Société Historique de la Vallée de Memramcook

Volume 9 no 3, décembre 1998

Volume 9 no 3, décembre 1998TABLE DES MATIÈRES

Mot de la présidente

Cahiers disponibles/Coupon cotisation

Coin des échanges 3

André T. Bourque

Théâtre à Memramcook

Biographie: Éloïse Bourgeois

Saviez-vous que

Pour l'amour de ta pierre

Liste des membres

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MOT DE LA PRÉSIDENTE

 

Bonjour!

 

Une autre année se termine déjà!  Nous avons accompli plusieurs projets durant l’année mais il y en a toujours d’autres qui se rajoutent.

 

Notre dernier projet de levée de fonds avait lieu au mois d’octobre avec un souper à la dinde.  Une centaine de personnes sont venues manger avec nous et plusieurs nous ont fait part de leur satisfaction avec le repas. 

Nous vendons présentement des billets pour un panier de Noël qui sera tiré le 15 décembre 1998.

 

Nous attendons toujours des nouvelles du Conseil Municipal de Memramcook en ce qui concerne l’édifice de l’École du Village de Saint-Joseph.  La Société Historique aimerait avoir cet édifice comme local.

 

Le comité de rédaction désire remercier tous les collaborateurs à ce Cahier.

 

Entre temps, nous souhaitons à tous et à toutes de très belles fête de Noël et nos meilleurs voeux pour une nouvelle année remplie de paix, santé et prospérité.

 

 

Patricia Utley, présidente


                                                                                                           

CAHIERS DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE

DE LA VALLÉE DE MEMRAMCOOK INC.

ENCORE DISPONIBLES

 

Vol. 1, No 1, 2; Vol. 2, No 1, 2; Vol. 3, No 2;  Vol. 4, No 1; Vol. 5, No 1, 2; Vol. 6, No 1, 2, 3; Vol. 7, No 1, 2, 3; Vol. 8, No 1, 2, 3; Vol. 9, No 1, 2

 

Les copies des volumes 1 à 6 No 2 disponibles se vendent à 3$ chacune.  Les copies des volumes 6 No 3 à 9 No 3 se vendent à 5$ chacune.

 

COUPON COTISATION-CADEAU

 

Veuillez faire parvenir aux personnes dont le nom suit, la carte de membre d’un an et les Cahiers de la Société Historique de la Vallée de Memramcook Inc. pour l’année en cours.

 

Cadeau(x) à:

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Ci-joint, veuillez trouver la somme de _____$ pour cotisation.

 

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Tarif:

 

Régulier              15,00$ (Can.)   20,00$ (U.S.)

Étudiant                5,00$ (Can.)   10,00$ (U.S.)

Membre à vie      300,00$

Institution ou organismes      30,00$ (Can.)

                                             35,00$ (U.S.) 


                                                                                                           

COIN DES ÉCHANGES

 

Nos échanges pour ce numéro sont les suivants:

 

ACADIAN GENEALOGY EXCHANGE, Vol XXVII # 4, October, 1998

 

VEN’D’EST, No 81, novembre 1998

 

AMERICAN-CANADIAN GENEALOGIST, Official Journal of American-Canadian Genealogical Society, Issue #77, Vol. 24, #3

 

SUR L’EMPREMIER, Volume 4, numéro 3



LE THÉÂTRE À MEMRAMCOOK

 

Depuis près d’un siècle, il y a eu beaucoup de théâtre à Memramcook: dans les écoles de la Vallée, à la salle l’Assomption jusqu’à 1933 quand la salle fut incendiée en même temps que le collège, à l’École Régionale, à l’Académie Notre-Dame du Sacré-Coeur, dans les endroits improvisés et à partir de 1897 au Monument Lefebvre.

 

Autrefois, les gens venaient de divers endroits afin d’assister aux pièces de théâtre offertes au Monument Lefebvre ou à la Salle l’Assomption.  On nous dit que les trains venaient de Bouctouche, de Shédiac, de Moncton, de Dorchester, etc., bondés de gens de tous âges qui venaient assister aux fameuses pièces de théâtre à Memramcook.

 

Voici une liste très incomplète de pièces jouées dans la vallée de Memramcook.

 

1915:   “Zélie” jouée à l’Académie N.D.S.C.

1918:   “La bergère de Lourdes” à l’Académie N.D.S.C.

1922:   “Les Pirates de la Savane”

1928:   “Le martyre de l’obéissance filiale” et “Trois brus pour une (la scène se passe à Saint-Joseph en 1900)

1931:   “Les enfants du Capitaine Grant”

1933:   “Le fils ingrat”

1939:   “Drame acadien” du P. Jégo, s.j.


1943:   “Le roi des oubliettes”

1947:   “Contre le flot”

 

Pièces de théâtre jouées au Collège Saint-Joseph entre 1864 et 1964 (liste incomplète):

 

1903:   “Michel Strogoff”

1907:   “Le malade imaginaire”

1912:   “Le gondolier de la mort”

1912:   “Cousin contre cousin”

1922:   “Claude Bardane”

1930:   “La cabane du pêcheur”

1930:   “Le cas de Monsieur Benoît”

1931:   “Le moulin du chat qui fume”

1936:   “Tête folle” de A. Mars

1936:   “Le Poignard” de T. Botrel

1936:   “La nuit rouge” et “Quand les chats sont sortis”

1937:   “Le drapeau du 1er grenadier”

1938:   “Le Major Tactic”

1938:   “Yvonnick”

1939:   “Canossa” de Longhay

1939:   “In Hoc signo vinces”

1939:   “Monsieur Roquebrune” et “Le Marquis de la Grenouillière

1941:   “Le malade imaginaire”

1943:   “Maître Pathelin”

1943:   “L’anglais tel qu’on le parle”

1944:   “Le légataire universel”

1945:   “L’habit neuf du grand duc”

1947:   “Le Comédien et la grâce” de H. Ghéon

1947:   “On n’a pas toujours vingt ans” et “Maison meublée à louer”


1948:   “La malédiction”

1953:   “Les Fourberies de Scapin”

 

“TROIS BRUS POUR UNE”

 

Tel est le titre d’une pièce de théâtre présentée quelque part à Memramcook, en 1928, par les Demoiselles de Saint-Joseph, N.B.

 

Qui a écrit cette pièce?  Le programme, en date du 9 avril, 1928, n’en dit pas un mot.

 

Par ailleurs, ce même programme nous révèle que l’action se passe à Saint-Joseph en 1900.

 

Les figurantes de cette pièce (en deux actes) sont: Lorette LeBlanc (à Frank?), Hermance LeBlanc (à Ben?), Elmire LeBlanc (à Marcel?), Béatrice Gaudet (à Willie?), Marie Gaudet (à Willie?), Maria LeBlanc (à Marcel?), Berthe LeBlanc (à Ben?), Juliette Gaudet (à Daniel?), Évangéline Cormier (?) Et Hectorine Léger (à Arthur?).

 

EXTRAIT DE L’ÉVANGÉLINE

4 JUIN, 1931

 

“La paroisse St-Thomas-de-Memramcook, sous la direction de MM. Edmond Gaudet et Hervé T. LeBlanc, présentera prochainement la pièce de théâtre intitulée “Les enfants du Capitaine Grant”.

 


“Mise en scène extraordinaire”.

 

“Une baleine sera aperçue nageant sur la scène transformée en une mer houleuse”.

 

“Les amateurs... de Memramcook, qui ont acquis par le passé une réputation enviable dans l’art théâtral, donneront les 9 et 11 juin (1931) une représentation dramatique du plus haut intérêt.  Il suffira de se rappeler que la partie dramatique est sous la direction de M. Hervé LeBlanc et que M. Edmond Gaudet s’occupe de la préparation des décors...”

 

“...pièce principale: “Les Enfants du Capitaine Grant”...

 

“Le talent et l’ingéniosité de M. Gaudet...”

 

“Une baleine nage sur la scène transformée, pour la circonstance, en mer houleuse...”

 

Documentation: Donatien Gaudet

 

BIOGRAPHIE

 

Marie Éloïse Bourgeois

1898 -

 


Marie Éloïse Bourgeois est née à Belliveau-Village le premier mai 1898, fille cadette de Israël Bourgeois et de Obéline LeBlanc.  (Israël à Simon dit P’tit Simon à Joseph à Joseph dit Calotte à Pierre à Charles à Charles à Jacques; Obéline à Thaddée à Placide LeBlanc) Elle est la seule fille de cette famille ayant neuf frères.  En 1902, suite à la mort de son mari, Madame Bourgeois est allée vivre à Manchester, É.-U., aves ses fils et sa fille jusqu’en 1912; alors elle revient à Belliveau-Village avec sa fille Éloïse, Thaddée ayant racheté le “vieux bien”.  Étant la dernière de la famille et la seule fille, on pourrait dire qu’Éloïse a été dorlotée et aimée en abondance.

 

En 1916, Éloïse retourne aux États-Unis, continue ses études; de 1928 à 1931 elle étudie pour devenir infirmière à New York. En 1935, elle devient citoyenne américaine.

 

En 1940, elle épouse Zéphyr Bourgeois, un ami d’enfance.  Son mari était à l’emploi de la compagnie General Motors à Flint au Michigan.  Éloïse entra à l’emploi de GM comme garde-malade et y fit carrière jusqu’à sa retraite en 1962.  Elle était une excellente garde-malade.

 

Pourvue d’une excellente santé, elle prit soin d’elle-même en marchant au travail matin et soir, une distance d’un mille pour aller.

 

Marie Éloïse Bourgeois revint à Manchester vivre ses années de retraite et ne revint au Nouveau-Brunswick qu’en 1987.  Elle réside présentement au Foyer Saint-Thomas de Memramcook.

 

Malgré son âge, Éloïse demeure charmante, positive, gracieuse et parle un français très correct.

 

Le 2 mai 1998, la famille d’Éloïse se réunit au Foyer Saint-Thomas pour fêter avec elle son 100e anniversaire de naissance.  Félicitations et bons voeux.

 

                                                                                                                                                             Edgar T. Bourgeois




SAVIEZ-VOUS QUE ...

 

Le Moniteur Acadien” journal francophone fut fondé à Shédiac en 1867 par Israël Landry, instituteur acadien venu du Québec.  Il enseigne dans plusieurs villages acadiens.

 

En 1868, Norbert Lussier entreprend la publication du Moniteur Acadien jusqu’en 1871, alors qu’il vend à Ferdinand Robidoux.

 

Ferdinand Robidoux était très déterminé.  Il continue la publication du journal jusqu’en 1918 alors qu’il annonce la fermeture temporaire du journal à l’âge de 67 ans.  Ses fils tenteront de relancer le Moniteur en 1924.  Le journal disparaît définitivement en 1926.

 

“L’électricité à Memramcook: 70 ans”: voici le texte de Gustave Gaudet publié en 1988, donc 60 ans après l’avènement de l’électricité à Memramcook.

 


1928-1988 - 60 ans: Il y aura 60 ans à l’automne que les employés de la commission hydro-électrique de la province plantaient les pôteaux et posaient les fils qui devaient apporter aux habitants de la région une commodité qui est aujourd’hui indispensable: l’électricité.  Des électriciens amateurs de la paroisse brochaient les maisons.  Les fils étaient posés sur les murs et non en dedans, et au moyen d’une chaîne “pull chain” on éclairait la cuisine, le salon ou les chambres à coucher avec un “bulb” de 15, 25 ou 40 watts, selon le besoin.

 

Dans bien des cas, ce brochage n’était que temporaire.  Après un certain temps, on commença à remplacer le radio à batterie par un radio électrique, puis quelques-uns firent l’achat d’un “toaster”.  La dépression de 1929 ne permit pas trop d’extravagances en fait d’appareils électriques.  Pour les personnes qui disposaient d’un peu d’argent, l’achat le plus important fut la laveuse, surtout pour les familles avec des petits bébés.  Finie la planche à laver, plus d’éraflures sur les jointures.

 

La guerre de 1939 amena plus de travail, plus de gagne-pain, ce qui permit d’acheter une pompe électrique, un frigidaire.  Après la guerre, la fournaise à l’huile qui fonctionne avec un moteur électrique remplaça la fournaise à bois ou à charbon.  Plus tard, la sécheuse, la Télé vers 1954-55, et après, la balayeuse, le malaxeur, les congélateurs, les fours à micro-ondes, toutes sortes de systèmes de musique, les VCRs.  En un mot, dans la grande majorité des maisons de la région, les trois paroisses, on trouve tous les plus récents et plus nouveaux appareils électriques et outils qui sont à la disposition de tous et toutes.

 


Que l’électricité vienne à manquer pour quelques minutes, tout le monde s’affole.  On téléphone, on s’informe à gauche et à droite, de tout bord et de tout côté.  Si ça dure trop longtemps, on sort les chandelles, les “flashlights”.  Là où il y a encore des lampes à parafine, on les allume si l’on peut trouver les allumettes.  1928-1988 - 60 ans... Quel change!  Imaginez ce que serait le monde aujourd’hui s’il n’y avait pas d’électricité?  Et dire que tous ceux et celles qui ont moins de 60 ans n’ont jamais eu à écrire leurs devoirs et à apprendre leurs leçons à la clarté d’une lampe à parafine posée sur la table de la cuisine, non loin du poêle à bois, n’ont jamais vu deux ou trois lampes rangées comme des soldats sur la planche d’horloge.  Ils prennent pour acquis que leurs aînés, leurs pères et mères, leurs grand-pères et grand-mères ont toujours eu la vie facile et aisée et ont joui de toutes commodités modernes!

 

À cause de l’importance du rôle que joue l’électricité dans notre vie quotidienne, l’année 1928 devrait être inscrite dans la petite histoire de la paroisse et mérite une page dans les cahiers de la Société Historique de la Vallée de Memramcook.

 


POUR L’AMOUR DE LA PIERRE

 

Extrait de “For Love of Stone” de Gwen L. Martin.

Volume I: L’histoire de l’industrie de la pierre de construction au Nouveau-Brunswick

 

Résumé

Le travail de la pierre au Nouveau-Brunswick remonte à des milliers d’années, à l’époque où les autochtones fabriquaient des outils, des armes et des parures de pierre.  Au XVIIe siècle, les colons acadiens construisirent les premiers bâtiments en pierre de la province qui furent en grande partie détruits par les troupes britanniques du milieu à la fin du XVIIIe.  Quand la société néo-brunswickoise eut retrouvé suffisamment de stabilité pour encourager des établissements permanents, quantité d’églises, de prisons, d’édifices publics et de maisons en pierre surgirent dans les régions peuplées de la province, surtout à Saint John, Dorchester, Newcastle et Fredericton, ainsi qu’autour de ces villes.  Plusieurs de ces structures sont encore utilisées de nos jours.

 

                                                                                               Chapitre III (4)

 

Le Comté de Westmorland

 

Au cours de la dernière moitié du XIXe siècle, le comté de Westmorland regroupait environ une douzaine de carrières dont la production totale faisait de ce district, à une certaine époque, un des plus gros producteurs de grès de l’est du pays.  On y trouvait des exploitations d’envergure à divers endroits, dont Beaumont Village, Cormier Cove, Wood Point, Rockport, Sackville et Shediac (figure 5).  À quelques exceptions près, les carrières étaient situées sur l’une des deux péninsules qui s’étendent au sud jusqu’à l’extrémité de la baie de Chignecto, c’est-à-dire la péninsule de Fort Folly et celle de Cape Maringouin.


 

Les premières carrières de la péninsule de Fort Folly

 

Depuis au moins 1835,74 on produisait de la meule à Fort Folly pour le marché américain.  La première mention de production de pierre de taille est reliée à la construction de l’église Saint-Thomas bâtie dans les années 1840 à Saint-Joseph.  Une partie de la pierre ayant servi à construire l’église provenait de trois carrières différentes.  L’une d’elles se trouvait sur la propriété de John Boudreau, à Boudreau Village; une autre était <<la carrière de Laurent à Sylvain>> près de Beaumont, et enfin, une troisième carrière était située plus au nord sur la propriété d’Alexis Saulnier à Memramcook.75 L’exploitation commerciale de la pierre de taille ne commença dans la péninsule que peu après la signature du Traité de réciprocité.  La carrière Boudreau fut la première exploitation à grande échelle.

 

La carrière Boudreau76

 

La carrière Boudreau se trouve au sud de Boudreau Village du côté ouest de la péninsule Fort Folly.  Les principales exploitations étaient situées sur une crête au sommet de la rive est de la rivière Petitcodiac.  Au cours d’une quarantaine d’années, des travailleurs ont extrait de cette carrière d’immenses quantités de pierre vert olive, qu’ils livraient au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Angleterre.

 


La production régulière de pierre commence en 1855 sous la direction de la Dorchester Olive Freestone Company of New York, qui se constitue en société dans cette ville vers 1858.77 Peu après son arrivée au Nouveau-Brunswick, la firme est compromise dans une controverse relative à son droit de posséder des terrains dans la province.  Les adversaires de la compagnie comprennent des personnes de New York et du Nouveau-Brunswick qui présentent une requête aux autorités gouvernementales de la province en 1859.78 Il est possible que les demendeurs aient eu des liens avec une autre compagnie new-yorkaise appelée la Dorchester Manufacturing Company.

 

Cette dernière partageait de nombreuses similitudes avec la Olive Freestone Company. En effet, son siège était à New York, elle s’implantait au Nouveau-Brunswick en 1855 et possédait des terrains propres à l’exploitation de carrières sur la pointe Fort Folly, adjacents aux propriétés de la Olive Freestone.79 La Manufacturing Company pourrait avoir souhaité contrecarrer les projets de son concurrent en présentant cette requête.  Si c’était le cas, l’affaire échoua puisqu’en avril 1859, le gouvernement provincial votait en faveur de la Dorchester Olive Freestone Company.80 Mais la victoire ne fit pas long feu.

 


En 1861, la Dorchester Olive Company s’affairait à produire de la pierre et à acquérir d’autres terrains.  Les correspondants de l’époque qualifiaient l’exploitation d’<<excellente carrière de pierre brune... dont de nombreux chargements sont expédiés chaque saison à Boston et New York>>.81 On peut voir clairement les multiples terrains de la compagnie sur une carte des comtés de Westmorland et d’Albert datant de 1862, où figure également le quai de chargement de celle-ci sur la rivière Petitcodiac, près de Beaumont Village.82 Les affaires étaient prometteuses, et forte des prévisions économiques, la compagnie obtint une hypothèque de Albert J. Smith (dont on parlera davantage ultérieurement).83 Peu de temps après, les États-Unis furent plongés dans une crise économique, puis la Guerre civile (1859-1863) éclata.  Ces deux événements mirent un frein aux travaux de construction en Nouvelle-Angleterre, ce qui réduisit les ventes de pierre pendant plusieurs saisons cruciales.  À mesure que les marchés où on écoulait la pierre du Nouveau-Brunswick s’effondraient, la Olive Freestone s’enlisait dans les dettes; en 1862, elle devait de l’argent à au moins quatre créanciers.84 Un de ceux-ci était Albert Smith qui prit possession du terrain grevé d’une hypothèque en 1863.85 C’est ainsi que finit l’histoire de la Dorchester Olive Freestone Company.

 

L’un des hommes les plus pittoresques de toute l’histoire du Nouveau-Brunswick, Sir Albert J. Smith, fut, à diverses époques de sa vie, procureur général de la province, député du comté de Westmorland et ministre fédéral.  Il fut le premier Néo-Brunswickois de naissance à être anobli, à une époque de sa vie où son caractère s’était adouci; mais au cours de sa jeunesse tumultueuse, il était à la tête du mouvement anti-confédération de la province, réussissant à lui seul à faire reporter de deux ans l’entrée en vigueur de la confédération canadienne.86 Le tempérament de M. Smith était légendaire.  Il s’opposa violemment à ce qu’on accorde une aide financière au Kings College, accusant cet établissement de ne servir que l’élite; à un professeur qui osait le contredire, il répliquait que si le collège devait être rasé par les flammes, avec le professeur, le pays ne s’en porterait que mieux.87 Il se battit à coup de poings au moins deux fois lors de séances de l’Assemblée législative, et à une autre occasion échappa de justesse à un duel.88 C’était un homme pétillant de vie et exalté.

 

Le plus grand de tous les mystères qui entourent la carrière Boudreau est lié au rôle qu’y a joué M. Smith.  Au cours du scandale de la propriété des terrains qui éclate en 1859, il dépose lui-même une requête appuyant le droit de la compagnie de posséder des biens au Nouveau-Brunswick.  Il prend possession de la propriété de 3 000 $, engagée en hypothèque, de la Dorchester Olive Freestone Company, et se porte ainsi acquéreur des terrains.  Quelques années plus tard, il cède des parties de ces terrains à une deuxième compagnie.  C’est à ce moment qu’entre en scène la Dorchester Union Freestone Company de New York.

 


On ne possède pas à ce jour de documents permettant de faire un lien définitif entre M. Smith et la Dorchester Union Freestone Company.  Nous avons plus de preuves indirectes que d’indications sans équivoque.  Une loi de l’Assemblée législative, dons M. Smith était membre, autorisait la compagnie à détenir des propriétés au Nouveau-Brunswick.89  Lorsque les Américains menacent d’abolir le Traité de réciprocité en 1865 (et d’augmenter ainsi les tarifs sur les importations de pierre), M. Smith passe des mois à Washington pour tenter de négocier à nouveau les relations commerciales.90 Ses efforts sont vains et le traité prend fin une année plus tard.  Entre 1866 et la fin des années 1870, M. Smith se porte acquéreur de près d’une douzaine de carrières et de terrains voisins dans la péninsule de Fort Folly, qui sont ultérieurement cédés à la Union Company.  Mais nous n’en sommes pas au bout de nos complications.  En effet, losque le shérif du comté de Westmorland transféra par acte notarié la propriété de la Dorchester Olive Freestone, alors en faillite, à M. Smith en mars 1863, le marché comprenait des terres saisies à la Dorchester Manufacturing Company.91

 

Essayer de délimiter tous les transferts de propriété entre les divers acteurs qui jouèrent dans la pièce de la carrière Boudreau mettrait à l’épreuve l’endurance de la majorité des lecteurs.  Disons simplement qu’entre 1866 et 1880, la Dorchester Union Freestone Company accumula - grâce à ce qu’on pourrait appeler les efforts ambitieux d’Albert J. Smith - de nombreux terrains qui s’étendaient sur la majeure partie du sud de la péninsule de Fort Folly.

 


Et que se passait-il à la carrière pendant qu’avaient cours ces machinations légales et peut-être même politiques?  Il semble qu’on travaillait comme à l’habitude pour arriver à expédier aunnuellement de 5 000 à 7 000 tonnes de pierre.92 Des lettres datées de 1868, font état d’un navire qui prend des pierres à son bord à <<Budrous>> pour les livrer à New York.93 Un an plus tard, le capitaine de la gélette Capella, Alfred Taylor, écrit dans son journal:

 

5 août: Le navire étant d’un poids insuffisant, j’ai accosté au quai de Budros à 13 heures.  On a commencé à charger de la pierre à bâtir.

 

9 août: ... le matin l’équipage a goudronné les gréements, et l’après-midi on a chargé de la pierre.

 

Le 14 août le Capella quitte la péninsule de Fort Folly, dépasse l’île Grindstone, pour arriver à New York 11 jours plus tard.94

 

La State House, à Albany, comptait parmi les nombreux immeubles de Nouvelle-Angleterre construits avec la pierre de la carrière Boudreau.95 Plusieurs facteurs la rendaient populaire, dont sa couleur olive, alors à la mode, et sa durabilité; elle était également facile à travailler et l’on arrivait à l’enlever par gros blocs, qui pouvaient mesurer jusqu’à 30 pieds de longueur et peser plus de 20 tonnes.96 Au Nouveau-Brunswick, on utilisa cette pierre pour bâtir l’église baptiste unie de la rue Brunswick et l’Hôtel du gouvernement, à Fredericton; et pour plusieurs édifices de Saint John, dont l’église Trinity et la cathédrale Immaculate Conception.  Le Grand Incendie de 1877 créa une telle demande de pierre de cette carrière, et de bien d’autres, que les constructeurs l’empilaient autour de la ville, sachant qu’ils l’utiliseraient dans l’espace de quelques mois.

 


Entre les années 1860 et 1880, un nom reste constamment associé avec la carrière Boudreau, c’est celui du contremaître et directeur de carrière William Dobson.  Il entre en scène en 1863 en tant que créditeur de la compagnie en faillite Dorchester Olive Freestone.97 Deux ans plus tard, son nom figure en tant que contremaître de la Olive Stone Co., erreur qu’on aurrait dû corriger par la Union Stone Co.98 La relation qu’entretenait M. Dobson, tout comme M. Smith d’ailleurs, avec la Dorchester Union Freestone Company, n’est pas très claire.  Des parties de terrain furent échangées entre la compagnie et M. Dobson, et des articles de journaux font fréquemment allusion à l’exploitation Boudreau en la nommant carrière Dobson.

 

Il semble que M. Dobson fit énormément d’efforts pour obtenir au Nouveau-Brunswick des marchés pour son produit.  En 1889, un tailleur de pierre de Saint John disait à un propriétaire de carrière de Newcastle:

 

...quelqu’un a essayé de vous faire du tort principalement en empêchant qu’on annonce votre pierre à Saint John...M. Dobson... a agi avec mesquinerie avec moi et je n’ai aucune intention de faire des affaires à nouveau avec lui... (il) fait tout ce qu’il peut pour qu’aucune autre pierre que la sienne ne soit livrée dans la ville...99

 

En ce qui concerne le marché de New York, M. Dobson ne se fait aucun souci.  Certaines indications portent à croire que G.P. Sherwood, président de la puissante association des producteurs de pierre de New York, comptait parmi les avaliseurs de la Dorchester Union Freestone Company.  L’association demandait aux propriétaires de carrière une cotisation de 500 $ et mettait sur la liste noire quiconque essayait de vendre de la pierre à New York, sans en être membre.  Il était difficile d’être admis à l’association, même en versant la cotisation fixée à 500 $.100

 


M. Sherwood était l’un des principaux propriétaires de la carrière Boudreau et de la carrière Wallace en Nouvelle-Écosse.101 Il est intéressant de noter qu’il était également mentionné comme créancier après la faillite de la Dorchester Olive Freestone Company.102 Albert Smith a-t-il retenu à titre fiduciaire au nom d’un consortium financier de M. Sherwood les terrains hypothéqués de la Olive Freestone après 1863?  M. Sherwood et ses associés ont-ils constitué en société la Dorchester Union, obtenu les terrains de la vieille compagnie Olive Freestone pour ensuite rouvrir les carrières en sachant qu’ils pouvaient compter sur un marché new-yorkais garanti, pour ne pas dire captif?  El la Union Freestone n’avait-elle pas un associé du nom d’Albert Smith, curieusement silencieux?  Ces questions ne sont que conjectures, mais il appert que certaines machinations de ce genre eurent lieu.

 

Grâce à l’influence de M. Sherwood, la carrière Boudreau trouva le moyen de survivre pendant presque une décennie après la fermeture de la plupart des carrières des comtés de Westmorland et d’Albert, incapables de payer les tarifs américains.  En août 1885, le Daily Times de Moncton écrit:

 

La Dorchester Company poursuit ses activités sous la direction de Wm. Dobson, mais il ne reste que 20 hommes sur place, et ils ne travaillent pas à temps plein.  La dépression qui sévit aux États-Unis a ralenti la demande de pierre.103

 


Les activités d’exploitation des carrières diminuent après 1890, et en 1895 la Dorchester Union Freestone vend la majorité de ses propriétés à John Furlong et John Deery (New York).104 Le document de transfert contient deux indices significatifs quant à la relation entre M. Sherwood et la Dorchester Union Company.  Il mentionne que MM. Furlong et Deery sont des agents de pierre à bâtir faisant affaires sous le nom de G.P. Sherwood and Company et renferme leur signature: John Furlong, secrétaire et Jehn J. Deery, président de la Dorchester Union Freestone Company.  Même si G.P. Sherwood and Company aurait pu vendre de la pierre de la carrière Boudreau à la Nouvelle-Écosse pour la construction d’un immeuble gouvernemental à la fin des années 1890,105 la carrière fut fermée définitivement vers la fin du siècle.  (De récentes démarches de la Maritime Stoneworks Ltd. (Dieppe) ont permis de relancer les activités d’extraction dans certaines parties de la vieille carrière pour répondre aux besoins de certains travaux de restauration; le chapitre VII donne d’autres renseignements sur cette compagnie.)

 

La carrière de Cormier Cove

 

La même corniche de grès dont était extraite la pierre de la carrière Boudreau du côté ouest de la péninsule de Fort Folly s’étire aussi du côté est de la péninsule.  Deux entreprises ont exploité la pierre sur la corniche face à la rivière Memramcook.  La première était à Cormier Cove près de Taylor Village, et l’autre plus au sud, à Rockland.

 

La compagnie néo-brunswickoise Memramcook Freestone exploita la carrière située à l’intérieur de Cormier Cove.  Dix-huit Néo-Brunswickois se constituaient en société en avril 1860 pour <<extraire de la pierre et en faire du moellon>>.106 Matthew Stead, architecte de Saint Joh, Peter Cormack, fabricant de monuments de Saint John et plusieurs autres hommes de Saint John et du comté de Westmorland faisaient partie du groupe.  Cinq ans plus tard, le Morning Telegram de Saint John, faisait paraître cette publicité:

 


Carrière à vendre: la carrière de meule et de pierre à bâtir sur la rive ouest de la rivière Memramcook, comté de Westmorland, dont le propriétaire, la compagnie Memramcook Freestone, assurait récemment l’exploitation...  La carrière a été largement ouverte et produit de la pierre de qualité supérieure dont les dimensions comptent parmi les plus grandes.  Le quai, les grues, l’atelier et les outils de forgeron, de même que les outils de carrier sont tous en état de fonctionner et prêts à servir.107

 

Que s’est-il passé entre 1860 et 1865?  Il est évident que la carrière avait été exploitée au point de posséder un équipement complexe et coûteux.  Une carte de 1862 montre l’emplacement de carrières de pierre qu’on croit avoir appartenu à la compagnie.  Mais quelque chose a contraint la firme à cesser ses activités et à disparaître de la circulation.  Il est fort probable que l’arrêt de l’exploitation soit attribuable à la grande entreprise commerciale, connue sous le nom de Caledonia, qui commença à exploiter la pierre au sud de Cormier Cove en 1865, dans le village de Rockland.

 

Les carrières de Rockland (Caledonia)

 

De nos jours, Rockland est un lieu désert.  Rien ne reste de cet établissement, si ce n’est les vergers abandonnés, un cimetière en état de désuétude et quelques fondations de pierre visitées par des pilleurs.  Rockland était pourtant, il y a 100 ans, une petite localité indépendante, dotée d’un chantier maritime et de plusieurs carrières exploitées.  La végétation qui a poussé en 100 ans ne peut masquer l’immense superficie des carrières de Rockland dont on a retiré des milliers de tonnes de pierre pendant plus d’une vingtaine d’années.

 


La Caledonia Free Stone Quarry Company a exploité au moins une carrière, et peut-être même plusieurs, à Rockland.  Le siège social de la compagnie, fondée vers 1865, était à Montréal.108 Ses mandants étaient de Montréal et du Nouveau-Brunswick, et comprenaient des résidents de Dorchester comme Thomas M. MacKelvie et le directeur local, Allan Robertson.

 

Les activités de la carrière commencèrent à Caledonia au printemps 1865.  Dès juillet, M. MacKelvie faisait paraître une annonce dans un journal disant: <<...goélettes pouvant prendre à leur bord de 100 à 200 tonnes de pierre à bâtir, aux Caledonia Olive Freestone Quarries... à livrer à New York, Boston et d’autres ports américains>>.109 Caledonia ne mit pas beaucoup de temps à se faire un nom sur le marché de la Nouvelle-Angleterre en tant qu’entreprise produisant un des meilleurs moellons.  La compagnie vendait annuellement quelque 5 000 à 6 000 tonnes de pierre.110

 

Il y a peu de documents sur les activités de Caledonia entre 1865 et 1877.  Elle conclut des ententes relatives à des hypothèques avec le directeur de la compagnie, John Molson, et d’autres personnes de Montréal en 1874.  Un autre mandant cède ou hypothèque des biens auprès de la compagnie et ouvre sa propre carrière sur un terrain voisin, vers 1877.111 Un des seuls documents qu’il nous reste de cette période est une lettre écrite par Samuel Taylor (Rockland), le 13 juillet 1869, à son frère Melbourne.  Cette histoire attristante fait allusion à ce qui devait se passer assez fréquemment avant que les gouvernement ne mettent en place des règlements et nomment des inspecteurs de sécurité:

 


Jeudi dernier, il y a eu un très grave accident aux carrières de Caledonia vers 11 heures.  Les opérateurs de la grue hissaient et tiraient une pierre du rivage lorsque celle-ci sortit de l’élingue, se frappa contre la grue, commença à rouler et atteignit Nastem Cormier... à la jambe; il fut coincé entre la pierre et le grue et une autre pierre qu’il était en train d’équarrir.  Sa jambe fut cassée au-dessus du genou.  Des médecins arrivèrent sur les lieux aussi vite que possible, mais ils ne purent arrêter le sang de couler... vers 20 ou 21 heures, il mourait.112

 

À partir de 1877, la presse se met à donner beaucoup d’information à propos des carrières Caledonia.  Un journal de Moncton rapporte que:

 

... un navire chargé de pierre a quitté le quai de Caledonia en direction de New York.  Six ou sept cargaisons de pierre ont été expédiées par cette compagnie au cours de la saison, surtout aux États-Unis.  La pierre que produisent Caledonia et la carrière Boudrot (propriété de Dobson) sera très recherchée à Saint John lorqu’on entamera la construction des immeubles de plus grande classe...(après le Grand Incendie de juin)113

 

La pierre de Caledonia a été utilisée dans la construction de plusieurs bâtiments de Saint John: l’immeuble Domville, l’immeuble de la douane, le vieux bureau de poste, la Maritime Bank et l’église épiscopale St. James.114 Elle faisait également partie de la taille de la pierre du pénitencier de Dorchester; Matthew Stead, architecte du pénitencier, la décrivait comme une pierre de <<qualité exceptionnelle>>.115 Les grossistes Daniel & Boyd construisirent leur entrepôt de Saint John (appelée London House) avec de la pierre de Caledonia.  En outre, ils devinrent les agents de vente exclusifs de la firme et encouragèrent d’autres personnes à utiliser cette pierre chaque fois qu’ils en eurent l’occasion.116 On n’a pas de mal à le croire puisque T.W. Daniel et John Body étaient directeurs de la Caledonia Free Stone Company.117

 


Il est intéressant de noter que tant Daniel & Boyd que Caledonia présentèrent des échantillons de pierre des carrières de la compagnie à l’exposition de Philadelphie de 1876, et que c’est la pierre de Daniel & Boyd qui remporta le plus important prix.118 En réalité, si l’on en juge par le nombre d’immeubles construits avec la pierre de Caledonia et la fréquence des livraisons aux États-Unis, les carrières de Caledonia faisaient de très bonnes affaires dans les années 1870.  Comme à Boston la pierre de taille rapportait environ 15 $ la tonne, et que les tarifs marchandises moyens depuis le Nouveau-Brunswick étaient de 3 $ (la douane ne coûtant que 1,50 $), les marchands de pierre retiraient un profit important.119

 


Mais comme la plupart des autres carrières de grès néo-brunswickoises, celles de Caledonia ne peuvent survivre au-delà des années 1880.  Le journal Maple Leaf du 9 juillet 1885 renferme l’annonce suivante: <<La carrière de moellon située à Rockland (N.-B.) Sera vendue aux enchères le 29 juillet>>.  Les avis de liquidation parurent quelques jours plus tard.120 La liste des biens de la compagnie comprenait un terrain de carrière, deux quais, des outils et un atelier de traitement de la pierre, des grues à vapeur, des derricks manuels, des outils de forge et 700 tonnes de pierre.  La personne chargée de la liquidation venait de Montréal, ce qui laissait croire que les arrangements hypothécaires conclues en 1874 avec John Molson et d’autres Montréalais s’étaient retournés contre eux.  Fait étrange, la vente aux enchères fut un échec.  Personne ne voulut acheter la carrière et l’équipement ne rapporta que 200 $.121 Quant aux travailleurs de la pierre, ils durent se résoudre à lire les mauvaises nouvelles sur les murs et trouver peu à peu des emplois ailleurs. {Même avant la fermeture des carrières de Caledonia en 1885, Dominique Légère de Rockland et une quarantaine d’autres tailleurs de pierre du comté de Westmorland quittèrent le Nouveau-Brunswick pour trouver du travail en Ohio (Daily Times, Moncton, le 7 avril 1880).  En 1886, un autre groupe d’une cinquantaine d’hommes émigrèrent en Ohio et au Massachussetts (Gaudet, sans date, p. 102), tandis qu’un plus grand nombre déménagèrent dans des pensions de famille à Moncton, cherchant du travail à l’un ou l’autre des immeubles de pierre en construction dans la ville.  Les Néo-Brunswickois suivirent donc le mode de vie auquel se conformaient les tailleurs de pierre du monde entier: ils travaillaient comme manoeuvres et voyageaient d’un bout à l’autre du pays à la recherche de chantiers de construction, d’extraction et de taille de pierre (Saint John Daily Telegraph, le 12 avril 1888).  Une recherche wur les pérégrinations des travailleurs de la pierre du Nouveau-Brunswick à l’étranger pourrait produire une étude fascinante.}

 

Il semble que la dernière livraison de pierre de taille en provenance de Caledonia ait servi à ériger le monument Lefebvre en 1896.122 Au début des années 1920, la Read Stone Co. Obtint toutefois les droits d’exploitation de l’ensemble des carrières de la péninsule de Fort Folly (y compris celle de Caledonia), dans l’intention de fabriquer ce qu’elle considérait comme l’un des quelques produits de la pierre encore bon marché: la meule de défibreur.123  La production dura à peu près de 1923 à 1930, c’est-à-dire jusqu’à ce que les abrasifs artificiels eurent détruit les marchés traditionnels de la meule et de la meule de défibreur.

 


Au cours de ces sept années de production, les employés de Read coupaient de gros blocs de pierre à Rockland et les mettaient dans des embarcations à fond plat pouvant flotter jusqu’à la carrière à marée haute.124  À marée basse, on chargeait les barges sur la plage à l’aide de derricks.  À la prochaine marée haute, les barges flottaient sur la rivière Memramcook jusqu’à un quai construit dans l’île Dorchester où des chevaux attelés à des charrettes les attendaient pour transporter les blocs jusqu’à une fabrique de meule de défibreur, à proximité.  La fabrique des Read avait été construite en 1912 et pouvait transformer de gros blocs de pierre en meules de défibreur mesurant environ quatre pieds de diamètre et plusieurs pieds d’épaisseur.

 

À l’origine, une ligne secondaire reliait l’île Dorchester à la fabrique.  C’est à cause du manque d’acier, au cours de la Première Guerre mondiale, que les rails en furent retirés et expédiés en France.  Ce qui explique pourquoi on avait besoin de chevaux après la guerre.125 On peut encore voir de nos jours, le vieil encaissement de la voie ferrée dans les champs de l’île Dorchester, dont le sentier est marqué par endroits par des meules de défibreur non encore finies pouvant peser jusqu’à 12 tonnes chacune.

 

La carrière Beaumont

 

Les 1000 acres de terrain loués par M. Read vers 1923 comprenaient également une autre ancienne exploitation de la péninsule de Fort Folly: la carrière Beaumont.  Ce nom en est venu à désigner toutes les carrières de pierre situées du côté ouest de la péninsule, comme la carrière Boudreau, et à l’occasion même des exploitations sur la rive est.  En fait, la véritable carrière Beaumont est entre la pointe Fort Folly et le village de Beaumont en face le la rivière Petitcodiac.

 

Il est difficile de dater les premières exploitations de pierre à Beaumont.  La pierre qui a servi à bâtir l’église Saint-Thomas à Saint-Joseph provenait en partie du terrain d’un dénommé Laurent à Sylvain, près de Beaumont.  Une carrière près du village de Beaumont semble avoir appartenu à la Dorchester Manufacturing Company et avoir été cédée ultérieurement, par l’entremise de A.J. Smith, à la Dorchester Union Freestone.126  A-t-elle jamais été exploitée?  Nous l’ignorons.

 


En avril 1881, un avis de mise aux enchères de 500 acres de terre voisins de la carrière Boudreau à la pointe Fort Folly est publié.127 L’emplacement (portant le nom de carrière Weldon) englobait ce qui devait s’appeler plus tard la carrière Beaumont.  La carrière Weldon fut-elle exploitée avant 1881?  Nous l’ignorons également.  L’avis de mise aux enchères fait mention du terrain mais ne fait pas état des quais, derricks ou autres biens qui indiqueraient que la carrière avait déjà été en activité.  Par contre, les propos de Frank Dobson fils laissent croire qu’elle aurait été exploitée.

 

M. Dobson était le fils du Frank Dobson qui travaillait pour le compte des Read à la Caledonia en 1923, et le petit-fils de William Dobson de la carrière Boudreau.  Il consacra toute sa vie à la pierre.  Dès l’enfance, il se promenait dans les carrières et hangars de taille; il passa 40 ans de sa vie à diriger l’entreprise de pierre à la prison de Dorchester.  Peu avant sa mort, Ron Labelle et Janet McGinity eurent l’occasion d’avoir de longues conversations avec lui.128 Les renseignements qui suivent sont tirés largement de leurs entrevues enregistrées sur bande, et ne donnent qu’une infime partie des informations précieuses qu’elles renferment.

 

Selon Frank Dobson, une carrière de pierre de construction fut ouverte près de Beaumont dans les années 1860, puis fermée en 1872; les activités y reprirent à la fin des années 1890.  Elle servit surtout mais pas uniquement à la production de meule.  (Il est possible que M. Dobson utilise ici le terme <<Beaumont>>, au sens général, voulant dire à la fois Beaumont et Boudreau.)  Au cours de la phase initiale, M. Dobson raconte que les hommes retiraient la pierre à l’aide de derricks manuels et transportaient de gros blocs jusqu’au quai, tirés par deux boeufs ou, plus rarement, des chevaux.  M. Dobson se souvient que son grand-père disait que dans les années 1860, une pierre de taille de 40 tonnes destinée au marché de New York disparut au large des côtes de Saint John au cours d’une tempête.

 


La carrière Beaumont (Weldon?) Ne fut pas exploitée à partir de 1872 jusqu’aux cannées 1890 où elle fut achetée par un fabricant de brique de la région, Leslie Chapman.129 M. Chapman, ou quelqu’un d’autre qui louait sa propriété, y prit de la meule de défibreur avant que la carrière passe aux mains d’un autre propriétaire du nom de Fred Palmer.130 On ne connaît presque rien de cette période d’activité.

 

En 1909, les activités reprennent avec la Dorchester Stone Works Ltd, entreprise formée par un groupe d’hommes d’affaires du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, y compris Fred Palmer, qui se constitue en société en mai 1908.131 Henry Gaudette était directeur sur place132et Frank Dobson père contremaître des 15 à 20 hommes qui vivaient dans des pensions de famille à Beaumont Village.  La rémunération quotidienne était de 3,25 $ pour le contremaître et de 2 $ à 2,50 $ pour les carriers et meuliers.  Avant sa fermeture en 1919, la carrière produisait 730 tonnes de meule de grande dimension et 1 050 tonnes de meule de défibreur vendues en Ontario, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick.133

 

Après quelques années d’arrêt, la carrière fut rouverte, mais cette fois par la famille Read.134  Tout comme leur concurrent de Rockland, les Read transportaient la pierre sur des chalands jusqu’à la fabrique de Dorchester.135 La carrière Beaumont produisit aussi de petites quantités de pierre de taille du milieu jusqu’à la fin des années 1920.  La pierre servit à construire la gare de Moncton du chemin de fer Intercolonial, maintenant démolie (1913)136, et l’aile ouest de l’église Saint-Thomas (1934).  Une fois ce dernier travail terminé, la carrière Beaumont fut livrée aux eaux souterraines et aux buissons.

 

Les premières carrières de la péninsule de Cape Maringouin

 

La péninsule de Cape Maringouin est située à l’est de la péninsule de Fort Folly et sépare la baie de Shepody du bassin de Cumberland (figure 5).  Pendant des décennies, des travailleurs ont extrait plusieurs types de pierre dans toute l’extrémité sud de la péninsule.  Quelques-unes des premières excavations remontent aux années 1830, époque où on excavait de la dalle du nord du cap pour la vendre à New York.137 Peck Cove, près du sommet du cap, offrait un grès rouge à grain très fin qui faisait un excellent gravier de polissage, selon le marbrier H.J. McGrath de Dorchester.138

 

Mais les carrières de Cape Maringouin se distinguaient surtout dans la mesure où elles comptaient parmi les nombreuses carrières de grès exploitées le long des côtes du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, dans le bassin de Cumberland, entre le milieu des années 1770 et les années 1930.  À l’origine, les travailleurs façonnaient la pierre à la main, puis utilisèrent plus tard des tours.  Les marchands de meule des deux provinces expédiaient leurs produits dans tout l’est américain à des marchands de couceaux et à des fabricants d’ustensiles et d’armes tels que Winchester, Remington, Colt et Savage.139 Dans un rapport de 1847, on peut lire:

 


Les saillies de grès de Cape Maringouin fournissent de la meule de qualité supérieure... Un certain nembre de meuliers habitent au cap, et au cours de la saison, chaque homme fait en moyenne 400 pierres.  La pierre, qui mesure deux pieds de diamètre et a une épaisseur de quatre pouces, vaut deux shillings ou un peu plus.  Le produit fini est expédié aux États-Unis où il est très réputé et largement utilisé pour aiguiser et polir les outils et la coutellerie.  La plus grosse meule... avait un diamètre de six pieds et demi et une épaisseur de douze pouces.  L’ensemble de la production annuelle atteint presque les 18 000 pierres.140

 

On produisait également dans la péninsule un peu de pierre de taille.  Avant 1840, de petites exploitations près de Dorchester produisaient de la pierre pour certains ouvrages du village, dont l’auberge Bell, la maison Chandler et la maison Keillor.141 Un peu plus tard, d’importantes carrières de pierre seront ouvertes à Sackville, Wood Point et Rockport.

 

La carrière de Rockport

 

La carrière de Rockport s’étend au sud du village de Rockport, sur la pointe Ward.  Bien qu’on y produisait principalement de la meule, de la pierre de taille y a été fabriquée pour construire la galerie d’art Owens et la gare de chemin de fer de Sackville.

 

Joseph Read et John T. Seaman ont commencé à exploiter la carrière de Rockport vers 1815.  À propos de la pierre qu’on y produisait, un géologue écrivait en 1840: <<c’est la meilleure pierre pour couper et polir les métaux jamais fabriquée en Amérique>>.142  Au début des années 1860, la compagnie Westmorland Olive Freestone exploitait le grès de Rockport pour l’écouler sur le marché de la Nouvelle-Angleterre.143 Cette firme, financée par des intérêts américains, appartenait, entre autres, à Thomas et Benjamin Weston, Frank Noyes et Stephen Cummings (Maine), et à Allan Robertson (Dorchester).144 L’entreprise réunissait une centaine d’employés; elle possédait un magasin et un derrick à vapeur, qui fut probablement le premier derrick du genre dans l’industrie provinciale de la pierre.145

 


Une carte de 1862 indique l’emplacement de la carrière exploitée par la Westmorland Freestone à Rockport.  En 1861, l’entreprise produisait 4 000 tonnes de pierre.  Elle dut pourtant faire face à des problèmes financiers en octobre 1862, qui se soldèrent par une vente à défaut de paiement des impôts et la cessation de ses activités.146 Les documents d’archives ne feront pas mention de la carrière à nouveau avant 1871, année où elle est exploitée par intermittence jusqu’à 1912, sous la direction des Read, qui en sont peut-être propriétaires.147 Aujourd’hui la carrière est vide, si ce n’est des ruines d’une cheminée de chaudière en pierre de taille, et des fondations d’un magasin de compagnie vieux de 130 ans.

 

La carrière de Wood Point

 

La gare de chemin de fer de Sackville susmentionnée contient aussi de la pierre provenant de Wood Point.  À la différence du grès olive qu’on trouve ailleurs dans le comté de Westmorland, la pierre de Wood Point est d’un rouge particulier qui gagna la faveur des architectes au cours des années 1890 et au début du Xxe siècle.

 

Amos Seaman and Company commence à exploiter les carrières de Wood Point vers 1870.148 Ce n’est que la première d’une série de compagnies qui se succéderont à Wood Point.  En 1877, Walter J. et Austin Roberts (Boston) louent des terrains dans la région, y transportent leur matériel de carrier depuis la carrière Marys Point, et y extraient de la pierre sporadiquement pendant une dizaine d’années.  La propriété passe ensuite aux mains de William Clark (Wood Point), qui avait réalisé des profits considérables en fournissant de la pierre des champs pour la construction de la voie ferrée de transbordement de Chignecto.  Le succès remporté attire l’attention de la famille Read,149 un peu avant 1889, qui plus tard possédera, au moins en partie, la carrière de Wood Point.

 


La pierre de Wood Point fut utilisée pour construire divers immeubles à travers l’est canadien, dont des bureaux du gouvernement provincial à Toronto, la résidence de Lord Shaugnessy à Montréal, l’hôtel de ville de Toronto et un arsenal à Halifax.150 Vers la fin des années 1880,151 les Read livraient aussi de la pierre de Wood Point à Boston et à New York.  À l’occasion d’une visite à la carrière en 1911, W.A. Parks y trouvait 16 hommes, travaillant sous la direction du surintendant Herbert Snowdon, qui employaient des outils manuels pour excaver la pierre.152 La carrière fut abandonnée peu après la visite de M. Parks.153 {Un répertoire de 1889 renferme le nom de Alfred T. Parsons, directeur de la Atlantic Freestone Quarrying Company et de la New York Freestone Quarrying Company.  Dans une lettre datée de septembre 1891, un correspondant mentionne que la New York Stone de Wood Point était la <<seule à produire du grès rouge>> au Nouveau-Brunswick.  Cela porte à croire que cette entreprise était reliée d’une certaine manière au réseau des Read, dont on sait qu’il était implanté à Wood Point en 1889.  Mais quelle est cette Atlantic Freestone Company dont M. Parsons était censé être codirecteur?  Il faudrait faire d’autres recherches pour répondre à cette question et à plusieurs autres concernant Wood Point}

 

La carrière de Sackville ou Pickard

 

Ceux qui visitent l’université Mount Allison à Sackville font souvent des commentaires sur ses nombreux bâtiments de grès.  Dans presque tous les cas, la pierre de ces ouvrages provenait de la carrière de grès rouge située à moins de deux kilomètres du campus.

 


La première mention de la carrière de Sackville figure dans un rapport de 1885.154 Elle fut ouverte vers 1883 pour fournir la pierre nécessaire à la construction du Centennial College Hall.155 Charles Pickard, premier propriétaire de la carrière, était un marchand de pierre local, qui devint maire de la ville.156  Après avoir constitué en société la Sackville Free Stone Company Limited, avec quatre autres hommes d’affaires des Maritimes, le 4 juin 1901, M. Pickard s’employa avec méthode à transformer l’entreprise en une exploitation moderne et efficace.

 

Le succès de M. Pickard n’est qu’en partie attribuable au fait qu’il jouissait d’un marché captif, c’est-à-dire le campus de Mount Allison, tout à côté.  Il est important de souligner qu’il ne recula pas devant la dépense pour offrir à la province une entreprise de pierre hautement perfectionnée.157 En effet, celle-ci possédait quatre derricks à vapeur, deux scies multiples électriques et deux forets à vapeur.  La fabrique était à proximité de la carrière afin de réduire au minimum la manipulation; elle était reliée par une ligne secondaire à l’embranchement Tormentin du chemin de fer Intercolonial.  Ses 25 employés produisaient annuellement de 5 000 à 8 000 tonnes de pierre, destinées entièrement au marché de la pierre de taille.158

 

L’excellente qualité de la pierre qu’il produisait et son sens aigu des affaires permirent à M. Pickard de trouver des marchés dans tout l’est du Canada.  Il est arrivé que la pierre de Sackville soit préférée à celle des carrières de l’Ohio et de l’Indiana malgré les énormes avantages relatifs au coût du transport, et à d’autres prix, dont jouissaient les entreprises américaines.159 Des architectes de l’Ontario et des Maritimes utilisèrent cette pierre dans la construction d’un grand nombre d’immeubles prestigieux:

 

L’immeuble de la Banque Royale (Sackville)

L’immeuble de la Banque de Montréal (Moncton)

Le Royal Observatory (Ottawa)

L’immeuble de la Banque de Nouvelle-Écosse (Truro)

La bibliothèque Carnegie (Saint John)


L’édifice de l’Assemblée législative (Toronto)

Le bureau des douanes (Waterloo)

Le bureau des douanes (Halifax)

 

La carrière Pickard répondait non seulement aux besoins des marchés à l’extérieur de la province, mais aussi à ceux de Sackville, dont un grand nombre d’ouvrages ont été bâtis avec cette pierre.  Près d’une douzaine de ces constructions sont situées sur le campus de Mount Allison.  Quelques édifices de Moncton sont fabriqués aussi avec cette pierre: la First United Baptist Church, l’église Central United et l’édifice Higgins en sont d’excellents exemples.

 

Après le décès de Charles Pickard, les activités se poursuivirent jusqu’à 1930, année où l’université Mount Allison achète le terrain de la carrière et son usine.  Les dirigeants de Mount Allison se proposaient de n’exploiter la carrière que pour construire de nouveaux édifices pour l’université ou à des fins de restauration.  En 1971, ils consentirent toutefois à fournir la pierre nécessaire à la restauration de l’immeuble de l’Assemblée législative de l’Ontario construit avec de la pierre de Sackville en 1892.160

 

Cet immeuble fut presque le dernier projet de construction réalisé avec la pierre de M. Pickard.  Dans les années 1970, ce qui avait déjà été la banlieue accueillait désormais une population de propriétaires de maison qui ne voulaient ni du bruit ni de la poussière que produit une carrière.  Les autorités permirent alors à Smith Cut Stone & Quarries Ltd. (Shediac) d’en extraire une dernière fois de la pierre avant d’en ordonner le fermeture en octobre 1979.  (La pierre extraite à cette occasion fut intégrée ultérieurement à l’immeuble Roy Crabtree de Mount Allison.)  La carrière est maintenant entourée d’une clôture; elle est remplie d’eau et tout autour on y trouve de grands espaces où poussent des framboisiers.

 

AUTRES CARRIÈRES DU COMTÉ DE WESTMORLAND

 

Les carrières de Shediac

 

Au cours des derniers stades de son activité, la carrière Pickard ne traitait pas le grès à Sackville, mais dans un atelier de pierre située à Shediac.  L’atelier appartenait à E.A.Smith (qui formera plus tard la Smith Cut Stone & Quarries Ltd.) dont la famille avait exploité une carrière et une fabrique au sud de Shediac depuis le milieu du XIXe siècle.  Les Smith produisirent de la meule et du moellon jusqu’au début des années 1900, mais devinrent d’importants fabricants de pierre de taille vers 1930.  Comme la compagnie fabrique toujours de la pierre, sur demande, provenant de ses propres exploitations et d’autres carrières, elle est considérée comme une entreprise moderne et fait l’objet d’une description au chapitre VII.

 

La carrière de Cap-Pelé (Cape Bald)

 

C’est une carte de 1862 qui montre la première preuve de la présence d’une carrière près de Cap-Pelé; il s’agit d’une meulière située sur la côte à quelques milles au sud-est du cap.161 La pierre extraite du cap était transportée à travers le détroit et servait de pierre de construction à l’Île-du-Prince-Édouard vers la fin des années 1800.162 Un répertoire de 1889 indique qu’une douzaine de travailleurs de la pierre vivaient dans la région, plus précisément à Bostford Portage et à Cap-Pelé même.163 Il est toutefois possible que certains de ces hommes aient été employés par d’autres carrières à proximité telle que la carrière Smith dont on fait mention ci-dessus.

 


Après plusieurs années d’inactivité, la Cape Bald Freestone Company recommence à exploiter la carrière vers 1911.  Vingt hommes sous la direction d’Henry Dupuis y faisaient sauter la pierre avec de la poudre noire, produisaient des blocs d’égrossis à la main, et employaient le seul derrick sur place pour charger la pierre au quai d’expédition.  On ne sait pas si des bâtiments ont été construits au Nouveau-Brunswick avec cette pierre d’un brun rougeâtre à gros grain.164

 

La carrière de Baie Verte

 

Au cours de la construction du chemin de fer à Cap Tormentin, des carrières firent leur apparition à plusieurs endroits le long de la voie ferrée.  Une de celles-ci, la carrière Cobourg, était située sur un terrain appartenant à Silas Goodwin près de Baie Verte.  On a peu d’information sur cette exploitation, sauf qu’elle fournissait de gros blocs de pierre pour la construction de la digue à Cap Tormentin.  La pierre d’un brun verdâtre est cailloutée et fracturée de manière irrégulière.165

 

Les carrières de Saint-Anselme

 

Les seules autres carrières du comté de Westmorland dignes de mention étaient situées à Saint-Anselme, au sud de Moncton.  L’une d’elle se trouvait le long du chemin Bourque (Burk), près de l’église de Saint-Anselme, tandis que l’autre était à environ un mille à l’est de l’église, à une certaine distance du chemin Melanson.  On y excavait de la pierre entre 1898 et 1900 pour assurer la construction de l’église.  Si l’on en juge par l’escellent état des murs de l’église, ces carrières compensaient la faible quantité de pierre produite par la qualité de celle-ci.

 

NOTES

 

74.              Eardley-Wilmot, 1927, p. 11.

75.              Bourgeois, 1925, p. 80

76.              Fred Pellerin, Maritime Stoneworks Ltd., de Dieppe, a partagé une partie de sa recherche sur la carrière Boudreau.  Nous tenons à le remercier de son aide à la rédaction de cette section de l’ouvrage.

77.              Hamilton, 1876, p. 67.


78.              JHA, 1860, p. 98, 122, 134.

79.              Acts of the New Brunswick Legislature, 18 Vic. C. 16; bureau des titres du comté de Westmorland, livre II, p. 217-219 (le 5 janvier 1855); livre II, p. 285-286 (le 12 janvier 1856); livre KK, p. 233 (le 8 novembre 1856).

80.              Il est probable qu’on trouvera d’autres détails relatifs à ce différend dans les dossiers de requête aux APNB.

81.              Bowser, 1986, p. 77-78.

82.              Carte des comtés de Westmorland et d’Albert, 1862.

83.              Bureau d’enregistrement des titres du comté de Westmorland, livre PP, p. 648 (le 1er août 1861).

84.              Bureau d’enregistrement des titres du comté de Westmorland, livre RR, p. 178, 204, 205, 232 (les 19 avril, 23 juillet, 4 et 23 août 1861).

85.              Bureau d’enregistrement des titres du comté de Westmorland, livre RR, p. 317 (le 2 octobre 1862); livre SS, p. 23 (le 14 mars 1863).

86.              MacNutt, 1963, p. 388, 432; Belliveau, 1976, p. 11-21.

87.              Ibid., p. 349.

88.              Ibid., p. 369, 388.

89.              Acts of the New Brunswick Legislature, 28 Vic. C. 56.

90.              Bowser, 1986, p. 85.

91.              Bureau d’enregistrement des titres du comté de Westmorland, livre SS, p. 285 (le 14 mars 1863); livre WW, p. 348 (le 15 juin 1866).

92.              Hamilton, 1876, p. 67.

93.              Gillcash, 1984, p. 36

94.              Ibid., p. 57-61.

95.              The Daily Times (Moncton), le 13 août 1877.

96.              Bailey, 1899, p. 110M.

97.              Bureau d’enregistrement des titres du comté de Westmorland, livre RR, p. 204 (le 4 août 1862).

98.              Hutchison’s New Brunswick Directory for 1865-1866.

99.              Lettre de Richard J. Foxwell à Charles E. Fish, le 10 août 1889.  Archives Fish, boîte 2, dossier ‘Richard J. Foxwell 1899', MC 1244/MS 1B/18. APNB.

100.          Lettre de H.C. Read à C.E.Fish, le 25 mai 1889.  Archives Fish, boîte 4, dossier ‘H.C. Read 1889-1906', MC 1244/MS 1B/45. APNB.

101.          Ibid.

102.          Bureau d’enregistrement des titres du comté de Westmorland, livre RR, p. 205 (le 4 août 1862).

103.          The Daily Times (Moncton), le 1er août 1885.

104.          Document daté du 15 février 1895, Fred Pellerin, dossiers personnels.

105.          Bailey, 1899, addenda.

106.          Acts of the New Brunswick Legislature, 23 Vic. C. 82.

107.          Morning Telegram (Saint John), le 10 juin 1865.

108.          Fred Pellerin, Dieppe, dossiers personnels.

109.          Morning Telegram (Saint John), le 1er juillet 1865.

110.          Hamilton, 1876, p. 67.


111.          Bureau d’enregistrement des titres du comté de Westmorland, livre R3, p. 494 (le 28 novembre 1876); The Daily Times (Moncton), le 13 août 1877.

112.          Gillcash, 1984, p. 43-44.

113.          The Daily Times (Moncton), le 13 août 1877.

114.          Saint John Daily Telegraph, le 5 octobre 1878; The Daily Times (Moncton), le 28 juillet 1885.

115.          Williamson, 1974, p. 56-57.

116.          Saint John Daily Telegraph, le 8 juin 1878.

117.          Bailey et Jack, 1876, publicité.

118.          Saint John Daily Telegraph, le 13 juillet 1871; Fred Pellerin, Dieppe, comm. pers.

119.          Bailey et Jack, 1876, p. 51.

120.          The Daily Times (Moncton), le 28 juillet 1885.

121.          Ibid., le 31 juillet 1885.

122.          de Caraffe, 1983, p. 3; Saint John Daily Telegraph, le 9 juillet 1896.

123.          Procès-verbaux, 1908-1938, Read Stone Company Ltd., MC 224/1/1. APNB.

124.          Eardley-Wilmot, 1927, p. 12.

125.          Bowser, 1986, p. 116-117.

126.          Bureau d’enregistrement des titres du comté de Westmorland, livre KK, p. 233 (le 8 novembre 1856); livre WW, p. 348 (le 15 juin 1866).

127.          The Daily Times (Moncton), le 29 avril 1881.

128.          Labelle et McGinity, 1981a et 1981b.

129.          Fred Pellerin, Dieppe, comm. pers.

130.          Eardley-Wilmot, 1927, p. 12, 41; Bailey, 1899, addenda.

131.          Constituée en société au Nouveau-Brunswick en vertu de lettre patentes du 13 mai 1908.

132.          Parks, 1914, p. 59.

133.          Eardley-Wilmot, 1927, p. 12.

134.          Procès-verbaux de la Read Stone Company Limited, MC 224/1/1, notes du 7 août 1923, le 10 avril 1926. APNB.

135.          Bowser, 1986, p. 116-117.

136.          Parks, 1914, p. 59.

137.          Gesner, 1840, p. 30.

138.          Ells, 1885, p. 37E.

139.          Renseignements inscrits sur un feuillet inédit intitulé Marshlands Inn, MCC 224/1/3. APNB.

140.          JHA, 1847, p. cxlii.

141.          Gesner, 1840, p. 60.

142.          Gesner, 1840, p. 31.

143.          Acts of New Brunswick Legislature, 23 Vic. C. 84.

144.          Snowdon, 1972, p. 24.

145.          Ibid.

146.          Bureau d’enregistrement des titres du comté de Westmorland, livre RR, p. 347 (le 21 octobre 1862).

147.          Eardley-Wilmot, 1927, p. 24.

148.          Eardley-Wilmot, 1927, p. 24; lettre de J.B. Read à John Lowe, le 21 janvier 1872, MC 224/3/9. APNB.


149.          Snowdon, 1972, p. 25-27.

150.          Document inédit daté du 12 février 1925, MC 224/1/3. APNB.

151.          Lettre de J.B. Read à Henry Read, le 14 août 1889, MC 224/3/111.  Il existe aussi un article sans référence dans un dossier intitulé ‘Read Family’ à la bibliothèque Manse de Newcastle.

152.          Parks, 1914, p. 63; annonce non publiée, MC 224/1/3. APNB.

153.          Eardley-Wilmot, 1927, p. 24.

154.          Ells, 1885, p. 9E.

155.          Saint John Daily Telegraph, le 7 juin 1883 et le 2 octobre 1884; Petchey 1989, s.p.

156.          Bailey, 1899, addenda.

157.          The Sackville Tribune, le 11 juin 1908.

158.          Parks, 1914, p. 65-66.

159.          Tribune Post, le 21 décembre 1908.

160.          Mount Allison University Newsletter, vol. 5, no 1, le 22 janvier 1973.

161.          Carte des comtés de Westmorland et d’Albert, 1862.

162.          Parks, 1914, p. 42.

163.          McAlpine’s New Brunswick Directory for 1889-1896.

164.          Parks, 1914, p. 43-44.

165.          Parks, 1914, p. 44.

 

Pour obtenir des exemplaires Volume I - L’histoire de l’industrie de la pierre de construction au Nouveau-Brunswick de Gwen L. Martin et du Volume II - Un aperçu des bâtiments en pierre du Nouveau-Brunswick de Gwen L. Martin, s’adresser à la:

 

Division des ressources minérales

Ministère des Ressources naturelles et de

l’Énergie

C.P. 6000, Fredericton

Nouveau-Brunswick   E3B 5H1


                                                                                                           

LISTE DE MEMBRES

1998

 


Membres à Vie

 

Babineau, Edmond

Belliveau, Normand

Cormier, Carmel

Dupuis, Gladys

Dupuis, Walter

Gaudet, Donatien

Gaudet, J. Roméo, Rév.

Gaudet, Vital

Gauthier, Jacques Me.

Gautreau, Gérène

Gionet, Alcide

LeBlanc, Maurice

Léger, Maurice A., Rév.

Léger, Dr. Robert

Savoie, Nicole

Surette, Paul

 

Membres Bienfaiteurs

 

Cormier, Francis

Dupuis, Léonce

Ferme Bourgeois Farm Inc.

Landry, Francis

 

Membres Décédés en 1997-1998

 

Gaudet, Aurèle E.

LeBlanc, Anne Marie

LeBlanc, Gérard W.

 

Membres Ordinaires

 

Albert, Thérèse

Allain, Annette

Allain, Oscar

Arsenault, Alfreda

Arsenault, Lorette

Arsenault, Marie-Ange

Arsenault, Zoël

Arseneault, Roberte

Auffrey, Jean-Marie Dr.

Auffrey, Paul

 

Babineau, Francine

Babineau, Marguerite

Bastarache, Aldona

Belliveau, Alfred

Belliveau, Anne-Louise

Belliveau, Germaine

Belliveau, Jeanne

Belliveau, Laurie

Belliveau, Laurie

Belliveau, Paul

Bessie, Yvonne

Bibliothèque Publique de Memramcook

Bibliothèque Publique de Moncton

Boudreau, Anita

Boudreau, Antoinette

Boudreau, Béatrice

Boudreau, Florence

Boudreau, Hector

Boudreau, Louis-Joseph Rév.


Boudreau, Marie

Boudreau, Marie-Annette

Bourgeois, Annette

Bourgeois, Éveline

Bourgeois, Jeannine

Bourgeois, Marie

Bourgeois, Paul-Eugène

Bourgeois, Phyllis

Bourgeois, Roger

Bourgeois, Thérèse

Bourque, Armand

Bourque, Claudette

Bourque, Denis

Bourque, Dora

Bourque, Laurie

Bourque, Marie

Bourque, Marie

Boyd, Thérèse

Breau, Dolores

Bujold, Donalda

Gautreau-Burke, Géraldine

 

Collin, Denise

Collin, Jean Marc

Comeau, Walter, Frère c.s.c.

Cormier, Alphonse J.

Cormier, Alphonse P.

Cormier, Alyre H.

Cormier, Armelle

Cormier, Arthur

Cormier, Bernice

Cormier, Bertrand

Cormier, Clarence

Cormier, Corinne

Cormier, Émile

Cormier, Eugène A.

Cormier, Florence

Cormier, Francis

Cormier, Germaine

Cormier, Gérard

Cormier, Huberte

Cormier, Léonel

Cormier, Lizzie-Anne

Cormier, Louis-Marie

Cormier, Louise

Cormier, Marie-Louise

Cormier, Murielle

Cormier, Ovila

Cormier, Paul

Cormier, Sifroid

Cormier, Thérèse

Cormier, Yvon A.

 

Deveau, Daniel Rév.

Doiron, Sylvio Rév.

Doucet, Bernadette

Duguay, Carmelle

Duguay, Oscar

Dupuis, Alta

Dupuis, Dollard

Dupuis, Doris

Dupuis, Gérard

Dupuis, Majella

Dupuis, Paul-Émile

Dupuis, Winnita

 

Forest, Léonard

Fougère, Zoël

Foyer Dr. Camille E. Gaudet

 

Gagnon, Réjean

Gaudet, Adéodat

Gaudet, Alberta

Gaudet, André

Gaudet, Aurèle


Gaudet, Aurélia

Gaudet, Bernard

Gaudet, Bernadette Sr.

Gaudet, Bertha

Gaudet, Délina

Gaudet, Denis I.

Gaudet, Florence

Gaudet, Gérard H.

Gaudet, Gérard R.

Gaudet, Gisèle Y.

Gaudet, Hector

Gaudet, Henri-Paul

Gaudet, Huberte

Gaudet, Jean

Gaudet, Jean

Gaudet, Jude

Gaudet, Léo-Paul H.

Gaudet, Léopold F.

Gaudet, Louis-Arthur

Gaudet, Louise Y.

Gaudet, Offa

Gaudet, Olivon

Gaudet, Paul-Eugène

Gaudet, Pius C.

Gaudet, Prémilia

Gaudet, Raymond Z.

Gaudet, René R.

Gaudet, Robert L.

Gaudet, Robert Y.

Gaudet, Thérèse F.

Gaudet, Thérèse G.

Gaudet, Thérèse O.

Gaudet, Valmont

Gaudet, Yolande

Gautreau, Anita

Gautreau, Cléophas

Gautreau, Huberte

Gautreau, Stella

Gionet, Antoinette

Gobbi, Irene (Richard)

Gould, Phyllis

 

L’Association des Locataires du Foyer St-Thomas

Landry, Alfred

Landry, Charles

Landry, Edgar

Landry, Émery

Landry, Gérald

Landry, Juliette

Landry, Lucille

Landry, Dr. Michel

Landry, Normand

Landry, Paul

Langis, Marcel

LeBlanc, Adolphe

LeBlanc, Alma

LeBlanc, Alonzo, dc, NA, LL, L

LeBlanc, Anna

LeBlanc, Anita

LeBlanc, Antoinette

LeBlanc, Arthur

LeBlanc, Bernard R.

LeBlanc, Bernadette

LeBlanc, Bertha

LeBlanc, Bertrand

LeBlanc, Claire

LeBlanc, Clovis

LeBlanc, Corinne

LeBlanc, Dollard

LeBlanc, Don

LeBlanc, Donald

LeBlanc, Donald E.

LeBlanc, Dora

LeBlanc, Dorinne

LeBlanc, Dorine

LeBlanc, Doris

LeBlanc, Edgar A.


LeBlanc, Édouard A.

LeBlanc, Euclide H.

LeBlanc, Eugène R.

LeBlanc, Fernande

LeBlanc, Flore-Yvonne

LeBlanc, Géraldine

LeBlanc, Gérard J.A.

LeBlanc, Gilbert

Léger LeBlanc, Hélène

LeBlanc, Henri

LeBlanc, Henri A.

LeBlanc, Hermance

LeBlanc, Jackie

LeBlanc, Jean E.

LeBlanc, Joseph

LeBlanc, Laurie J.

LeBlanc, Léon

LeBlanc, Léonard J.

LeBlanc, Léo-Paul, Rév.

LeBlanc, Lomer

LeBlanc, Marcel Denis

LeBlanc, Nellie

LeBlanc, Nicole

LeBlanc, Norm

LeBlanc, Normand A.

LeBlanc, Oliva

LeBlanc, Patsy

LeBlanc, Paul-Émile A.

LeBlanc, Pius Y.

LeBlanc, Prima

LeBlanc, René

LeBlanc, Roger

LeBlanc, Roland C.

LeBlanc, Ronald

LeBlanc, Ronald

LeBlanc, Rose-Anna

LeBlanc, Ulysse

LeBlanc, Ulysse Rév.

LeBlanc, Victor

LeBlanc, Yolande

Legendre, Béatrice

Legendre, Guy

Léger, Alban

Léger, Benoît

Léger, Blanche

Léger, Camille

Léger, Charles-Auguste

Léger, Claudius I.L.

Léger, Diane Carmel

Léger, Dorine

Léger, Edna

Léger, Éliza

Léger, Évangéline

Léger, Francis

Léger, Gérard P.

Léger, Gérard S.

Léger, Guy, Rév.

Léger, Jean-Guy

Léger, Joseph-Édouard

Léger, Juliette

Léger, Lauraine

Léger, Léandre

Léger, Léonard

Léger, Lorette

Léger, Lorraine

Léger, Louise

Léger, Marielle

Léger, Michel

Léger, Pamphile

Léger, Paul-Émile

Léger, Rachel

Léger, Raymond A.

Léger, Roméo

Léger, Thérèse

Léger, Ulysse

Léger, Yvonne

Légère, Alyre

Légère, Ike

 


Maillet, Stella

Melanson, Angela

Melanson, Thérèse

Melanson, Yvon

Morrison, Alva

 

Nadeau, Conrad

Nadeau, Pauline

 

O’Donnell, Denise

O’Donnell, Greg

 

Poirier, Aurore

Poirier, Gérard

Poirier, Germaine

Poirier, Guy

Pommepuy, Carmelle

 

Richard, Aline

Richard, Aurore

Richard, Célina

Richard, Diane

Richard, Gilles

Richard, Ida

Richard, Lorenzo

Richard, Oscar

Robichaud, Claudette

Robichaud, Della

Léger-Ryan, Gisèle

 

Sapp, Claudette

Saulnier, Cécilia

Saulnier, Rachel

Savoie, Guy N.

Société Historique Acadienne

 

Utley, Patricia

Utley, Suzanne

 

Village de Memramcook

Ville de Dieppe

 

Young, Rita B.

 

ÉCHANGES & ARCHIVES

 

Acadian Genealogy Exchange

American-Canadian Genealogical Society

Bibliothèque de l’Assemblée législative

Bibliothèque Nationale du Canada

Bretagne Acadie/Gérard-Marc Braud, président

Centre d’Études Acadiennes

La Fédération acadienne du Québec inc.

Les Amitiés acadiennes

Société Historique de Grande-Digue inc.

Société Historique de la Mer Rouge

Société Historique du Comté de Restigouche

Société Historique Machault Inc.

Ven’d’est