TABLE DES MATI�RES

 

Mot de la pr�sidente

Cahiers disponibles/Coupon cotisation

Directeurs & directrices de chorales et organistes de Memramcook

Biographie: Ir�ne LeBlanc Saulnier

Une vall�e bien vivante

Pierre Gaudet, le Fondateur de Memramcook

{C}{C}{C}{C}{C}{C}Liste de membres 2000

 

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MOT DE LA PR�SIDENTE

 

Nos sinc�res salutations chers lecteurs et ch�res lectrices! Voici votre dernier Cahier de l'ann�e 2000. Nous nous excusons du retard, mais nous esp�rons que vous aimerez ce que nous avons pr�par�.

 

Pour l'ann�e 2001 et les ann�es � suivre, l'administration a conclu que nous pouvions seulement imprimer deux Cahiers d� aux co�ts plus �lev�s du courrier et de l'imprimerie, tout en gardant les cotisations au m�me montant.

 

Nous pr�voyons tenir notre assembl�e annuelle suivie d'un banquet au d�but de mai 2001. Les d�tails suivront avec votre convocation.

 

Nous pr�voyons ouvrir notre salle d'exposition encore une fois cet �t� avec l'appui, bien s�r, des agences gouvernementales. Nous aurons de nouvelles photos et notre inventaire de livres anciens est tr�s vaste.

 

Il faut souligner le gros travail de recherche fait par M. Charles-Auguste L�ger pour l'article de chorales et organistes des trois paroisses religieuses de Memramcook. Ce fut presque un an de travail. Gros merci. Merci aussi au P�re Guy L�ger qui a fait la mise en page de cet article.

 

Nous sommes toujours � la recherche de personnes b�n�voles qui seraient pr�tes � faire des recherches pour nos Cahiers. Ceci nous aiderait �norm�ment. Ce n'est pas les histoires qui manquent mais le temps pour recueillir les faits, etc. La m�me chose va pour la cuillette de photos anciennes. Votre support et encouragement sont toujours appr�ci�s.

 

Je vous laisse maintenant, jusqu' � la prochaine.

 

Votre pr�sidente,

Patricia Utley

 

CAHIERS DE LA SOCI�T� HISTORIQUE

DE LA VALL�E DE MEMRAMCOOK INC. ENCORE DISPONIBLES

 

Vol. 1, No 1, 2; Vol. 2, No 1, 2; Vol. 3, No 2; Vol. 4, No 1; Vol. 5, No 1, 2; Vol. 6, No 1, 2, 3; Vol. 7, No 1, 2, 3; Vol. 8, No 1, 2, 3; Vol. 9, No 1, 2, 3; Vol. 10, No 1, 2, 3; Vol. 11, No 1, 2

 

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COUPON COTISATION-CADEAU

 

Veuillez faire parvenir aux personnes dont le nom suit, la carte de membre d'un an et les Cahiers de la Soci�t� Historique de la Vall�e de Memramcook Inc. pour l'ann�e en cours.

 

Cadeau(x) �:

 

Ci-joint, veuillez trouver la somme de�� $ pour cotisation.

 

Sign�:��

 

Tarif: R�gulier�� 15,00$ (Can.) 20,00$ (U.S.)

 

�tudiant���������� 5,00$ (Can.) 10,00$ (U.S.)

 

Membre � vie�� 300,00$

 

Institution ou organismes��������������������� 30,00$ (Can.) 35,00$ (U.S.)

 

DIRECTEURS ET DIRECTRICES DE CHORALES ET

ORGANISTES DE LA PAROISSE DE MEMRAMCOOK

 

Depuis la fondation de la paroisse de Memramcook en 1781, il est une cat�gorie de personnes que nous risquons d'oublier si nous ne consignons pas leurs noms sur les pages de l'histoire. Les directeurs et directrices de chorales, ou comme on le di�sait alors, les directeurs du choeur de chant ont jou� un r�le important dans la vie paroissiale de nos communaut�s respec�tives. C'est � eux que revenait la t�che d'aider les fid�les � prier et � �lever leur coeur vers Dieu au cours de la liturgie qui ne connaisait alors que la langue latine. Plusieurs d'entre eux n'avaient que peu de formation musicale. Cependant, ils ont r�ussi dans l'accomplissement de leur t�che � faire appr�cier le chant liturgique et, dans plusieurs cas, le chant polypho nique lors des grandes c�l�brations dans nos paroisses.

 

Saint Augustin n'affirme-t-il pas dans l'un de ses nombreux �crits: �Bis orat qui bene cantal�. �Elle prie deux fois la per�sonne qui chante bien�. On pourrait en dire autant des person�nes qui sont au banc de l'orgue. Que dire de ceux qui �ani�ment� le tout de leur inspiration et talent? Nous tenons � sa�luer bien bas ces gens qui ont aid� � faire appr�cier la musi�que d'�glise et dont les talents ont contribu� � rehausser le qualit� de nos c�l�brations liturgiques.

 

Force nous est d'admettre que nos archives sont passablement silencieuses de ces faits et gestes au cours de la premi�re centaine d'ann�es de notre paroisse. Toutefois, gr�ce � de patientes recherches aupr�s des plusieurs personnes, nous avons pu au moins recueillir les noms de ces gens et un bon nombre de photos contenus dans les pages qui suivent.

 

Nous sommes des plus reconnaissants � toutes ces personnes pour leur gentillesse et leur g�n�rosit�.

 

Depuis l'�t� 2000, les trois paroisses de la vall�e de Memramcook sont maintenant regroup�es pour ne former qu'une seule et grande unit� paroissiale avec trois lieux de culte. C'est d'ailleurs ce qu'elles �taient avant la fondation de la paroisse de Pr�- d'en-Haut en 1940 et de Lourdes en 1960. Nous regroupons nos informations pour chacune de ces trois �glises dans un seul document r�parti en trois chapitres.

 

Il est bien possible que des erreurs ou impr�cisions se soient gliss�es dans ce document. Nous serions gr� au lecteur attentif de nous les signaler. D'avance, nous vous remercions pour ce service.

 

Bonne lecture!

Charles-A. L�ger & Guy L�ger

le 30 novembre 2000

 

Saint-Thomas

Honor� Cormier

Fils de David Cormier et

Henriette L�ger de l'Anse‑

des-Cormier.

N� le 4 f�vrier 1847.

�poux de Rufine Bourque.

Professeur ambulant.

Dirigea le chant vers 1867

D�c�d� le 2 mars 1930

Dans la photo, nous voyons Honor� Cormier tenant dans ses bras son fils Ovila Cormier. (Photo: 1913, gracieuset� du fils d'Ovila: Robert D. Cormier de Fitchburg, Mass.)

 

L�on Ringuette

Originaire de Saint-Hyacinthe, P.Q. M. Ringuette faisait partie du corps professoral du Coll�ge Saint-Joseph au temps du P�re Camille Lefebvre, c.s.c. Il �tait Directeur de chant et organiste de 1874 � 1890

 

Sylv�re Arsenault

Natif d'Egmond Baie, Ile du Prince-�douard.

N� le 29 juillet 1862.

Pr�tre de la Congr�gation de Sainte-Croix: Ordonn� le 13 mai 1891. Professeur de musique au Coll�ge Saint-Joseph.

A la paroisse apr�s cette date.

 

Pierre D. LeBlanc

Dirigea le choeur paroissial lors de la messe pontificale c�l�br�e � Memramcook pour marquer le 25e anniversaire d'�pis�copat de Mgr John Sweeney, �v�que de Saint-Jean, NB, le 17 juin 1885.

(cf L'Album Souvenir des noces d'argent de la Soci�t� Saint-Jean-Baptiste du Coll�ge Saint-Joseph, 1894, p. 271)

 

Jude LeBlanc

Fils de Dominique LeBlanc et Marguerite Belliveau.

�poux d'Anne (� Laurent) L�ger

Fermier.

Directeur: 1900 - 1910 D�c�d� le 16 f�vrier 1946.

 

Siffroi Gaudet

n� en 1900 � McGinley

Fils de Dominique et Arz�lie Gaudet M�tier: cardeur de laine et meunier Directeur: 1910 - 1920

D�c�d� en 1958

 

Narcisse LeBlanc

n� le 18 septembre 1888

Fils de Jude LeBlanc et Anne L�ger M�tier: magasinier

Directeur: 1920 - 1922

D�c�d� le 11 mars 1975

 

Edmond Gaudet

n� le 10 mai 1889 � Saint-Joseph

Fils de Florian Gaudet et Osithe L�ger �poux de Susanne Richard de Saint-Louis de Kent, NB

M�tier: Ma�tre de poste.

Directeur de 1922 � 1929

D�c�d� en 1936

 

Alfred J. LeBlanc

n� le 16 novembre 1893 � Saint-Joseph Fils de Jude LeBlanc et Anne L�ger �poux d'�liane Gaudet

Profession: G�rant de Banque

Directeur de 1929 � 1940. D�c�d� le 3 mai 1959

 

Donatien Gaudet

n� le 7 juillet 1922 � Saint-Joseph

Fils d'Edmond Gaudet et Susanne Richard. Pr�tre puis journaliste.

Directeur de 1940 � 1941.

Membre de la c�l�bre Chorale de l'Universite aint-Joseph, qui remporta en 1950 et pour trois ann�es cons�cutives le troph�e Lincoln au Canada, la premi�re chorale acadienne � le faire, ainsi que deux troph�es � L'Eistedfod International de Llangolen en Galles du Nord, Royaume-Uni: un pour la meil‑

leure performance en chant folklorique et un pour la chorale de moins de 60 voix. Cela se passait � l'�t� 1951.

 

Lucien L�ger

n� le 28 septembre 1879 � Saint-Joseph Fils de Marcelin et Olive L�ger

�poux d'�vang�line F. LeBlanc de Pr�d'en-Haut. M�tier: Tailleur.

Directeur: 1941-1943; 1946-1947 D�c�d� le 12 juillet 1967

 

Ald�ric Belliveau

N� le 7 d�cembre 1912 � Saint-Joseph. Fils d'Edgar Belliveau et L�a Gaudet �poux de Lucienne Melanson.

M�tier: journalier.

Directeur occasionnel 1941 - 1942 D�c�d� le 27 avril 1988.

 

Lorenzo L�ger

n� le 26 d�cembre 1923 � Saint-Joseph

Fils de Lucien L�ger et Evang�line

LeBlanc.

Professeur l'Universit� Saint-Joseph, l'�cole Vanier et l'�cole Mathieu‑ Martin. Directeur: 1943-1946;1947-1957

Membre de la c�l�bre chorale de l'Universit� Saint-Joseph

qui remporta en 1950 et pour trois ann�es cons�cutives le troph�e Lincoln au Canada, la premi�re chorale acadienne � le faire, ainsi que deux troph�es � l'Eistedfod International de Llangollen en Galles du Nord, Rayaume-Uni: un pour la meil�leure performance en chant folklorique et un pour la chorale de moins de 60 voix. Cela se passait l'�t� 1951.

�poux d'Edna Auffrey de Pr�-d'en-Haut, NB

D�c�d� le 10 avril 1992.

 

Charles-A. L�ger

n� le 30 septembre 1925 � Saint-Joseph. Fils de Lucien L�ger et Evang�line LeBlanc

�poux d'Yvonne Robichaud de Saint-Charles, NB

M�tier: couturier

Directeur: 1957-1966

1985 & 1995-1999

Domicili� � Saint-Joseph, NB

 

Guy L�ger

N� le 15 d�cembre 1932 � Saint-Joseph Fils de Lucien L�ger et Evang�line LeBlanc. Fit ses �tudes � Rome.

Pr�tre de la Congr�gation de Sainte-Croix.

Directeur: 1966-1967

Sup�rieur des Religieux � la R�sidence Sainte-Croix de Moncton.

 

Emery Brien

n� le 21 septembre 1939 � Shemogue

Fils de Bedford Brien et Yvonne

Caissie. Fit ses �tudes � Rome.

Pr�tre de la Congr�gation de Sainte‑ Croix.

Directeur: 1968- 1979

Le groupe rythm� qu'il a fond� a produit 2 disques: Merveilleux et Aube Nouvelle Pr�tre-assistant � Memramcook.

 

G�raldine Doucet

Fille de Napol�on Doucet de Petit-Rocher.

n�e le 31 octobre 1925

�pouse de G�rard P. Cormier

Musicienne

Directrice: 1980-1984; 1986 & 1994 Domicili�� � Dieppe, NB

 

Alban L�ger

n� le 9 octobre 1928 � Saint-Joseh Fils de Lucien L�ger et �vang�line LeBlanc

�poux d'�v�lina LeBlanc de Belliveau-Village.

Plombier.

Directeur: 1987 - 1989 Domicili�s � Saint-Joseph.

 

Charles LeBlanc

n� le 13 ao�t 1952 � Saint-Joseph

Fils de Edgar LeBlanc et Oliva L�ger Musicien et organiste.

Charles a �galement r�alis� avec l'aide de plusieurs personnes un enregistrement vid�o remarquable avec la chorale �Fleur du Souvenir� en mai 1985

Directeur: 1990; 1993; 1996-1998

Domicili� � Saint-Joseph

Les orgues et les organistes

 

Depuis 1874, l'orgue utilis� dans l'�glise Saint-Thomas de Memramcook provenait d'une �glise de Saint-Jean, NB. Elle avait �t� fabriqu�e par la Maison Laurillard et muni d'un souf�flet activ� � bras. On confia la t�che de pomper le soufflet de l'orgue � M. Joseph (� Placide) Landry de l'Anse des Cormier Ce dernier exer�a cette t�che jusque vers 1945, alors que l'on d�cida d'installer une soufflerie actionn�e par un moteur � l'�lectricit�.

 

On se rappelle encore que notre "souffleur � bras" marchait � l'�glise paroissiale � chaque fois qu'on y c�l�brait des offices liturgiques. Il �tait r�mun�r� � un tarif que l'on qualifierait aujourd'hui de "minimum". Joseph Landry est d�c�d� en 1948 � l'�ge de 77 ans.

 

H�lo�se Gaudet

Fille de Florian Gaudet et Osithe L�ger. �pouse d'Ad�lard Belliveau.

C'est elle qui assurait l'accompagnement pour les divers offices religieux en l'�glise Saint-Thomas pendant plus de quarante ans, soit de 1911 � 1952.

 

Apr�s son d�part, plusieurs personnes se sont succ�d�es � la tribune de l'orgue, dont:

 

- Laurier Melanson

Fils de Jimmy Melanson et L�a Boudreau.

 

- Lise Gaudet;

Fille de Jean W. Gaudet et Exia Melanson

�pouse d'Adrien (Mick) Daley de Sept-Iles, Qu�bec. Domicili�s � Cornwall, Ontario.

 

- Bernadette LeBlanc

Fille de Laurie M. LeBlanc et Mathilde Doucet.

�pouse d'Yves Delagrave. Domicili�e � Laval, Qu�bec. Organiste en 1954-1955;

 

- Susanne Cormier

Fille d'Andr� Cormier & Th�r�se Gaudet

�pouse de Paul LeBlanc. Organiste de 1955 � 1965. Domicili�s � Dieppe.

 

- G�raldine Doucet lui a succ�d� de 1965 � 1980. (voir plus haut)

 

C'est pr�sentement Charles LeBlanc qui est titulaire des orgues de Saint-Thomas. Ce dernier a poursuivi ses �tudes Montr�al avec Raymond Daveluy, titulaire des orgues de l'Oratoire Saint-Joseph. Les paroissiens de Saint-Thomas se comptent chanceux encore aujourd'hui de b�n�ficier de sa grande dext�rit�, de sa maitrise exceptionelle de l'instrument ainsi que de son sens musical hors pair.

 

Chorale des fun�railles

 

En 1991, Charles-A. L�ger, avec l'aide de son fr�re Alban, fonda une chorale qui avait comme but de fournir le chant aux messes de fun�railles.

Elle se composait d'environ vingt cinq membres, avec Charles LeBlanc � l'orgue.

 

A la fin de l'an 2000, elle �tait encore active.

 

Parmi ceux qui ont fait partie de cette chorale on compte: Pierette Beaumont, Denise Belliveau, Florence Boudreau, Jeanette Boudreau, Aline Cormier, G�raldine Cormier, Lorette Cormier, Carmelle Duguay, Louise Gaudet, Marcia Gaudet, Juliette Landry, Rachel Landry, Annette LeBlanc, Anita LeBlanc, G�raldine LeBlanc, Rita Melanson, Julia Saulnier, Claudette Stamper.

 

Normand Arsenault, Alyre Dupuis, Alban L�ger, Normand L�ger, Raymond L�ger, Philippe Marchand. 

 

Chorale des fun�railles - Paroisse Saint-Thomas [Photo]

 

1. Charles-A L�ger 2. Charles LeBlanc 3. Normand Arsenault 4. L�o-Paul Gaudet 5. Raymond Leger 6. Raymond L�ger 7. Alban L�ger 8. Philippe Marchand 9 Alyre Dupuis 10 G�raldine Cormier 11. Denise Belliveau 12. Jeannette Boudreau 13. Rachel Landry 14. Lorette Cormier 15. Aline Cormier 16. Marcia Gaudet 17. Florence Boudreau 18 Carmelle Dyguay 19. Annette LeBlanc 20 Louise Gaudet

 

L'ANNONCIATION PR�-D'EN-HAUT

 

Ald�ric Belliveau

(voir St-Thomas de M'Cook)

 

Sim�on LeBlanc

Fils d'Henri et Patience LeBlanc. N� le 16 novembre 1919.

�poux de Prima Gautreau

Profession: commis au C.N. Directeur +1945

D�c�d�.

 

Ad�lard Gautreau

Fils de John Gautreau.

�poux d'Agathe Boudreau. A dirig� pour un an.

 

Lorenzo L�ger

(voir St-Thomas de Memramcook)

Dirigea la chorale pour les f�tes.de 1955-1957

 

Gabrielle Charest

(Sr Marie Georgianne, n.d.s.c) Directrice de 1957 � 1959

(En 1959: pour 2 mois seulement)

 

C�lia Desch�nes

Fille de Joseph Desch�nes et Denise Arsenault de Grand Sault, NB

(Soeur Denise-Anna, n.d.s.c.)

�pouse de d�funt Aristide Doucet

Directrice 1959-1960

Domicili�e � Lewisville.

 

Dorice Cormier

(Sr Rose-Aim�e, n. d.s.c) 1960 - 63 (quelques mois) D�c�d�e

 

Camilla LeBlanc

Religieuse n.d.s.c.

Directrice 1963 - 1966

(Sr Marie Georges-Alfred, n.d.s.c.) D�c�d�e

 

Anna Gaudet

Fille de Jean-Baptiste Gaudet et Esther Dugas de Pointe-Sapin, NB

Religieuse n.d.s.c.

Institutrice l'�cole de Pr�-d'en-Haut. Directrice de 1966 � 1982

Domicili� � Grand Sault, NB

 

Alice LeBlanc

Fille d'Yvet LeBlanc et Emma Dupuis de Lourdes.

�pouse de Louis-P. Belliveau

Directrice de 1982 � 1995

En plus de la chorale d'adultes, Alice dirigea une chorale d'enfants pour 10 ans.

Domicili�s Pr�-d'en-Haut

 

Jean-Robert LeBlanc

Fils d'Antoine LeBlanc de College Bridge

l'emploi du Service Correction�nel du Canada.

Directeur: 1995-1996

Domicili� � Dover.

 

Romuald Gautreau

Fils d'�mile Gautreau et Exilia Melanson N� le 30 d�cembre 1954

Infirmier.

Directeur de 1998 � aujourd'hui.

Domicili� � Gautreau-Village

 

ORGANISTES PR�-D'EN-HAUT

 

Germaine Rancourt

�pouse de Valerie LeBlanc

 

Claudia Landry

�pouse de David Gautreau (en secondes noces) Organiste en 1940 - 1941

 

Laura LeBlanc

Fille de Protais & Henriette LeBlanc

�pouse d'Aur�le Boudreau de Beaumont

Organiste de 1941 � 1981 � Pr�-d'en-Haut et Beaumont Elle �tait soeur d'�loi LeBlanc, violonneux tr�s connu dans la r�gion.

D�c�d�e.

 

Marie-Reine LeBlanc

Fille d'Ald�ric et Ir�ne LeBlanc �pouse d'Ald�o Renaud.

Organiste de 1980-1981

 

Viola Richard

Fille de Vital Richard et Edm�e Melanson �pouse d'Eddie McArthur.

Domicili�e � Moncton

 

Claude Gautreau

Fils de Fran�ois et Th�r�se Gautreau �poux de Stella Saulnier de Lourdes. Chauffeur d'autobus.

Organiste actuel Pr�-d'en-Haut. Domicili� Pr�-d'en-Haut.

1981 -

 

LOURDES

DIRECTEURS

 

Willie Dupuis

Fils d'Honor� Dupuis et �lisabeth Saulnier. N� le 12 octobre 1885 �poux de Bella LeBlanc.

Charpentier au C.N.

 

Alyre Dupuis

Fils de Willie Dupuis et Bella LeBlanc.

N� le 14 avril 1925

Fermier et laitier.

Directeur jusqu'� 1975

Domicili� � Lourdes

 

Rita Roy

Fille de William Roy et Ir�ne Arsenault de Moncton.

N�e le 28 juin 1934

�pouse de Dollard Melanson de Lourdes

Domicili�s � Lourdes.

Directrice de 1972 � 1974

 

Alban L�ger

Fils de Lucien L�ger et �vang�line LeBlanc (voir St-Thomas de Memramcook)

Directeur de 1976 � 1980

 

Charles LeBlanc

Fils d'Edgar LeBlanc et Oliva L�ger (voir St-Thomas de Memramcook) Directeur: 1985 - 1990

 

Norbert Dupuis

fils de L�o Dupuis et Lorraine L�ger. N� le 24 ao�t 1952

Psychologue scolaire.

Directeur actuel l'�glise de Lourdes.

 

ORGANISTES � LOURDES

 

Marie Landry

Fille de Fran�ois (Frank) Landry et Marguerite Vienneau �pouse d'�douard (� Sylvain) L�ger, entrepreneur de pom�pes fun�bres et Membre de l'Assembl�e L�gislative du N.B.

 

Alice Landry

Fille d'Honor� Landry et Annie Surette

La m�re d'Alice (Annie) �tait originaire de l'Ile des Surette, comt� de Yarmouth en Nouvelle-�cosse.

 

Clara Landry

Fille d'Aur�le et Alice Landry

N�e en 1911

Directrice et organiste de 1925 jusqu'en 1974. D�c�d�e le 5 juin 1996

 

Julia LeBlanc

Fille d'Yvet LeBlanc et Emma Dupuis

�pouse d' Yvon Saulnier

 

G�raldine Doucet

(voir Saint-Thomas de Memramcook)

 

Rose LeBlanc

Fille de Marcel et Bertille LeBlanc

Infirmi�re l'H�pital G. Dumont.

Organiste actuelle l'�glise de Lourdes. 1992 -

 

Chorale Notre-Dame de Lourdes (1995) [photo]

 

1�re rang�e (de g. � dr.): Collette LeBlanc; Joanne (LeBlanc) Gould; Rose LeBlanc (organiste); Annette (Boudreau) LeBlanc; Rita (Roy) Melanson; Normand Dupuis.

 

2e rang�e: Julia (LeBlanc) Saulnier; Norbert Dupuis ( directeur); Rh�al Landry; H�l�ne LeBlanc; Lorraine (L�ger) Dupuis;

L�on LeBlanc

 

Chorale de la paroisse Saint-Thomas de Memramcook

 

Photo prise en 1950 devant l'�glise de Lourdes

 

1�re rang�e (de g. � dr.): Florence Richard; Marie-Laure LeBlanc; Rosella LeBlanc; Annette LeBlanc; Lorenzo L�ger, directeur; Bernadette Gaudet; Angeline L�ger; Jeannine LeBlanc.

 

2e rang�e: Aline Cormier; (en avant): Rita L�ger; Bertille LeBlanc; Huberte Belliveau; G�raldine Cormier; Roberte L�ger; (en avant de Roberte): Claudette LeBlanc; Dom�thilde LeBlanc; Aur�lia LeBlanc.

 

3e rang�e : Walter Gaudet; Irma Belliveau; Annette LeBlanc; Anita Cormier; Th�r�se Cormier; Jeannette Landry; Phyllis LeBlanc.

 

4e rang�e: Alban L�ger; Dollard N. LeBlanc; (cach�): Paul-Eudore L�ger; R�nald H�bert (�tudiant � l'U.S.J.); Laurier Melanson (organiste); G�rard H. Gaudet; Antoine O. LeBlanc.

 

BIOGRAPHIE
IR�NE LEBLANC SAULNIER

 

Ir�ne est n�e en 1900, fille de Maurice LeBlanc (� Laurent � Joe � Petit Charlitte) et Euphroisine Ouellet de College Bridge. Elle est devenue orpheline � l'�ge de sept ans, lorsque son p�re mourut des "grandes fi�vres". Ir�ne �tait la derni�re de douze enfants. Deux de ses soeurs ont joint "Les Petites Soeurs de la Ste Famille".

 

Ir�ne s'est mari�e � l'�ge de 22 ans � Ernest

 

Saulnier qui est d�c�d� le 20 mars 1999 au Foyer de Soin Dr. Camille Gaudet � l'�ge de 101 ans. Ir�ne et Ernest ont eu cinq filles. Sa m�re Euphroisine r�sidait avec elle et son mari. Euphroisine est d�c�d�e �g�e de 105 ans.

 

Ir�ne en plus d'�tre une m�re de famille, s'occupa pendant plusieurs ann�es de l'entretien de la station de train de College Bridge, les soirs pour la rencontre de la "MARITIME", (qui arrivait vers 9:30p.m.). Elle occupait ce poste car il n'y avait pas d'agent de station qui travaillait les soirs. Elle a aussi fait un grand nombre de couvertures piqu�es comme sa m�re le faisait.

 

Ir�ne est pr�sentement r�sidente au Foyer des Soins Dr Camille Gaudet ainsi que deux de ses filles Marie Ella et Jeannine.

 

UNE VALL�E BIEN VIVANTE

 

Au terme d'une demi-heure de voiture, depuis Moncton, je me suis arr�t� en haut de la c�te de la H�tri�re et j'ai contempl� la Vall�e de Memramcook qui s'�tendait devant nous. A ce moment-l�, il m'est venu � l'esprit de d�crire ce que je d�couvrais. Mille fois auparavant, j'avais effectu� le m�me parcours, sans

appr�cier un vrai spectacle de la nature, celui d'une vall�e bien vivante.

 

Pour les personnes qui se rendent aux diff�rents villages de la Vall�e, il y a un attrait particulier � l'automne, ce sont les coloris des arbres. Les feuillages sont �clatants! L'abondance des diverses esp�ces d'arbres produit des teintes de jaune, de rouge et d'orange. Le bouleau et l'�rable ajoutent leurs couleurs propres.

Beaucoup de touristes vont � Saint-Joseph, une paisible localit� qui ressemble � un centre de vill�giature. Et l'on y trouve dans cette communaut� l'Institut de Memramcook, o� il y a possibilit� d'h�bergement, tout en profitant de l'occasion pour visiter le Monument Lefebvre. C'est un lieu historique national, avec une magnifique salle de spectacle qui a �t� r�nov�e.

 

Que dire des espaces verts, du terrain de golf, du lac au "parc LeBlanc" qui a �t� d�velopp� et rafra�chi par les "L�ger". Pour en d�couvrir les beaut�s, il n'y a rien comme la marche sur l'immense terrain de l'Institut. �a vaut la peine d'user ses semelles!

 

Le village de Saint-Joseph, blotti autour de l'�glise, est une bonne base pour rayonner dans les environs. En quittant la superbe �glise Saint-Thomas, les routes permettent de d�couvrir de tr�s beaux paysages. Chaque village de la Vall�e est un symbole du temps, de l'histoire des hommes et des femmes qui y ont v�cu depuis la "diaspora".

 

Il y a une rivi�re "chocolat�e", dont le cours est sinueux, mais qui fait la joie des p�cheurs de "poulamon". Il y a �galement des r�gions bois�es et un peu montagneuses. Il s'agit d'une vall�e, o� l'on c�toie encore la nature � l'�tat pur, sans se sentir encadr�. C'est aussi remonter le cours de l'histoire, tout en d�couvrant une belle r�gion et de jolis villages.

 

Les gens de la Vall�e de Memramcook sont accueillants, gentils, sympathiques, un peu timides, et parfois m�fiants de "l'envahisseur". Un peu de tout cela en m�me temps, ce qui est tr�s agr�able.

 

Au gr� de cette visite au pays des anc�tres, j'ai vraiment �prouv� un immense plaisir.

 

Rodolphe-F. LeBlanc, m�d.

 

PIERRE GAUDET, LE FONDATEUR DE MEMRAMCOOK

 

La tradition orale acadienne, telle que transcrite par l'historien Rameau de Saint-P�re, affirme que le fondateur de la colonie acadienne de la Memramkouke fut Pierre Gaudet. Mais personne n'avait pu identifier ce personnage: or mon travail m'a permis de le faire. Il s'agissait du deuxi�me fils de Pierre Gaudet l'a�n�. Par contre, mes premi�res analyses me portaient � minimiser l'importance de Pierre Gaudet pour attribuer le premier r�le � d'autres jeunes colons, plus connus et mieux plac�s socialement. Mais la r�flexion m�rie m'am�ne � r�tablir Pierre Gaudet dans tous ses droits de fondateur.

 

Pierre Gaudet, fils de Pierre Gaudet dit "l'a�n�", naquit vers 1675, au Port-Royal, et sans doute dans la maison de Fran�ois Gu�rin, le premier mari de sa m�re, Anne, fille de Jean Blanchard. En tout, sa famille avait alors compris cinq fr�res, trois soeurs, deux demi-fr�res et trois demi-soeurs. Au Port-Royal, la famille Gaudet souffrait d'une m�sestime g�n�rale en raison de son sang indien. Le fondateur, Jean, l'arri�re grand-p�re de Pierre, arriva en Acadie vers 1620, quand il ne s'y trouvait pas de femmes blanches non-mari�es. Il eut, presque assur�ment avec une am�riendienne micmaque, sinon plusieurs, trois enfants dont le grand-p�re de Pierre, Denis, un m�tis qui, avec sa soeur Fran�oise mari�e d'abord � Jean Mercier puis � Daniel LeBlanc, se fixa � la Pr�e-de-Bellisle.

 

Les familles acadiennes du bas de l'�chelle sociale non seulement souffraient de la d�consid�ration des voisins, mais aussi d�tenaient d'habitude peu de pr�e, ces riches sols des marais si pr�cieux pour les Acadiens. � Bellisle, l'�tendue de la ferme de Denis Gaudet ne permit qu'au seul second fils, le cadet, d'en h�riter. Puisque cet oncle de Pierre portait le m�me pr�nom que lui-m�me et son p�re, on le distinguait par le qualificatif de "jeune". Quant au p�re de Pierre, Pierre appel� l'a�n�, il ne pouvait pr�tendre � aucune terre au Port-Royal. Alors, � 22 ans, vers 1672, il accepta d'�pouser une veuve de douze ans son a�n�e qui lui amenait, en plus la responsabilit� de cinq enfants, une maison et des pr�es endigu�es.

 

D�s la naissance de Pierre Gaudet, les femmes ont ratach� sa famille au Beaubassin et ont cons�quemment trac� son destin. Il y eut d'abord sa tante Marie puis ses demi-soeurs Gu�rin, de plus d'une d�cennie ses a�n�es.

 

Vers 1675, Marie Gaudet et son mari Martin Aucoin rejoignent l'�tablissement des Martin sur la pointe � Beaus�jour o� ils trouvent parmi les �pouses, une Ab�naquise et une m�tisse. Mais un seigneur intru, Michel LeNeuf, tente alors de dominer cette colonie et met sa survie m�me en danger. Ensuite, Anne Gu�rin se fiance � Laurent, fils a�n� de Pierre Godin dit "Ch�tillon", un constructeur de moulin comme son p�re. Le p�re et le fils Godin travaillent � ce temps � �difier un moulin au Beaubassin, sur la pointe � Beaus�jour, cela pour le compte du seigneur LeNeuf. Laurent se marie vers 1677 et se fixe au Beaubassin. (Placide Gaudet affirme m�me que c'est lui qui portait le sobriquet de Beaus�jour et qu'il est � l'origine du toponyme.) Mais les relations avec le seigneur tyrannique sont tendues et les Godin, � la suite du fondateur Pierre Martin fils, quittent la pointe � Beaus�jour au d�but des ann�es 1680.

 

En 1686, quand Pierre Gaudet a 10 ans, sa tante Marie et Martin Aucoin d�laissent eux aussi le Beaubassin pour rejoindre la nouvelle colonie des Mines. � ce temps, sa demi-soeur Marie Gu�rin se fiance au veuf Pierre Arsenot, de douze ans plus �g� et p�re de deux gar�ons. En retour de ses services de caboteur lors de la fondation du Beaubassin, la famille Bourgeois avait r�serv� pour Arsenot un emplacement dans le nouvel �tablissement, soit le bout de la pointe de M�sagou�che, appel�e pointe des Femmes. Mais une des filles Bourgeois, Marguerite, fianc�e � Jean � Michel Boudreau, s'en �tait saisi. � son mariage avec Marguerite Dugas, Pierre Arsenot n'avait eu d'autre choix que d'�tablir son foyer plut�t au Port-Royal. Peu apr�s, vers 1678, l'usurpatrice Marguerite perdit son mari, mais se remaria vite � l'aventurier portuguais Emmanuel Mirande � qui elle n'a cess� de donner des enfants. Ce couple continue d'occuper les terres de Pierre Arsenot.

 

Toutefois, la soumission du Portuguais aux pr�tentions et exigeances du noble LeNeuf finit par lui attirer le m�pris, voire la col�re, de sa belle famille pour qui le "seigneur intru" est la b�te noire. Ainsi d�pit�s, les Bourgeois de M�sagou�che viennent � appuyer les d�nonciations d'Arsenot � l'endroit de leur fille et soeur Marguerite et � accepter ses revendications et sa demande d'int�grer les terres promises. Mais Marguerite ne consent � c�der la place qu'� condition que ses enfants puissent �ventuellement profiter de ces terres eux aussi. Quelle solution alors, sinon l'alliance des enfants des deux familles? Pierre Arsenot accepte ce march�.

 

Mirande se pr�pare donc un autre emplacement sur le versant oppos� de la vall�e de la M�sagou�che, plus pr�s du manoir de LeNeuf, sur la pointe � Beaus�jour et, plus pr�cis�ment, sur la saillie o� vit d�j� cet autre �tranger, l'Irlandais Roger Caissie. Il y transporte sa famille tandis que Pierre Arsenot pr�pare son d�m�nagement. Et Marie Gu�rin s'appr�te � venir dans la colonie que sa soeur Anne a quitt�e.

 

Entre-temps, une cousine de Pierre Gaudet serre davantage les liens de sa famille avec le Beaubassin. La ni�ce de sa m�re, Marie, fille de l'oncle Guillaume Blanchard, le voisin du grand-p�re Denis et de l'oncle Pierre "le Jeune" � Bellisle, se fiance � l'a�n� des deux fils du d�funt Charles Bourgeois, lequel fut un des fondateurs du Beaubassin.

 

� cette �poque, au printemps 1689, la guerre �clate en Europe et oppose de nouveau la France et l'Angleterre. L'�v�nement affecte directement le noble, Michel LeNeuf. Son protecteur Frontenac, revenu en tant que gouverneur, tient � ce que lui et ses fils participent activement � la d�fense et aux combats et manoeuvres. D'autre part, us� et ulc�r� par la mauvaise volont� et les mille d�sob�issances de ceux qu'il consid�re comme ses manants, LeNeuf accueille bien l'id�e de quitter le Beaubassin. Il ram�ne sa famille dans sa seigneurie du Canada. Cette nouvelle r�jouit Laurent Godin, d�sireux de revenir au Beaubassin, dans les terres qui portent son nom. C'est ainsi que, � la fin de cette ann�e ou au courant de l'ann�e suivante, les maris des deux soeurs Gu�rin, Laurent Godin et Pierre Arsenot, d�m�nagent leurs familles au Beaubassin, le dernier pour enfin habiter ses terres du bout de la pointe des Femmes. Sa nouvelle �pouse Marie Gu�rin vient d'accoucher d'un fils, Charles, le troisi�me fils Arsenot.

 

La guerre assombrit nettement le climat. Au printemps 1690, l'amiral Phipps m�ne une grande flotille contre l'Acadie. Il assi�ge et prend la forteresse du Port-Royal. Il br�le l'�glise et, � l'entour, 28 maisons dont possiblement celle du p�re de Pierre Gaudet. Les Anglais s'installent et occupent le chef-lieu.

 

Au Port-Royal, la situation de Pierre Gaudet p�re n'a jamais �t� excellente. M�me s'il dispose de l'emplacement du premier mari de son �pouse, il continue de souffrir de la d�consid�ration sociale que lui vaut son quart de sang indien. Quant aux terres de son devancier Gu�rin, les deux fils de ce dernier, le cadet surtout, s'attendent en h�riter, du moins en partie. Or, � cette �poque, sa femme Anne Blanchard, � 45 ans, vient d'accoucher d'un sixi�me gar�on Gaudet. O� trouver alors assez de pr�e pour pourvoir tous ces fils qui d'ailleurs, comme lui-m�me, auront de la difficult� � trouver une conjointe parmi les familles blanches? Et enfin, si Pierre l'a�n� avait de surcro�t �t� sinistr�, sa situation serait de fait d�plorable. Quelle solution � ce manque, � ce malaise et peut-�tre � cette mis�re?

 

Au Beaubassin o� est d�j� demeur�e sa s�ur Marie, o� se dirigent ses deux belles-filles Gu�rin et o� s'appr�te � les suivre la ni�ce de sa femme, Pierre Gaudet l'a�n� sait que l'on trouve les plus grands marais d'Acadie. Si seulement il pouvait y trouver place, lui qui n'a encore que 38 ans. De fait, son gendre Pierre Arsenot puis sa ni�ce Marie Blanchard plaident son cas aupr�s des fondateurs Bourgeois. Mais cette fi�re famille qui a d�j� �loign� d'elle Michel Poirier, Roger Caissie, Jacques Belou et Thomas Cormier, h�site d'accueillir dans son sein une famille m�tiss�e. A M�sagou�che, tous les bons emplacements sont occup�s. Mais Pierre Arsenot sugg�re d'accorder aux Gaudet une place pr�s de la sienne mais dans un site dont aucun Bourgeois ne voudrait. Il se trouve au pied du versant nord de la mont�e, le mauvais c�t�, ou, juste avant le marais, une l�g�re remont�e cr�e une l�g�re d�pression qui accorde un peu de protection contre le vent. On pourrait laisser aux indigeants Gaudet ce creux et les maigres marais qui s'y trouvent.

 

Entre-temps, vers 1691, Charles Bourgeois vient au Port-Royal et �pouse Marie Blanchard qu'il ram�ne � M�sagou�che. Pierre Gaudet l'a�n� y vient aussi et, avec l'aide de ses fils a�n�s et de son gendre Arsenot, construit une demeure dans le creux. Il d�m�nage ensuite sa famille qui comprend neuf enfants.

 

Implant�e par des familles haut-plac�es dans l'�chelle sociale, la colonie du Beaubassin a connu peu de colons que des tares sociales rel�guaient � son bas. L'exception notoire, les familles m�tiss�es qui ont �tabli la pointe � Beaus�jour et Menoudie, a �t� vite �limin�e. A M�sagou�che, les fiers Bourgeois regardent de haut les Gaudet m�tiss�s et pauvres qu'ils y tol�rent. Si seulement ceux-ci pouvaient trouver de la terre ailleurs. Les premier-n�s des fils de Pierre Gaudet l'a�n�, p�niblement conscients qu'ils ne pourront poss�der � M�sagou�che ni emplacement ni pr�e, se cherchent d�j� de la terre ainsi qu'une fianc�e mieux plac�e socialement et, si possible, h�riti�re.

 

M�me avant la prise du Port-Royal et l'exode de sa famille, l'a�n�, Bernard, s'est trouv� une telle fianc�e, soit Jeanne, fille de Claude Th�riault et ni�ce de l'�pouse de l'influent meunier, trafiquant, homme d'affaire et sp�culateur, Pierre Thibaudot de la Pr�e Ronde. Aux Mines, sur les rives de la rivi�re aux Canards, l'oncle et quelques-uns des fr�res de Jeanne ont fond� une colonie. Bernard Gaudet, lui, avec quelques autres jeunes hommes, am�nage un emplacement dans l'extr�me fond de la vall�e du Port-Royal, dans un lieu qu'il appelle le "Paradis terrestre". Il se marie vers 1693. A ce moment, un colon qui le suit dans "le haut" est l'avant dernier fils de l'influent Michel de For�t, soit Ren�, qui se fiance alors � Fran�oise, une des filles de Claude Dugas, un fondateur de M�sagou�che.

 

Quant au deuxi�me fils Gaudet, Pierre, le sujet de cet historique, il a seize ans quand sa famille d�m�nage au Beaubassin. Tr�s conscient qu'il doit s'allier judicieusement et trouver des marais � l'ext�rieur de la vaste r�serve des Bourgeois, il r�ussit bien. � 20 ans, vers 1695, tandis que son demi-fr�re J�rome dit Giraud Gu�rin se fiance � sa cousine paternelle, �lisabeth Aucoin, et embrasse le projet des Martin de coloniser le Cob�guit, Pierre, lui, se fiance � une voisine qui habite juste l'autre bord de la mont�e de M�sagou�che. Il s'agit de C�cile, l'a�n�e des filles de Jean-Aubin Mignault, lequel a �pous� la veuve du fondateur Charles Bourgeois. (C'est le demi-fr�re a�n� de C�cile, Charles Bourgeois fils, qui vient d'�pouser la cousine de Pierre, Marie Blanchard.) Ainsi reli�, quoiqu'� un degr� recul�, � la famille dominante de la r�gion, le jeune Pierre a d�j� r�p�r� des marais � exploiter. Il voit grand. Il convoite ceux de la r�gion voisine, celle des Trois Rivi�res, que l'on peut rejoindre par mer, en contournant le dangereux cap du Grand-Maringouin, ou par le portage auquel on a tout de suite acc�s par la vall�e qui d�bouche en arri�re des hauteurs voisines de Vechcaque. Plut�t que les marais morcell�s de la rivi�re centrale, la majestueuse Petcoudiac aux proportions fluviales, ce sont les planchers mar�cageux continus des deux cours ext�rieurs qui int�ressent surtout les futurs colons. La rivi�re la plus � l'est est la plus rapproch�e du Beaubassin car le portage de Vechcaque y d�bouche. Les Micmacs l'appellent "l'eau croche", soit Amlamkouke, une appellation � laquelle les Acadiens font subir cette transformation: l'Amlamkouke, Namramkouke, Memramkouke. Sa belle vall�e supporte depuis longtemps une importante population am�rindienne o� les Gaudet tiennent peut-�tre quelque parent�. Quoiqu'il en soit, Pierre Gaudet fils projette de s'y fixer et d'exploiter une partie de ces marais.

 

Le jeune homme �vite l'immense bloc mar�cageux qui s'�tend � l'embouchure, sur la rive est, (� l'actuel Dorchester). Mais, en remontant la m�me rive, il d�couvre un long croissant de marais que tranche, dans le bout d'aval, un important affluent qui d�coupe une petite vall�e dans le massif. (C'est l'actuel ruisseau des Breaux.) Parall�lement � la pointe d'entr�e nord de cette vall�e, il s'�l�ve dans le marais une longue mont�e de haute terre (en fait une moraine laiss�e par les glaciers). Cette masse �tir�e est orient�e de fa�on � couper la bise et le vent du ouest. (C'est l'�le des Breau ou �le Crowson.) Son flanc int�rieur pr�sente un bon site d'habitation, mais les Indiens tiennent ces �les, celles des marais comme celles des rivi�res, pour sacr�es. Ils y pratiquent leurs rites et y inhument leurs morts. Est-ce que son huiti�me de sang indien porte Pierre Gaudet � respecter ces croyances? Quoiqu'il en soit, Pierre consid�re �galement un autre site. Un petit embranchement du ruisseau descend le marais vers le sud, puis coupe dans le massif un petit ravin, juste � l'int�rieur duquel l'habitation serait prot�g�e du vent, mais moins bien que sur le flanc de l'�le.

 

Par sa belle soeur Jeanne Th�riot, l'�pouse du fr�re Bernard, Pierre Gaudet est sans doute mis au courant que l'oncle de celle-ci, l'influent meunier du Port-Royal, projette de coloniser la rivi�re la plus � l'ouest, la Chipoudie. Est-ce que ces deux incepteurs de la colonisation des Trois Rivi�res se concertent? Si l'on compare le potentiel de ces deux entrepreneurs, Thibaudot d�tient nettement l'avantage, en �ge, en richesse, en rang social et en influence politique. Ouvertement, le meunier d�clare qu'il projette l'�tablissement pour ses fils, mais il n'est pas sans convoiter des droits seigneuriaux sur toute la r�gion. Pierre Gaudet fils n'a que l'�nergie et la fougue de la jeunesse. Il n'est pas encore mari� et, � part l'aide que peuvent lui pr�ter ses fr�res a�n�s et son p�re, ne tient pas encore d'associ� pour mener � bien une entreprise si importante. Or les difficult�s qui emp�chent cette fondation sont nombreuses, graves et formidables. Et elles ne sont pas uniquement de l'ordre physique. La guerre continue toujours. Les combats se livrent sur terre et sur mer. Au printemps 1696, Michel LeNeuf et son fils a�n�, Alexandre, s'embarquent et viennent en Acadie non seulement pour y participer aux combats livr�s contre l'ennemi mais pour policer leurs terres et y d�pister les atteintes � leurs pr�rogatives. Arriv�s, les nobles trouvent le temps pour menacer les t�m�raires qui oseraient, sans leur autorisation, se fixer dans leur domaine. Or ils consid�rent que leur seigneurie englobe les Trois Rivi�res. Leurs menaces effrayent et entravent bien plus Pierre Gaudet que Pierre Thibaudot.

 

Heureusement, les bellig�rants signent la paix en septembre 1697. Alexandre LeNeuf hiverne � Chipoudie pour justement emp�cher le dessein des Thibaudot. N�amoins, au printemps, le meunier y arrive avec quatre de ses fils et, au pied de la montagne, amorce l'endiguement du bout c�tier de la Grand-Pr�e Nord. Mais ce puissant patriarche ne d�pend pas seulement du travail de ses fils, il a les moyens pour payer des engag�s et d�tient l'influence pour s'attacher des clients. Ces derniers lui promettent appui et travail et il les lie � lui en les r�compensant par l'octroi des parties les moins int�ressantes des terres qu'il revendique. Chez lui, au Port-Royal d'abord, Thibaudot trouve la plupart de ses associ�s dans le village voisin de la rive oppos�e, soit Bellisle, le village du grand-p�re de Pierre Gaudet et de ses oncles Pierre Gaudet le jeune et Guillaume Blanchard. En effet, ce dernier est le plus important associ� qu'ait trouv� le meunier.

 

� l'�t�, Thibaudot laisse � Chipoudie deux fils pour y continuer le travail et, avec deux autres, revient au Port-Royal. Il en ram�ne Guillaume Blanchard et ses deux fils a�n�s et, de retour aux Rivi�res, leur offre l'exploitation de la Petcoudiac o� (� l'actuel Hillsborough) l'associ� choisit un site au fond de la plus grande �tendue de marais. Pierre Gaudet et ses fr�res a�n�s aident s�rement leur oncle et leurs cousins � r�cup�rer ces marais et � r�aliser cette fondation. Ils re�oivent en m�me temps l'aide n�cessaire pour mener � bien leur projet de la Memramkouke. Leur soeur Jeanne se fiance au voisin, le cadet des deux beaux-fils de sa demi-soeur et de Pierre Arsenot, soit Abraham que l'on appelle "le Grand Abraham". Au m�me temps, un futur beau-fr�re de Pierre Gaudet, Jean Mignault fils, se fiance � une fille de Marguerite Bourgeois, soit Marie Mirande. Ces beaux-fr�res de Pierre embrassent son projet de la Memramkouke.

 

D'autre part, le fr�re Claude, le troisi�me fils Gaudet, courtise la deuxi�me des sept filles de Jacques Belou de LaButte, sur le flanc oppos�e de la vall�e de la rivi�re des Planches. Son futur beau-p�re, n'ayant eu qu'un seul fils mort jeune, se trouve seul � exploiter l'immense �tendue de marais que d�coupe la deuxi�me boucle de cette rivi�re. L'aide de ses gendres lui est donc indispensable. Vu que de telles r�serves suffiront amplement � ses besoins, Claude s'int�resse moins � la Memramkouke.

 

LeNeuf et sa famille menacent toujours tous les nouveaux colons. Pierre Gaudet, Abraham Arsenot et Jean Mignault fils amorcent des travaux sur la rive est de la Memramkouke, mais la crainte de repr�sailles entrave leurs efforts. Les jeunes pr�tendants, impatients de se marier, r�clament alors la permission, pour n'y demeurer que temporairement, de se construire une petite maison dans le creux de M�sagou�che, pr�s de Pierre Gaudet l'a�n�. C'est en �levant une telle demeure que Pierre Gaudet fils �pouse C�cile Mignault vers 1699. Suivant son exemple, Abraham Arsenot se construit pr�s de lui. Entre-temps, cette ann�e, les cousins Blanchard amorcent et poursuivent les lourds travaux d'endiguement dans la Grand-Pr�e de la Petcoudiac.

 

L'ann�e suivante, 1700, le quatri�me fils de Pierre Gaudet l'a�n�, Abraham, d'esprit batailleur, lie davantage sa famille au clan dominant. Il se fiance � une autre voisine de l'autre c�t� de la mont�e de M�sagou�che, soit Agn�s Girouard, fille de Marie Bourgeois. Il s'engage lui aussi dans le projet de la Memramkouke. Mais, contre l'opposition des LeNeuf et peut-�tre des Indiens, les Gaudet progressent p�niblement. Il leur manque un appui solide. Or, cette m�me ann�e, une

cousine maternelle de C�cile Mignault, Agn�s, fille de Claude Dugas et de Fran�oise Bourgeois, se fiance, � quinze ans, � l'un des fils du meunier Thibaudot, soit Michel.

 

Second� par son �pouse, Pierre Gaudet propose � ce fils Thibaudot de partager les pr�es de la Memramkouke. Il gagne un fort appui social et de la protection, mais doit payer la note. Il c�de � Michel Thibaudot le meilleur site et les pr�es de la rive droite du ruisseau, les plus int�ressantes. Lui, ses fr�res et ses beaux-fr�res se contentent de celles de la rive gauche et logent leurs habitations � l'entr�e au petit ravin. Agn�s Dugas am�ne aussit�t deux de ses soeurs, le mari de l'une et le pr�tendant de l'autre, � s'int�resser � la Memramkouke. Il s'agit de Fran�oise, nouvellement mari�e � Ren� For�t, le voisin de Bernard Gaudet dans le haut de la rivi�re du Port-Royal, puis de Madeleine, fianc�e � Jean � Emmanuel H�bert. De bord et d'autre du grand ruisseau, l'endiguement avance maintenant bien plus rapidement.

 

Le mari et les pr�tendants des soeurs Dugas endiguent les marais qui entourent l'�le Longue et remontent le ruisseau; ils am�nagent des logis sur le flanc int�rieur de l'�le, pr�s de son bout sud. Pierre Gaudet, son fr�re Abraham et ses beaux-fr�res Abraham Arsenot et Jean Mignault r�cup�rent les marais situ�s entre le cours et l'embranchement sud; ils b�tissent des demeures juste au-dedans de la pointe d'entr�e nord du petit ravin. Plus tard, les deux groupes assoient un grand aboiteau en montant le principal ruisseau.

 

Chez les Gaudet, Jeanne �pouse Abraham Arsenot et le couple s'�tablit pour l'instant dans sa maison de M�sagou�che qui voisine avec celle de Pierre Gaudet o� C�cile Mignault accouche d'une fille, appell�e Marie. Ensuite, Jean Mignault fils m�ne Marie Mirande � l'autel.

 

Cette m�me ann�e, les Thibaudot, leurs associ�s et leurs clients ach�vent les travaux dans la Grand-Pr�e de Chipoudie. Le meunier et plusieurs membres de sa famille y d�m�nagent d�j�.

 

L'ann�e suivante, les colons de la Memramkouke y ach�vent leur besogne mais, avant de pouvoir semer dans ces pr�es r�cup�r�es, ils doivent attendre qu'elles se drainent pendant deux ans. Cette ann�e, Marie Gaudet, jumelle de Madeleine, agr�e les attentions du fr�re de Marie Mirande, Joseph. Quand on pense que le Portuguais et Marguerite Bourgeois avaient jadis usurp� les droits de Pierre Arsenot, le fait de voir maintenant leur fils et leur fille se joindre � l'un des fils Arsenot et aux autres colons de la Memramkouke t�moigne de la r�conciliation de ces familles rivales.

 

Entre-temps, sur la Petcoudiac, les cousins Blanchard terminent leur endiguement. Ils pr�voient y amener leurs familles l'ann�e suivante, mais craignent que les LeNeuf viennent d�truire leurs installations. Pour emp�cher une telle d�pr�dation, le gendre de Guillaume Blanchard, Olivier Daigle, y hiverne. Au printemps 1702, ses beaux-fr�res Ren� et Antoine Blanchard le rejoignent. Au sud d'eux, au pied de la montagne de Chipoudie, les Thibaudot s�ment du grain dans leur pr�e pour la premi�re fois. Afin de cimenter l'alliance avec les Gaudet, le meunier Thibaudot accepte qu'un de ses fils, Pierre le jeune, se fiance � une cousine des Gaudet et cela malgr� son huiti�me de sang indien. Il s'agit de Marie-Anne, fille de Martin Aucoin et soeur d'�lisabeth qui a �pous� J�rome Gu�rin, le demi-fr�re des enfants de Pierre Gaudet l'a�n�.

 

D'autre part, une fausse note fait grincher les Acadiens cette ann�e. La guerre �clate de nouveau en Europe.

 

Les colons de la Memramkouke ne pr�voient d�m�nager dans leur nouvelles maisons qu'au cours de l'ann�e suivante. Abraham Gaudet �pouse alors Agn�s Girouard. Au printemps 1703, c'est encore � M�sagou�che que l'on recense Pierre et Abraham Gaudet, avec leur p�re, ainsi qu'Abraham Arsenot et Jean Mignault fils. Mais � l'automne, le groupe se transporte � la Memramkouke o� Michel Thibaudot, Ren� For�t et Jean H�bert et leurs �pouses, les soeurs Dugas, Fran�oise et Madeleine, les rejoignent � partir de Chipoudie.

 

On appelle les Gaudet et leurs beaux-fr�res Arsenot, Mignault et Mirande "les M�sagou�che". C�cile Mignault pr�sente peu apr�s � Pierre Gaudet son premier fils qu'il fait appeler Jean-Baptiste.

 

La vie de la jeune colonie vient � peine de commencer quand le malheur s'abat sur tout le Chignectou. En juillet 1704, le major Benjamin Church m�ne contre l'Acadie, pour la seconde fois, une grande flotille qui transporte plus de 600 maraudeurs. Ces pirates assi�gent le Port-Royal, mais, quand la forteresse leur r�siste, ils se ruent contre le Beaubassin qu'ils d�vastent malgr� la vive r�sistance des habitants. Ensuite, l'ennemi attaque les jeunes �tablissements des Trois-Rivi�res qu'il d�truit en entier. Il se retire en emmenant cinquante prisonniers.

 

Quelle catastrophe! D�pouill�s de g�te et de nourriture, tous les colons des Trois-Rivi�res ne peuvent autre que retourner � leur lieu d'origine. Rien ne les encourage � tout recommencer; tout au contraire. Les hostilit�s ne cessent pas, elles s'intensifient. Le d�couragement s'empare donc des sinistr�s. Alors, soit qu'ils succombent � la violence du coup; soit qu'ils finissent par s'enraciner o� ils sont. Au Port-Royal, les Thibodeau reviennent � la Pr�e-Ronde. Michel �pouse Agn�s Dugas en novembre de cette malheureuse ann�e. Le mois suivant, � l'�ge de 78 ans, son p�re le meunier meurt sous le choc de la destruction de tous ses r�ves. Ren� For�t qui d�j� briguait la chefferie � la Memramkouke retourne dans le haut de la rivi�re du Port-Royal. De Petcoudiac, Guillaume Blanchard, ses fils et son gendre reviennent � Bellisle o� les fils se marient et fondent leurs foyers.

 

Quant aux jeunes hommes de M�sagou�che, ils reviennent au village paternel et aux demeures qui ne devaient leur servir que temporairement. Le fondateur Pierre Gaudet tr�passe quelques ann�es plus tard, au seuil de la trentaine. Sa veuve se remarie aussit�t � Louis, cinqui�me des nombreux fils de Michel Poirier de Nanpanne (Nappan). Dans la demeure d'� c�t�, sa soeur, Jeanne Gaudet, donne au grand Abraham Arsenot un enfant presque � chaque ann�e. Abraham Gaudet, lui, suit alors son fr�re Claude et son beau-fr�re Germain Girouard � LaButte.

 

Parmi les habitants de la Pointe-�-Beaus�jour qui veulent tous quitter ce malheureux village, Laurent Godin, Pierre Mercier, son beau-fils Pellerin et son gendre Caissie d�m�nagent leurs familles au Canada; Jean-Aubin Mignault fils se joint � eux et gagne les rives du Saint-Laurent que son p�re avait quitt�es pour venir

en Acadie. Le p�re de Marie et de Joseph Mirande, le Portuguais Emmanuel, meurt � l'�poque de la d�vastation, sans doute victime de l'attaque des Anglais. Sa veuve se remarie, en janvier 1707, au corsaire Maisonnat dit "Baptiste" qui entraine dans l'arm�e la plupart de ses beaux-fils Mirande. Les combats sont de plus en plus violents et se livrent sur terre et sur mer o� Baptiste s'illustre. Abraham Gaudet, lui, fait quelques prouesses sur terre.

 

En octobre 1710, les Anglais prennent le Port-Royal, puis, en 1713, la France c�de � l'Angleterre l'Acadie dans ses anciennes limites. Les �les (Prince �douard et Cap Breton) �tant toutefois demeur�es fran�aises, Maisonnat et les Mirande y d�m�nagent; Abraham Gaudet les suit. Sous le nouveau r�gime anglais le droit des Acadiens aux terres est devenu tr�s pr�caire et douteux. Voil� qui n'encourage en rien la recolonisation des Rivi�res.

 

Ainsi, les jeunes m�nages qui ont colonis� la Memramkouke et les rivi�res voisines s'enracinent au Port-Royal ou � M�sagou�che. Sur les rives de la Memramkouke, la nature reprend ses droits sur les ruines, � l'�le Longue et au ravin des M�sagou�che.

 

Enfin, des jeunes hommes du bas de l'�chelle sociale s'approprient les sites des Broussard et des Blanchard; ils forcent ainsi les Thibaudot � amorcer la recolonisation de la Chipoudie et de la Petcoudiac, puis, � partir de 1728, de la Memramkouke. Des enfants et petits-enfants Thibaudot, For�t et H�bert r�tablissent le site de l'�le Longue. Mais, malgr� leurs droits tr�s l�gitimes, ni les Gaudet, ni les Poirier qui ont h�rit� de Pierre Gaudet ne semblent s'int�resser au ravin des M�sagou�che. Tous les colons qui viennent � la Memramkouke respectent ces ruines que l'on finit par appeler "le d�sert". Ce n'est que vers 1745 et � partir du Port-Royal qu'un petit- neveu et une petite-ni�ce de Pierre Gaudet, petits-enfants de son fr�re Bernard, viennent r�tablir le D�sert. C'est eux que l'on trouvait � Memramkouke en 1755. Et le petit neveu, Pierre dit Pierrotte, constitue la souche des Gaudet que l'on y trouve aujourd'hui.

 

Paul Surette, historien

 

LISTE DE MEMBRES

 

MEMBRES � VIE

 

 

Babineau, Edmond

Belliveau, Normand

Boudreau, B�atrice

Cormier, Carmel

Dupuis, L�once

Dupuis, Gladys

Dupuis, Walter

Gaudet, Donatien

Gaudet, Vital

Gauthier, Jacques Me.

Gautreau, G�r�ne

Gionet, Alcide

LeBlanc, Maurice

L�ger, Maurice A. R�v.

L�ger, Dr. Robert

Savoie, Nicole

Surette, Paul

 

 

 

 

MEMBRES BIENFAITEURS

 

Ferme Bourgeois Farm Inc.

Landry, Francis G.

 

MEMBRES D�C�D�S

 

Babineau, Marguerite

Dupuis, G�rard

Gaudet, Jude

Gaudet, J. Rom�o, R�v.

 

MEMBRES ORDINAIRES

 

 

 

Albert, Th�r�se

Allain, Annette

Allen County Public Library

Arsenault, Alfreda

Arsenault, Lorette

Arsenault, Marie-Ange

Arsenault, Zo�l

Arseneault, Roberte

Auffrey, Jean-Marie, Dr.

Auffrey, Paul

Bastarache, Aldona

Bastarache, Aur�le

Belliveau, Alfred

Belliveau, Anne-Louise

Belliveau, Edm�e

Belliveau, Germaine

Belliveau, Jeanne

Belliveau, Laurie

Belliveau, Laurie

Belliveau, Paul

Belliveau, Walter

Bessie, Yvonne

Biblioth�que Publique de Moncton

Boudreau, Anita

Boudreau, Antoinette

Boudreau, Donald

Boudreau, Florence

Boudreau, Hector

Boudreau, Louis-Joseph, R�v.

Boudreau, Marie

Boudreau, Marie-Annette

Boudreau, Maurice

Boudreau, Roger

Bourgeois, Annette

Bourgeois, �veline

Bourgeois, Paul-Eug�ne

Bourgeois, Phyllis

Bourgeois, Roger

Bourgeois, Th�r�se

Bourque, Armand

Bourque, Denis

Bourque, G�rald

Bourque, Laurie

Bourque, Marie

Bourque, Marie

Boyd, Th�r�se

Bujold, Donalda

Gautreau-Burke, G�raldine

Burke, Louis

Colin, Denise

Colin, Jean Marc

Comeau, Walter, Fr�re

Cormier, Bernice

Cormier, Bertrand

Cormier, Clarence

Cormier, Corinne

Cormier, Eug�ne A.

Cormier, Florence

Cormier, Francis

Cormier, G�rard

Cormier, Germaine

Cormier, Huberte

Cormier, Leone!

Cormier, Marie-Louise

Cormier, Murielle

Cormier, Ovila

Cormier, Paul

Cormier, Sifroid

Cormier, Yvon A.

Doiron, Sylvio, Rev.

Duguay, Carmelle

Duguay, Oscar

Dupuis, Claude

Dupuis, Dollard

Dupuis, Doris

Dupuis, Lorenzo J.

Dupuis, Paul Emile

Dupuis, Winnita

Forest, L�onard

Foyer Dr. Camille E. Gaudet

Gaudet, Ad�odat

Gaudet, Alberta

Gaudet, Andr�

Gaudet, Aur�le

Gaudet, Aur�lia

Gaudet, Bernadette Sr.

Gaudet, Bernard

Gaudet, Bertha

Gaudet, D�lina

Gaudet, Denis I.

Gaudet, G�rard H.

Gaudet, G�rard R.

Gaudet, Gis�le Y.

Gaudet, Hector

Gaudet, Henri-Paul

Gaudet, Huberte

Cormier, Alphonse J.

Cormier, Alphonse P.

Cormier, Alyre H.

Cormier, Armelle

Gaudet, Jean

Gaudet, Jean

Gaudet, L�o-Paul H.

Gaudet, L�opold F.

Gaudet, Louis-Arthur

Gaudet, Louise Y.

Gaudet, Marguerite

Gaudet, Offa

Gaudet, Olivon

Gaudet Paul-Eug�ne

Gaudet, Pius C.

Gaudet, Pr�milia

Gaudet, Raymond T.

Gaudet, Raymond Z.

Gaudet, Robert L.

Gaudet, Robert Y.

Gaudet, Simone

Gaudet, Th�r�se F.

Gaudet, Th�r�se G.

Gaudet, Th�r�se O.

Gaudet, Thomas

Gaudet, Yolande

Gaudet, Valmont

Gautreau, Anita

Gautreau, B�atrice

Gautreau, Cl�ophas

Gautreau, Huberte

Gautreau, Stella

Gobbie, Irene (Richard)

Gould, Angela

L'Association des Locataires du Foyer St-Thomas

Landry, Alfred

Landry, Charles

Landry, Edgar

Landry, Emery

Landry, G�rald

Landry, Jean

Landry, Juliette

Landry, Lucille

Landry, Normand

Landry, Paul

Landry, Zella

LeBlanc, Adolphe

LeBlanc, Alma

LeBlanc, Alonzo, Me

LeBlanc, Anita

LeBlanc, Anita

LeBlanc, Anna

LeBlanc, Antoinette

LeBlanc, Arthur

LeBlanc, Bernadette

LeBlanc, Dollard

LeBlanc, Don

LeBlanc, Donald

LeBlanc, Dorine

LeBlanc, Dorine

LeBlanc, Doris

LeBlanc, Edgar A.

LeBlanc, �douard A.

LeBlanc, Euclide H.

LeBlanc, Eug�ne R.

LeBlanc, Fernande

LeBlanc, Flore-Yvonne

LeBlanc, Francine

LeBlanc, G�raldine

LeBlanc, Gilbert

L�ger-LeBlanc, H�l�ne

LeBlanc, Henri

LeBlanc, Henri A.

LeBlanc, Hermance

LeBlanc, Jackie

LeBlanc, Jean E.

LeBlanc, Jeannine

LeBlanc, Joseph

LeBlanc, Laurie J.

LeBlanc, L�on

LeBlanc, L�onard J.

LeBlanc, L�o-Paul, R�v.

LeBlanc, Lomer

LeBlanc, Lomer Dr.

LeBlanc, Marcel Denis

LeBlanc, Murielle

LeBlanc, Nellie

LeBlanc, Norm

LeBlanc, Normand A.

LeBlanc, Oliva

Gaudet-LeBlanc, Patricia

LeBlanc, Patsy

LeBlanc, Pius Y.

LeBlanc, Ralph

LeBlanc, Ren�

LeBlanc, Robairte

LeBlanc, Rodolphe F.

LeBlanc, Bernard R.

LeBlanc, Bertrand

LeBlanc, Clovis

LeBlanc, Corinne

LeBlanc, Cy

LeBlanc, Dolan

LeBlanc, Roger

LeBlanc, Roland C.

LeBlanc, Ronald

LeBlanc, Ronald

LeBlanc, Ulysse, R�v.

LeBlanc, Ulysse

LeBlanc, Victor

LeBlanc, Yolande

Legendre, B�atrice

Legendre, Guy, R�v.

L�ger, Alban

L�ger, Beno�t

L�ger, Blanche

L�ger, Camille L�ger, C�cile

L�ger, Charles-Auguste

L�ger, Honorable Claudius I.L.

L�ger, Diane Carmel

L�ger, Dorine

L�ger, Edith

L�ger, Edna

L�ger, Eliza

L�ger, �vang�line

L�ger, Francis

L�ger, G�rard P.

L�ger, G�rard S.

L�ger, Guy, R�v.

L�ger, Ida

L�ger, Jean-Guy

L�ger, Lauraine

L�ger, L�onard

L�ger, L�onel

L�ger, Lorraine

L�ger, Louise L.

L�ger, Marielle

L�ger, Marie-Th�r�se

L�ger, Michel

L�ger, Pamphile

L�ger, Paul-Emile

L�ger, Rom�o

L�ger, Ronald

L�ger, Ulysse

L�ger, Yvonne

L�g�re, Alyre

McCaie, Ald�ric

Melanson, Th�r�se

Melanson, Yvon

Morrison, Alva

Poirier, Aurore

Richard, Aline

Richard, Aurore

L�ger-Ryan, Gis�le

Gaudet-Sapp, Claudette

Saulnier, Rachel

Savoie, Guy N.

Smith, Simone

Soci�t� Historique Acadienne

Utley, Patricia

Utley, Suzanne

Village de Memramcook

Ville de Dieppe

Young, Aur�le

Young, Rita B.

Richard, C�lina

Richard Diane

Richard, G�raldine

Richard, Gilles

Richard, Ida

Richard, Lorenzo

Richard, Oscar

Robichaud, Claudette

Robichaud, Della