Société Historique de la Vallée de Memramcook

Volume 9 no 2, août 1998

Volume 9 no 2, août 1998TABLE DES MATIÈRES

Mot de la présidente

Cahiers disponibles/Coupon cotisation

Coin des échanges

Gens de Memramcook

Les abeilles

L'Église Notre-Dame de Lourdes

Chapelle Notre-Dame du Lac

Laura Gaudet

Arbre généalogique de la famille Gaudet

Corrections et ajouts

Saviez-vous?

Les petites soeurs de la Sainte Famille

Biographie de Joseph Irénée (Ernest) Saulnier

Pierre-J. Belliveau

*******************************************

MOT DE LA PRÉSIDENTE

 

Bonjour!

 

L’été est presque terminé mais la température a été idéale pour les touristes et les personnes en vacances. 

 

Encore une fois cette année, nous avons eu un octroi des gouvernements en projets d’étudiants.  Nous avons eu les services de Catherine Cormier et Josée Gautreau.  Elles ont aménagé la salle d’exposition et fait le classement des fillières en archives tout en tenant compte de l’inventaire.  Nous les remercions de leur travail et espérons qu’elles ont passé un bon été avec nous.

 

Nous aurons encore une fois à déménager cet automne puisque l’édifice de l’école de Pointe-à-l’Ours sera louée à un groupe privé.  Nous ne savons pas encore où nous serons logé, mais nous espérons que notre demande de l’édifice municipale (ancienne école de Saint-Joseph) sera approuvée par le Conseil Municipal. Si tout va bien nous espérons être installé dans nos nouveaux locaux au plus tard décembre et si Dieu le veut, se sera la dernière fois que nous déménagerons!!

 

Au plaisir de vous tenir intéressé en histoire!

 

Patricia Utley

 


CAHIERS DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE

DE LA VALLÉE DE MEMRAMCOOK INC.

ENCORE DISPONIBLES

 

Vol. 1, No 1, 2; Vol. 2, No 1, 2; Vol. 3, No 2;  Vol. 4, No 1; Vol. 5, No 1, 2; Vol. 6, No 1, 2, 3; Vol. 7, No 1, 2, 3; Vol. 8, No 1, 2, 3; Vol. 9, No 1

 

Les copies des volumes 1 à 6 No 2 disponible se vendent à 3$ chacune.  Les copies des volumes suivants se vendent à 5$ chacune.

 

COUPON COTISATION-CADEAU

 

Veuillez faire parvenir aux personnes dont le nom suit, la carte de membre d’un an et les Cahiers de la Société Historique de la Vallée de Memramcook Inc. pour l’année en cours.

 

Cadeau(x) à:

 

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Ci-joint, veuillez trouver la somme de _____$ pour cotisation.

 

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Tarif:

 

Régulier              15,00$ (Can.)   20,00$ (U.S.)

Étudiant                5,00$ (Can.)   10,00$ (U.S.)

Membre à vie      300,00$

Institution ou organismes      30,00$ (Can.)

                                             35,00$ (U.S.) 


                                                                                                           

COIN DES ÉCHANGES

 

Nos échanges pour ce numéro sont les suivants:

 

CONTACT-ACADIE, Bulletin des Études acadiennes, No 29, automne-hiver 1997-1998

 

BULLETIN de la Société historique du Comté de Restigouche, Vol. 16, No 2.

 

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE ACADIENNE,       Vol. 29, No 1 & 2, mars-juin 1998

 

ACADIAN GENEALOGY EXCHANGE, Vol XXVII # 2 & 3, April/July, 1998

 

VEN’D’EST, No 79, juin-juillet 1998

 

BULLETIN de la Société historique Machault inc., Vol. 1, No 4 été 1998

 

BRINS D’HISTOIRE, Cahier de la Société historique de Grande-Digue, No 5, Avril 1998

 

AMERICAN-CANADIAN GENEALOGIST, Official Journal of American-Canadian Genealogical Society, Issue #76, Vol. 24, #2

 

SUR L’EMPREMIER, collection complète


                                                                                                           

GENS DE MEMRAMCOOK,

PERDONS-NOUS NOTRE IDENTITÉ?

 

Depuis un certain nombre d’années, nous constatons que, dans la grande région de Memramcook, il existe un mouvement de changement qui réussit à nous faire perdre une bonne partie de notre caractère très distinctif comme acadienne et acadien francophone.  Mais certains diront peut-être qu’on ne peut arrêter le changement, car c’est ça le progrès.

 

Si nous regardons un peu autour de nous, nous constaterons que beaucoup de choses ont changé, pour ne pas dire disparu depuis les années soixante, et pas toujours pour le mieux.  Prenons quelques exemples: le déplacement des communautés religieuses, la fermeture de l’École d’Agriculture et du Collège Saint-Joseph, l’enlèvement du pont de College-Bridge et de la gare du chemin de fer, la transformation de l’intérieur de nos églises, la disparition de nos écoles, une douzaine au moins, excepté l’École Abbey-Landry, le transfert de nos élèves de 10e, 11e et 12e années à Dieppe et dernièrement, les élèves de 9e année, et pour finir, le regroupement de tout le monde de notre grande région dans un même village appelé le Village de Memramcook, qui soppose plus d’avantages que de désavantages.

 


Et si nous ajoutons à tout cela le phénomène de l’importance de l’anglais dans la vie de chacune et chacun d’entre nous, nous pouvons nous questionner sur notre avenir comme Acadiens et parlants francophones.  Pensons à la télévision, à la radio, à l’internet, aux journaux et revues, à l’affichage, aux sports, et ajoutons l’indifférence d’un certain nombre de nos concitoyens à utiliser la langue française.  Ce ne sont là que quelques exemples comme moyens d’anglicisation d’une population.

 

Revenons-en à la question d’identification et faisons l’exercice suivant: si nous nous trouvons au Madawaska et qu’on nous demande d’où nous venons, nous répondrons: “De Memramcook”; rendus au Québec, nous dirons: “ Du Nouveau-Brunswick”; en Europe, la réponse sera: “Du Canada”.  Mais lorsque nous remplaçons cette question plus précise comme d’où je viens ou d’où je suis, je peux encore dire aujourd’hui: “Je suis de La Hêtrière, du Lac ou encore de Belliveau-Village”.  Mais que va-t-il arriver aux plus jeunes?  Tout cela pour dire qu’il est fort probable que notre identification à ce milieu devient de moins en moins évident.

 


C’est pourquoi, les membres du comité de généalogie sont de l’idée qu’il faut tout faire pour sauver cet aspect de notre identité avant qu’il ne soit trop tard.  La suggestion suivante n’est qu’une parmi d’autres qui pourraient être avancées.  Nous recommandons donc fortement qu’un comité soit formé dans le but de voir à ce que chaque petit village ait une affiche à son entrée, qui puisse bien l’identifier quant à la dimension, aux couleurs et au lettrage.  Avant de les placer, il faudra s’assurer que la population soit sensibilisée à cet effet.  Nous suggérons aussi que des personnes de chaque localité soient impliquées  dans le projet.  Il est fort probable qu’un tel comité ne pourra être fonctionnel avant d’avoir eu l’approbation des autorités de la municipalité de Memramcook.

 

Enfin, nous croyons qu’une démarche telle que nous proposons sera très importante comme moyen de sensibiliser toute la population à ses origines et que, du fait même, nous serons de plus en plus intéressés à notre généalogie, à l’histoire de nos ancêtres et du même coup à l’histoire de l’Acadie.  Il en découlera, et nous en sommes confiants, une identification plus certaine à nos racines acadiennes et françaises.

 

                                                                                                                                            Le Comité de Généalogie de la

                                                                                                                                            Société Historique de la Vallée

                                                                                                                                                                 de Memramcook

                                                                                                                                                                                          

                                                                                                                                                              Edmond Babineau,

                                                                                                                                                                             président


                                                                                                           

LES ABEILLES

 

Les abeilles sont les seuls êtres vivants sur une ferme qui donnent un produit précieux tout en ne coûtant rien d’entretien à l’exception de leur abri.  Ce qu’elles mangent vient des champs, et d’aucun usage absolument pour d’autres qu’elles.  Avec une sage direction et une bonne localité, les abeilles redoublent leur nombre tous les ans, et voilà autant de profit net.  Nos fermiers devraient faire plus d’efforts dans cette direction; le miel obtient toujours un bon prix, et cela ne coûte que du soin au producteur.  Il ne faudrait qu’une centaine de livres de miel pour payer toutes les taxes de la ferme, et il resterait encore de l’argent.


 

CHAPELLE NOTRE-DAME

DU LAC

 

Cette chapelle a été construite, croit-on, entre 1900 et 1905.

 

Durant la période qui suivit sa construction jusqu’à 1963, on sait que les élèves du Collège venaient en procession au printemps de chaque année ‘installer’ la statue de la Sainte-Vierge dans sa petite chapelle.  Les religieux du Collège, la population de la Vallée de Memramcook ainsi que les gens des alentours s’arrêtaient pour y prier Marie ou déposer une gerbe de fleurs au pied de sa statue.

 

Vendue en 1963 puis transportée à Belliveau-Village près de la rivière Petitcodiac, c’est en 1992 que le propriétaire d’alors, Marcel Gould, en fait don au Parc LeBlanc et que la petite chapelle retrouve sa place d’origine.

 

Vital Gaudet, un paroissien de l’endroit remet à son tour l’autel qui avait occupé le centre de la chapelle.

 

Enfin, Aline et Damien Cormier ont fait don des statues du Sacré-Coeur et de la Sainte Vierge qui ornent l’intérieur de la chapelle.

 

Les réparations et la remise en état de ce petit lieu historique, partie du patrimoine des gens de la Vallée de Memramcook, sont l’oeuvre d’Alban Léger, Evélina Léger et Charles-Auguste Léger.

 

Pour le Parc LeBlanc

Guy Léger, c.s.c.   Le 14 janvier 1993


 

LAURA C. GAUDET:

ACADIENNE, CHANTEUSE ET

PIANISTE

 

UNE FRANCO-AMÉRICAINE ÉMINENTE

 

RICHARD FORTIN

 

Laura Cecilia GAUDET est née le 13 avril 1902 à Hartford, Connecticut, fille de Joseph GAUDET et de Patience RICHARD, tous deux natifs du Nouveau-Brunswick, lui de Memramcook, elle de Rivière-aux-Renards (Fox Creek), près de St-Anselme.  Elle était la benjamine d’une famille de 12 enfants dont les deux parents étaient doués musicalement.

 

GAUDET a reçu son éducation primaire à la St.Anne’s School, à Hartford, pour ensuite poursuivre ses études au Couvent des Ursulines, à Québec, où elle s’est mérité un diplôme à L’Académie de Musique, décrochant la médaille d’or.  Elle a continué ses études musicales à Paris, où elle a étudié auprès de Isidor PHILIPP. A Rome elle était l’élève de Alberto CAMILLONI de l’Académie Ste-Cécilia.  A son retour aux Etats-Unis elle a étudié le chant à New York auprès de Crystal WATERS et de Enrico ROSATI.

 


Ses études terminées, Laura GAUDET a commencé sa carrière comme pianiste à WTIC à Hartford, et elle a été la soliste et la pianiste d’ensemble de Traveler’s Concert Hour, émission d’une heure d’un océan à l’autre sous la direction de Christian KRIENS, directeur et composeur musical de WTIC.  Elle a accompagné de nombreux artistes présentés à la Traveler’s Hour, dont Robert MERILL, Tom DONNELLY, Anna KASHAS et d’autres vedettes de la Metropolitan Opera.

 

Outre ses présentations à la radio, GAUDET a passé une année à New York, faisant des enregistrements pour la World Broadcasting Company.  Elle est ensuite revenue à WTIC où elle a participé à une série de récitals intitulée Piano Moods and Songs of Acadia.  Elle a été la pianiste de la nouvelle orchestre avec Moshe PARANOV, le directeur musical de WTIC.  Elle a été membre de l’Orchestre Symphonique de Hartford à titre d’organiste et de soliste, auprès de Fritz MAHLER, directeur musical.

 

En 1938 Laura GAUDET a fondé le club Chaminade, dont l’objectif était de chanter en français et en anglais.  Elle a participé a plusieurs émissions présentées par la National Broadcasting Company et la Canadian Broadcasting Company.  Ses tournées dans l’Est du Canada et de la Nouvelle-Angleterre, aux Annual National Folk Festivals en Philadelphie, à Cleveland et à St-Louis, et à World’s Fair of Music à New York ont été saluées unanimement par les médias et le public.

 

Laura GAUDET a aussi eu une carrière comme répétitrice, donnant des leçons de chant au Collège Hartt, où elle a travaillé surtout dans le département d’opéra et jouait l’orgue et la célesta pour de nombreuses opéras.  Elle a été la pianiste pour plusieurs opérettes pour enfants.

 


La musique à l’église a fait partie de la carrière de Laura GAUDET.  Elle a été l’organiste et la directrice de chorale aux églises St. Michael et St. Luke à Hartford, et elle a composé une messe pour sa chorale à l’église St. Patrick à Collinsville, Connecticut.  Elle a passé une partie de ses dernières années à donner des cours de chant dans la région de Boston et comme organiste et soliste à l’église St. Joseph, à Lynn, Massachusetts.

Laura GAUDET était bien fière de son patimoine acadien et dans sa présentation de chansons en français elle s’habillait du costume d’Évangéline.  Une grande partie de sa carrière a été consacrée à présenter des chants de folklore acadien et canadien-français qu’elle avait recueillis et adaptés en collaboration avec feu J.-Thomas LEBLANC, correspondant à l’Évangéline à Moncton, Nouveau-Brunswick.  L’Évangéline présentait un cahier qui était de fait un répertoire de vers de folklore contribués par des correspondants et correspondantes d’à travers l’Acadie.  Une partie de la collection de GAUDET a été publiée par Broadcast Music Incorporated (BMI) en 1946.

 

Madame GAUDET, qui est maintenant à la retraite dans un foyer à Lynn, Massachusetts, était contemporaine de deux autres musiciens acadiens renommés qui nous ont quittés: la chanteuse Anna MALENFANT, native de Shédiac, et le virtuose du violon, Arthur LEBLANC, natif de Dieppe.  Les trois ont joué ensemble au Trio Musical Acadien en 1922.

 

ARBRE GÉNÉALOGIQUE

DE LA FAMILLE GAUDET

 

France et 1ère génération

 


  1. Jean Gaudet, né vers 1575, de Martaizé, Vienne (France); arrivé en Acadie vers 1636, m en deuxièmes noces vers 1628 à Nicole COLESON (Arsenault, 2, p.554)

 

  1. Denis Gaudet, fils de Jean, m vers 1645 à Port-Royal à Martine GAUTHIER

 

  1. Pierre Gaudet, fils de Denis, m 1672 à Anne BLANCHARD (Jean/Radegonde LAMBERT), veuve de François Guérin

 

  1. Bernard Gaudet, (appelé Le Vieux) fils de Pierre, m vers 1693 à Port-Royal à Jeanne THERIAULT (Claude/Marie Gautreau)

 

  1. Pierre-Pitre Gaudet, fils de Bernard, m 26 nov 1720 à Marie BELLIVEAU (Charles/Marie Melanson)

 

  1. Pierre-Pierrotte Gaudet, fils de Pierre-Pitre, m vers 1747 à Grand-Pré à Marie-Madeleine AUCOIN (René/Madeleine Bourg)

 

  1. Jean-Pierrotte Gaudet, fils de Jean-Pierrotte, m à Marie-Madeleine LEBLANC (Joseph/Agnès Belliveau)

 

  1. Laurent-Toussaint Gaudet, fils de Jean-Pierrote, m le 4 nov. 1803 à Memramcook à Céleste LANDRY (Joseph/Madeleine Gaudet)

 

  1. Jean Gaudet, fils de Laurent-Toussaint, m le 3 sept. 1844 à Memramcook à Marguerite BOURQUE (Raphaël/Rosalie LEBLANC)

 

  1. Joseph Gaudet, fils de Jean, m le 22 fév. 1881 à St-Anselme, N.-B. à Patience RICHARD (Maxime/Henriette LEBLANC)

 

  1. Laura Gaudet, fille de Joseph Gaudet et de Patience Richard, née le 13 avril 1902 à Hartford, Connecticut.

 


                                                                                  CORRECTIONS ET AJOUTS

 

ref.:  Vol  9  no 1 Avril  1998

 

p. 50:  Clarence LeBlanc:  2 enfants

                         Guy LeBlanc:  2 adultes

 

p. 53:   ajouter Léo Landry

 

SAVIEZ-VOUS QU’UN GAUDET AVAIT DÉJA EU UN ESCLAVE NOIR?

 

Cet esclave noir du nom de “Beuga” avait été acheté par Charles Gaudet, lors de son séjour aux États-Unis à la suite de la déportation.

 

Charles à Pierre à Bernard Gaudet est né en 1726.  Il avait épousé, à Port Royal, Scolastique Hébert le 19 janvier 1750.  Celle-ci décéda l’année suivante.  Charles épousa donc en secondes noces Nathalie Robichaud en1755, juste avant la déportation au Connecticut.  Ils eurent 5 enfants, dont les quatre premiers sont nés en exil, tandis que Charles, le dernier, fut baptisé à Pointe- aux- Trembles (Québec) le 14 août 1770.

 

Voici le texte:

- Lignée de Charles Gaudet et Nathalie Robichaud.  J’ai retenu ce détail particulier extrait de la donation de Charles Gaudet à son fils Charles 11 en 1797:

 


Charles Gaudet, père, donnait à son fils un “esclave noir” qu’il avait acheté et amené des Etats- Unis, au retour de l’exil, pour l’aider à défricher sa concession.  Cet esclave fut légué en héritage, comme un bien meuble.  Il devait travailler huit mois par année pour son maître, être nourri, vêtu et hébergé le reste du temps et muni de tous les soins en cas de maladie et inhumé par le donataire.  Cet esclave noir se nommait “Beuga”.

 

On dit qu’il fut traité comme un loyal serviteur par cette famille qui l’avait acheté en prévision de la colonisation de leur futur domaine dans une Nouvelle- Acadie.

 

Ces renseignements ont été tirés du livre intitulé “ Le Bas du Ruisseau Vacher”* par Thérèse Melançon- Mireault, pages 90 et 91.

 

*Le Bas du Ruisseau Vacher porte le nom de Ste-Marie- Salomé de Port- Royal, aujourd’hui.  Ce village est situé sur le côté nord du fleuve St- Laurent, près du village de l’Epiphanie, non loin de la route 40 et aussi de Montréal.

Voilà quelques années passées, j’ai eu la chance, avec des membres de la société historique acadienne, d’aller visiter ce village de la “Nouvelle-Acadie”.  Près de deux cents Acadiens nous attendaient dans la salle.  Plusieurs avaient la larme à l’oeil, car pour certains de ces descedants d’Acadiens qui avaient été déportés aux Etats- Unis en 1755, voyaient pour la première fois de vrais cousins de l’ancienne Acadie.  Ce furent des moments très émouvants.  Aussi, l’auteure nous donna une copie de son livre.

 

                                                                                                                                                               Edmond Babineau

 

BIOGRAPHIE

 

JOSEPH IRÈNÉE (ERNEST) SAULNIER

1897-

 

Ernest Saulnier, fils de Amand Saulnier et de Marie Blanche Dupuis est né à College-Bridge le 18 juin 1897 et baptisé “Joseph Irènée Saulnier”.  Il est le plus jeune d’une famille de douze enfants et le seul survivant.

 

Ernest alla à l’école de Upper Dorchester, près de l’ancien pont Rockland pour ses trois premières années scolaires; ensuite à l’école de College-Bridge; puis au Collège Saint-Joseph.  C’est au Collège qu’il joua le cornet dans la fanfare.  A un moment donné, il eut l’honneur de jouer pour le premier-ministre du Canada, Sir Wilfred Laurier en visite à Moncton. 

 

Pendant ses vacances d’été, il a travaillé comme “Bell boy” à l’hôtel Algonquin à Saint Andrews.  Ernest aime raconter ses belles expériences de ces temps-là.

 

Après ses études collégiales, M. Saulnier suivit un cours de “Telegraph Operator” et “Station Master”.

 


A l’âge de vingt-cinq ans, Ernest épouse Irène LeBlanc, âgée de 22 ans.  Le mariage fut célébré par le Père Lecavalier.  Ernest avait embauché Gordon Armour pour les conduire dans une McLaughlin Buick décapotable.  Gordon les conduisit à l’église puis à Moncton pour dîner à l’Hôtel Brunswick.  De Moncton, ils prirent le train pour leur voyage de noces à Newcastle puis Saint-Jean.  De retour à Memramcook, leurs amis les surprirent en leur jouant une “chavari”.

 

M. et Mme Saulnier eurent cinq filles dont quatre sont vivantes.  Ils ont 10 petits-enfants et 16 arrière-petits-enfants.

 

Après avoir travaillé pour le C.N. à temps partiel pendant vingt ans un peu partout dans les Maritimes, Ernest obtient un poste permanent pour la première fois à Calhoun, puis à Humphrey et ses dernières années à Dorchester d’où il se retira à 64 ans, après 43 années de service.

 

Ses passe-temps favoris étaient la pêche à la truite, le jardinage et la culture des fleurs.

 

Aujourd’hui Ernest et Irène sont résidents au Foyer Saint-Thomas de Memramcook.  Ils célébreront leur 76e anniversaire de mariage en septembre.

 

M. Saulnier regarde tous les jours “The Price is Right” à la télévision et ne manque jamais les nouvelles du soir pour se tenir au courant de ce qui se passe.

 

                                                                                                                                                                 Thérèse LeBlanc


 

UNE ÉTOILE D’ACADIE

 

PIERRE-J.  BELLIVEAU

1901-1990

AVOCAT-AUTEUR- PATRIOTE

BOSTON, MASSACHUSETTS

 

par Richard Fortin

 

PIERRE-JOSEPH BELLIVEAU est né à Dorchester, au Nouveau-Brunswick, le 20 juillet 1901, fils de Dominique BELLIVEAU et de Rosalie BELLIVEAU, de la région de Memramcook.  Il a fait ses études primaires et secondaires dans la région.  En 1917 il s’est inscrit au Collège St-Joseph à Memramcook.  Pendant ses vacances il travaillait dans la région au service du chemin de fer.  Mais en 1921, manquant d’argent pour financer ses études, il est allé se trouver du travail dans l’Ouest canadien.  De là il a éventuellement émigré à Boston, au Massachusetts, en 1928.

 

Le 29 décembre 1934, à Seabrook, au New Hampshire, il épousait Leona E. Fell, née à Stoughton, Massachusetts, fille de James FELL et de Alice DONAHUE.  Ils eurent deux filles, Irène et Elizabeth, et un fils, James E.  Au moment de leur mariage Pierre était aux études, sa femme était compositrice.

En 1933 il a commencé ses études à Boston University, où il s’est mérité un bachelier en droit.  En 1933 il s’est inscrit à l’école de droit de Suffolk University, mais il l’a quitté pour un certain temps pour étudier à Harvard University.  Il est ensuite retourné à Suffolk, où il a obtenu une maîtrise en droit en 1936.  En 1936 il a été admis au barreau du Massachusetts, et il a ouvert un bureau dans la ville de Boston, au 53, rue State.  C’est à ce moment-là qu’il a décidé de demeurer aux États-Unis, et il est devenu un citoyen naturalisé en 1938.  Pour un certain temps il a demeuré à Newton, puis est déménagé à Cambridge.

 


Dans son livre “Silhouettes Franco-Américaines” Rosaire Dion-Lévesque écrit qu’au cours de ses études universitaires et en droit, il subvenait à ses besoins en travaillant au pic et à la pelle, et qu’un bon nombre de ses compagnons de travail ont par la suite formé une bonne partie de sa clientèle.

 

Lévesque nous dit qu’il n’avait pas peur de vanter son patrimoine acadien, et qu’il en a fait une partie intégrante de sa participation communautaire dans son pays adoptif.  En tant que secrétaire du Club Canadien de Boston il a oeuvré en vue de rapprocher les communautés française et anglaise.  Il donnait un appui enthousiaste à la Croix-Rouge Nationale, à USO, et il a été membre de la State Selective Service Board.

 

En 1955 c’est lui surtout qui a poussé le Gouverneur du Massachusetts du temps, Christian A. Herter, à envoyer les bons souhaits du Commonwealth à l’archevêque de Moncton du temps, Norbert Robichaud, à l’occasion des célébrations acadiennes qui devaient avoir lieu dans la Vallée de Memramcook autour du 15 août, la fête des Acadiens.  La même année il a aussi écrit une série d’articles publiés dans le Boston Pilot, en réponse à trois articles publiés dans le journal de l’archidiocèse de Boston dénigrant le peuple acadien.

 


Son grand intérêt aux choses acadiennes a produit son oeuvre principale, la publication d’un livre intitulé French Neutrals In Massachusetts, un outil de recherche définitif pour ceux et celles qui étudient les Acadiens déportés au Massachusetts.  En 1965 il est devenu membre fondateur de La Société Historique Acadienne, représentant le tout premier membre de la Nouvelle-Angleterre, détenant le numéro de membre 12.  Il a été l’un de ses plus actifs membres à faire des recrues aux Etats-Unis.  Très tôt il a été contributeur aux Cahiers de la société, et il recommandait avec ardeur au groupe d’établir un fonds en fiducie pour aider à financer ses activités.  Il a aussi contribué des articles au “Bulletin de la Société Historique Franco-Américaine”.

 

Il a été, avec le Père Clarence J. d’Entremont, l’un des premiers à monter une campagne en vue d’organiser une section de La Société Historique Acadienne en Nouvelle-Angleterre, et il a participé activement à toutes ses activités.  Il a été membre de la American-Canadian Genealogical Society et de la Acadian Genealogical and Historical Association.  Il est l’auteur d’un livre, Indians and the Indian Raids on Massachusetts.

 

Actif au sein de sa communauté, il a été administrateur public du comté de Middlesex, syndic de la banque Cambridge Savings, secrétaire de la Cambridge Community Federation, et de nombreux autres groupes de sa collectivité.

 

Le gouvernement de France l’a honoré en lui décernant le titre de Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques en raison de ses activités comme membre de “Le Comité de l’aide aux alliés” et de “France quand même”, une organisation française d’aide de guerre.  Il a été membre actif du parti Républicain, de la Cambridge Bar Association, de la Huguenot Society of America, de la Bunker Hill Monument Association.  Il a été actif comme Mason et Shriner, membre du Shakespeare Club, du Club Richelieu de Boston et de la Ancient and Honorable Charity Lodge A.F. and A.M.

 

A sa retraite de l’étude Belliveau-Scali and Simeola il a déménagé à Deland, en Floride, où sa femme a perdu la vie dans un accident d’auto.  Il s’est remarié par la suite.

 


PIERRE-à-Dominique-à-Pierre-à-Joseph-à-Joseph (Jospiau)-à-Pierre (Piau)-à-Jean-Charles-à-Jean-à-Antoine est décédé à Deland le 4 juillet 1990 à l’âge de 89 ans.  Il laissait sa deuxième femme Jessie, et ses deux filles, Irene Styffe et Elizabeth Roberts.  Son fils James l’avait précédé dans la tombe en 1975.  Il laissait aussi trois soeurs: Agnes Cowin, Ada Casey, de Manchester, au New Hampshire, et Madeleine Connoly, de Boston.  Il laissait aussi huit petits-enfants et 24 arrière-petits-enfants.

 

ASCENDANCE MATERNELLE DE

PIERRE-J. BELLIVEAU

 

1.      Antoine Belliveau inconnu Andrée GUYON

2.      Jean      --------- Jeanne BOURG

3.      Jean-Charles -------- Madeleine MELANSON Charles/Marie Dugas

4.      Charles m 3 nov 1717 Marie GRANGER Grand-Pré René/Marguerite Thériot

5.      Pierre m 29 août 1768 Anne GIROUARD Pisiquid     Joseph/Anne Doucet

6.      Jean m vers 1800 Isabelle GAUDET Memramcook  Jean/Marie Melanson

7.      Sauveur (Sévère) m 13 fév. 1836 Philomène BOUDREAU Memramcook François/Henriette Cormier

8.      Philippe m 27 nov. 1866 Madeleine GAUDET Memramcook Fidèle/Marie Landry

9.      Rosalie m 6 mai 1898 Dominique BELLIVEAU Memramcook Pierre/Marcelline Bourgeois

                                                                                                           

ASCENDANCE PATERNELLE DE

PIERRE-J.  BELLIVEAU

 

1.      Antoine BELLIVEAU, né en 1621, vraisemblablement  originaire de La Chaussée, dans la région du Loudun dans le départ. de la Vienne, France, arrivé en Acadie vers 1645.  Marié vers 1643 à Marie-Andrée GUYON.

2.      Jean, m 1671 Jeanne BOURG Port-Royal Antoine/Antoinette Landry

3.      Jean-Charles, m 1696 Madeleine MELANSON, Port-Royal Charles/Marie Dugas

4.      Pierre (Piau), m 12 jan 1728, Jeanne GAUDET, Port-Royal Bernard/Jeanne Thériot

5.      Joseph (Jospiau), m 1773, M. Jost. GAUDET, Port-Royal Jean-Baptiste/Anne Batarache

6.      Joseph, m 1798, Isabelle MELANSON Pierre

7.      Pierre, m 18 nov 1855, Marie BOURGEOIS, Dorchester, N.-B. Fidèle/Modeste Bourque

8.      Dominique, m 6 mai 1898, Rosalie BELLIVEAU, Memramcook  Philippe/Philomène Boudreau

9.      Pierre-Joseph, m 29 déc 1934, Leona FELL, Seabrook, N.H. James/Alice Donahue