau du collège (voir le tableau des archives postales). En 1918, après la démission du Rév. A. J. Bruneau, le bureau fut déménagé au village, dans un local aménagé pour cette fin chez M. Edmond Gaudet (no 2 sur la carte) qui devint maître de poste, position qu'il remplit jusqu'à sa mort en 1934. Son épouse, Suzanne, qui était prête à en assumer la responsabilité, lui succéda et demeura en fonction jusqu'à 1962. M. et Mme Gaudet , à eux deux, s'occupèrent donc du bureau de poste pour une période de 44 ans. Durant ces années, le bureau était ouvert de 8 heures du matin à huit heures du soir, et parfois plus tard, afin d'accommoder les gens.

À la retraite de Mme Gaudet, l'inspecteur des postes se mit à la recherche d'un remplaçant et éventuellement M. Vital Gaudet accepta le poste. Le bureau fut aménagé dans sa maison qu'il avait achetée d'Adélard Belliveau et qui était située du côté sud-est du carrefour des routes directement en face de l'église (no 3 sur la carte). Plus tard, vers 1965, le ministère des Postes décida de construire un édifice (le bureau actuel), près de chez Alban Léger (no 4 sur la carte). Vital y a travaillé pendant 17 ans avant de prendre sa retraite et, durant cette période, en 1972 plus précisément, il vit le nom officiel du bureau de poste changer de "St. Joseph" à "Saint-Joseph".

De 1892 à 1968, le transport du courrier entre la gare ferroviaire et le bureau de Saint-Joseph fut l'affaire des fils à Marcellin Léger. C'est ainsi que Thaddée, Lucien, Isaie et Sylvère, fils d'lsaïe, eurent ce contrat pour toutes ces années, excepté de 1896 à 1911 alors que Vital Landry s'en occupait (voir pages 50 & 51).

Pendant son mandat, Vital avait comme assistante, Mme Thérèse (Bernard) Gaudet, et comme employée occasionnelle, Mme Évélina (Alban) Léger.

En 1982, M. Francis (à Lauréat) Gaudet fut nommé maître de poste, position qu'il remplit jusqu'à 1983. Pour quelques mois par après, une certaine Murielle Landry agit comme maîtresse de poste par intérim.Par la suite, Thérèse Gaudet, encore officiellement assistante, vit au bon fonctionnement du bureau jusqu'à 1985, alors que Mme Rose-Marie LeBlanc fut nommée maîtresse

Rose -Marie demeura à son poste jusqu'à 1996 avec Pauline (Legendre) LeBlanc comme assistante, de 1986 à 1995. En 1995, Mme Catherine (Gaudet)Cormier fut nommée assistante à Rose-Marie avant d'entrer en fonction comme maîtresse de poste en 1996. Elle remplit encore cette fonction aujourd'hui, avec Cécile Arsenault comme assistante.

Depuis 2000 le nom officiel du bureau de poste est Station A, Memramcook et c'est ici que se fait le triage de tout le courrier de la Vallée. En plus de desservir les gens de la région de Saint-Joseph, le bureau est également le point de départ de deux routes rurales: la route rurale no I, comprenant les régions de Taylor Village, l'Anse-des-Cormier, Pré-d'en-Haut, Belliveau Village, Beaumont, une partie du petit Dover et Dover (jusqu'à FoxCreek); et la route rurale no 4 qui comprend les régions de McGinley, La Hêtrière (jusqu'à Fox Creek), le chemin de Shédiac, Gayton, La Montain et une partie du petit Dover . Le facteur de la route no 1 est Roger Belliveau, employé des postes depuis 1980, tandis que Diane LeBlanc est responsable pour la route no 4.

 

Le bureau de l'Université St. Joseph

Comme on a pu voir aux paragraphes précédents, le premier bureau de poste de Saint-Joseph avait été établi au collège Saint-Joseph où il demeura jusqu'en 1918 alors qu'il fut déménagé au village chez Edmond Gaudet. Vingt ans plus tard, en 1938, un bureau fut ré-ouvert au collège et prit comme titre officiel celui de Université St-Joseph. En 1963 le nom officiel fut changé à Collège Saint-Joseph, étant donné que l'Université St-Joseph était déménagée à Moncton et était à la veille de devenir l'Université de Moncton.

Les archives postales révèlent que seulement trois personnes remplirent la fonction de maître de poste au collège, soit Rév. P. Lapalme, Rév. P. Hector Léger et Frère Joseph Napoléon Morin, communément appelé "le frère Arsène" par ceux qui l'ont connu. À la démission de celui-ci en 1966, le bureau de poste du collège fut fermé en permanence.

 

Le Bureau de Poste de Dungiven

Très peu de personnes reconnaissent ce nom et pourtant il y existait un bureau de poste au début de la Confédération et ce jusqu'en 1911. La région de Dungiven était située sur le chemin du Petit Dover, à la fourche des chemins (voir P.59), et aurait compris, entre autres, les propriétés appartenues plus tard par Lucien Cormier et Philias Cormier. Pendant ces années, il n'y eut que deux maîtres de poste à Dungiven, John McVey et Edward Toole.

 

Le Bureau de Poste de College Bridge

Le premier bureau de poste de College Bridge fut aménagé en 1885 dans la maison de Damien F. Richard, un célibataire, qui demeura maître de poste de 1885 à 1922. Ce local se trouvait situé du côté ouest de la route principale au sud de la maison à Bliss Sonier (#1 sur la carte).

Julia Belliveau, épouse d'Anthony Belliveau, succéda à Damien Richard et fut maîtresse de poste pendant 37 ans, de 1922 é 1959. Le bureau avait été aménagé dans la partie avant de leur maison qui était située entre la voie ferrée et la rivière (#2 sur la carte). Anthony, par contre, était facteur et s'occupait de la route rurale desservant l'Anse-des Cormier et Taylor Village. Suivant la retraite de Julia Belliveau en 1959, la responsabilité de maîtresse de poste fut transmise à Hélène Landry, fille d'Olivier Dupuis et mariée à Max Landry. Le bureau de poste était situé dans la maison paternelle d'Hélène, se trouvant du côté ouest de la route dans la direction du Lac (#3 sur la carte). Mme Landry remplit cette fonction jusqu'en 1978.

Depuis 1978, Robert LeBlanc est le maître de poste à College Bridge et est secondé par son épouse, Bernette (Léger), qui s'occupe d'une grosse partie des tâches du bureau. Le bureau est situé dans leur demeure du côté est de la route dans la direction du Lac (#4 sur la carte). Depuis qu'ils s'occupaient du bureau jusqu'en l'an 2000, les LeBlanc étaient responsables de deux routes rurales: R.R. no 1 de College Bridge qui couvrait la région de l'Anse-des-Cormier et de Taylor Village, et R.R. no 2 de College Bridge qui couvrait la section sud du village,le Haut-du-Ruisseau et la région de Lourdes. Durant cette période, c'était Mme Jean (Lewis) Daigle qui avait la responsabilité de livrer le courrier sur ces deux routes. Les gens de College Bridge, à partir du coin du Lac vers le nord jusqu'à l'école vers le sud, étaient servis directement à partir du bureau de poste. De nos jours, les deux routes rurales de College Bridge n'existent plus, le bureau de poste ne dessert plus que les gens du village et se nomme officiellement la Station C de Memramcook.

Les années amènent beaucoup de changements ; alors que pour longtemps le courrier arrivait et s'en retournait par train, aujourd'hui tout se fait par camion à partir de Moncton.

 

Le Bureau de Gouldville (Memramcook-Est)

L'Histoire nous démontre que le Village-du-Bois fut colonisé par des Acadiens entre 1814 et 1820 et qu'un des premiers arrivés, sinon le premier, se nommait Isidore Gould et était surnommé "Bonhomme" Gould. Pour cette raison sans doute, le village a été longtemps appelé "Bonhomme Gould Settlement" ou "Village du Bonhomme Gould".

On comprend donc pourquoi, lorsqu'un bureau de poste y fut inauguré en 1888, on lui donna comme nom officiel "Gouldville". Ce nom persista jusqu'à 1899 alors qu'il fut changé à Memramcook-Est.* Un nommé Joseph F. Richard fut le premier à être maître de poste à Memramcook-Est, de 1888 à 1912, ayant également eu le contrat de transporter le courrier entre ce bureau et celui du Coin à Memramcook, de 1896 et 1912. Le deuxième et dernier se nommait Philippe Belliveau et il demeura en fonction pendant cinq ans, de 1912 à 1917, alors que le bureau fut fermé et le territoire incorporé à la route rurale #2 de Memramcook.

[* ("Nous sommes heureux d'apprendre que le nom du Village de Gouldville vient d'être changé en celui de Memramcook-Est et celui de McGinley's Corner en celui de Memramcook-Ouest. " L'Évangéline, P.3, Col. 5, 29 juin 1899...dans Les Cahiers, Vol 9, No 1, P.59-60)]

 

Le Bureau de Poste de Memramcook-Ouest( McGinley)

Ouvert sous le nom de McGinley en 1879 avec Vital Breau comme maître de poste, ce bureau fut renommé Memramcook-Ouest en 1899 (voir note au bas de la page) alors qu'Anselme LeBlanc était maître de poste, Vital Breau ayant résigné en 1883. Anselme demeura à son poste jusqu'à sa mort en 1925 et fut remplacé par son épouse, Marie, qui fut maîtresse de poste jusqu'en 1952 alors que le bureau de poste fut fermé et la région de McGinley fut incorporée à la route rurale no 1 de Memramcook.

Il est très intéressant de constater qu'Anselme et son épouse Marie remplirent la fonction de maître de poste pour une période combinée de 68 ans, 41 ans par Anselme et 27 ans par Marie.

Certains pensent que le premier bureau de poste (Vital Breau) était situé du côté est de la route tout juste au sud de la maison d'Ernest Gaudet (#1 sur la carte). On sait par contre qu'Anselme et Marie avaient aménagé le bureau dans leur demeure du côté ouest de la route (#2 sur la carte) tout près de l'intersection du chemin menant vers Saint-Joseph,maison qui fut plus tard habitée par Sylvain (à Sylvain) Léger et son épouse Germaine qui était la petite-fille d'Anselme et Marie.

À partir d'à peu près 1914, le transport du courrier de McGinley, était la responsabilité du facteur assigné à la route rurale de Memramcook-Ouest. C'est ainsi qu'en revenant du bureau du Coin à Memramcook avec le courrier de sa route, ce facteur en ramenait également le sac de courrier du bureau de McGinley. Ce facteur avait aussi la responsabilité de ramener au bureau du Coin le courrier de McGinley destiné à des adresses extérieures.

 

Marie LeBlanc, maîtresse de poste à un âge avancé

(Deux articles parus clans le journal L'Evangeline en 1950 et 1952)

(1950) - Mme Marie (Anselme) LeBlanc, maîtresse de poste de Memramcook-Ouest, N.-B., célébrait cette semaine son 95ième anniversaire de naissance à la résidence de M. et Mme Sylvain Léger. Mme LeBlanc reçut de nombreux cadeaux, des messages de félicitations ainsi qu'un télégramme de MM Édouard S. Léger et Langton Dysart, députés de Westmorland. Malgré son âge avancé, Mme LeBlanc jouit d'une bonne santé et aime bien jaser avec ses vieux amis.

(1952) - Un groupe nombreux de parents et amis se sont réunis à la demeure de Mme Anselme LeBlanc, à Memramcook-ouest, dimanche dernier, à l'occasion du 97ième anniversaire de Mme LeBlanc. Malgré son âge avancé, Mme LeBlanc jouit encore d'une parfaite santé, et remplit toujours les fonctions de maîtresse de poste à Memramcook-ouest comme elle le fait depuis d'innombrables années.Elle est probablement la doyenne dans la province,ou même dans le pays.

 

Le Bureau de poste de l'Anse-des-Cormier

En 1887, Denis A. Cormier entra en fonction comme le premier maître de poste de l'Anse-des-Cormier, et y demeura pendant 24 ans jusqu'à sa mort en 1911.

Comme on a pu le constater souvent dans les autres régions de la Vallée, la responsabilité de maître de poste était souvent une affaire de famille. On retrouve la même situation à l'Anse-des-Cormier alors qu'à la mort de Denis c'est son fils Arcade qui devient maître de poste, pour amorcer une longue carrière de 31 ans au service postal, y ayant travaillé de 1911 à 1942.

Les Archives postales révèlent que Mme Anna Parisée agit comme maîtresse de poste, par intérim, pour une courte période de deux mois après la mort d'Arcade.

Dans l'entrefaite, Théophile à Napoléon LeBlanc avait acheté la propriété d'Arcade Cormier. Son épouse, Marie à Émile Léger, fut nommée maîtresse de poste en juin 1942 et pu ainsi continuer le service postal dans la même maison qu'auparavant, ceci ne nécessitant aucuns gros changements. Le bureau de l'Anse-des-Cormier fut fermé en 1951, étant donné son utilité décroissante, et la région fut incorporée à la route rurale de College Bridge.

Certains se rappellent qu'au temps où Arcade Cormier était maître de poste, c'était Anthony Belliveau qui apportait le sac de courrier au bureau de poste et en ramenait le courrier destiné à l'extérieur. On sait d'ailleurs qu'à la fermeture du bureau, Anthony devint responsable de la livraison du courrier à domicile, dans la région desservie auparavant par le même bureau.

 

Les bureaux de poste français sur la rive est de la rivière Petitcodiac

Comme on peut le constater en se référant aux Archives postales, un total de quatre bureaux de poste existèrent à un moment donné le long de la rivière Petitcodiac dans la région communément appelé Pré-d'en-Haut. On constate aussi que deux de ces quatre bureaux existaient dès le début de la Confédération, soit celui de Belliveau Village et celui de Boudreau Village. Les deux autres bureaux à fonctionner dans cette région furent celui de Beaumont, ouvert en 1901, et celui de Pré-d'en-Haut, ouvert en 1889.

Comme on le verra plus loin, les bureaux de Beaumont, de Belliveau Village et de Boudreau Village furent tous fermés en permanence le 21 mars 1953, tandis que celui de Pré-d'en-Haut ferma en 1970.

 

Le bureau de Beaumont

Le premier maître de poste à Beaumont fut Césime Dupuis qui oeuvra de 1901 à 1903. I1 fut remplacé par Placide Belliveau qui demeura en fonction jusqu'à sa mort en 1915. Il n'existe aucune documentation indiquant qui s'occupa du bureau de poste pendant les deux années suivantes, mais en 1917 une certaine demoiselle M. Belliveau fut nommée maîtresse de poste et remplit cette fonction jusqu'à 1919 alors qu'elle démissionna.

 

Suivant le départ de Mlle Belliveau, la famille O'Rourke s'occupa du bureau de poste pendant les 34 prochaines années : John fut maître de poste de 1919 jusqu'à sa mort en 1935,et Florence, son épouse, le remplaça de 1935 jusqu'à 1953 alors que le bureau fut fermé en permanence.

Aucune information définitive n'existe indiquant où le bureau de poste aurait été situé au début, mais, par contre, certains se rappellent que durant la période des O'Rourke le bureau était situé tout près de l'école de Beaumont sur le haut de la colline vis-à-vis la chapelle.

On se rappelle que pendant plusieurs années le courrier destiné au bureau de Beaumont provenait de College Bridge. Le courrier de Beaumont, après avoir été trié au bureau de College Bridge, était placé dans un sac que le facteur de la route rurale de la région de l'Anse-des-Cormier laissait chez Hazen Farrah, et plus tard, chez la famille Toogood, à Taylor Village. De là, le sac de courrier était transporté à pied de Taylor Village à Beaumont, un certain Antoine LeBlanc l'ayant fait pour plusieurs années et, par après, son frère Aimé le remplaçant dans cette tâche.

Après la fermeture du bureau de Beaumont, ce territoire fut incorporé à la route rurale no 1 de Saint Joseph.

 

Le bureau de Belliveau Village

Un nommé Lewis (Louis?) Richard était maître de poste à Belliveau Village au début de la Confédération, poste qu'il occupa pendant 41 ans jusqu'à sa démission en 1909.

Henri Richard (y a-t-il de la parent?) remplaça Lewis comme maître de poste en 1910, et y resta jusqu'à sa mort 14 mois plus tard. Selon les Archives Postales, une Mme Marie Richard fut maîtresse de poste pour quelques jours seulement, immédiatement après la mort d'Henri.

Pendant les prochaines 26 années, de 1911 à 1937, M. Aimé Bourgeois fonctionna comme maître de poste à partir de sa demeure (#1, page suivante). A la démission de ce dernier, Albert Richard, son gendre, marié à sa fille Délina, le remplaça et continua comme maître de poste, à sa maison (#3), jusqu'à 1948 alors que lui-même se démit de son poste. Suivant la démission d'Albert Richard, personne n'occupa officiellement la position de maître de poste pour quelques 13 mois, et finalement, en août 1949, Mme Dorice Bourgeois accepta la responsabilité par intérim et plus tard en permanence (#4).

Dorice Bourgeois démissionna en 1951 pour être remplacée par Mme Eva Cormier (#2), épouse de Mélas, qui demeura maîtresse de poste jusqu'à la fermeture du bureau en 1953. Comme partout ailleurs, on se rend compte que la fonction de maître de poste à Belliveau Village a souvent été transmise d'un membre de la famille à un autre, ce qui facilitait sûrement les choses.

Le courrier pour le bureau de Belliveau Village et celui de Boudreau Village provenait du bureau de Saint-Joseph où il était trié. De 1920 à 1944, alors qu'Edmond et Suzanne Gaudet s'occupaient de ce bureau, ce fut Denis H.Boudreau qui eu le contrat de transporter le courrier, trois fois par semaine, dans les deux sens, entre Saint-Joseph et les deux villages. On se rappelle qu'il avait l'aide de ses fils, dont Iréné et Laurie, pour accomplir cette tâche.

 

Le bureau de Boudreau Village

Dès le début de la Confédération, Boudreau Village avait déjà son bureau de poste, Alexandre Boudreau y remplissant la fonction de maître de poste jusqu'à sa mort en 1896.

Thomas à Calixte Boudreau succéda à Alexandre et fut maître de poste pendant 31 ans, de 1897 à 1928, alors que le bureau changea de site.

Pendant les cinq prochaines années, de 1928 à 1933, Mlle Agnès A. Ouellet s'occupa du bureau de poste et , à sa mort, son frère Maurice en assuma la responsabilité. Maurice Ouellet fut maître de poste pendant 19 ans, de 1933 à 1952. Quelques mois après la démission de Maurice Ouellet, Mme Ella LeBlanc fut nommée maîtresse de poste par intérim et continua dans cette fonction jusqu'à 1953 alors que le bureau fut fermé en permanence. A la fermeture du bureau, la route rurale no 1 de Saint-Joseph fut inauguré pour desservir les gens de Beaumont, de Boudreau Village et de Belliveau Village. Ce fut Fred LeBlanc, le mari d'Ella, qui obtint le contrat de cette route, de 1953 à 1966. Durant ces années, Fred était secondé par Ella et leur fils Lucien. En 1966, le contrat de cette route fut accordé à Ella qui fut secondée dans sa tâche par son mari, son fils Lucien ainsi que par Ida Boudreau. Ella prit sa retraite en 1978 après 26 ans de service dans le système postal de la Vallée.

 

Le bureau de Pré-d'en-Haut

Treize ans après la Confédération, en 1880, Vital Richard fut nommé le premier maître de poste de Pré-d'en-Haut pour y fonctionner jusqu'en 1892. On pense que le bureau était situé du côté sud-est du coin (#5, page précédente). A sa démission, Denis T. Cormier le remplaça pour une période de cinq ans jusqu'à sa mort en 1897. Son fils Maxime fut alors nommé maître de poste pour y rester jusqu'à sa démission en 1919.

Le prochain maître de poste fut celui qui demeura en fonction le plus longtemps. En effet, Philippe à Dominique Belliveau vit au bon fonctionnement du bureau de poste pendant 34 ans, de 1919 à 1953. Le bureau était alors situé dans son magasin, du côté nord-est du coin (#6), là où se trouve présentement la Caisse Populaire.

Fred Comeau, de 1953 à 1959, et son épouse, Évangéline (Bourgeois), de 1959 à 1964, s'occupèrent ensuite du bureau de poste, de façon intérimaire, à leur domicile (#7).

Finalement, en 1964, le bureau de poste revint à la famille Belliveau, au magasin de Philippe, alors que son fils Alfred en assuma la responsabilité jusqu'à la fermeture du bureau en 1970.

 

Les bureaux de poste de la région anglaise du côté ouest de la rivière Memramcook

Originalement établie par des Acadiens, la région longeant le côté ouest de la rivière Memramcook de la pointe rocheuse (Fort Folly de nos jours) jusqu'à l'Anse-des-Cormier était peuplée principalement par des Anglophones au début de la Confédération. Pour cette raison, on avait donné des noms anglais à trois différents villages qui, à différentes époques, possédaient leur propre bureau de poste, notamment, Taylor Village (#1), Rockland (#2) et South Rockland (#3). Étant donné le nombre de carrières qui existaient dans cette région, on comprend facilement pourquoi l'on avait choisi le nom de "Rockland".

Les Archives postales révèlent que Taylor Village et Rockland possédaient déjà leur bureau de poste au début de la Confédération. Charles Taylor était maître de poste à Taylor Village et Harriet Cochrane l'était à Rockland. C'est la soeur de Charles Taylor, du nom de Lavinia, qui le remplaça à sa mort en 1891. Elle demeura en fonction jusqu'à ce qu'elle meurt en 1906. Fait intéressant, c'est un Acadien du nom de Sylvain Cormier qui succéda à Mlle Taylor, en 1906, position qu'il remplit jusqu'à sa mort en 1927, alors que le bureau fut fermé en permanence. Le bureau de Rockland eut quatre autres maîtres de poste après le départ de Cochrane (voir le tableau de ce Cahier) et fut fermé en permanence en 1933.

South Rockland n'eut un bureau de poste que de 1873 à 1887, Robert Chapman ayant été le seul maître de poste à y remplir cette fonction. Le site du bureau aurait été tout près du quai d'un chantier qui existait alors sur la rivière. Il existait également un bureau d'immigration (ou l'équivalent) tout près. Ces deux installations auraient pu justifier l'existence d'un bureau de poste pour quelques années.

 

Les bureaux d'Upper Dorchester et de Breau Creek

Du côté est de la rivière et faisant face à la région de Taylor Village se situe une région majoritairement anglaise où l'on retrouvait deux bureaux de poste, Rockland Station et Breau Creek. Identifié comme Rockland Station de 1879 (lors de son établissement) jusqu'à 1897, le bureau de Upper Dorchester demeura en fonction pendant 68 ans, ayant fermé ses portes en 1947, alors que la région desservie par ce bureau fut incorporée à la route rurale no 2 de College Bridge. Durant ces années, un total de neuf différentes personnes, toutes anglophones, remplirent la fonction de maître de poste (voir le tableau des Archives postales). Le bureau de poste d'Upper Dorchester (# 4 à la page précédente) était situé du côté est de la route principale, presque directement en face du chemin menant au pont de Rockland.

Situé sur le chemin du moulin Anderson, le bureau de poste de Breau Creek (# 5) n'opéra que pour quatre ans, de 1895 à 1899. On peut supposer qu'après la fermeture de ce bureau de poste les gens de cette région, dont plusieurs auraient été francophones, se seraient servis du bureau de poste d' Upper Dorchester pour leurs transactions postales, donc l'importance de ce dernier dans l'historique du système postal de Memramcook.

 

Autres bureaux avoisinants

Bien que ne faisant pas intégralement partie de la Vallée de Memramcook, trois autres bureaux ce poste qui ont existé dans les régions avoisinantes méritent d'être inclus dans cet article étant donné leur rapprochement aux villages français. Il s'agit des bureaux de Calhoun, de Dover et d'Upper Dover (voir la carte au centre du cahier).

Calhoun - Le bureau de poste de Calhoun a ouvert ses portes en 1879 alors qu'un M. David Calhoun (qui d'autre!) était maître de poste. Ce M. Calhoun fut suivi d'un autre Calhoun et, par après, de cinq autres personnes avant que le bureau ferme en 1958 alors que cette région fut incorporée à la route rurale no 1 de Lakeburn.

Fait intéressant à noter, de 1925 à 1931 ce fut une francophone, Mme Marie M. LeBlanc, qui était maîtresse de poste à Calhoun et, de 1926 à 1932, un dénommé F.H. LeBlanc qui avait le contrat du transport du courrier entre la gare et le bureau de poste. Y avait-il parenté?

Dover - Au début de la confédération, il existait déjà un bureau de poste à Dover, alors qu'un M. Delesdernier en était le responsable. Étant donné que Dover se situait au nord de Gautreau Village, le long de la côte est de la Petitcodiac, on peut supposer que ce bureau de poste a rendu service aux résidents acadiens du coin, surtout si l'on considère que le bureau de Pré-d'en-Haut n'a ouvert qu'en 1880.

Upper Dover - Il y eut un bureau de poste au nord de Dover, dans la région d'Upper Dover, de 1889 à 1949. Durant cette période, il n'y eut que deux maîtres de poste, tous deux nommés Steeves, dont le dernier resta en fonction pendant 32 ans, de 1917 à 1949.

Un peu de sémantique sur les termes postaux ...

Coach - voiture fermée, à deux portes et quatre glaces (vitres), dont les dossiers avant se rabattent pour permettre d'accéder aux places arrières

Courrier - ensemble des lettres, dépêches, journaux envoyés ou à envoyer Facteur - employé des postes qui distribue les lettres, colis,etc... Malle - se disait pour la malle-poste

Malle-poste (Mail-coach) - voiture qui faisait surtout le service des dépêches

Postier - employé du service des postes

Postillon - conducteur d'une voiture des postes

LE TRANSPORT DU COURRIER

Afin de pouvoir offrir un service postal aux gens d'une région, il faut nécessairement que le courrier soit d'abord transporté aux bureaux de poste et ensuite, le long des routes rurales, qu'il soit transporté par le facteur pour la livraison domicile.

Un examen du système postal de la Vallée de Memramcook au cours des années révèle qu'on peut diviser ce transport du courrier en trois catégories :

  1. le transport du courrier entre le bureau de poste et la gare ferroviaire;
  1. le transport du courrier, par postillon, d'un bureau de poste à un autre (ou d'une région à l'autre);
  1. le transport du courrier, par facteur, le long des routes rurales, c'est-à-dire, la livraison du courrier à domicile.

Le transport du courrier était accordé par contrats aux personnes ayant la soumission la plus base. Ces contrats étaient normalement d'une durée de 3 ou 4 ans, à moins que certaines circonstances nécessitent des changements.

Dans les pages qui suivent (P. 50 à P. 55), on trouvera un tableau contenant le nom de tous les postiers qui ont, d'une manière ou d'une autre, contribué au transport du courrier dans différentes régions de la Vallée.

Cette information provient des Registres de Contrats des Services Postaux aux Archives nationales du Canada à Ottawa. La Société historique est très reconnaissante à Mme Jeannine LeBlanc, originaire de La Hêtrière et maintenant résidente d'Ottawa, qui a bien voulu faire les recherches nécessaires, aux Archives nationales, pour nous aider à compléter cette section sur les contrats postaux.

À noter:

-Dans les tableaux précédents, lorsqu'on indique plus d'une distance dans la même colonne, ceci signifie que le parcours de la route a changé pendant la durée du contrat.

-Lorsque la colonne de Fréquence contient deux chiffres séparés par le symbole "& ", ceci signifie qu'il y avait deux différentes routes à l'intérieur du même contrat, les deux distances étant identifiées dans la colonne adjacente.

-À l'occasion il y a des dates qui manquent. En plus, l'information sur les contrats des services postaux n'est pas accessibles au public pour les quelques dernières 30 années conformément à la Loi sur la protection des renseignements personnels.

 

Quelques autres observations et clarifications

Une étude attentive de cette liste de postiers nous révèle qu'assez souvent on retrouve les mêmes personnes remplissant plus d'une fonction postale. On remarquera qu'aux bureaux de poste situés tout près des gares du chemin de fer, c'était souvent le maître (ou la maîtresse) de poste qui avait le contrat de transporter le courrier du bureau à la gare, ce qui augmentait évidemment le revenu.

Le contrat pour le transport du courrier d'une région à l'autre était également souvent accordé à des personnes fonctionnant ou ayant fonctionné comme maître de poste.

On remarque qu'au cours des années le nombre de routes, la distance et le parcours de ces routes changeaient constamment et, par conséquent, ceci était réfléchi dans les contrats accordés pour le transport du courrier le long de ces routes.

Voici quelques observations spécifiques :

- Le courrier de l'extérieur

Avant la construction des chemins de fer, le courrier de l'extérieur était transporté par mail coach et par chevaux. Avec l'arrivée de l'Intercontinental (et plus tard le Canadien National), le courrier arrive et retourne dorénavant par train, via les gares de Memramcook et College Bridge principalement, mais également les gares de Calhoun, d'Upper Dorchester et de Dorchester.

- Le courrier du bureau de McGinley

Avant le début de la route rurale no I de Memramcook (vers 1911) le courrier du bureau de McGinley est transporté par postillon entre le bureau du Coin et McGinley. Par après, jusqu'à la fermeture du bureau en 1952, l'échange du courrier entre les deux bureaux est la responsabilité du facteur de la route rurale.

- Le courrier du bureau de l'Anse-des-Cormier

Avant 1924, l'échange du courrier se fait par postillon entre le bureau de Saint-Joseph et celui de l'Anse-des-Cormier. À partir de 1896, le postillon qui transporte le courrier entre ces deux bureaux est le même qui le transporte entre le bureau de Saint-Joseph et la gare ferroviaire de College Bridge.

À partir de 1924, et ce jusqu'à la fermeture du bureau en 1951, le facteur de la route rurale no 1 de College Bridge a la responsabilité de faire l'échange du courrier de l'Anse-des-Cormier

- Le courrier du bureau de Belliveau Village

Le postillon faisant le trajet de Boudreau Village à Saint-Joseph s'occupe également du courrier externe du bureau de poste de Belliveau Village. Avant 1910 ce trajet ne se fait que deux fois par semaine et par après, jusqu'en 1953, trois fois par semaine.

- Le courrier de Beaumont

On sait que de 1901 à 1953, l'échange du courrier du bureau de poste de Beaumont se faisait avec Rockland par l'entremise d'un postillon. Ce courrier provenait soit de Dorchester ou d'Upper Dorchester avant 1924, et de College Bridge par après. On remarque que, de 1903 à 1918, le postillon de cette route se nommait S.J. LeBlanc. Tout semble indiquer qu'il s'agit de Siméon à Jos LeBlanc, le père d'Antoine et d'Aimé qui eurent le contrat pour la même route, de 1919 à 1953.

- Le courrier du bureau de Pré-d'en-Haut

Avant 1911, un postillon a le contrat pour transporter le courrier entre Boudreau Village et Saint-Joseph. Dans son trajet, il s'arrête à Pré-d'en-Haut pour faire l'échange du courrier de ce bureau de poste avec Saint-Joseph.

Avec le début de Memramcook R.R. 1, vers 1911, c'est le facteur de cette route rurale qui s'occupe de faire l'échange du courrier de Pré-d'en-Haut avec le bureau du Coin à Memramcook.

En 1953 les bureaux de poste de Beaumont, de Boudreau Village et de Belliveau Village sont fermés et la route rurale no 1 de Saint-Joseph est inaugurée pour desservir cette région. Le facteur de cette nouvelle route fait maintenant l'échange du courrier externe de Pré-d'en-Haut avec Saint-Joseph. On remarque qu'à cette date la distance de Memramcook R.R. 1 est réduite d'environ 11 milles étant donné que le facteur de cette route n'a plus à se rendre à Pré-d'en-Haut pour échanger le courrier.

- Le courrier du bureau de Taylor Village

Jusqu'à 1924, l'échange du courrier de Taylor Village se fait avec Upper Dorchester et Dorchester. De 1924 jusqu'à la fermeture du bureau en 1927, l'échange se fait maintenant avec College Bridge par l'entremise du facteur de la nouvelle route rurale (R.R. 1, College Bridge)

- Le courrier du bureau de Rockland Station (Upper Dorchester)

Ce courrier provient principalement de la gare ferroviaire de l'endroit. Pour quelques années, un postillon avait également un contrat pour le transport entre Rockland Station et Boudreau Village. Le facteur de Dorchester R.R. 1 échangeait également le courrier à Rockland Station sur son passage.

- Le courrier du bureau de Rockland

Il y avait échange de courrier avec Rockland Station et avec le facteur de la route rurale no 1 de Dorchester. On sait également que le courrier de Beaumont passait par le bureau de Rockland pour une période de quelques années.

- Le courrier du village de Saint-Joseph et du Collège

Au cours des années, l'échange du courrier externe de Saint-Joseph se faisait par l'entremise d'un postillon à partir de la gare ferroviaire de College Bridge. Ce même postillon, durant certaines années, avait aussi la responsabilité du transport du courrier du Collège et de celui du bureau de l'Anse-des-Cormier. À partir de 1960, ce postillon s'occupait également de l'échange du courrier entre la gare et le bureau de College Bridge. Un examen minutieux des contrats postaux par rapport au postillon de Saint-Joseph démontre la complexité qui pouvait exister dans ces contrats, étant donné que les responsabilités changeaient constamment.

- Le courrier du bureau de Dungiven

On connait très peu de choses à propos de ce bureau autre que son deuxième maître de poste, Edward Toole, avait le contrat pour transporter le courrier entre son bureau et celui du Coin à Memramcook, ce qu'il faisait une fois par semaine. L'ancienne carte ci-contre illustre la localité de Dungiven.

- Le courrier du bureau de Breau Creek

Philip Gould fut le seul maître de poste de Breau Creek, de 1895 à 1899. Pendant cette période, il avait également le contrat pour transporter le courrier entre son bureau et celui de College Bridge, ce qu'il faisait deux fois par semaine.

- Le courrier du bureau de Gouldville (Memramcook-Est)

Le bureau de Gouldville échangeait son courrier au bureau du Coin à Memramcook deux fois, au début, et plus tard, trois fois par semaine.

Remerciements

Un grand nombre de personnes ont collaboré à l'élaboration de cet article sur le système postal de Memramcook que ce soit par contribution orale ou écrite.

Au risque d'en oublier quelques-uns, nous voulons quand mème mentionner les noms suivants :

Antoinette LeBlanc, Lorraine (Bourgeois) Ermen, Alfred Belliveau, Arthur H. Bourgeois, Gérard S. Léger, Thérèse (Émile) Gaudet, Thérèse (Bernard) Gaudet, Donatien Gaudet, Gérard H.Gaudet, Eliza Léger, la famille d'Anthony et Julia Belliveau y compris leur petit-fils Eugène Gaudet, Murielle Cormier, Catherine Cormier, Bernette LeBlanc, Normand A. LeBlanc, Régis Brun, et bien d'autres encore qui ont glissé un mot ici et là.

LE DÉPART DES PÈRES DE SAINTE-CROIX

LA CONGRÉGATION DE SAINTE-CROIX À
MEMRAMCOOK DURANT LES 137 DERNIÈRES ANNÉES

Curés:

  1. P. Camille Lefebvre, c.s.c. ----- 1864-1895
  2. P. Alfred Roy, c.s.c. ----- 1895-1918
  3. P. Benjamin Lecavalier, c.s.c. ----- 1918-1927
  4. P. Napoléon Papineau, c.s.c. ----- 1927
  5. P. Dismas LeBlanc, c.s.c. ----- 1927-1934
  6. P. Eugène Daoust, c.s.c. ----- 1934-1949
  7. P. Hector Léger, c.s.c. ----- 1949-1952
  8. P. Arcade Goguen, c.s.c. ----- 1952-1966
  9. P. René Lauzon, c.s.c. ----- 1966-1974
  10. P. Louis-Joseph Boudreau, c.s.c. ----- 1975-1981
  11. P. Ulysse LeBlanc, c.s.c. ----- 1981-1985
  12. P. Gaston Ouellet, c.s.c. ----- 1985-1992
  13. P. Louis-Joseph Boudreau, c.s.c. ----- 1992-1994 (2e fois)
  14. P. Ulysse LeBlanc, c.s.c. ----- 1994-2001 (2e fois)

En tout, 12 prêtres de la Congrégation de Sainte-Croix ont servi comme curé de la paroisse, dont deux à deux reprises, pour une moyenne d'années de service s'établissant à 11.4 années chacun. Seulement trois de ces 12 prêtres sont encore vivants. De ces 12, sept sont originaires de la province du Québec et cinq du Nouveau-Brunswick.

De plus, bon nombre de religieux de la même congrégation ont servi en qualité de vicaires dans la paroisse, dont les plus connus sont les Pères Édouard Labbé, Octave Lecours, Jean-Baptiste Bazoge, Joseph Fiset, Joseph Saint-Martin, Émilien Racine, Raymond Boivin, Alfred Pellerin, Edgar Landry, Paul-Marie Thériault, Georges Ponton, Francois Goguen, Théophile Blanchard, Albéni Poitras, Walter Gendreau, Zoêl Landry, André Richard, Emery Brien, Sylvio Doiron, Guy Léger et Gérard LeBlanc.

Seulement quatre d'entre eux sont encore vivants.

D'autres encore ont servi dans ce qui est aujourd'hui la grande unité pastorale de Memramcook.

À Lourdes: mentionnons les pères Laurent Lapalme, Médard Daigle, Edmond Gallant, Guy Léger, Daniel Deveau. À Pré-d'En-Haut: les pères Azarias Massé, Paul Prévost, Edmond Gallant, Louis-Marcel Daigle, Ulysse LeBlanc, Guy Léger et Sylvio Doiron.

Professeurs du Collège (1946-1947)

SAUVE, LEO

BROWN, JOHN

PELERIN, ALFRED

DAIGLE, MEDARD M.

CORMIER, CLÉEMENT

LEGER, HECTOR

GOGUEN, ARCADE

ROSSIGNOL, REMI

TAILLON, LEOPOLD

ALLAIN, DISMAS

PROVOST, ROLAND

POITRAS, ALBENIE

GOGUEN, FRANCOIS

HOGAN, BERNARD

BLANCHARD, THEOPHILE

BEAUDRY, RENE

LANDRY, EDGAR

MORIN, ARSENE

JOYAL, MARIUS

JOYAL, FABIUS

GAUVIN, NORMAND C.

LANDRY, ZOEL

CHAMARD, MAURICE

DAIGLE, LOUIS-MARCEL

CORMIER, JEAN-BAPTISTE

LAUZON, RENE

PREVOST, LOUIS

BRAULT, LEANDRE

PICHER, VINCENT

LEBLANC, ELISEE

CORMIER, OMER

ROY, ADJUTOR.

Nous ajoutons à ce qui précède les noms de 16 paroissiens de Memramcook qui ont rejoint les rangs de la congrégation de Sainte-Croix depuis son arrivée dans la Vallée en 1864, soit les Pères: André T. Bourque, originaire de Beaumont (auteur de quelques chants acadiens bien connus des anciens dont: Evangeline, Le pêcheur acadien, etc...); André Cormier (Anse-des-Cormier); Philéas Bourgeois de Belliveau-Village (auteur de L'Histoire du Canada en 200 leçons); Hyppolite LeBlanc (La Montain); André T. LeBlanc (Anse-des-Cormier), fondateur du Parc LeBlanc près du parcour de golf de la Vallée; Dismas LeBlanc (College Bridge) premier prêtre acadien à devenir curé de notre paroisse; Edgar Landry (Chemin de Shédiac); Léonard Gaudet et son frère Robert Gaudet (St-Joseph); Jean-Baptiste Cormier (St-Joseph); Zoêl Landry (College Bridge); Hervé LeBlanc et Allain Cormier (tous deux de l'Anse-des-Cormier) qui ont exercé leur ministère aux États-Unis; Donatien Gaudet (St-Joseph); Gérard LeBlanc (College Bridge) et Guy Léger (St-Joseph), premier prêtre de la Vallée à faire un cours complet de théologie, qui soit diplômé et ordonné prêtre à Rome.

Si la Vallée de Memramcook a connu un essor remarquable depuis l'arrivée du Père Lefebvre en 1864, cela est dû en grande partie à la présence et à l'engagement des religieux de Sainte-Croix dans les sphères d'activité et organismes suivants:

  • Le Collège Saint-Joseph
  • Cours d'été en pédagogie (Fr Léopold Taillon)
  • Cours d'agriculture (Gustave Gaudet)
  • Le scoutisme pendant plusieurs années. (Médard Daigle)
  •  
  • Le théâtre au Monument Lefebvre (P. Dismas LeBlanc, P. Paul-Marie Thériault, P. Chamard)
  • Le sport à l'arena du Collège qui a servi aux paroissiens pour de nombreuses années
  • L'écologie par la formation du Lac Saint-Camille et de la région avoisinante (Le Parc LeBlanc) qu'on a ressuscité depuis quelques années pour honorer la mémoire du P. André T. LeBlanc, c.s.c. (C'est l'oeuvre principalement d'Alban Léger et Évélina Léger, son épouse ainsi que d'autres personnes intéressées.)
  • L'organisation du 1er pélerinage Acadien à Sainte-Anne de Beaupré par le P. André Cormier, c.s.c.
  • La première Convention Nationale des Acadiens en 1881 au Collège St-Joseph
  • Le premier Congrès Marial Acadien en septembre1936.
  • Le Congrès Eucharistique diocésain en 1946 sur les terrains du Collège St-Joseph.
  • Le chant choral. Commencé dès les débuts du Collège, poursuivi par le P. André T. Bourque, c.s.c., suivi de plusieurs religieux dont le plus célèbre fut sans doute le P. Léandre Breault qui a propulsé le nom de l'Université Saint-Joseph et de Memramcook dans tout le Canada et jusqu'en Europe en 1951 alors que sa chorale a remporté le 1er et second prix dans deux catégories différentes
  • la fanfare du Collège a aussi incité la paroisse à organiser sa propre fanfare pendant nombre d'années

Force nous est d'avouer que c'est dans le champs de l'éducation que les religieux de Sainte-Croix ont fait leur marque dans notre région et dans l'Acadie en général. L'arrivée du Père Lefebvre et son équipe de frères et de prêtres, a sonné le réveil du peuple acadien. Grâce à sa détermination et à son acharnement, le Père Lefebvre a su réveiller la fierté de ce peuple, trop longtemps laissé à son sort dans ce coin de pays où la dispersion avait presque sonné le glas et marqué la fin de l'Acadie.

Camille Lefebvre n'est pas simplement un éducateur hors pair; il demeure avant tout celui qui a vu loin... il a vu un peuple généreux, éparpillé le long des côtes de l'ancienne Acadie et que la France avait tout bonnement laissé croupir dans la pauvreté et l'ignorance. À ce petit reste issu du grand dérangement, le fondateur du Collège Saint-Joseph a insufflé une fierté et une dignité qui lui a inspiré la confiance de pouvoir un jour occuper sa place dans la société et dans l'église. Ce fondateur a jeté les bases de la société acadienne telle que nous la connaissons aujourd'hui

Avec son collège, il a pu donner à la société les avocats, médecins, prêtres et autres professionnels dont l'Acadie avait tant besoin pour enfin servir leurs compatriotes dans leur langue et ainsi assurer la survivance de sa culture.

Si le mérite d'avoir fondé le collège revient de plein droit au Père Lefebvre, il ne faut toutefois pas oublier un élément que l'on omet trop souvent, soit celui de l'équipe de frères et de prêtres qui secondait le fondateur et sans laquelle l'oeuvre n'aurait sans doute jamais pu continuer à prospérer. Ce sont les professeurs, maîtres de salle, boulangers, fermiers, menuisiers, etc... qui ont le plus souvent travaillé dans l'ombre et dont les noms mériteraient d'être inscrits à la suite de celui du fondateur. Ce dernier serait sans doute le premier à le reconnaitre.

Que dire des religieuses de Sainte-Croix, arrivées en 1874 et dont le rameau acadien a fleuri pour devenir les Petites Soeurs de la Sainte-Famille en 1880 avec Mère Léonie? Ce sont elles qui préparaient la nourriture pour les religieux et les élèves et s'occupaient de laver le linge de tout ce monde et faire la propreté chez les religieux.

Si l'oeuvre du Père Lefebvre a connu la réussite que l'on sait et qui de plus a vu naître l'Université Saint-Joseph et, une centaine d'années plus tard l'Université de Moncton, il faut aussi lever son chapeau devant la remarquable liste des religieux qui ont mis la main à la charrue souvent durant de longues années pour assurer l'instruction et l'éducation à tous ces jeunes gens qui venaient frapper à la porte du Collège. Ils se sont donnés à la tâche que le Père Lefebvre avait si généreusement accepté de relever et qu'il a également su poursuivre pendant une trentaine d'années pour ensuite passer le flambeau aux Alfred Roy, Louis Guertin, Lecavalier, Vanier, Lapalme et Clément Cormier. Ce dernier se lèvera à son tour au milieu du 20e siècle, tout comme le P. Lefebvre un siècle avant lui, pour relancer l'oeuvre de son prédécesseur, cette fois, et pour donner à l'Acadie et aux Acadiens un instrument de haut savoir dont elle avait besoin pour entrer de plein pied dans le troisième millénaire.

Après avoir solidement établi l'oeuvre commencé en 1864 et formé une légion de gens capables de prendre en main la relève, les religieux de Sainte-Croix ont maintenant quitté le domaine de l'enseignement collégial et universitaire en Acadie. Le dernier a pris sa retraite de l'Université au printemps 2001. Enfin, en cette même année, ils remettent à l'autorité diocésaine les trois paroisses de la Vallée de Memramcook. Quelques-uns oeuvrent encore à La Maison Sainte-Croix et à La Solitude de Pré-d'en-Haut. Ces religieux se dépensent toujours au service des gens en quête de sens à leur vie humaine et chrétienne.

Même s'il ne reste que peu de religieux Sainte-Croix dans la Vallée et les environs, ils n'ont pas pour autant déposé les armes. Ils sont encore, à la suite du Maître et dans le sillage de leur fondateur et du P. Lefebvre, d'humbles serviteurs du peuple de Dieu qu'ils veulent accompagner tant et aussi longtemps qu'ils le pourront.

août 2001 Guy Léger, c.s.c.

CORRECTIONS AU DERNIER CAHIER

La Société s'excuse pour les erreurs qui se sont glissées dans le dernier Cahier (Vol. 11, No 3).

On aurait dû voir ‑

À la page 7 :

Narcisse LeBlanc

Né le 18 septembre 1888

Fils de Jude LeBlanc et Anne Léger Métier: magasinier

Directeur: 1920 - 1922

Décédé le 11 mars 1975

À la page 19 :

Alice Landry

Fille d'Honoré Landry et Annie Surette La mère d'Alice (Annie) était originaire de l'Ile des Surette, comté de Yarmouth en Nouvelle-Écosse

À la page 19 :

Clara Landry

Fille d'Honoré Landry et Annie Surette Née en 1911

Directrice et organiste de 1925 à 1974 Décédée le 5 juin 1996

À la page 13, dessous le nom de Géraldine Doucet : Linda (LeBlanc) Gould

Fille d'Adéodat et Alice LeBlanc

;Depuis 1991, Linda est organiste à la paroisse Saint-Thomas de Memramcook ainsi qu'à Lourdes.

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Nous sommes toujours à la recherche de photos de mariages et de robes de mariaes pour l'exposition de l'été prochain.

N'hésitez pas de communiquer avec : Anita Boudreau (758-2107) ou Simone Smith (758-2300).