Société Historïque de la Vallée de Memramcook

Volume 6 no 1, novembre 1994

Volume 6 no 1, novembre 1994TABLE DES MATIÈRES

Présentation, par Patricia Utley

Campagne de recrutement

Verger Belliveau (communiqué)

Commentaires de Gustave Gaudet

Généalogie d'Adolphe à Donat LeBlanc + origine des Babé

A partir de 1755 en Acadie, selon Placide Gaudet (suite et fin)

La pêche à l'agate dans la rivière Petitcoudiac, par Advena

Brins d'histoire du Couvent Notre-Dame du Sacré-Coeur (Archives)

Coupon d'abonnement-cadeau

Membres de la Société Historïque de la Vallée de Memramcouke

Conseil et comité des Cahiers (SHVM)

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PRÉSENTATION

 

Chers lecteurs et lectrices,

 

Une autre année d'affaires est bien en marche et un autre bel été est déjà terminé. Nous avons tenu notre assemblée générale le 10 avril 1994, à laquelle plusieurs d'entre vous ont pris part. Lors de cette réunion, nous avons apporté des amendements à nos Statuts et règlements. La plupart de ces changements sont déjà en vigueur et certains d'entre eux, (v.g. élection du Conseil d'administration et des officiers par les membres présents à l'assemblée) seront en vigueur lors de la prochaine réunion générale,

 

Nous avons accueilli de nouvelles personnes au sein du Conseil. Il s'agit de Claire LeBlanc, d'Antoinette LeBlanc et d'Anita Boudreau. Nous désirons remercier les conseillers sortant.e.s Walter Dupuis, Eugène R. LeBlanc et Rita Gautreau. Leur support a été très apprécié. D'autres remerciements s'imposent: à tous nos commanditaires qui, grâce à leur support, nous ont permis de publier nos cahiers; et à tous nos membres dont l'appui nous est si précieux.

 

Voici quelques projets que les membres du Conseil d'Administration ont à coeur et qu'ils ont mis à exécution pendant l'été dernier:

 

Donatien Gaudet nous a donné un guide touristique magnifique, avec l'aide de deux étudiantes (Tina et Monique Bourgeois) qui ont sollicité des dons des commanditaires, ainsi qu'Eric Allard qui a réalisé une carte illustrée. Nous leur devons un gros merci. Si vous vous êtes procuré ce guide, vous avez sans doute remarqué que la plupart des commanditaires 'sont de la Vallée de Memramcook. Nous les remercions pour leur appui.

 

Un écomusée, tel que mentionné dans le Cahier précédent. Maintenant qu'il y a des tours d'autobus pour les touristes et même pour les gens d'ici, nous avons pensé que ce serait une bonne idée d'avoir des monuments, des enseignes, etc pour faire connaître nos sites historiques. De cette façon, les gens en auto familiale, même sans le guide touristique pourraient eux aussi, apprendre à connaître notre histoire.. Ainsi, Normand Belliveau, assisté de Adèle Melanson, Gilles LeBlanc, Jason LeBlanc et André Léger.ont fabriqué les enseignes et les ont installées à plus de quarante endroits différents. Les avez-vous découvertes? Avec votre aide, il pourrait y en avoir d'autres l'an prochain. Merci à Normand et à son équipe.

 

Un autre de nos projets fut celui de l'Exposition de photos anciennes. Suivant les étapes proposées par Donatien Gaudet, nous avons procédé à la collecte des photos dans la communauté. Celles-ci ont été regroupées en catégories, puis on a fait le choix en fonction de la qualité, de l'intérêt et de l'ancienneté. On a procédé à l'installation: agrandissement, montage, textes explicatifs, collage, etc. Un gros merci aux personnes qui ont oeuvré à ce projet: Anita Boudreau Claire LeBlanc, Pius Y. LeBlanc, Jason LeBlanc, Lynne Belliveau et Gilles LeBlanc, et, bien sûr, Donatien Gaudet et Robert Léger. Nous espérons que vous avez eu l'occasion de visiter cette exposition au local 255 de l'Institut de Memramcook dont la collaboration a été magnifique.

 

Plusieurs parmi vous ont des photos anciennes qui ne faisaient pas partie de cette première grande exposition. Puisqu'il est question d'avoir à nouveau cette exposition de photos en y ajoutant de nombreuses autres, nous comptons sur vous: vous avez de belles photos anciennes à nous prêter?

 

 

Donc, comme vous avez pu le constater, nous avons été très occupé.e s. Mais nous devons continuer ce beau travail. Qui de vous aimerait faire partie de notre équipe? Venez seul.e ou avec un.e ami.e. Pourquoi pas?

 

A la prochaine,

Patricia Utley, Comité des Cahiers de la SHVM

 

Campagne de recrutement

 

Voici un temps très propice pour faire le recrutement de nouveaux membres Les fêtes approchent à grand pas et nous sommes sûr.e.s que la plupart d'entre vous faltes des cadeaux aux ami.e.s et à la famille, à la parenté d'ici et d'allleurs.

 

Nous vous proposons donc l'idée suivante: si chaque membre offre un abonnement aux Cahiers de la Société Historique de la Vallée de Memramcoke à une personne ou même à deux personnes, à l'occasion des fêtes, nous pourrions atteindre notre objectlf de 600 membres. Après tout, il n'en coûte que 10$ pour offrir un cadeau très apprécié. Et seulement 20$ pour offrir un cadeau inoubllable à deux personnes . De beaux cadeaux pour pas cher!

 

Et si vous faites vite, nous nous ferons un plaisir de leur envoyer leur première copie des Cahiers pour la fête de Noël qui s'en vient. Nous y inclueront une lettre de bons souhaits de votre part. Ce faisant, vous contribuerez a faire connaître l'histoire notre belle et grande vallée et vous contribuerez aux projets futurs de la Société Historique de la Vallée de Memramcook qui mljote encore beaucoup de beaux projets pour les années qui s'en viennent.    D'avance, merci!

 

 

Verger BelIiveau

 

 Le verger Belliveau fut commencé par Sébastien Camille Bourgeois. Sébastien est né à Beaumont. Sa famille vint s'établir, par la suite, au Village des Belliveau.(Pierre-à-Michel). Il est parti très jeune pour les États et il devint un homme d'affaires très prospère à Greenville, N.H.

 

1927... Sébastien C. Bourgeois achète la terre d'Antoine Belliveau afin de commencer son verger.

 

1932... Les premiers 100 pommiers furent plantés. Ensuite, Sébastien fit planter 1000 pommiers ainsi que des cerisiers.

 

1937... Il achète la terre de Thomas LeBlanc (terre d'Aimé à Jean Belliveau).

 

1942... Le deuxième verger fut planté. Les deux vergers contenaient 2800 arbres, pommiers et cerisiers. L'entreprise était toujours conduite avec et par son frère, Thaddée et les fils de ce dernier. M. Bourgeois avait épousé en secondes noces, en 1941, Mlle Dora Bourgeois, de Moncton, N.-B. Le 28 décembre, 1946, Sébastien Bourgeois est décédé au Village des Belliveau où il vivait depuis depuis 1943. De 1946 à 1953, Mme Dora Bourgeois et sa soeur Rita continuent à faire marcher les deux vergers.

 

1953... Mme Bourgeois épouse Léo Belliveau qui travaillait aux usines du C.N. Il continua d'y travailler, car le verger ne donnait pas assez de revenus.

 

1956... Le Père A. Massé, de la congrégation de Sainte-Croix et curé de Pré-d'en-Haut, achète les vergers de Mme Dora Belliveau. De plus, il achète de la terre appartenant à Edgar et Alyre LeBlanc. Il y fait planter d'autres pommiers. Il fait construire le premier entrepôt (80' x 60') avec une capacité d'à peu près 15,000 boisseaux.

 

1957... Le Père Massé achète un vaporisateur et celui-ci fut le premier vaporisateur de concentration dans la région.

 

1960... Le Père Massé achète deux tracteurs Massey-Fergusson. Il fait construire une bâtisse de 40' x 40' pour y loger une presse à jus de pommes. Hélas! ce ne fut qu'un rêve.

 

            M. Louis Bourgeois qui était un employé depuis 1956, devient le nouveau propriétaire. Les premières années furent très dures et les vacances assez rares pour lui et sa famille. Cependant, en visitant d'autres vergers, il a bien vite acquisl'expérience et bientôt réalisé que la seule direction était de se mécaniser. Depuis que Louis est devenu propriétaire du verger Belliveau, les améliorations se sont produites à grands pas d'une année à l'autre. Les entrepôts se multiplient pour accomoder une capacité de 28,000 boisseaux de pommes. De plus, sur les vastes terrains du verger, on constate toujours le progrès. L'on voit apparaître les

camions de 3 tonnes....de 5 tonnes....des tracteurs       des arrosoirs et spécialement un arrosoir avec volume modéré qui permet d'arroser une quantité de 25 à 50 gallons à l'arpent. Enfin, tout ce qu'il y a de moderne pour être efficace avec le moins de dommage possible aux fruits et aux arbres. Notons que Louis Bourgeois s'est procuré au delà de 70 arpents additionnels dans le but d'y planter, éventuellement, d'autres pommiers, en plus des 3000 pommiers semi-nains.

 

Pendant les années `75 à `80, les ventes ont augmenté de 10% par année et il y a toujours des projets majeurs en vue.

 

(Texte soumis par Louis Bourgeois, d'après un article de Lynda MacGibbon)

 

Commentaires de Gustave Gaudet

 

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt, dans les Cahiers de la Société Historique (mars, 1994), le récit de Willie Gaudet tel qu'il a été raconté au Père Médard Daigle, c.s.c. au sujet d'Eustache à Toussaint (Gaudet).

 

Le vieux Eustache était mon grand-oncle, le frère de mon grand-père, Joseph à Toussaint. Je me souviens bien de lui et de sa femme, ma tante Blanche. Je me rappelle aussi de sa vielle maison centenaire, maison à un étage dans laquelle il y avait une maçoune qui servait à réchauffer la maison. Au dessus du feu, il y avait un grand chaudron suspendu, dans lequel on faisait cuire la viande et les légumes, etc. Pour monter au grenier, il n'y avait pas d'escalier, mais une échelle

 

Mon oncle Eustache portait une longue barbe blanche. C'était un homme de plus de six pieds. On dit qu'il était un homme très fort. Il est mort en 1916. Sa maison a été détruite vers 1929

 

Toussaint à Jean à Pierrotte était le père d'Eustache, de Joseph, de François, de Pierre, de Jean, de Marguerite et d'Isabelle..

(N.D.L.R.) Isabelle était l'épouse de Frédéric Gaudet, le père de Florian Gaudet. (F.F. Gaudet).

 

Généalogie d'Adolphe À Donat LeBlanc,

descendant de Daniel LeBlanc,

et aussi de la BabÉ, qui était une Gaudet

 

DANIEL LEBLANC, né en France en 1625 ou 1626, (province d'origine inconnue), est venu en Acadie avec Françoise Gaudet, sa femme, et il se fixa, en 1650, sur la rive nord de la rivière Port-Royal, au nord-est du marais de Belisle, à environ neuf milles en amont du fort, et à un demi mille plus bas que la chapelle Saint-Laurent, aujourd'hui Gesner's Creek.

 

Il fut l'un des principaux citoyens de la localité et quand, le 24 mai, 1690, Sir William Phipps, qui venait de s'emparer de la place exigea, de la part des habitants de Port-Royal et de ceux de la rivière du même nom, de choisir six d'entre eux pour y former un conseil et y administrer la justice et garder la paix, Daniel LeBlanc fut l'un de ceux sur qui le choix tomba.

 

Françoise Gaudet, son épouse, naquit en France en 1623, et elle était veuve lorsqu'au commencement de l'année 1650 elle épousa Daniel LeBlanc. Ce dernier mourut entre 1693 et 1698, et sa veuve mourut à son tour entre 1698 et 1700.

Les enfants de Daniel LeBlanc et Françoise Gaudet

 

JACQUES : né en 1651, marié en 1673 à Catherine Hébert, fille d'Antoine et de Geneviève Lefranc. En 1686 ou 1687, il alla s'établir à la rivière des Habitants (aujourd'hui Cornwallis), au Bassin des Mines, où tous deux sont morts.

 

FRANÇOISE: née en 1653, mariée à Martin Blanchard, né en 1647, fils de Jean et Radegonde Lambert.

 

ÉTIENNE: né en 1655, devint navigateur et quitta l'Acadie. Aucune trace de lui.

 

RENÉ: né en 1657, épousa en 1679, Anna Bourgeois, née en 1661, fille de Jacques Bourgeois, chirurgien, et de Jeanne Trahan. Il alla s'établir aux Mines en même temps que son frère Jacques. C'est le père du notaire René LeBlanc de Grand-Pré. Il décéda le 3 janvier, 1734.

 

ANDRÉ: né en 1659, marié en 1683, à Marie Dugas, fille d'Abraham (armurier) et de Marguerite Doucet. Il suivit ses frères à la nouvelle colonie des Mines, où il mourut le 4 mai, 1743.

 

ANTOINE: né en 1662, marié en 1681 à Marie Bourgeois, soeur de Anna et fille de Jacques Bourgeois, chirurgien. Il accompagna ses frères aux Mines.

 

PIERRE: né en 1664, marié d'abord en 1684 à Marie Thériault, décédée en 1687, laissant un fils, Pierre, dont on perd les traces; puis, en 1694, à Madeleine Bourg, fille de Jean et de Marguerite Martin. Il hérita de l'habitation paternelle, au nord-est du marais, à Belisle, sur la rive nord de la rivière de Port-Royal, à environ neuf milles plus haut que le fort, et à un demi mille plus bas que la chapelle Saint-Laurent. C'est chez lui que ses vieux parents décédèrent. C'est aussi là qu'il décéda le 4 novembre, 1717,

Enfants de Jacques à Daniel LeBlanc et Catherine Hébert

 

JEAN: né à Port-Royal en 1674, marié en 1698 à Jeanne Bourgeois, et décédé à Grand-Pré le 10 juin, 1747. Il est le grand-père de Charles LeBlanc, décédé à Philadelphie au mois d'août, 1816.

 

MARGUERITE: née à Port-Royal en 1675; mariée en 1692 à François Cormier, fils de Thomas et de Madeleine Girouard, de Beaubassin.

 

JACQUES: né à Port-Royal en 1676; marié en premières noces en 1708 à Catherine Landry, et en 1715 à Elisabeth Boudreau (née vers 1693) et décédé à Grand-Pré. Ils eurent comme enfants: Marie, née en 1716; Joseph, né en 1718 et Pierre, né en 1720. En 1725, la veuve de Jacques épousa Martin Aucoin.

 

MARIE: née à Port-Royal en 1678; mariée en 1697 à Alexis Cormier, frère de Thomas.(à François)

 

ANNE: née à Port-Royal en 1680; on perd ses traces. Mariée à Germain Cormier, fils de Thomas.

 

CATHERINE: née à Port-Royal en 1682; mariée en 1703 à Pierre Cormier, frère des précédents.

 

PIERRE: né à Port-Royal en 1684; marié à Grand-Pré le 5 novembre, 1718 à Françoise Landry; fille de René et de Anne Terriot; il est mort à Grand-Pré le 25 mai, 1745, et sa veuve fut inhumée à Yamachiche, P.Q. le 6 novembre, 1770.

 

RENÉ: né à Port-Royal en 1686; marié en 1708 à Marguerite Landry, fille de Claude et de Anna-Catherine Thibodeau.

 

MADELEINE: jumelle, née aux Mines en 1688; mariée le 12 octobre, 1711, à Michel Haché, fils de Michel et d'Anne Cormier, de Beaubassin.

 

CÉCILE: jumelle, née aux Mines en 1688; on perd sa trace.

 

BERNARD: né aux Mines en 1690; marié le 17 février, 1714, à Marie Bourg, fille d'Alexandre, notaire, et de Marguerite Melanson.

 

FRANÇOIS: né aux Mines en 1692; marié le 19 septembre, 1712, à Marguerite Boudreau, née en 1698 à Grand-Pré; fille de Claude et de Anne-Marie Thibodeau; mourut en exil. Cette famille fut déportée en Nouvelle-Angleterre.

 

CLAIRE: née aux Mines en 1694. On perd sa trace.

 

Enfants de François à Jacques à Daniel et Marguerite Boudreau

 

FRANÇOIS: né en 1713 à Grand-Pré où il épousa, vers 1738, Elisabeth Dugas. Ce couple fut exilé en Nouvelle-Angleterre en 1755; il revint de l'exil en 1767 et se fixa à Saint-Jacques de l'Achigan, Qc. où ses descendants sont nombreux.

 

MARIE : née en 1715; mariée (à l'âge de 23 ans) le 8 août, 1737, à Paul Aucoin, fils de Michel et de Jeanne Bourg.

 

JOSEPH: né le 7 novembre, 1718,; marié vers 1742 à Madeleine Girouard, (née le 24 mai, 1718) fille de Pierre et de Marie Douaron. Ce couple échappa à la déportation en se réfugiant à Ristigouche, d'où il gagna Tracadièche (aujourd'hui Carleton, j. Qc.) où il se fixa ainsi que quatre de ses fils.

 

ELISABETH: née le 26 février, 1721, et inhumée le 20 mars, 1727,

 

CHARLES: né le 17 mai, 1723, à Grand-Pré, comme tous ses frères et soeurs. En 1750, il épousa Marie Barillot, et tous deux furent déportés en Nouvelle-Angleterre en 1755. Ils quittèrent cette région en 1763 pour se rendre à Miquelon où ils étaient encore en 1767. Mais, en cette même année, ils vinrent à Windsor où ils demeurèrent pendant quelques années, et de là, ils allèrent se fixer sur la rive est de la rivière Memramcook, où tous deux sont morts. C'est l'ancêtre du juge Arthur LeBlanc.

 

PIERRE: né le 24 novembre, 1725; marié en exil en 1758 à Needham, devant témoins, le 11 avril, 1760, à Marie Bourgeois, fille de Honoré et de Marie Bourgeois; mêmes pérégrinations que le précédent. Il décéda à Memramcook

 

ÉTIENNE: né le 7 février, 1728, et inhumé le 17 janvier, 1732.

 

JACQUES: né le 30 novembre 1732; marié en exil à Natalie Breau. Mêmes pérégrinations que les précédents. Cependant, au lieu d'aller à Windsor (Pisiquid), il se rendit aux environs de Halifax où il se noya. Sa veuve et ses enfants se fixèrent chez les Gabriel à Jacques Léger, sur la rive ouest de la rivière Memramcook (La Montain). Vers 1775, Natalie se maria en secondes noces à Pierre Léger (le père de Laurent à "poussière", ) et vers 1790, ce ménage alla se fixer au village de Richibouctou où Natalie décéda le 23 décembre, 1806, âgée de 68 ans. Une fille' est née du second mariage. Du premier mariage, un fils, Simon et cinq filles. Quatre des filles allèrent se fixer à Richibouctou village: Marie, Marguerite, Anne-Marie et Anastasie.

 

SIMON: né le 30 octobre, 1734; mêmes pérégrinations que les précédents; de retour de Miquelon, il se fixa aux environs de Chezzetcook où il épousa Madeleine Comeau. Le Simon White au nom duquel la concession des terres de 1786, sur la rive est de la rivière Memramcook est probablement la même personne. En 1807, ce ménage alla s'établir à Saint-Louis de Kent.

 

MARGUERITE: née le 26 janvier, 1739; était à Miquelon en 1767, non mariée, avec sa mère qui était veuve, ce qui indique que François, père de ces douze enfants, est décédé en exil, à Needham, Mass.

 

Enfants de Jacques à François à Jacques à Daniel LeBlanc et de Natalie Breau:

 

MARIE: née à Stoughton, Mass, le 28 juillet, 1759,; cérémonie du baptême suppléée à Miquelon, le 12 décembre, 1763; mariée à Port-Royal le 9 octobre, 1774, par l'abbé Mathurin Bourg, à Charles Maillet, fils de Salomon et de Marie Saulnier. Après un séjour de quelques années à la Baie Ste-Marie, ce ménage vint se fixer à Memramcook et s'établit au Village des Gautreau d'où, en 1789 ou 1790, il alla se fixer définitivement au Village de Richibouctou où Marie décéda au mois d'avril, 1825.

 

SIMON: né à Stoughton, Mass. le 26 décembre, 1760; cérémonies suppléées le 12 décembre, 1763, à Miquelon; marié à Memramcook en 1785 à Madeleine Richard, fille du Petit René et de Perpétue Bourgeois. Il s'établit sur la rive ouest de la rivière Memramcook, près de l'ancien cimetière chez les Gabriel à Charles Léger. La maison de Emile à Sylvain à Thaddée Léger est bâtie sur la vieille fondation. Il fut connu sous le nom de Petit Simon à Natalie.Breau Son épouse décéda le 21 octobre, 1827, âgée de 64 ans.

 

ISABELLE: (aussi appelée Élisabeth), née à Dorchester, Mass. le 20 décembre, 1762; cérémonie du baptême suppléée à Miquelon le 12 décembre, 1763. Vers 1783, elle épousa, à Memramcook, Jean-Baptiste Johnson, habitant à Saint-Bonaventure, sur la rive nord de la Baie des Chaleurs, fils de Guillaume dit Billie et de Marie Aucoin. Plus tard, ce ménage alla s'établir à Saint-Louis de Kent où Jean-Baptiste décéda, le 25 mai, 1825, âgé de 73 ans. Né en 1732, il échappa à la déportation ainsi que son père. Il est le grand-père de feu Urbain Johnson, ancien député de Kent à Fredericton.

 

MARGUERITE: née à Miquelon où elle fut baptisée le 25 décembre, 1763. Elle épousa, à Memramcook, Jean-Baptiste Raymond Landry, fils de René et de Madeleine Boudreau. Ce ménage alla plus tard s'établir au Village de Richibouctou où tous deux sont morts, ne laissant pas de descendants.

 

ANNE-MARIE: née à Miquelon où ulle fut baptisée le 16 juillet 1766. Elle devint l'épouse de Jean David Thibodeau, baptisé à Halifax le 20 juillet 1768, âgé de sept ans et huit mois, né en novembre, fils de Germain et de Françoise Préjean. Quelques années après leur mariage, ce couple alla s'établir au Village de Richibouctou où le mari mourut le 30 avril, 1813.

 

ANASTASIE: née aux environs de Halifax, le 30 mai 1768. Elle fut baptisée à Halifax par (l'abbé) Petit Jean Richard, (?) fils de Jean dit Janni et de Françoise Girouard. Elle mourut le 27 juin, 1796, au Village de Richibouctou, où ce ménage s'était établi.

 

Enfants de Simon à Jacques à François à Jacques à Daniel LeBlanc et Françoise Gaudet :

 

ISRAËL: né en 1786; marié d'abord le 25 octobre, 1808, à Suzanne Léger, fille de Charles et de Marie Gautreau, et ensuite, le 3 mai, 1819, à Adelaide Cormier.

 

TIMOTHÉE: né en 1788; marié le 25 octobre, 1808, à Barbe dite Babé Gaudet, fille de Jean à Pierrotte à Pitre Gaudet et de Marie LeBlanc. Il mourut à Memramcook le 25 septembre, 1820, âgé de 32 ans, laissant six fils cunnu.s sous le nom de "Babé".

 

MARIE: née en 1790; elle épousa d'abord Joseph Bourgeois, fils de Joseph dit Calotte et de Félicité Belliveau. Elle est la bisaïeule du Père Philias Bourgeois, c.s.c.. Son deuxième époux fut Amable Richard.

 

SIMON: né en 1793; marié le 31 janvier, 1815, à Marie Thibodeau, fille d'Isaac et de Marie Melanson. Il est le grand-père du docteur Aimé A. LeBlanc, décédé à Arichat.

 

PIERRE: né en février, 1795; marié d'abord le 12 février, 1822, à Apolonie Gautreau, fille de Pierre et d'Anne Babin. Il est le grand-père du Père Hypolite LeBlanc, c.s.c.

 

PERPÉTUE: née en 1797; mariée le 7 novembre, 1815, à François Vienneau, fils de François et de Cécile Cormier. Elle décéda le 24 mars, 1817, âgée de 20 ans.

 

FRANÇOIS: né en 1803; marin le 4 novembre, 1823, à Isabelle LeBlanc, fille de Pierre et de Nanette (Anna) à Mathurin Comeau, de Minoudie.

 

JOSEPH: né en 1805; marié le 21 mai, 1829, à Victoire Girouard, fille de Benjamin et de Madeleine Cormier. Après 1840, il alla se fixer à Sainte-Marie de Kent. Olivier, le plus vieux de leurs enfants, né à Memramcook le 26 novembre, 1830, fut député de Kent à Fredericton et à Ottawa. Il fut aussi conseiller législatif et membre du conseil exécutif à Fredericton. Il est le père de l'abbé Louis de Gonzague LeBlanc. Il décéda à Sainte-Marie le 14 décembre, 1919.

 

MADELEINE: néele 9 octobre, 1807; mariée le 27 juin, 1826, à Maximin Bourque, fils de Laurent à Michel. Elle décéda le 21 mai, 1884, et son époux décéda un mois auparavant.

 

Enfants de Timothée à Simon à Jacques à Daniel LeBlanc et de Barbe (Babé) Gaudet

 

DAVID: né le 23 décembre, 1809; marié le 9 septembre 1828, à Marguerite Léger, fille de Jérome et de Marie Cormier, de Memramcook. Il fut connu sous le nom de David à Babé

 

LAURENT: né le 20 novembre, 1811.

 

JEAN: né le 15 novembre, 1813 ; il alla s'établir à Sainte-Marie de Kent.

 

BÉNONI: né le 15 novembre, 1815; il alla s'établir à Choquepiche; marié a Françoise Girouard.

 

THADDÉE: né le 11 avril, 1818; marié à Marie LeBlanc, veuve de Jean Landry et fille de Amand à Bounan et de Pélagie Gaudet. Il est le père du Père André T. LeBlanc, c.s.c.

 

JOSEPH: né le 17 juin, 1820.

 

Barbe, surnommée Babé, mère de ces six enfants, épousa Augustin Bourgeois, veuf de Euphémie Maillet, et de cette union est né un seul enfant, Marc Bourgeois, né le 25 février, 1835.

 

N.D.L.R. Il y eut un Marc Bourgeois Bourgeois qui demeurait à Saint -Joseph, qui était cordonnier, et qui était le père de l'épouse d'Isaïe à Marcellin Léger et du dentiste Bourgeois, Serait-ce le même Marc ?

 

Enfants de David à Timothée à Simon à Jacques à à Daniel Leblanc et de Françoise Gaudet

 

AMBROISE: né à Memramcook en 1831; marié à Marie Boudreau; il alla s'établir à l'Aboujagane.

 

CALIXTE: né à Memramcook en 1831; marié à Osithe Cormier en 1864; il alla s'établir à l'Aboujagane. Il est le grand-père de Mgr Camille LeBlanc, ancien évêque de Bathurst.

 

DAVID: né à Memramcook en 1833; marié à Gertrude Cormier; il alla s'établir à l'Aboujagane

 

ADÈLE: née à Memramcook en 1835; mariée à Alphé (à Gabriel) Léger.

 

LUCE: né à Memramcook en 1836; mariée à Fastain Gauvin; la mère de Magitte, mariée à Sylvain à Délaïde, mère de Humphry et Jake LeBlanc.

 

FLAVIE: née à Memramcook (soeur de Ste-Famille) décédée en 1893.

 

DONAT: né en 1840; marié à Marceline Melanson en 1861. Deux enfants sont nés de cette alliance: Marie et Rosalie. Marié en deuxièmes noces, en 1865, à Marie Léger, fille de Laurent à Pierre Léger ("poussière").

 

BLANCHE: née à Memramcook en 1842; mariée à Sylvain "Cook" à Raphaël Gaudet, en 1874.

 

CÉCILE: née en 1844; décédée en 1877 (postulante chez les soeurs de la Sainte-Famille).

 

Enfants de Donat à David à Timothée à Simon à Jacques à François à à Daniel et Marceline Melanson

 

MARIE: née à Memramcook vers 1863; mariée à Moïse Léger.

 

ROSALIE: née à Memramcook vers 1864; ; mariée à Maxime Dupuis.

 

MARCELINE: née le 6 septembre, 1867; mariée à Théophile LeBlanc le 17 novembre, 1889;

 

ANSELME: né en 1869; marié à Dauphine Comeau en 1892, fille de Laurent Comeau. Il travailla au moulin de S.R. Gaudet comme maître des bouilloires. Il déménagea à Waltam, Mass. en 1923. Il revint au Canada en 1931; décédé en 1950.

 

MARCEL:né en 1872; marié à Joséphine LeBlanc, en 1898. Il fut employé au Moulin S.R.Gaudet. Il décéda à l'âge de 52 ans.

 

CÉCIME: décédé très jeune. CLARENCE: décédé très jeune.

 

ADOLPHE:né en 1879; marié à Alice Belliveau en 1905, fille de Joseph Belliveau et de Emilienne Melanson. Il fut cultivateur et homme d'affaires. Il habitait la maison paternelle située sur les mêmes fondations que l'habitation de David, son grand-père

 

ALZINA: née en mars, 1881; mariée en 1904 à Lucien LeBlanc, fils de Marcelin LeBlanc.

 

ALBERT: né en juin, 1883; marié à Bella Bourque, fille de Onésime et de Marguerite Gaudet. Marié en secondes noces à Alexandrina LeBlanc, veuve de Edouard (Ned) LeBlanc.

 

MARGUERITE : née en 1885; mariée à Alyre (Fricot) Léger, en 1915, fils de Philippe (Pierrotte) Léger.

 

EVANGELINE: décédée très jeune.

 

Enfants de Adolphe à Donat à David à Timothée à Simon à Jacques, à François à Jacques à Daniel:

 

LÉO-ALBERT: né en 1906; décédé à l'âge de 18 mois.

 

ALBERT: né en 1907; marié à Béatrice Landry.

 

BERTHA: née le 18 août, 1909; mariée en 1942 à Stanley Bourgeois.

 

EMILIENNE: née le 14 avril, 1911; mariée en 1940 à Emile Cormier.

 

EDGAR: né le 5 avril, 1913; marié à Lina Bastarache.

 

HENRI: né le 15 juillet, 1914; marié en 1942 à Zelma LeBlanc.

 

MARIE: née en 1915; morte très jeune

 

ELODIE: née le 3 août, 1917; soeur Notre-Damé-du-Sacré-Coeur.

 

SIFROI: né le 18 juillet, 1919; marié en 1947 à Antoinette Léger.

 

YVONNE: née le 19 juin, 1921; soeur Notre-Dame-du-Sacré-Coeur.

 

LÉO-PAUL: né le 19 juillet, 1923; ordonné prêtre en 1955.

 

CÉCILE: née le 19 septembre, 1924; soeur Notre­Dame-du-Sacré-Coeur.

 

YVON: né le 10 janvier, 1926; marié en 1955 à Marie-May Allain.

 

AURORE: née en avril, 1927; mariée à Laurent Richard.

 

(Texte soumis par le Père Léo-Paul LeBlanc)

 

 

A PARTIR DE 1755 E N ACADIE, SELON PLACIDE GAUDET, GÉNÉALOGISTE

(SUITE ET FIN)

 

Le Conseil, après avoir pris ces suppliques en délibération, consentit enfin d'accorder quatre-vingt acres de terre à chaque chef de famille et quarante à chacun des autres membres. Le 20 février 1768 le lieutenant-gouverneur Franklin, dans une lettre à Lord Shelburne, secrétaire d'État à Londres, lui fait part de la décision du conseil. Il dit que les terres qu'on peut donner aux Acadiens sont en bois debout et que plusieurs d'entre ceux-ci seraient des tenanciers utiles sur des terres où il y aurait des marais.

 

Il désire, en conséquence, des instructions de la part de la cour pour savoir comment agir dans les circonstances. Franklin demande aussi qu'un délai de dix ans soit accordé aux Acadiens pour l'acquittement de leurs rentes perpétuelles.("quit rents")..afin de leur permettre de se procurer des ressources nécessaires pour payer les frais de leurs concessions.

 

A la Baie Sainte-Marie

 

La cour de Londres donna son assentiment à ce que des terres fussent concédées aux Acadiens et en conséquence, ceux-ci prêtèrent serment d'allégeance à la couronne d'Angleterreau au mois de mai, 1768. Et au mois de juillet en la même année, le gouvernement d'Halifax accordait des permis à quarante quatre chefs de famille d'occuper des terres dans le township de Clare, sur la côte aride et rocheuse qui borde la baie Sainte-Marie. Un seul Acadien, cependant, se prévalut de cette prérogative en 1768: c'est Joseph Dugas, époux de Marie Robichaud. Ce premier colon de la baie Ste-Marie s'y fixa le 5 septembre, 1768, et au printemps suivant, plusieurs familles vinrent de Windsor et d'Annapolis le rejoindre à la rivière des Grosses Coques et s'établirent à côté de lui. Dans les années suivante, ce petit noyau de la population de Clare fut grossi par l'arrivée de d'autres familles revenues de l'exil et aussi de quelques autres venant de Port-Royal.

 

Ces pauvres infortunés étaient dans un état d'une extrême pauvreté et c'est dans ces circonstances aussi désavantageuses qu'ils entreprirent le défrichement de la forêt qui aujourd'hui s'est transformée en de riants et florissants villages dont la prospérité et les progrès font l'admiration du touriste. Il en est ainsi des beaux établissements acadiens du district d'Argyle, dans le comté de Yarmouth.

 

Durent nombre d'années, les Acadiens des districts d'Argyle et de Clare furent beaucoup en avant de leurs compatriotes du Nouveau-Brunswick, de l'Ile-du-Prince-Edouard, du Cap Breton et des autres parties de la Nouvelle-Écosse sous le rapport de l'instruction. Cela est dû à la présence, au milieu d'eux, de bons maîtres d'école venant de France, mais surtout aux soins et au zèle de l'apôtre de ces parages, l'abbé Sigogne, arrivé au printemps de 1799 et mort à l'automne de 1844, après un apostolat de plus de 45 ans à la baie Ste-Marie où il était le maître d'école, le notaire, le juge et le pasteur des Acadiens des comtés de l'ouest de la Nouvelle-Écosse.

 

A Memeramouke

 

Nous venons de voir comment se formèrent les établissements acadiens de Clare et d'Argyle. Examinons maintenant ceux du Nouveau-Brunswick

 

Le plus ancien est celui de Memramcoke. Sa fondation date de vers 1700. Trois ans avant le drame de 1755, on comptait cinquante et une familles établies sur la rivière Memramcook, savoir 6 Blanchard, 4 Richard, 2 Lanoue, 2 Dupuis, 2 Benoit, 5 Landry, 2 Aucoin, 1 Maillet, 3 Girouard, 1 Forest, 1 Gaudet, 2 Thibodeau, 1 Daigle, 1 Savoie, 4 Robichaud, 1 Bastarache, 7 Hébert, 1 Deslaurier 4 Cyr, et un Bourque. Ce nombre fut considérablement grossi dans les deux années qui précédèrent l'expulsion par la constante émigration des Acadiens venant de Port-Royal, des Mines, de Pigiguit et de Beaubassin. On reconnait encore l'emplacement des résidences de plusieurs de ces anciens colons.

 

Ainsi, du côté est de la rivière, à partir de Dorchester en remontant jusqu'à la gare de Memramcook, à l'endroit Où est le pénitencier des provinces maritimes, se trouvait l'habitation d'Alexis Landry, époux de Marguerite Aucoin, et père d'Amant, mort en la paroisse de Cap-Pelé vers 1851, âgé de 102 ans.

 

A Dorchester, le ruisseau de Gid Palmer portait avant l'expulsion le nom de Ruisseau de Port-Royal parce que les habitants qui s'y fixèrent étaient des émigrants de Port-Royal. Un peu plus haut, on trouve le Ruisseau à Granger, aujourd'hui Aaron Brownell's Creek.

A quelques arpents au nord du pont de Rockland, sur la rivière de Memramcook est un endroit qu'on appelait la Pointe-aux-Boulots. C'est là que se trouvait la première église bâtie à Memramcook. L'emplacement de cette maison du Seigneur était en face de la nouvelle maison de feu Martin Black, sur le grand chemin qui va à Dorchester. Cette église fut brûlée à l'automne de 1755 par les troupes néo-anglaises. Elle était à quatre milles plus haut que la ville de Dorchester.

 

En remontant le cours de la rivière à une faible distance de la Pointe-aux-Boulots, on rencontre une maison d'école en face du temple Baptiste. C'est en arrière de cette maison d'école que se trouvait la résidence de Pierrotte à Pitre Gaudet, époux de Marie-Madeleine Aucoin, mon trisaïeul. On nommait, avant l'expulsion, cet endroit-là "le désert à Pierrotte à Pitre". Tout près de cette habitation était celle de deux Dupuis: le père et le fils, sûr la terre appartenant aujourd'hui aux héritiers de Willard Smith.

Sur le lot de terre qui fut occupé autrefois par Rubin Taylor, puis par Thomas Scurr, on reconnait encore les traces de deux vieilles caves qui datent d'avant l'expulsion. Au pied de ces terres est un grand marais qu'on a longtemps appelé "le marais des LeBlanc" parce qu'il appartenait , en partie, aux frères LeBlanc qui s'établirent en cet endroit vers 1768. Ce marais, cependant, avait été en partie endigué par les premiers colons avant l'expatriation.

 

Vers 1768, Pierre LeBlanc, époux de Marie Bourgeois dite Laforest, se fixa sur le (même..)..lot de terre et en obtint la concession le 10 octobre, 1786. Peu de temps après l'installation de Pierre LeBlanc, des Acadiens vinrent enlever, une certaine nuit, deux grands chaudrons à sucre, enfonçant... près d'une source          (?)

 

Tout près de l'habitation de Thomas Scurr se trouve celle de Cook Smith. Avant l'expulsion, c'était un nommé René Forest qui était établi en cet endroit. Sa résidence était près du ruisseau qui porte son nom. Bien des années plus tard, Joseph Breau vint se fixer sur ce lot de terre et aujourd'hui, ce ruisseau est plus généralement connu sous le nom du dernier colon.(i.e, le ruisseau des Breau) Cependant, depuis quelques années, on l'appelle le ruisseau à Palmer.

A une courte distance plus bas que la gare de Memramcouke est une longue pointe de pré endiguée et appartenant aujourd'hui à James Sherry. Les anciens de la paroisse l'ont toujours appelée la Pointe à René Daigle, car près de là était établi, avant l'expulsion, un Acadien portant ce nom.

 

Traversons maintenant la rivière de Memramcouke, et descendons le long de la rive ouest, du côté de laquelle se trouvent le Collège St-Joseph, l'église paroissiale et le couvent des Soeurs de la Charité (appelé le couvent Notre-Dame du Sacré-Coeur).

 

Cette partie de la vallée de Memramcouke était aussi établie avant la déportation. D'après la tradition recueillie (auprès) des vieillards les mieux renseignés, il ne semble pas qu'il y eut de colons établis plus haut que le chemin de la Montain, chez Alphée à Gabriel Léger, où est situé le vieux cimetière. De là à descendre la rivière jusqu'au village des Taylor, vis-à-vis de Dorchester, on comptait un bon nombre d'habitants, mais malheureusement il m'est impossible d'en donner les noms.

 

Le gros des familles semble avoir été groupé à partir du village des Plates, jusqu'à celui du Cul-de-sac, aujourd'hui l'Anse des Cormier.

 

Où est le vieux collège transformé en couvent des soeurs de la Sainte-Famille demeurait un Acadien portant le soubriquet de Pétard. On a longtemps appelé cet endroit la Butte à Pétard.

 

Une partie du marais en bas du collège fut endigué avant l'expulsion par les premiers colons établis dans les environs de l'église actuelle de la paroisse.

 

Lorsqu'éclata la tourmente de 1755, les Acadiens qui ne se rendirent pas à l'appel de Monckton, au fort Beauséjour, prirent la fuite avec ceux établis sur la rivière Petitcoudiac. Quelques uns se réfugièrent au village des Babineau, aujourd'hui Coverdale, cinq milles en haut de Moncton; d'autres gagnèrent la côte nord du Nouveau-Brunswick et quelques uns allèrent à la rivière St-Jean, d'où ils se rendirent à Québec. Un certain nombre traversa à l'Île St-Jean et d'autres se cachèrent dans les bois.

 

Au mois de novembre, 1759, il y avait encore, sur les rivières de Petitcoudiac et Memramcouke cent quatre ( )...dix personnes, hommes, femmes et enfants, vivant dans la plus grande misère, et sans cesse exposés à la rencontre des Rangers (chasseurs) qui leur faisaient une chasse à mort.

 

Ces proscrits firent un traité de pacification avec le Colonel Frye à l'automne de 1759. Ce commandant consentit à en recevoir soixante-trois au fort pour y passer l'hiver, et permit aux autres d'occuper les maisons qui avaient échappé à la torche incendière de la soldatesque néo-anglaise, à Memramcouke et Petitcoudiac, mais ce n'était que pour s'en emparer avec plus de facilité l'été suivant, et en envoyer un certain nombre à Pigiguit et à Halifax, et retenir les autres à Beauséjour

 

Cette année-là, (?) il vint s'installer six chefs de famille sur un rayon d'environ deux cent pas, près du pied du marais, sur la terre qu'occupe aujourd'hui Eustache à Toussaint Gaudet, en face du Collège St-Josph. Un autre groupe composé des familles Richard, savoir Janis et les Plates, se fixa au village des Plates. (La Montain). D'autres s'établirent en bas de l'église, depuis l'habitation de feu Jos Belliveau, jusqu'au village des Taylor. Nous en trouvons aussi au coin de McGinley et jusque chez feu Moïse à Etienne Cormier. Voilà pour le côté ouest de la rivière.

 

Quant au côté est, il fut établi deux ans plus tard par dix familles d'abord. Ces familles furent suivies de deux autres, et sept ans après l'arrivée des premières, trois autres vinrent les rejoindre.

 

Ces proscrits trouvèrent les deux bords de la rivière inoccupés. Tout était en ruines; les jeunes arbres poussaient; les marais étaient inondés; les levées toutes disparues. On reconnaissait encore les fossés, et en certains endroits encore, les sillons de la charrue. Les terres sur lesquelles les Acadiens venaient s'installer avaient déjà été concédées, trois ans auparavant, à des anglais. En effet, c'est en 1765 que le gouvernement érigea en plusieurs townships les terres qui forment aujourd'hui le territoire des comtés de Cumberland et de Westmorland.

 

Toute l'étendu de terrain du côté est de la rivière Memramcouke, depuis plusieurs milles plus bas que Dorchester jusqu'au pont à Tedet, trois milles environ plus haut que la gare de Memramcouke, fut concédé alors A Richard Buckley, au Major Skeen et à Philip Wright. Le 5 octobre, 1765, le gouvernement concéda à Joseph Goreham, Edward Natmough et Edward Crosby, toute la pointe entre les rivières de Memramcouke et Petitcoudiac, à partir du Fort Folly jusqu'à une ligne droite commençant, d'un côté, au Pont à Tedet. sur la rivière Memramcouke , et aboutisant, de l'autre, à un mille environ plus haut que Stoney Creek, sur la rivière Petitcoudiac. Ce territoire fut plus tard connu sous le nom de Desbarres Lower Grant.

 

Au nord de cet immense domaine, en remontant d'un côté la rivière Petitcoudiac jusqu'à l'embouchure du Ruisseau-des-Renards, et de l'autre côté, sur la rivière de Memramcoke, un mille environ plus haut où la marée cesse de monter, est une étendue de terrain de 12,000 acres dont DesBarres obtint la concession en 1805. C'est ce qu'on appella "DesBarres Upper Grant". Ce township avait aussi été concédé à Gorham et associés

 

Avoisinant cette dernière concession venait celle de Michael Franklin qui comprenait la paroisse de St-Anselme de Petitcoudiac et la ville de Moncton. Une des filles de Franklin ayant épousé un nommé John Grey, celui-ci hérita de cette immense concession

 

Toutes ces terres étaient en grande partie occupées par les Acadiens avant 1755. Mais à l'époque de l'expulsion, elles furent confisquées au nom de la couronne britannique, et le gouvernement en disposa à son bon plaisir, en les donnant des amis, comme on vient de le voir. Les concessionnaires, cependant, avaient certaines obligations à accomplir pour garder la possession de ces biens. Une, entre autres, était de défricher et cultiver un certain nombre d'arpents dans un temps spécifié, faute de quoi les terres retourneraient à la couronne. Ces conditions n'ont jamais été remplies et les propriétaires perdirent par conséquent leurs titres.

 

C'est ainsi, par exemple, que la concession de 100,000 acres de terre à la baie Ste-Marie accordée le 2 juillet 1765 à Alexander McNutt et à ses associés retourna à la couronne, et qu'ensuite le gouvernement condéda ces terres aux Acadiens, leur ayant préalablement, en juillet 1768, donné permission de les occuper.

 

Il peut se faire que les Acadiens qui vinrent s'établir en 1768 à Memramcouke et à Petitcoudiac eussent aussi (obtenu) du gouvernement un permis semblable, car la plupart avaient séjourné sept à huit ans à Pigiguit et à Beauséjour depuis 1760. Quoiqu'il en soit, je ne trouve mention nulle part de la chose dans aucun document de l'époque qui me soit tombé sous la main. Les Acadiens n'ont cependant pas dû venir s'établir à Memramcouke et à Petitcoudiac sans l'autorisation du gouvernement d'Halifax, et celui-ci savait que les terres sur lesquelles ceux qu'on avait depuis longtemps tenus captifs allaient s'installer avaient été concédées trois ans auparavent à des personnes qui ne remplissaient pas les conditions spécifiées dans la concession.

 

Les nouveaux colons permanents à Memramcouke et Petitcoudiac voyant la paix rétablie et la tolérance qu'on leur accordait d'occuper des terres se mirent à les défricher, les cultiver et les améliorer tout en endiguant les marais, et éprouvèrent les douceurs de la tranquilité en cultivant paisiblement leurs champs.

 

Lors de l'érection du Nouveau-Brunswick en province séparée, en 1784, un acte fut passé à la législature que tous ceux qui avaient obtenu des concessions de terrain sous le gouvernement de la Nouvelle-Écosse devaient, dans l'espace d'une année, faire enregistrer ces titres à Fredericton, et ceux qui ne se conformeraient pas à cet acte perdraient leurs droits.

 

Buckley et ses associés, Gorham et autres ainsi que Franklin manquèrent de faire enregistrer leurs concessions et, de plus, ne remplirent aucune des conditions exigées par la couronne d'Angleterre. Aussi, Amos Botsford, premier député à la législature provinciale pour le comté de Westmorland n'eut aucune difficulté à obtenir, le 10 octobre, 1786, deux concessions, l'une pour les Acadiens établis du côté est de la rivière de Memramcook, à partir du Pont-à Tedet jusqu'à la gare de Rockland,; l'autre pour les Anglais échelonnés sur les terres depuis la gare de Rockland jusqu'à l'embouchure de la rivière de Memramcouke. Ces deux concessions sont celles deSimon LeBlanc et vingt-six autres Acadiens et de John Richardson et ses associés, et faisait partie de l'étendue concédée à Buckley, Skeen et Wright en 1765.

 

Botsford obtint également le 29 mai 1789 une autre autre concession à vingt et un Acadiens établis au Ruisseau-des-Renards. Cette concession dite "Concession à Sylvain Babineau et vingt autres" commence à Lewisville, près de Moncton, et s'étend jusqu'à la limite nord des terres accordées le 5 octobre 1765 à Gorham, Watmough et Crosby, à l'embouchure

 

26du Ruisseau-des-Renards. On a vu que Franklin avait obtenu le titre de ce township en 1765.

Botsford offrit aux Acadiens établis sur le côté ouest de la rivière de Memramcouke et sur le côté est de celle de Petitcoudiac que si quelqu'un d'entre eux voulait l'accompagner à Fredericton pour porter sa malle -­c'était en hiver et il fallait faire le trajet à pied -- celui-ci s'en retournerait avec le titre foncier des terres sises entre ces deux rivières à tous les habitants. Malheureusement on n'accepta pas cette offre et on le regretta amèrement plus tard quand Joseph Frederick DesBarres réclama cette étendue de terrain comme lui appartenant, l'ayant acheté prétendait-il, de Gorham et ses associés.

 

Si les Acadiens de cette partie de la paroisse de Memramcouke eussent imité l'exemple de ceux du côté est de la rivière, et du Ruisseau-des-Renards, ils se seraient épargné, dans la suite, bien du trouble et d'énormes dépenses. Ils possédaient, il est vrai, le titre prescrit sur ces terres, mais cela n'empêchat pas DesBarres, père, et ensuite, Augustus, son fils héritier, de leur intenter procès sur procès sans jamais pouvoir en gagner un seul. Enfin, en 1842, pour avoir la paix et la tranquilité, les Acadiens achetèrent d'Augustus DesBarres, au prix d'une piastre l'arpent, les terres et les marais qui, de droit, leur appartenaient.

 

Le nombre de familles acadiennes qui se fixèrent dans la Vallée de Memramcouke en 1768 fut comparativement petit. D'autres familles revenues d'exil et d'ailleurs vinrent grossir ce nombre, surtout le contingent qui arriva de la rivière St-Jean en l'été de 1784.

 

Le village du Ruisseau-des-Renards fut fondé presque en même temps que Memramcouke. En 1769, Menoudie fut établi par des Acadiens venant de Pigiguit, et peu de temps après, Napanne eut à son tour ses colons. Tous ces cantons firent, durant nombre d'années, partie de la paroisse ecclésiastique de St-Thomas de Memramcouke.

Au rapport de l'abbé Joseph Leroux, premier missionnaire résidant en cette localité, il y avait en 1785, à Memramcouke et dans les villages qui en dépendaient, au delà de cent soixante familles, formant six cent personnes en âge de communier. Beaucoup de ces familles émigrèrent cette année-là même et dans la suite, à Tracadie, Bouctouche, Barachois, Village de Richibouctou, Kagibougouet (Saint-Louis de Kent) et à Gédaic, de sorte que la paroisse de Memramcouke fut considérablement diminuée.

 

Néanmoins, lors de la visite pastorale de Mgr Plessis, en 1812, la population de Memramcouke Petitcoudiac et Scoudouc était de 171 familles et 486 communiants. A Menoudie, il y avait 15 familles et 57 communiants, ce qui , ajouté aux chiffres ci-dessus, formait un total de 186 familles et 543 communiants. Ces familles pourraient être ainsi réparties : 106 à Memramcouke; 53 à Petitcoudiac; 12 à Scoudouc; et 15 à Menoudie. Six ans plus tard, au départ de l'abbé Brodeur, il y avait 673 communiants à Memramcouke et aux villages de Petitcoudiac Scoudouc, Menoudie et Napanne.

 

En avril, 1820, la population de Memramcouke et des villages susdits, à part celui de Napanne, était de 1419 âmes, y compris Menoudie qui comptait 168 âmes. Un recensement pris en 1827 donne 852 communiants à Memramcouke, Petitcoudiac et Scoudouc. A partir de cette date jusqu'à l'arrivée du P. Lefebvre, en 1864, il ne fut fait aucun dénombrement de la paroisse. En décembre, 1864, la population de Memramcouke était de 2,905 âmes, 1814 communiants, 500 familles acadiennes et 37 familles irlandaises.

 

(Archives, Centre d'études Acadiennes.)

 

LA PÊCHE À L'AGATE DANS LA RIVIÈRE PETITCODIAC

 

 A 4 milles ouest de la Memramcouke coule la rivière tortueuse Petitcoudiac, plus longue, plus large, plus profonde et mieux alimentée que sa voisine. De sa source, elle coule d'abord environ 15 milles vers le S.O. puis 7 à 8 milles vers le sud, sous le nom de la Rivière du nord.

 

A ce point, station du chemin de fer, formant un angle aigu, elle tourne brusquement au N. Est, l'espace de 10 milles jusqu'à Moncton: c'est ici le Coude ou Bend: faisant alors un angle droit, elle se dirige au S. S. Est jusqu'à Shepody; c'est 20 milles.

De son embouchure (jusqu')à Moncton, elle est navigable pour les trois-mats transatlantiques; les vaisseaux d'un petit tonnage pouvant pénétrer encore plus haut. Sa vallée, ses rives et ses côtes (celles-ci plus ....offrent à peu de chose près, le même aspect pittoresque que sa voisine.

 

La rivière Petitcoudiac tire son importance de la navigation et de la pêche. Dans les mois de juillet, août et septembre, elle est d'une grande ressource pour les riverains. L'agate ou alose y abonde; il y a aussi un peu de saumons. La manière dont se fait la pêche mérite d'être rapportée ici. Voici le mode qu'on emploie pour cela, tel qu'enseigné autrefois aux Acadiens par un de leurs curés, M. Ferdinand Gauvreau (vers 1842, n.d.l.r.)

 

Avant tout, les pêcheurs se munissent de seines longues de 800, 1000 et quelque fois 1200 brasses, larges de 7 à 8 pieds. Toutes les mailles sont rattachées à deux cordes, une de chaque côté; des plombs d'un pouce de diamètre sont assujetis à l'un de ces câbles, à l'autre, des boules de bois, bouées grosses comme le poing.

 

A marée haute, les pêcheurs s'avancent en pleine rivière sur des chaloupes, tournent le dos à sa source, tiennent graduellement à l'eau leurs filets, qui se tiennent verticalement et s'étendent en décrivant une ligne droite, parallèle au rivage.

 

Quand toute la seine est déployée, ils l'assujetissent solidement à l'embarcation et suivent tranquilement le courant tant que la marée porte; ils pénètrent ainsi quelque fois bien avant dans la baie (de Chipoudie ou de Chignectou?). Ces sortes de seines n'enveloppent pas leur proie comme font les nôtres; le poisson n'y prend pas librement ses ébats, mais, tentant de forcer les mailles, il s'y empêtre, ouvre ses ouies en se débattant; et les efforts qu'il fait pour recouvrer la liberté n'aboutissent qu'à l'enlacer davantage et à lui faire trouver plus promptement la mort.

 

Aussitôt que la mer ne (monte) plus, les pêcheurs arrêtent leur barque, jètent l'ancre, s'ils peuvent toucher le fond, retirent leurs filets, décrochent la proie à mesure qu'elle se présente, font volte face; et à la marée remontant, ils déploient de nouveau leurs seines, les lançant devant eux comme au début, et remontent le fleuve, poussés par les eaux qui se gonflent; puis, enfin, quand la marée s'arrête, ils retirent de nouveau leurs filets exécutant la même manoeuvre que la première fois et la pêche est finie pour ce jour-là.

 

par Advena

(Archives, Centre d'Études Acadiennes, 1.28.17)

 

Brins histoire du   Convent Notre-Dame Sacré-Coeur FONDÉ À Saint-Joseph en 1839,  

par les Sisters of Charity de Saint-Jean, N.-B.

 

Un premier document intitulé "Rapport du Couvent de Memramcook des années passées jusqu'au changement dans l'administration de 1908", nous donne un aperçu du programme d'enseignement d'alors:

 

Il y avait alors 3 départements, 2 français, 1 anglais. Les deux départements français étaient remplis d'enfants françaises et sous la direction de Soeurs françaises. Les classes s'ouvraient à 9 heures et continuaient jusqu'à 12; elles recommençaient à 1heure 30 et finissaient à 4 heures.. Dans ces deux départements français, on n'y enseignait que du français et le même cours que celui de la Province de Québec était suivi. Dans le premier département, on y apprenait les matières du cours élémentaire: lecture, grammaire, analyse, dictée, style, composition, histoire, hygiène. Dans le second, le cours moyen et pour les plus anciennes élèves, le cours Supérieur.

 

Dans le premier département, le français était enseigné toute la journée, excepté l'arithmétique. Dans le second, 2 heures de français pour les enfants qui ne se préparaient pas pour l'école normale à Fredericton, et une heure et demie pour celles qui se préparaient pour l'école normale. Le reste du temps, ces deux dernières divisions de jeunes filles se trouvaient dans le département anglais et se livraient à l'étude de l' anglais.

 

L'enseignement du catéchisme occupait la première partie de la journée, de 9 heures à 9 heures 30; le dimanche, 1 heure.

Le dimanche était partagé entre l'instruction religieuse (en français pour les pensionnaires françaises, en anglais pour les anglaises). Les exercices de piété à la chapelle, tels que chemin de la croix, récitation du chapelet, tout ceci en français et en anglais à tour de rôle. Ajoutons la lecture de livres de bibliothèque français pour les demoiselles françaises et de livres anglais pour les demoiselles anglaises.

 

Les prières de tous les jours suivies le matin d' une courte méditation se récitaient un jour en français, le jour suivant en anglais. Voilà pour le programme journalier.

 

De plus, afin de faire progresser les enfants dans la conversation française et leur mettre au coeur l'amour de la langue française ainsi que l'amour du pays, une Société du Parler Français avait été organisée. Cette Société était composée de toutes les demoiselles françaises du Couvent, et de trois Soeurs françaises.

 

Des assemblées étaient tenues régulièrement chaque semaine et une fois par mois, une séance exclusivement française était donnée dans la grande salle du Couvent. Bien que ces sortes de réunions fussent privées, toutes les personnes du voisinage étaient invitées et le monde se rendait en foule. Les programmes de ces séances consistaient de chants patriotiques, de faits historiques, conversations, énigme, correction d'anglicismes.

 

Il n'y a rien à ajouter à tout ceci, sinon que le français dominait autrefois au Couvent de Memramcook; que la majorité des élèves étaient françaises; que les Soeurs françaises se dévouaient pour nos françaises et qu'on constatait des progrès dans nos enfants.

 

Quelques programmes des séances données par les membres de la Société du Parler français ont été conservés.

 

Un deuxième document qui date de la même époque intitulé "Requête" fait état des griefs des paroissiens de Memramcouke. Il semblerait qu'il y ait eu une détérioration des rapports enseignantes-élèves. Pourquoi? Le texte ci-contre explique:

 

Nous, les paroissiens de St-Thomas de Memramcouke vous demandons humblement de vouloir bien enseigner à nos enfants qui fréquentent votre couvent plus de français que vous leur enseignez et de remettre en pleine vigueur le règlement qui existait du temps de la Soeur Marie Anne et que nous avons sous les yeux actuellement. (N.D.L.R. Soeur Marie Anne, devenue plus tard la fondatrice des Religieuses Notre-Dame du Sacré-Coeur, après avoir enseigné pendant un certain à Saint-Joseph, fut transférée au couvent de Bouctouche).

 

Nous demandons avec instance que nos enfants soient traités avec plus de bienveillance, de charité et de justice, les plaçant sur un pied d'égalité avec les jeunes filles de langue anglaise.

 

Les requérants de plus demandent une supérieure sachant le français afin que nous puissions transiger avec elle en notre langue. (N.D.L.R. L'arrivée, quelques années plus tard, de Mgr. Edouard-Alfred LeBlanc comme nouvel évêque de Saint-Jean, s'inscrit dans la suite des événements qui amèneront la création d'une nouvelle communauté de langue française à Memramcoukeen 1924: les Religieuses Notre-Dame du Sacré-Coeur.)

 

Vous êtes chez vous dans cette paroisse française; mais rappelez-vous que nous avons aussi des droits. Le terrain, là où vous êtes, ainsi que le premier couvent ne vous ont pas coûté un sou. Tous ces sacrifices ont été faits par nous dans le but d'avoir chez nous une maison d'éducation où nos enfants pourraient s'instruitre, en anglais sans doute, mais dans notre belle langue française premièrement.

 

De plus, nous apprenons de source certaine que l'intention de Sa Grandeur Mgr. Sweeny, en accordant la permission d' ériger un couvent, était de donner dans leur langue une éducation soignée aux jeunes filles acadiennes.

 

Espérant que vous prendrez en haute considération les justes réclamations que nos devoirs de parents nous obligent à vous soumettre.

 

Nous demeurons ,

 

Vos serviteurs

Les paroissiens de Memramçouke

(Archives, Centre d'Études Acadiennes)