Soci�t� Historique de la Vall�e de Memramcook

Volume 6 no 3 / Volume 7 no 1, ao�t-d�cembre 1995

Volume 6 no 3 / Volume 7 no 1, ao�t-d�cembre 1995TABLE DES MATI�RES

Mot de la pr�sidente

Coupon d'abonnement-cadeau

Les L�ger, Allain et Richard

G�n�alogie de Antoinette � Hector � Aim� � Louis � Moise � Joseph dit Calotte � Pierre � Charles � Jacques Bourgeois

Anciens comptes rendus (les premiers) de la paroisse Saint-Thomas de Memramcook d'apr�s le Moniteur, . xx, No 29,1886 (suite)

Reproduction d'articles de journaux acadiens de 1889, 1900, 1902

G�n�alogie du premier Auffrey en Am�rique

Historique de l'�ducation � Memramcook

Anecdotes, tir�es des M�moires de Cl�ophas L�ger, M.L.A.

Au temps des vieilles chapelles, par le R�v. P�re J. de l'Universit� de Memramcook extrait de la Revue Nationale, Montr�al, octobre 1919

Cahiers encore disponibles

Conseil et comit� des cahiers de la SHVM

Membres de la Soci�t� Historique 1995-1996

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MOT DE LA PR�SIDENTE

 

Chers lecteurs et ch�res lectrices,

 

Nous voici encore, finalement!! Nous nous excusons du retard, mais pour compenser, nous vous pr�sentons un Cahier double. Nous esp�rons qu'il vous plaira.

 

Nous avons eu un printemps et un �t� tr�s occup�s. En voici les grandes lignes:

 

D'abord, � notre r�union annuelle nous avons �lu un nouveau Conseil d'administration ainsi que son bureau de direction, pour la premi�re fois. Les membres sont les suivants:

 

Patricia Utley�� pr�sidente

Anita Boudreau vice-pr�sidente

R�v. p�re Guy L�ger tr�sorier

Carmel Cormier secr�taire

Adolphe LeBlanc directeur

Pius Y. LeBlanc conseiller

Charles LeBlanc conseiller

Renaud LeBlanc conseiller

Claire LeBlanc conseill�re

Lorette Arsenault conseill�re

Aur�lia Gaudet conseill�re

Aldona Bastarache conseill�re

 

Le Conseil s'est vite mis au travail. Anita Boudreau et son comit� nous ont mont� une tr�s belle exposition de photos anciennes, cette fois sur les gens de la Vall�e qui ont servi dans les forces arm�es durant les deux grandes guerres mondiales et la ferme du Coll�ge Saint Joseph. Nous n'avions qu'un seul �tudiant cette ann�e, donc nous ne pouvions pas avoir l'exposition ouverte au public sept jours par semaine. Mais � la fin de notre projet, l'exposition fut d�m�nag�e au Monument Lefebvre jusqu'au 15 octobre 1995.

 

L'ann�e prochaine, l'exposition portera sur les �coles de la Vall�e, les diff�rents enseignants, enseignantes et leurs �l�ves. Donc, si volis avez des photos que vous voudriez bien nous pr�ter, veuillez t�l�phoner � Anita au (506) 75 8-2107, d�s maintenant.

 

En ce qui est de notre �comus�e, nous avons ajout� une seule enseigne cette ann�e, celle qui d�montre le lieu de naissance de notre nouveau Gouverneur G�n�ral, l'Honorable Rom�o LeBlanc, � l'Anse-des-Cormier. Il y a encore plusieurs lieux historiques � exploiter dans notre belle Vall�e, mais le Conseil ne peut pas faire le travail seul. Donc, encore une fois, nous aurons besoin de votre aide, et je ne parle pas d'aide mon�taire, mais bien de l'aide physique. Vous n'avez qu'� penser au futur de vos enfants et petits-enfants. Si ce n'est pas vous, par l'entremise de la Soci�t� Historique, qui d'autre leur enseignera l'histoire de leurs anc�tres? Nos �coles modernes ne leur enseignent plus la petite histoire, donc il reste � nous de leur apprendre comment et pourquoi le peuple acadien d'aujourd'hui a ce qu'il a (ex: Rom�o LeBlanc de l'Anse-des-Cormier, maintenant Gouverneur G�n�ral du Canada).

 

Bien, assez de "pr�chage"! Nous prenons maintenant cette occasion pour vous souhaiter un tr�s Joyeux No�l et une Bonne et Heureuse Ann�e 1996.

 

Patricia Utley,

pr�sidente, Conseil d'administration de la S.H.V.M.

 

LES L�GER, ALLAIN ET RICHARD RECOLONISENT LA MEMRAMCOOKE

 

Peu apr�s que la France eut c�d� l'Acadie p�ninsulaire � l'Angleterre, vers 1719, Jacques � Jacques L�ger et son �pouse Anne Amirault vinrent recoloniser la Petcoudiac (Petitcodiac), dans un territoire que les Fran�ais revendiquaient toujours. Ils occup�rent plusieurs sites dans le bas de cette rivi�re sur la rive ouest.

 

Comme la plupart des hardis colons de la Petcoudiac, les L�ger �chapp�rent � la d�portation en s'�vadant des prisons o� les soldats anglais les avaient par ruse enferm�s et en menant, cach�s dans le bois, une gu�rilla farouche et r�ussie contre l'Anglais. Chaque fois qu'il tuait un ennemi, Pierre L�ger gravait une coche dans la crosse de sa carabine qui en �tait enfin recouverte.

 

Quand les r�sistants durent se rendre, apr�s 1759, le sort des fils L�ger changea. L� o� plusieurs avaient d� se r�fugier, � la baie des Chaleurs, Olivier s'y fixa. Paul et Jean-Baptiste, embrassant le projet des chefs Broussard de coloniser le Mississippi, atteignirent dans leur propre bateau la Louisiane. Mais Pierre, Jacques dit "P'tit Jacques", leur soeur Anne et son mari Louis Allain (un groupe tr�s li� qui avait ensemble affront� les mille tracas du D�rangement) �taient toujours d�termin�s � reposs�der quelques-unes de leurs anciennes terres de marais malgr� la d�fense expresse des soldats anglais.

 

Ce groupe auquel adh�raient le gendre de Louis Allain, Pierre Richard, ainsi que sa nombreuse parent�, fit donc preuve de pr�voyance et de courage quand, peu apr�s sa sortie du camp de Beaus�jour, vers 1766, il se fixa dans l'ancienne colonie de Memramcooke-sur la rive ouest, un peu en amont des vestiges du dernier village. Cet exemple attira ici beaucoup d'autres Acadiens et fit de Memramcooke le bastion de la culture acadienne. C'est l� que furent �rig�s la premi�re paroisse et les coll�ges qui permirent aux jeunes Acadiens d'acc�der � l'�ducation sup�rieure. Et, quand le flux loyaliste mena�a d'accaparer les derni�res bonnes terres, ces m�mes L�ger et Richard eurent la pr�voyance de prendre possession du havre de Richibouctou qui devint alors un des bastions acadiens de la c�te.

 

Peu d'Acadiens ont � ce point d�termin� le sort de leur peuple. La recolonisation de la Memramcooke, la plus importante fondation apr�s le Grand D�rangement, exige qu'un monument la comm�more, voire une statue.

Paul Surette

Historien

 

Lors de la r�union annuelle de la Soci�t� Historique de la Vall�e de Memramcook Inc. tenue en avril dernier, l'Association des familles L�ger, a pr�sent� � Memramcook la plaque comm�morative de la recolonisation de Memramcooke par les familles "Richard, L�ger, Allain". Ces familles, vers 1766, fond�rent le village des LePlatte.

 

La Soci�t� Historique de la Vall�e de Memramcooke inc. s'est engag�e trouver un site aussi proche que possible du premier �tablissement pour y exposer cette plaque aux yeux de tous. Ce site, sur le terrain de Metro-Mart Memramcook, �tait l'emplacement du village des "Le Platte ". Les documents l�gaux ont �t� sign�s et enregistr�s. Les d�marches pour un acc�s au terrain sont faites. L'installation de la plaque comm�morative se fera au printemps 1996.

 

Voici le texte de la plaque comm�morative des "Richard, L�ger, Allain ":

 

LA RECOLONISATION DE MEMRAMCOOKE RICHARD, L�GER, ALLAIN

 

C'EST DE CE BORD ET D'AUTRE DE CE VALLON QUE, VERS 1766, VINRENT SE R��TABLIR PLUSIEURS R�SISTANTS ACADIENS LIB�R�S DU FORT BEAUS�JOUR, � SAVOIR:

 

LES FR�RES RICHARD DIT "LE PLATTE" PIERRE, JOSEPH, JEAN, MICHEL ET BASILE; LEUR COUSIN JEAN-BAPTISTE RICHARD DIT "BEAUPR�"; LES FR�RES L�GER---PIERRE ET JACQUES
ET LEUR BEAU-FR�RE LOUIS ALLAIN.

 

EN AVAL DE CE VILLAGE-DES-LAPLATTE SE FIX�RENT, EN 1765 ET 1770, QUELQUE VINGT-CINQ FAMILLES SORTANT DU FORT EDWARD, AUX MINES.

 

MALGR� LES MILLE TRACAS DU GRAND D�RANGEMENT,CETTE COMMUNAUT� D'ALORS
PUT CONSERVER LES MARAIS D'ANCIENNE ACADIE ET Y RECONSTITUER LA CIVILISATION ACADIENNE
QUE SES FILS ET FILLES PAR APR�S R�PANDIRENT SUR LA COTE EN FONDANT DES VILLAGES TELS QUE RICHIBOUCTOU ET BOUCTOUCHE.

 

IL SIED DONC, EN CE BERCEAU DE LA NOUVELLE ACADIE, DE RENDRE HOMMAGE � CES COURAGEUX PIONNIERS.

 

 

G�N�ALOGIE

LA FAMILLE BOURGEOIS

 

Antoinette � Hector � Aim� � Louis � Mo�se � Joseph dit Calotte � Pierre � Charles � Jacques

 

1i�re g�n�ration

 

Jacques Bourgeois, chirurgien, n� 1621 en France, fils de Jacques Bourgeois, officier militaire. Le p�re et le fils arriv�rent � Port-Royal en 1642. Jacques, surnomm� Jacket, pour le distinguer de son p�re, �pousa en 1643 Jeanne Trahan, n�e en 1631, fille de Guillaume Trahan � Port-Royal. Jacques Bourgeois et sa femme moururent � Port-Royal, laissant dix enfants, trois fils et sept filles: Jeanne, Charles, Germain, Marie, Guillaume, Marguerite, Francoise, Aime, Marie et Jeanne.

 

2i�me g�n�ration

 

Charles, fils de Jacques Bourgeois et Jeanne Trahan, n� en 1645, mari� � Port-Royal en 1668 � Anne Dugas, fille de Abraham Dugas et Marguerite Doucet. Mort � Beaubassin (Amherst) en 1678. Enfants: Charles, n� en 1672, Claude n� en 1674 et Anne n�e en 1678.

 

3i�me g�n�ration

 

Charles, fils de Charles Bourgeois et Anne Dugas, n� en 1672, mari� en 1692 � Marie Blanchard, fille de Guillaume Blanchard et de Huguette Goujou de Port-Royal. Enfants: Marie-Jeanne, n�e en 1693, Charles en 1695, Marie en 1697, Pierre en 1698, Honor� en 1702, Michel en 1703, Madeleine, Aime, Jean-Baptiste et Jacques.

 

4i�me g�n�ration

Pierre, fils de Charles Bourgeois et Marie Blanchard, n� en 1698, mari� � Beaubassin le 18 ao�t 1722 � Marie Cormier, fille de Pierre Cormier et de Catherine LeBlanc. Enfant: Joseph, dit Calotte, n� en 1739.

 

5i�me g�n�ration

Joseph, dit Calotte, fils de Pierre Bourgeois et de Marie Cormier, n� en 1739, mari� civilement � Pisiquit (Windsor, N.-E.) en 1764 � F�licit� Belliveau. Le mariage fut r�habilit� par l'abb� Bailly au m�me lieu le 29 ao�t 1768. Il est mort � Memramcook le 20 novembre 1833, laissant neuf enfants dont six garcons qui firent souche � Memramcook. Quelques registres de la paroisse de Memramcook ont �t� perdus. Nous avons ici les noms des trois premiers enfants: Mo�se, n� en 1781, Augustin et Joseph, dit Calotte de Windsor, vint s'�tablir en 1768 � Pierre-�-Michel, maintenant Belliveau Village, avec son beau-p�re Pierre, dit Piau Belliveau. Les Bourgeois et les Belliveau s'�tablirent tous � Pierre-�-Michel � l'automne 1768.

 

6i�me g�n�ration

 

Mo�se, fils de Joseph, dit Calotte Bourgeois et F�licit� Belliveau, n� en 1781, mari� � Richard. Enfants: Louis, n� en 1832; B�lonie; Pierre; Olivier, dit Castor; Jean et Joe.

 

7i�me g�n�ration

 

Louis, fils de Mo�se Bourgeois et (?) Richard, n� en 1832, mari� � (?) Richard (premi�re femme). Enfants: Didier et Joe. Mari� � Bibienne Boudreau (deuxi�me femme), n�e en 1865, d�c�d�e en 1917. Enfants: Emilienne (Sr. F�licit�); Aim�, n� en 1865; Marcelin; Rosalie; �lise; Alb�nie. Louis est d�c�d� en 1919 � l'�ge de 84 ans.

 

8i�me g�n�ration

 

Aim�, fils de Louis et Bibienne Boudreau, n� en 1865, �pousa Eug�nie LeBlanc, n�e en 1867, fille de Dominique � Thad�e et Antoinette Bourque. Aim� est d�c�d� en 1942, �g� de 77 ans. Eug�nie est d�c�d�e en 1919, �g�e de 52 ans. Enfants: Evang�line, mari�e � Frederick Comeau; Jeanne, mari�e � Thad�e Bourgeois (11 enfants); Hector, mari� � Marie L�ger (8 enfants); D�lina, mari�e � Albert Richard (9 enfants); �milienne, n�e en 1896; Marie, n�e le 25 janvier 1899; Laura, mari�e � Gilbert LeBlanc; Alma; Yvonne, n�e le 29 janvier 1905; Alb�nie, mari� � Melvina Imnoff (allemande et acadienne); Edouard (Eddie), mari� � �v�line LeBlanc.

 

9i�me g�n�ration

 

Edouard, (Eddie), fils de Aim� Bourgeois et Eug�nie LeBlanc, n� en 1912, mari� � �v�line LeBlanc en 1935, d�c�d� en avril 1994. Enfants: Roger, mari� � Th�r�se Bourgeois, deux enfants, Joanne et Richard; Orner, mari� � Anna LeBlanc, un enfant, � Monique; Claudette, mari�e � Adrien LeBlanc, deux enfants, Nicole et Martine; Raymond, mari� � Yvonne Robichaud, deux enfants, Sylvie et Tina; L�once, mari� � Phyllis Dupuis, trois enfants, Carole, Lisa, Joline; R�al, d�c�d� accidentellement en 1969, � l'�ge de 18 ans.

 

9i�me g�n�ration

 

Hector, fils de Aim� Bourgeois et Eug�nie LeBlanc, n� en 1891, mari� � Marie L�ger, le 6 septembre 1914, d�c�d� le 14 mai 1962. Il �tait forgeron et fermier. Enfants:

 

Bernadette, n�e le 21 juin 1919 � Belliveau Village, d�c�d�e le 19 mars 1943;

 

Eugenie, n�e le 17 mai 1920 � Belliveau Village, �pousa le 15 octobre 1945, Fred Dupuis, fils de C�cime et Ad�line Belliveau, n� le 20 avril 1911, d�c�d� le 23 avril 1993, sixenfants, L�onard, Clovis, Eug�ne, Oscar, G�raldine et Jean-�Eude;

 

Arthur, n� le 28 septembre 1920 � Belliveau Village, �pousa le 15 octobre 1945 Edna Dupuis, fille de Thilmon et Agn�s LeBlanc, n�e le 17 octobre 1924, trois enfants, Berthe, Paul et Gilles;

 

H�leine, n�e le 16 ao�t 1923 � Belliveau Village, �pousa le 5 octobre 1953, Stanislas LeBlanc, fils de Fid�le et Eva Bourque, n� le 3 octobre 1924, trois enfants, L�onel, Raymond et Clairance;

 

Bertha, n�e le 17 d�cembre 1924 � Belliveau Village, �pousa, le 20 ao�t 1945 Laurie Boudreau, fils de Denis et Olive Landry, cinq enfants: Charles, Bemadette, Charles, Denise et Michel;

 

Louis, n� le 4 f�vrier 1928 � Belliveau Village, �pousa le 22 mai 1954 Mary Cripps, fille de George et Lelvy Wood, n�e le 13 ao�t 1934, quatre enfants: Patricia, Robert, Jean-Louis et Linda;

 

Lucille, n�e le 10 d�cembre 1930 � Belliveau Village, devenu religieuse;

 

Antoinette, n�e le 11 d�cembre 1932 � Belliveau Village, �pousa le 25 octobre 1954, Donald Boudreau, fils de Alyre Boudreau, n� en 1933, cinq enfants: Roland, Roger, Dorine, Albert et Guy;

 

D�lina, n�e le 4 juin 1934 � Belliveau Village, fille de Albert et D�lina Bourgeois. Elle fut adopt�e par Hector et Marie Bourgeois. Elle �pousa, le 5 octobre 1963, Edouard Gaudet, fils de Placide et Edna Landry, trois enfants: Claude, Normand et Paul.

 

9i�me g�n�ration

 

Jeanne, fille de Aim� Bourgeois et Eug�nie LeBlanc, mari�e � Thad�e Bourgeois, le 20 novembre 1912. Elle est d�c�d�e le 20 novembre 1979 et il est d�c�d� le 4 novembre 1969. Enfants:

 

Ald�rice, n� le 13 juin 1914 � Belliveau Village, �pousa Laula Belliveau le 21 octobre 1946;

 

Dorice, n�e le 13 juin 1914 � Belliveau Village, �pousa Fred Bourgeois le 27 janvier 1941;

 

Emile, n� le 31 d�cembre 1915 � Belliveau Village;

 

Ob�line, n�e le 11 septembre 1917 � Belliveau Village;

 

Marie, n�e le 22 f�vrier 1919 � Belliveau Village;

 

Louise, n�e le 10 mai 1920 � Belliveau Village, �pousa Hany Bowles;

 

G�rard, n� le 7 octobre 1921 � Belliveau Village, �pousa Lorette Bourgeois;

 

Allain, n� le 4 juillet 1923 � Belliveau Village, �pousa Marguerite Mouque;

 

Marie, n�e le 29 mai 1925 � Belliveau Village, �pousa Alph� Ouellet;

 

Laura, n�e le 15 (?) 1927, � Belliveau Village;

 

Olive, n�e le 12 janvier 1929 � Belliveau Village, �pousa Tamy Abela en 1962;

 

Camille, n� le 15 novembre 1931 � Belliveau Village, �pousa Marie Auffrey;

 

Edgar, n� le 7 novembre 1933 � Belliveau Village, �pousa Jeanitta LeBlanc le 16 octobre 1957.

 

10i�me g�n�ration

 

Arthur, fils de Hector et Marie L�ger, n� le 28 septembre 1921, �pousa Edna Dupuis, fille de Thilmon et Agn�s LeBlanc, le 10 septembre 1945. Enfants:

 

Berthe, n�e le 8 septembre 1946 � Belliveau Village, �pousa Paul-EmileBoudreau le 23 ao�t 1968;

 

Paul, n� le 23 novembre 1947 � Moncton, �pousa Annette Cormier le 3 novembre 1972;

 

Gilles, n� le 1 septembre 1952 � Moncton, �pousa Pauline Cormier le 1 septembre 1979.

 

Eug�nie, n�e le 17 mai 1920 � Belliveau Village, �pousa le 15 octobre 1945 Fred Dupuis, fils de C�cime et Ad�line Belliveau, n� le 20 avril 1911 et d�c�d� le 22 avril 1993. Enfants:

 

L�onard, n� le 18 janvier 1947 � Boudreau Village, mari� le 22 juillet � Edm�e Melanson;

 

Clovis, n� le 9 octobre 1948 � Boudreau Village, mari� le 22 septembre 1973 � Th�r�se LeBlanc;

 

Eug�ne, n� le 3 ao�t 1951 � Moncton, �pousa le 21 septembre 1974 � Paulette Cormier;

 

Oscar, n� le 20 mars � Moncton;

 

G�raldine, n�e le 1 f�vrier 1960 (jumelle);

 

G�rald, d�c�d� � la naissance le 1 f�vrier 1960;

 

Jean-Eude, n� en ao�t 19(?) et d�c�d� le m�me mois.

 

H�leine, n�e le 16 ao�t 1923 � Belliveau Village, �pousa le 5 octobre 1953 Stanislas LeBlanc, fils de Fid�le et Eva Bourque, n� le 3 octobre 1924. Enfants:

 

L�onel, n� le 17 d�cembre 1956 � Moncton, mari� le 25 mai 1990 � Joanne (?);

 

Raymond, n� le 23 janvier 1959 � Moncton et mari� le 18 novembre 1988 � Ph�lice Gautreau;

 

Clairance, n� le 15 juillet 1964 � Moncton.

 

Bertha, n�e 17 d�cembre 1924 � Belliveau Village, �pousa le 20 ao�t 1945 Laurie Boudreau, fils de Denis et Olive Landry. Enfants:

 

Charles, n� en juin 1946 � Moncton, d�c�d� trois jours plus tard;

 

Bernadette, n�e le 15 novembre 1951 � Boudreau Village, mari�e le 30 juin 1972 Michel Thomas;

 

Charles, n� le 15 novembre 1951 � Moncton, mari� le 26 mai 1972 � H�l�ne Dupuis;

 

Denise, n�e le 12 d�cembre 1952 � Moncton, mari�e le 7 octobre 1972 � Ronald Bourgeois;

 

Michel, n� le 20 juillet 1956 � Moncton, mari� le 13 ao�t 1977 � Danielle Maillet.

 

Louis, n� 4 f�vrier 1928, �pousa Mary Cripps, fille de George et Lelvy Wood, le 22 mai 1954. Enfants:

 

Patricia, n�e le 17 mars 1955 � Moncton, mari�e � Ulysse Cormier le 23 juillet 1976;

 

Robert, n� le 22 juin 1957 � Moncton, �pousa Janice Cormier le 8 ao�t 1988;

 

Jean-Louis, n� le 28 octobre 1958 � Moncton, �pousa Dorice Cormier le 30 novembre 1979;

 

Linda, n�e le 6 juillet 1963 � Moncton, �pousa Mike Shea le 25 juin 1993.

 

Antoinette, n�e le 11 d�cembre 1932 � Belliveau Village, �pousa le 25 octobre 1954 Donald Boudreau, fils de Alyre Boudreau, n� en 1933. Enfants:

 

Roland, n� le 8 ao�t 1955 � Moncton, d�c�d� en octobre 1965;

 

Roger, n� le 22 juillet 1958 � Moncton, mari� le 29 septembre 1978 � Jeanne Melanson;

 

Dorine, n�e le 5 avril 1960 � Moncton, mari�e le 29 juin 1985 � Guy Belliveau;

 

Albert, n� le 1 septembre 1962 � Monition, mari� en premi�res noces en 1981 � Simonne Auffrey, et en deuxi�me noces � en 1993 � Juliette Arsenault;

 

Guy, n� le 16 mai 1964 � Monition, mari� le 10 juin 1988 � Della Dupuis

 

D�lina Richard, (fille adoptive), n�e le 4 juin 1934 � Belliveau Village, fille de Albert et D�lina Bourgeois, mari�e le 5 octobre 1963 � Edouard Gaudet. Enfants:

Claude, n� le 10 octobre 1964 � Monction;

Normand, n� le 27 ao�t 1967 � Moncton, mari� le 6 mai 1994 � Ginette Gould;

Paul, n� le 25 juin 1970 � Moncton.

 

 

R�GLEMENT POUR LA MISSION DE MEMRAMCOOK FAIT ET PUBLI� POUR LA PREMI�RE FOIS LE 27 NOVEMBRE, PREMIER DIMANCHE L'AVANT L'AN 1808

 

Ad Majorem Dei Gloriam

Apr�s avoir longtemps et souvent r�fl�chi et s�rieusement prostern� ici au pied de l'autel, devant le Tr�s St. Sacrement, en pr�sence de Jesus-Christ, Notre Sauveur, et Notre Juge, sur les moyens que je pourrais prendre pour emp�cher les crimes �normes qui se commettent parmi vous, et arr�ter les d�sordres, sur lesquels, je n'ai cess� de g�mir depuis cinq ans que je suis avec vous, j'ai cru devoir enfin, r�gler et statuer ce qui suit, pour que Dieu ne me rendit point coupable de vos crimes, et n'en fit point tomber la peine sur moi, ce qu'il ferait lorsque je para�trai devant son redoutable tribunal pour �tre jug�, si je ne prenais tous les moyens possibles pour les emp�cher, puisque je suis charg� de vous tous, et que j'en r�ponds �me pour �me. Ainsi je veux donc faire en sorte, que si vous venez p�rir et � vous damner, ce soit par votre faute et non par la mienne, que vous ne puissiez attribuer votre perte et votre damnation qu'� votre malice, et non � ma n�gligence � remplir mon devoir envers vous. N' �tant ici que pour vous montrer le chemin du ciel, et vous sauvez tous, je dois donc �loigner et emp�cher, ce qui est pour vous, une occasion de mille p�ch�s, et un d�sordre abominable. Jusqu'ici, toujours peu dociles � mes avis et � mes sages remontrances, m�prisant m�me mes exhortations, puisque vous en devenez ce semble, plus mauvais � proportion que je vous instruits, vous moquant de mes remontrances, jusqu'� vous faire un jeu et un plaisir de faire le contraire de ce qu'on vous prescrit ou plut�t de ce que Dieu vous commande, puisque ce n'est que son �vangile et sa parole, qu'on vous pr�che. Ainsi vos m�pris et vos moqueries, tombent sur lui comme vos crimes tombent sur vous et sur ceux qui les autorisent. A Dieu ne plaise que ce soit moi! Vous savez mon Dieu, tout ce que j'en ai dit et combien de fois j'ai cri�, d�clam� contre! Mais on se rit, on se moque de vos lois et de. vos saints commandements, comme de vos justes menaces. L'impie, le libertin triomphe, le p�ch� r�gne partout, et partout on ne voit que l'abomination de la d�solation. C'est donc pour t�cher d'emp�cher un peu ces d�sordres, que je veux �tablir ce qui suit:

 

Ne demandez pas pourquoi, vous vous le savez assez, votre conduite et votre mauvais comportement, m'y forcent. J'aurais d� m�me le faire plut�t, et je l'aurais d�j� fait sans doute, si j'avais pu croire que mes exhortations ne vous eussent pas ramen�s au devoir. Mais puisque rien ne vous touche, ni ne peut vous convertir, ni vous faire changer, je veux du moins autant que je puis, vous �ter l'occasion du mal, emp�cher les scandales et les abominations. Ainsi ...

 

1.����� J'abolis les noces, parceque, au lieu d'�tre des assembl�es saintes et chr�tiennes, ne sont au contraire, qu'un attroupement d'impies et de libertins et des �coles de libertinage et d'igrogneries, et il ne s�n fera jamais comme par le pass�. Car, voici � quoi je les r�duis pour le pr�sent, sauf � les abolir enti�rement dans la suite, et si apr�s cela, il y avait encore quelque d�sordre, et si tout ne s'y passe chr�tiennement et saintement. Les vieux qui feront des noces, ne pourront y prier que leurs plus proches parents, comme leurs propres enfants, leurs gendres et brues, leurs fr�res et soeurs avec leurs enfants, avec leurs deux plus proches voisins avec leurs enfants, et ces invitations, se feront par les vieux seulement, et non par les jeunes mari�s qui ne peuvent pas eux-m�me, inviter personne. Je permets cependant au mari�, de prier � son choix o� il voudra, un seul gar�on suivant, de m�me � la mari�e, sa fille suivante, et pas d'autre. Et je n'�crirai les bancs, qu'apr�s m'aura promis de faire cela, et si je venais � savoir avant le mariage, qu'on eut fait ou voulu faire autrement, alors je ne les marierais point ou je les marierais � la porte de l'�glise. Bien entendu, que je d�fends tout survenant. Si quelqu'un �tait connu pour y avoir �t� ainsi, il serait chass� de l'�glise et d�nonc� pour �tre mari� � la porte de l'�glise et sans aucune noces quelconque.

 

D�COUPURES DES JOURNAUX ACADIENS

 

EVANG�LINE, LE 23 OCTOBRE 1889

 

Beaucoup de maladies dans la paroisse de Memramcook.

 

Le Dr. Gaudet est sur la route nuit et jour, et se multiplie pour satisfaire sa nombreuse client�le.

 

R. P. A. Roy, pr�fet de discipline au coll�ge, est retenu � sa chambre par une bronchite.

 

Le nombre d'�l�ves augmente toujours au coll�ge et au couvent. Les Amis du T.R.P. Lefebvre semblent ne pas avoir �t� enti�rement ignor�s, car presque tous les jours on ajoute au registre le nom d'un nouvel arriv�. Mais, malheureusement, combien de parents qui ont �videmment les moyens de mettre leurs enfants au coll�ge, s'exempte de le faire, pour des raisons soit d'int�r�t ou de n�gligence. Combien de cultivateurs � l'aise, pourraient donner au moins deux ou trois ans de coll�ge � leurs enfants, mais se contentent de les envoyer aux petites �coles un an ou deux et ensuite les mettent au travail comme des hommes engag�s � la journ�e. Mais il faut esp�rer que l'�lan donn� par le P�re Lefebvre ira toujours croissant, et que l'an prochain la paroisse de Memramcook n'en c�dera un rien en nombre d'�l�ves, � la Baie Ste-Marie, Rivi�re du Loup ou la Gasp�sie.

 

MONITEUR ACADIEN, LE 11 OCTOBRE 1900

 

Le 4 octobre, Monsieur Fran�ois Richard, B.A. eccl�siastique au Grand S�minaire de Qu�bec et natif de Memramcook est mort (�g� de 22 ans). M. Richard apr�s avoir fait ses �tudes et deux ans de th�ologie au coll�ges St-Joseph, se rendit en septembre au s�minaire de Qu�bec. C'�tait la premi�re fois qu'il s'�loignait de ses parents et amis, et malheureusement, il ne lui fut pas donn� de les revoir. Contraint de subir une op�ration des plus dangereuses pour l'appendicite, il se rendit � l'H�tel Dieu. L'op�ration ne devait malheureusement pas r�ussir et M. Fran�ois Richard rendit, quelques heures apr�s, sa belle �me � Dieu. Il venait de terminer une pieuse retraite de dix jours � la suite de laquelle il avait recu la tonsure et les ordres mineurs. La mort dans ces circonstances, le trouva parfaitement r�sign�.

 

Vendredi soir, le convoi fun�bre, accompagn� de tous les eccl�siastiques du s�minaire, traversa de Qu�bec � L�vis o� l'on attendit le train qui devait transporter les restes mortels du d�funt � Memramcook. Le R�v�rend M. Gari�py accompagna le corps durant tout le trajet. Malgr� la pluie et le mauvais �tat des chemins, il y avait foule � l'arriv�e du train. Tous les �l�ves et professeurs du Coll�ge St-Joseph, ainsi que tous les membres de la C.M.B.A. dont le d�funt faisait partie, �taient pr�sents. Aussit�t le cercueil descendu, la procession se mit lentement en marche vers l'�glise o� devait imm�diatement avoir lieu le service fun�bre.

 

Pr�s de six cents personnes assistaient aux fun�railles qui furent c�l�br�es avec grande pompe. Une messe solennelle de requiem fut ex�cut�e par le choeur de coll�ge, sous la direction du Rev. P�re H. LeBlanc.(...)

 

La mort de M. Francois Richard semble avoir plong� toute la paroisse de Memramcook dans un deuil profond. Connu et estim� de tous, on pouvait s'attendre � le voir occuper une place importante dans le clerg� acadien. Mais Dieu dont les desseins sont imp�n�trables a voulu rappeler de la terre cette belle �me et en faire un ange de plus au ciel. Nous pr�sentons nos sinc�res condol�ances aux parents et aux amis afflig�s.

 

MONITEUR ACADIEN, LE 2 OCTOBRE 1902

 

Dimanche le 5 et 6 octobre 1902, la paroisse de Memramcook sera le th��tre d'une belle f�te religieuse. Les soeurs de la Ste-Famille y c�l�breront le 25e anniversaire de la fondation de leur ordre sous l'inspiration de la r�v�rende Soeur Marie-L�onie et avec la haute approbation et sanction du regrett� P. Lefebvre et de l'autorit� dioc�saine. Cette jeune communaut� � d�j� rendu de si grands services aux maisons d'�ducation ici et au Canada, que leur �loge n'est plus � faire.

 

Sa grandeur Mgr. Paul Laroque, �v�que de Sherbrooke, accompagn� de M. le Grand-Vicaire Chalifoux, viendra � Memramcook pour cette heureuse circonstance, et officiera ponctificalement � la grande messe de dimanche. Il y aura sermon de circonstance. Dans l'apr�s-midi, il y aura grande procession en l'honneur de Notre Dame du Rosaire. Toutes les religieusement vivantes de la Ste-Famille qui ont prononc� leurs voeux en 1877 et jet� les fondations de l'ordre seront pr�sent�es, de m�me que la m�re fondatrice, la Soeur L�onie, qui est aujourd'hui la sup�rieure g�n�rale et dirige la maison m�re � Sherbrooke.

 

Lundi, � 2 heures de l'apr�s-midi, aura lieu une belle c�r�monie � l'�glise paroissiale. Les religieuses renouvelleront leurs voeux en m�me temps que dix nouvelles religieuses prononceront leurs voeux. La c�r�monie sera pr�sid�e par Mgr. de Sherbrooke, puis on se rendra en procession au coll�ge o� aura lieu un grand banquet. Le soir il y aura illumination g�n�rale des �difices du coll�ge. Messieurs les membres du clerg� et les amis de l'�ducation sont respectueusement invit�s � ces f�tes jubilaires.

 

Les bonnes religieuses de la Ste-Famille sont de puissantes auxiliaires pour nos maisons d'�ducation. Leur oeuvre est une oeuvre admirable d'abn�gation et de d�vouement. Inclinons-nous devant ces humbles ouvri�res de la vigne du Seigneur, et offrons-leur hommage de notre admiration, de notre reconnaissance, de notre respect. Que le ciel, en attendant les r�compenses �ternelles, fasse descendre sur

leurs t�tes en cette vie les plus abondantes b�n�dictions et leur rende facile et agr�able la rude et p�nible t�che qu'elles s'imposent volontairement.

 

G�N�ALOGIE - LES AUFFREY

En France

 

1344 - ALLAIN AUFFREY

En Am�rique

 

1816 - DOMINIQUE AUFFREY

 

Devise des Auffrey: "Nil Nisi Consilio "(Ne rien faire sans demander conseils)

 

AUFFREY����� ����������������������� ����������� ����������� GAUDET

  1. Allain�� ����������� ����������� 1344
  2. Robin �������� �������� 1427�� Jean (Nicole Coleson)
  3. Pierre n� en France 1585
  4. Jean���� ����������� ����������� 1448��� Denis (Martine Gauthier)
  5. Pierre�� ����������� ����������� 1469��� n� en France, 1615
  6. L�onard���������� ����������� 1536��� l'alli�, 1632
  7. Jean���� ����������� ���������� ____��� Bernard (Jeanne
  8. Pierre�� ����������� ����������� 1578��� Th�riault)
  9. Francois��������� ����������� ____��� Pierre (Marie Belliveau)
  10. No�l��� ����������� ����������� 1650��� Pitre
  11. Jean���� ����������� ����������� 1654
  12. Jacques���������� ����������� 1686��� Pierre (Madeleine
  13. Charles Claude����������� ����������� 1710��� Aucoin) Pierrote
  14. Charles Mathurin ������� 1743��� Jean (Marie Leblanc)
  15. Jeanne Mathurine ������� 1768��� Toussaint (C�leste Landry)
  16. Dominique������ ����������� 1794��� Francis (Ad�laide
  17. Joseph ����������� ����������� 1827��� Richard)
  18. Phillipe ����������� ����������� 1851��� Andr� (Em�lie LeBlanc)
  19. Alfred����������������������� 1885��� Hermence

 

- Walter, Anita, Flora, Alva, Germaine, Alban, Aline, Francis, Ella, Alfred, Edna, Marie, Henri -

 

Le premier Auffray en Am�rique du Nord

 

Note: Nous pr�sentons dans cette publication, la g�n�alogie des Auffray. La suite para�tra dans une autre publication.

 

Charles-Dominique Auffray

 

Auffray, Charles-Dominique, instituteur et cultivateur, n� en 1794 � Lamballe, France, fils naturel de Jeanne-Mathurine Auffray: d�c�d� le 28 mars � Pr� d'en Haut, Nouveau-Brunswick.

 

Durant sa jeunesse, Auffray fr�quenta l'�cole communale, puis s'engagea comme apprenti chez des ma�tres-orf�vres dans diff�rentes villes fran�aises. En 1813, il s'enr�la dans l'arm�e de Napol�on. Apr�s six mois de campagne, il fut bless� et par la suite, soit � la restauration de Louis XVIII, il obtint un cong� provisoire de l'arm�e. M�me s'il n'�tait nullement d�charg� du service actif, il s'embarqua � Saint-Malo en 1816 pour St John's en compagnie d'un orf�vre du nom d'Auguste Flulin, qui l'avait engag�.

 

Apr�s un s�jour de six semaines � St John's, Auffray r�ussit � passer � l'Ile-du-Prince-Edouard, plus pr�cis�ment au village acadien Cascumpec, situ� non loin de Tignish sur la c�te nord-ouest de l' Ile. Comme il savait lire et �crire - les habitants le croyaient savant - il offrit ses services � titre d'instituteur. En 1819, il alla s'�tablir dans un autre village acadien, mais cette fois dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, � Barachois, o� on l'engagea �galement comme instituteur.

 

Mariage de Dominique � Charles Victor Auffray dans les registres de Memramcook

 

"A Memramcook, le 4 novembre, 1823, mariage entre Dominique A., ma�tre d'�cole, ci-devant du Barachois et maintenant domicili� en cette paroisse (M'cook) fils de feu Charles Victor Auffray et de feue Jeanne Cantin, de Lamballe, d�partement des c�tes du Nord de la France, et Nathalie Bourgeois, fille majeure de Jean-Baptiste Bourgeois et de feu Marguerite Breau, de cette paroisse (M' cook)."

Ls Gingras, pr�tre miss.

 

 

- Variation du nom Auffray: Joffret, Jauffray, Arvray

- En 1223 on rencontre le nom Jean Auffray

- En 1595, Purio Solite, Ville � Pl�n�e, sud de Lamballe, on rencontre le nom Auffray

- Fran�ois Auffray, po�te de l'�cole de Ronsard

- Elizabeth Bourgeois, soeur de Nathalie Bourgeois, marie Jean-M. Lem�nager, ma�tre-d'�cole

Jean-Marie Lem�nager, n� en 1809, mari� en 1823, mort en 1847, a �t� 23 ans ma�tre-d'�cole. Il a enseign� plusieurs ann�es � Memramcook.

- Pierre Lem�nager, son fr�re, a rest� � Halifax 17 ans, ensuite passe � Qu�bec, o� il est inhum�.

 

Historique de l'�ducation � Memramcook

Hommage aux �ducateurs � l'occasion du centenaire du d�c�s de Camille Lefebvre

Camille Lefebvre - Cent ans plus tard

 

Si Memramcook a pu, � partir de 1864, tirer profit de fa�on exemplaire de la pr�sence de P�re Camille Lefebvre et de ses compagnons, c'est gr�ce , en bonne partie, au d�vouement de son pr�d�cesseur � la cure de Memramcook, l'abb� Francois-Xavier Lafrance.

 

L'abb� Lafrance devint cur� de Memramcook en 1852. Et d�s 1854, il mit en branle un petit coll�ge qu'il appela de S�minaire Saint-Thomas. Pour arriver � ses fins, toutefois, il dut auparavant acheter, � force d'arguments parfois frappants, certains terrains sis sur la Butte � P�tard. Les propri�taires de ces terrains �taient, entre autres, Marie Landry, (la veuve de Fid�le � Jean � Pierrotte � Pitre Gaudet), Toussaint Gaudet, Pierre (Pic) Gaudet, ainsi que les quatre fils de Toussaint Gaudet, soit Fran�ois, Jean, Eustache et Joseph. L'abb� Lafrance n'eut de repos que lorsque chacune de ces terres lui fut acquise. Et le 15 novembre 1854, il r�pondait, en quelque sorte, au voeu des �v�ques Plessis et Denault �mis � partir de 1802, en fondant un coll�ge � Memramcook.

 

Malheureusement, ce petit coll�ge n'eut pas une vie tr�s longue puisqu'il dut fermer ses portes en 1862. Les fonds �taient devenus insuffisants, et l'abb� Lafrance �tait malade et �puis� de fatigue. Et il avait perdu la bataille mais pas la guerre puisque d�s l'ann�e suivante il se rendit � Saint-Jean pour y rencontrer l'�v�que du temps, Mgr Sweeney. L'abb� Lafrance fit � son �v�que une offre ultime: s'il r�ussissait � trouver une communaut� capable de pendre la rel�ve de son coll�ge moribond, il lui c�derait, en retour, toutes ses propri�t�s sur la Butte � P�tard, incluant 375 �cres de terre et quelques �difices. Une entente fut donc conclue: Mgr Sweeney tenterait, par tous les moyens possibles, d'amener une communaut� � Memramcook.

 

Quelque temps plus tard, Mgr Sweeney, en voyage � New-York, rencontre le visiteur g�n�ral de la congr�gation de Sainte-Croix qui, tout de suite, prend int�r�t � la chose, puisque d�s l'ann�e suivante, il se rend � Memramcook pour y rencontrer l'abb� Lafrance. Les deux personnages se sont vite compris. La d�tresse du peuple acadien fut sans doute au coeur de la conversation, puisque, de retour en France, le visiteur g�n�ral recommanda instamment au P�re Basile Moreau, sup�rieur g�n�ral et fondateur de la congr�gation Sainte-Croix, d'envoyer sans d�lai � Memramcook des membres de sa communaut� pour y parfaire l' oeuvre d'�ducation si bien commenc�e par l'abb� Lafrance.

 

C'est ainsi que le 7 juin 1864, le p�re Camille Lefebvre arrive � Memramcook � titre de nouveau cur� et de sup�rieur du Coll�ge auquel il donnera un nouveau nom, celui de Coll�ge Saint-Joseph.

 

Il importe de noter ici que depuis la fondation, en 1768, du village o� est maintenant situ� l'�glise Saint-Thomas, celui-ci s'appelait le "village des Piau" en l'honneur de Jos (Piau) Belliveau. Et apr�s l'incendie de l'�glise de la Montain en 1795 et la construction d'une nouvelle �glise plus au sud, le village prit le nom de "village de l'�glise". Enfin, apr�s la venue des p�res de Sainte-Croix et la fondation du coll�ge Saint-Joseph, le village prit le nom de "village Saint-Joseph".

Donc, pendant l'�t� de 1864, les premiers compagnons du p�re Lefebvre commenc�rent � arriver. Ce furent d'abord les fr�res Dieudonn� et Alphonse. Puis, de France, le p�re Bazoge, et du Canada, un jeune ordonn�, le p�re O'Brien. Encore de la France, le p�re Robert, qui devint plus tard le fondateur de la paroisse de Robertville, et le fr�re Elz�or. Ces sept religieux constitu�rent le noyau autour duquel le p�re Lefebvre fonda son coll�ge. Pas moins de 30 jeunes de Memramcook se sont inscrits d�s 1 `ouverture des classes � l'automne de 1864.

 

A son arriv�e, le p�re Lefebvre logea dans l'ancien presbyt�re situ� entre le presbyt�re actuel et le cimeti�re. En 1866, il ordonna la construction du presbyt�re actuel. Le vieux presbyt�re construit entre 1818 et 1820 fut d�moli en 1929. C'est dans cette maison que M�re L�onie Paradis logea � son arriv�e en 1873.

 

Le p�re Lefebvre �tait donc cur� de la paroisse Saint-Thomas de Memramcook tout en �tant sup�rieur du coll�ge et desservant des paroisses environnantes. Le presbyt�re actuel contient, au deuxi�me �tage, huit pi�ces ou chambre d'�gale grandeur. Celles-ci ont log�, pendant de nombreuses ann�es, les s�minaristes qui venaient faire leur cours de th�ologie au coll�ge.

 

M�me si l'adaptation � un milieu diff�rent au sien lui fut quelque peu difficile, au d�but, le p�re Lefebvre devint un Acadien dans l'�me. Fait � noter, lorsqu'il assuma ses nouvelles fonctions, au printemps de 1864, ses sup�rieurs lui avaient intim� l'ordre d'apprendre l'anglais. L'histoire nous dit qu'il s'y est appliqu� quelque peu, sans toutefois faire d' exc�s.

 

Lors de son premier dimanche � titre de cur� de la paroisse Saint-Thomas de Memramcook, le P�re Lafrance le pr�senta aux paroissiens comme "un nouveau Mo�se qui va faire passer son peuple dans la terre promise." Tous les t�moignages qui furent exprim�s, par la suite, nous r�v�lent que cette terre promise �tait bel et bien le champ tr�s vaste de l'�ducation acadienne dont le P�re Lefebvre s'est fait le pr�curseur et l'ap�tre. Gr�ce � lui, le peuple acadien s'est lentement �veill� � la n�cessit� de l'�ducation sous toutes ses formes et dans les secteurs de l'activit� humaine.

 

Tr�s t�t apr�s l'arriv�e du P�re Lefebvre, les soeurs de la Charit� ouvraient l'Acad�mie du Sacr�-Coeur pour les jeunes filles de la paroisse. Cinquante ans plus tard, la congr�gation des Soeurs Notre-Dame du Sacr�-Coeur fut fond�e au m�me endroit. Et plusieurs ann�es plus tard, soit en 1877, M�re L�onie et le P�re Lefebvre fondaient, sur la Butte � P�tard, la Congr�gation des Petites Soeurs de la Sainte-Famille.

 

Ainsi, l'oeuvre inachev�e de l'abb� Lafrance fut reprise et d�velopp�e par le P�re Camille Lefebvre et ses successeurs, les p�res et les fr�res de Sainte-Croix, par M�re L�onie et ses Petites Soeurs, ainsi que par les Religieuses Notre-Dame du Sacr�-Coeur. Le Coll�ge Saint-Joseph devint l'Universit� Saint-Joseph, puis l'Universit� de Moncton, l'un des plus beaux joyaux de l'Acadie contemporaine.

 

Nous profitons donc de cette occasion du centenaire de la mort du P�re Lefebvre pour dire aux successeurs du P�re Lefebvre, les P�res et les Fr�res de Sainte-Croix, aux Petites Soeurs de la Sainte-Famille, leurs collaboratrices d�vou�es, ainsi qu'aux Religieuses Notre-Dame du Sacr�-Coeur qui ont assur� l'instruction de nos jeunes filles pendant tout un si�cle, toute notre admiration et notre reconnaissance. Cette reconnaissance, nous la voulons concr�te, r�aliste et v�ritable.

L'instruction et l'�ducation que nos jeunes ont re�ues au cours des ans nous ont ouvert de tr�s larges avenues. Cent quarante ans apr�s la fondation du S�minaire Saint-Thomas; cent vingt ans apr�s la fondation de l'Acad�mie Notre-Dame du Sacr�-Coeur et cent ans apr�s la mort du P�re Lefebvre, nous nous rappelons et nous leur disons mille fois merci et bravo pour les innombrables services qu'ils ont rendus � notre r�gion d'abord, puis � l'Acadie toute enti�re.

- Donatien Gaudet

 

 

ANECDOTES

 

Tir�s des m�molres de Cl�ophas L�ger, M.L.A.

 

- La Soci�t� des pauvres

 

Il y avait aussi � la salle paroissiale des r�unions pour les pauvres, alors cette fois, j'ai suivi mon p�re. L'assembl�e en marche, il y avait un argument pour mettre la r�union int�ressante. Tout � coup, M. Zo�l � B�lonie LeBlanc se l�ve debout et il demande si les gens voulaient savoir qui �taient les pauvres. Quelqu'un dit: "Oui". Bien ce sont ceux qui, t�tent qui t�tent et t�tent sur la t�tine, d�p�rissent la paroisse, en voulant dire que tout �tait sec. Le P�re Racine, vicaire, et moi, on a ri et ri au geste de Monsieur LeBlanc. Il y avait trois officiers des pauvres et eux seuls avaient le pouvoir de donner un ordre aux pauvres d'aller se chercher de quoi � manger au magasin.

 

-         Les m�tiers du coin

-          

Les gens de Memramcook avaient toutes sortes de m�tiers. Beaucoup �taient forgerons: Alph� Landry (Coll�ge Bridge), Alb�nie M. L�ger, (McGinley), Isaie M. L�ger (St. Joseph), Jim Sweeney (Memramcook), Mac Melanson (Shediac Road). Protais LeBlanc (le p�re � �loi, le joueur de violon). Protais disait que `une des plus grandes patentes avait �t� la roue. Entre forgeron B. Saulnier, Georges Bourgeois, Jacques Poirier, Cyrus Arsenault, Fred Gallant, Edouard � Sifroi L�ger et nos trois grandes industries, �taient les McManus dans la construction, C.M. L�ger, Ferblanterie et C.R. Gaudet, moulin � scier et faire des fen�tre et portes, ces trois Messieurs faisaient leur propre argent (on appelait cet argent des "tokens").

 

AU TEMPS DES VIEILLES CHAPELLES

par le R.P. Fiset, de l'Universit� de Memramcook Tir� de La revue Nationale, Montr�al, octobre 1919

A L'AURORE DESCLOCHERS ACADIENS

 

Les grandes solennit�s chr�tiennes stimulent notre foi; lorsque les cloches de Nol carillonnent le Gloria in excelsis Deo, ou lorsque celles de P�ques r�veillent en nos demeures l'�cho du Resurrexit, le sens catholique scintille au firmament de notre foi. Ces traditions des pionniers de la civilisation catholique et fran�ais en Am�rique se sont transmises int�gres dans leur puret� primitive et les fils d'aujourd'hui respirent le parfum des vertus h�ro�ques de ceux qui b�nissent d'un sommeil protecteur la g�n�ration actuelle.

 

S'�tonnera-t-on alors de l'int�r�t qu'�veille la vue de nos clochers diss�min�s sur le sol ancestral? Les Glanures historiques qui en rappellent les origines f�condent admirablement le sens du terroir; voil� pourquoi l'histoire se doit d'enregistrer le jour qui les vit �merger des clairi�res du Nouveau Monde.

 

L'�rection d'�glises dans la r�gion de Memramcook date du dix-septi�me si�cle. D�s 1672, des coloris, des p�cheurs, des coureurs de bois se d�tach�rent de Beaubassin pour s'�tablir � Chipoudy, � Petitcodiac et � Memramcook. (1)

 

Une mission fut fond�e vers 1700 et desservie par les missionnaires ambulants d'alors. En 1759, on y comptait deux cents familles. Le minist�re se fit dans les maisons priv�es.

 

Avant la dispersion, une �glise fut �rig�e � l'est de l'estuaire de Memramcook, pr�s de la demeure actuelle de Sandford Crossman.(2) Cette chapelle fut d�molie lors de la dispersion. Une autre chapelle existait pr�s de Sackville.

 

De 1755 � 1780, le service divin reprit dans des demeures priv�es.(3) En 1782, la premi�re �glise depuis le "d�rangement", fut �rig�e par l'abb�e Joseph-Thomas�Francois le Roux, qui arriva � Memramcook cette ann�e-l� m�me. Une croix de fer comm�morative, � l'encoignure du chemin de la montagne, en rappelle le site. Elle y fut �rig�e par le R.P. C. Lefebvre, c.s.c., avant la convention nationale de 1881. En 1795, cette chapelle fut incendi�e. Son toit de chaume embras� par un tison qu'un vent violent transporta d'un abatis voisin, d�truisit ce premier temple de l'apr�s�dispersion. L'ameublement fut en partie sauv�; maints objets du culte de cette antique chapelle sont conserv�s au mus�e d'arch�ologie acadienne, � l'Universit� du coll�ge Saint-Joseph.

 

Il fallut songer � une nouvelle �glise, car la r�gion se repeuplait sensiblement. La dense for�t primitive craquait sous la hache des pionniers du sol et de nombreuses clairi�res saluaient le soleil printanier. Les premiers LeBlanc ensemencaient les sillons renaissants de la vall�e de Memramcook: le pr�curseur des colons acadiens de l'apr�s-dispersion longea la c�te dans une traditionnelle chaloupe, dont le fond engouffrait les rares meubles et comestible (4) �chapp�s au d�sastre 1755. On s'�tablit dans un bas-fond, entre deux promontoires isol�s. Ainsi la fum�e des chaumi�res se dissipait sans �tre per�ue au loin, et l'on craignait moins d'�tre molest�s par les r�sidents anglais en qu�te de produits de ferme.

 

L'incendie de la premi�re �glise de l'apr�s-dispersion eut lieu en 1795, un an apr�s la mort de l'abb� J.-Th.-Francois Le Roux. L'abb� Thomas Power, pr�tre d'origine irlandaise, mais qui avait �tudi� � Paris, succ�da � ce dernier.

 

En 1796, une troisi�me �glise temporaire (car elle dut �tre d�molie en 1814) fut �rig�e sur le site actuel de la tour de l'�glise paroissiale. Le choix de ce nouveau site donna lieu � de s�rieuses difficult�s. Douze familles d�frich�rent en commun ce coin de terre. Le travail achev�, on divisa l'emplacement en douze lots qui furent tir�s au sort (5) Ces tenanciers du terroir conserv�rent un culte sacr� pour ce domaine dont ils ne voulurent jamais de d�partir. Cependant le choix de ce site s'imposait.

 

Quelques occupants c�d�rent aux instances, mais il fallut installer l'�glise dans un bas-fond. En 1854, l'abb� Stanislas Lafrance r�ussit, aupr�s des descendants des familles int�ress�es, � leur faire vendre ce terrain pour y �riger le premier coll�ge acadien.

 

Nous devons � l'abb� Power le terrain de l'�glise paroissiale construite par l'abb� Louis Brodeur. Le document suivant en fait foi. (6)

 

L 'an 1804, le 6 octobre, je, soussign� Thomas Power, pr�tre, ci-devant cur�-missionnaire de Memramkook, de mon plein gr� et bonne volont� ai donn� et conc�d� et donne et conc�de d�s apr�sent et pour toujours en plein propri�t� et jouissance � monsieur Fran�ois Ciquard, pr�tre, missionnaire de Memramkook et apr�s lui � ses successeurs tout autre pr�tre ou missionnaire desservant l�gitimement la m�me mission les six arpents de terrain qui avaient d'abord �t� c�d�s par quatre habitants pour �tre le terrain et l'emplacement del '�glise, mais qui m'a ensuite �t� donn� et conc�d� en toute jouissance ma vie durant ou plut�t vendu � moi par mademoiselle Emelie Desbars, comme premi�re et v�ritable propri�taire du dit terrain born� au sud par le ruisseau de moulin, � l 'est par le terrain du roi et l'�glise et presbyt�re au nord et � l'ouest par des terres bois�es ou d�frich�es appartenant au village des blanc. Lequel je c�de, conc�de et donne pour toujours au dit Mr Ciquard et � ses successeurs dans cette mission de memramcouk avec toutes ses d�pendances et b�tissent qui peuvent �tre dessus sans aucun droit ni redevance, en foi de quoi j 'ai sign� ainsi que nous.

(sign�) Tho. Power

fr. cinquard.

 

Le nom de la famille Desbarres r�veille de p�nibles r�miniscences.

 

Joseph-Fr�d�rick-Wallat Desbarres, fondateur de Sydney, et major dans l'arm�e de Wolfe au si�ge de Qu�bec, en 1759, avait obtenu, � l'insu des Acadiens, d'immenses concessions de terre, entre autres � Memramcook. A cette �poque, Desbarres �tait gouverneur de l'�le du Prince�Edouard (1805-1812). Sa permission �tait donc requise, afin d'assurer la libert� du culte aux r�sidents de la r�gion. Il l'accorda en 1816, lorsque le nouveau temple fut termin�.

 

Nous citons ce document in�dit, car il contraste avec les �v�nements subs�quents. Le major Desbarres mourut en 1824, �g� de 103 ans. Quatre ans plus tard, ses h�ritiers molest�rent les habitants et dans cette m�me �glise que Desbarres avait autoris� � l'usage du culte, douze r�sidents au sortir de la messe �taient arr�t�s et conduit � Dorchester.

 

Gouverneur Desbarres hereby allows and permits Louis Brodeur and his successors Missionaries of the Roman Church at Memramcook, to erect a Roman Catholic Church or Chappie (sic!) on his estate at Memramcook aforesaid, together with the provilege of using and occupying six acres of Upland, and a piece of Land enough fr burying Ground: -And he will not obsturb or interrupt the Louis Brodeur or his successors as long as the said Church and Lands are made use of by them for the use of their Religious worship, and for the purposes afresaid; but whenever there ceases to be a Catholic Church or a Catholic congregation at the place aforessaid then the privilege so permitted cease to be further continued. Given under my hand, January 11th, 1816.

(Sign�) J. F. W. DESBARRES

 

L'abb� Thomas Power, qui obtint le terrain, n'eut pas la consolation d'�riger cette �glise. Il transmit ses titres de possession � l'abb� Ciquard (1806-1812) et y construisit une simple chapelle temporaire. Le 20 ao�t 1812, Mgr Octave Plessis arriva � Memramcook et ordonna la construction de l'�glise: "Dans trois ans et m�me plus t�t, si le proc�s entre les seigneurs et les habitants du lieu finit avant cette �poque, les habitants de cette paroisse entreprendront une nouvelle �glise longue de 72 pieds de large et 36 sur la place qui leur sera d�sign�e par le missionnaire d'alors." (7)

 

De ces lignes perce la difficult� sans cesse renaissante de l'affaire Desbarres.En cette visite, l'abb� Ciquard fut remplac� par l'abb� Brodeur, � qui revint l'honneur de construire le peuple.

 

Le contrat d'�rection de cette chapelle a �t� conserv�. Nous en produisons les passages essentielles, car il constitue une des rares pi�ces justificatives propres � �clairer les �tudes d'arch�ologie acadienne, au d�but du si�cle dernier. Ni l'entrepreneur, ni aucun des huit t�moins ne surent signer. Par la pr�cision des d�tails, il constitue la description la plus exacte que nous connaissions de ces chapelles diss�min�es en pays acadien. L'absence de foyer d'�ducation en Acadie depuis la fondation de Port-Royal en 1604, jusqu'� l'arriv�e du P. Lefebvre en 1864, - alors que Qu�bec fond� 1608 avait son coll�ge d�s 1635, - donne aux rares documents manuscrit qui nous sont parvenus une importance appr�ciable.

 

Respectons l'orthographe de cette pi�ce:

 

"L'entrepreneur de la nouvelle �glise � Memramkouck commencera � travailler � la dite entreprise au commencement d'avril 1813. Il donnera � la nouvelle �glise 72 pieds de long, 40 de large, 22 pieds de pillier, il mettra une ceinture de pierres taill�es proprement et solidement plac�es tout autour de la dite �glise et de la sacristie contigue qui aura 20 pieds sur 16..."

 

"L'entrepreneur fera des perrons � grandes et fortes pierres taill�s, aux portes du dehors de l'�glise, ils auront autant de degr�s que l'�l�vation des portes l'exigera. Celui de la grande porte formera une plateforme de toute la largeur de la dite porte et s'avancera six pieds en avant..."

 

"Le sanctuaire avancera 15 pieds dans l'�glise, il sera plus �lev� que le reste d'un degr�, la place du pr�tre sera plus �lev�e que le reste, ayant devant lui un prie-Dieu... Il fera un ban d' oeuvre du c�t� de l'�p�tre, dans la nef.

 

La cherre, du c�t� du l'�vangile, sera octogone, � 6 pieds d' �l�vation..."

 

"Il y aura trois all�es, deux de 4 pieds et une au milieu de 7, le reste sera rempli par 6 rang�es de bancs..."

 

"Le jub� avancera 15 pieds vers l'autel...aura une galerie de 3 pieds... Le paiement � l'entrepreneur sera de 700 pones (pounds). L'entrepreneur engage ses biens, terre et le reste pour s�ret� de l'entreprise... Le dit entrepreneur donne pour caution de la dite entreprise son fils a�n� et ses biens."

 

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Joseph x Milce����������� ����������������������� ����������� Jean x Beliveau

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Silvin x Cormier�������� ����������������������� Bruno x Richard

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Pierre x Boury����������� ���������������������������������� David x Melan�on

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Pierre x Beliveau������� ����������������������� Laurent x Bourgeois

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(Sign�) Ls. Brodeur���������������� Ptre,

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Pierre x Milce

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T�moins

 

Ce contrat signale l'existence du banc d'oeuvre. L'institution des marguilliers date de l'abb� Thomas Le Roux, le premier cur� de l'apr�s-dispersion. Ces derniers �taient au nombre de trois, et le premier janvier de chaque ann�e un nouvel �lu succ�dait au doyen.

 

Les trois marguilliers du banc d'oeuvre avaient la garde et le contr�le des finances paroissiales. Ils exist�rent conjointement avec les syndics. Ces derniers, repr�sentants des nombreux cantons paroissiaux, �taient nomm�s � vie et ils avaient voix d�lib�rative dans les questions d'int�r�t g�n�ral. En 1813, il y avait six syndics en plus des trois marguilliers.

 

Lors de la visite de Mgr Denaut � Memramcook, en 1803, Pierre Richard et Charles Melan�on remplissaient cette charge. Citons, de 1803 � l'arriv�e de Mgr Plessis en 1812, les noms suivants: Sylvain Leg�re, Bruno Richard, Fran�ois Vienneau et B�noni Cormier. Nous voulions signaler l'existence en Acadie de ces marguilliers aujourd'hui inconnus, et des syndics qui n'existait plus dans les paroisses r�centes.

 

En 1855, une nouvelle �glise de pierre fut ouverte au culte. L'abb� Stanislas Lafrance (plus connu sous le nom de Francois-Xavier, bien que de son vivant on l'appel�t Stanislas) venait d'en terminer l'int�rieur. Il n'y eut pas de banc d'oeuvre. Cette institution r�pandue dans la province-soeur prit fin � Memramcook, d�s 1852; car � son arriv�e, le nouveau cur� ne voulut pas g�ner sa libert� d'action par cette organisation. Les syndics subsistent encore aujourd'hui.

 

L'arch�ologie acadienne fournit de pr�cieux renseignements sur l'organisation du culte dans ces chapelles primitives, o� la foi brillait de la clart� f�condante du christianisme.

 

Les nombreux objets religieux d�pos�s au mus�e acadien de l'Universit� du coll�ge Saint-Joseph attestent la pi�t� profonde et le souci du culte des pionniers de la foi.

 

L'�glise, modeste dans sa structure, �tait construite par les r�sidents de la r�gion qui abattaient les arbres voisins qu'ils �quarrissaient. La plus c�l�bre est sans doute l'�glise Saint-Charles de la Grand'Pr�e, dont la cloche est conserv�e au ch�teau Ramesay. La chef de cette m�me �glise historique, dans un cadre d'immortelles, orne le mus�e de Memramcook.

 

Le toit �tait ordinairement couvert de chaume. En 1795, l'�glise Saint-Thomas de Memramcook, alors situ�e � l'encoignure de la grand'route et du chemin de la montagne (une massive croix de fonte en comm�more le site), fut d�truite par un incendie, d� � un tison projet� sur le toit de chaume de la chapelle.

 

Les accessoires du culte, simples mais complets, �taient habituellement cisel�s par des fid�les. Les b�nitiers, en pin rouge, longs d'un pied, �taient suspendus au mur. Les burettes m�talliques et cons�quemment opaques, de dimension ordinaire, la navette pour l'encensoir et les fonts baptismaux �galement m�talliques �taient n�cessairement import�s du Qu�bec. Un sucrier et un pot � lait en argent massif, sans doute apport�s de France durant la r�volution francaise, sont les seules traces d'objet de luxe qui existent. M�me les ex-veto, et ils sont nombreux, consistaient en "coeur" de pin expos�s sur l'hotel. Signalons les croix d'autel (longues d'un pied), et de pocession (longues de cinq pieds), destin�es aux c�r�monies fun�bres.

 

Les chandeliers, hauts de trois pieds et invariablement destin�s � recevoir un cierge creux � sa base, terminent la nomenclature des objets de bois. Les barrettes de forme allong�e, selon la mode d'alors, et les linges d'autel venaient de Qu�bec.

 

Le 20 ao�t 1812, Mgr Plessis �crivait de Memramcook: "On fera venir de Qu�bec une lampe pour �tre tenue devant le Saint Sacrement, de plus, un tabernacle, deux surplis pour pr�tres, quatre pour enfants de choeur, deux aubes, dix purificatoires, dix lavabos, assez de toile pour allonger les grandes nappes d'autel, de sorte qu'elles pendent jusqu'� terre." (8)

 

Ces nombreux objets recueillis dans les chapelles du village de Richibouctou et de Memramcook t�moignent dans leur simplicit� une scrupuleuse observance des rubriques. Ils resteront pour les g�n�rations futures qui seront appel�es v�n�rer ces reliques, des souvenirs � jamais sacr�s qui ont stimul� la foi des pionniers qui aujourd'hui b�nissent d'un sommeil protecteur les gestes de leurs fils par la foi et le sang.

 

Ces �glises champ�tres rev�taient une toilette simple et imposante dans les c�r�monie du culte. La F�te-Dieu synth�tise ces jours de pompe religieuse.

Le caract�re gaulois aime les grandes sc�nes de la nature. La France d'Am�rique, fille de la terre fleurdelis�e, a d�vers� sur notre sol ses vieilles traditions tout impr�gn�es de sens fonci�rement chr�tien.

 

L'Acadie a re�u sa quote-part de l'h�ritage national. Celui qui a go�t� les pieuses et imposantes c�r�monies de la F�te-Dieu dans la catholique province de Qu�bec y retrouve les reflets de ces manifestations d'antan. Certaines adaptations locales lui donne son coloris. Si l'influence protestante paralyse dans les grands centres le d�ploiement de tout �clat dans l'apoth�ose de J�sus-Hostie, les paroisses rurales sont plus heureuses. L'oreilles habitu�e au verbe de France se pla�t, en pareil jour, � �couter les voix m�les des chorales chanter en langues de chez nous les gloires de notre foi; et l'oeil voit avec plaisir s'�taler au vent les oriflammes et les drapeaux de l'Assomption qui s'entrecroisent au Carillon�-Sacr�s-Coeur.

 

Longtemps cette solennit� a remplac� la f�te nationale. Avant l'introduction de la Saint-Jean-Baptiste � Memramcook, vers 1870, puis l'Assomption en 1881, elle n'eut gu�re de rivale. Vieillards et infirmes parcourraient de longues distances pour se joindre � la procession.

 

"Partout, de la vall�e francaise au Cap-Breton, de Menoudy � Pasp�biac, on c�l�brait la F�te-Dieu." (9)

 

Le Matin, des miliciens improvis�s, avec mousquets et fusils, se formaient en pelotons et parcouraient le village.(10)

 

Des vestiges de cette coutume existent encore � Memramcook, � l'occasion de la chandeleur. Au commencement de la messe, ils ils entraient � l'�glise o� l'all�e centrale leur �tait r�serv�e. A la pr�face, on d�filait deux � deux aux portes du temples. Huit d�charges de mousqueteries saluaient J�sus-Hostie: 1. Au sanctus, 2. A l'�l�vation, 3. au Domine non sum dignus, 4. � la b�n�diction du saint Sacrement, 5. � l'arriv�e de la procession au reposoir, 6. � la b�n�diction au reposoir, 7. Au retour de l'�glise, et 8. � la derni�re b�n�diction du saint Sacrement tous les jour de l'octave." Longtemps un canon d�mod� suivit le cort�ge.

 

C'est � la F�te-Dieu qu'on �trennait ses habits. Nous avons connu un ouvrier qui, r�gulier comme les mar�es du Petitcodiac, rev�tait son habit des grands jours en cette unique circonstance.

 

Des sc�nes semblables se r�p�t�rent lors de la c�l�bration de la Saint-Jean Baptiste, les ann�es qui pr�c�dent l'introduction de la f�te de l'Assomption, en 1881. Rarement on omettait cette procession. En 1854, l'abb� Stanislas Lafrance �levait � Memramcook la charpente du premier coll�ge acadien depuis la fondation de Port-Royal par de Monts en 1604. La veille de la F�te-Dieu une pluie torrentielle faillit mettre obstacle � la procession. Le lendemain, le soleil parut. Le cur� dispensa de l'assistance � la messe un groupe d'ouvriers qui dress�rent un reposoir h�tif dans la charpente � demie finie. J�sus-Hostie b�nissait en cette heure les pr�mices de l'�ducation acadienne.

 

L'abb� Ferdinand Gauvreau fit creuser en 1840 les fondations de l'�glise actuelle qui est en pierres.12 Par suite de l'incendie aux Etats-Unis et en Angleterre, ajout�s � trois ann�es cons�cutives de mauvaises r�coltes, les travaux ne reprirent qu'en 1845. Les murs furent termin�s en 1847. Cependant l'int�rieur fut achev� sous l'abb� Stanislas Lafrance, en 1855, et elle fut consacr�e en 1856, par Mgr Thos. L. Connely.

 

Cette m�me ann�e, l'�glise de bois, moins heureuse que le bresbyt�re de l'abb� Louis Gingras, qui rapelle encore aux g�n�rations actuelles les heures �piques d'antan, fut d�molie.

 

Nous avons voulu, dans ces lignes, grouper les documents �pars et in�dits de ces chapelles primitives, perdues dans les for�ts vierges d'Acadie, chapelles �phem�res il est vrai, mais immortelles de souvenir, car dans leurs murs se sont form�s aux gestes de la foi et du terroir maints pionniers de la restauration nationale acadienne.

 

J. FISET, c.s.c.

 

R�f�rences:

1 Ph. F. Bourgeois: Vie de l'abb� S. Lafrance

2 Ph. F. Bourgeois, loc. Cit

3 H.-D. LeBlanc, c.s.c., Memramcook, mission et paroisse.

4 Traditions conserv�es par les descendants de ces pionniers.

5 Ph. E. Bourgeois, loc cit.

6 Archives de Memramcook.

7 Mandement de Mgr Plessis.

8 A Grand'Digne, une peinture de la Visitation est sign�: 1788, L. Bonaque, J.S. A Memramcook, un tableau de S Thomas, patron de la paroisse, peinture d'un go�t m�diocre, date da la visite de Mgr Denaut, en 1803. Il orne la sacristie actuelle. Il co�ta deux piastres.

9 Ph. F. Bourgeois, c.s.c., L'Evangile illustr�e

10 Archives de Memramcook

11 Loco citato, ann�e 1819

12 H. D. LeBlanc, c.s.c.; Memramcook, mission et paroisses