La Société Historique de la Vallée de Memramcook

 

Volume 5 no 2, novembre 1993

 

TABLE DES MATIÈRES

                  Introduction, par Patricia Utley

                   L'histoire de Prée-d'en-Haut, par P. William Bourque

                  Les sports dans la Vallée de Memramcook, par Alban Léger

                  Fondation du village des Gautreau

                   Membres de la Société Historique de la Vallée de Memramcook

                   Conseil d'administration de la Société Historique de la Vallée de Memramcook

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PRÉSENTATION

 

Chers lecteurs et lectrices,

Nous espérons que vous ayez passé un bel été. Notre premier cahier de 1993 s'est très bien vendu; si bien, même, que nous avons dû faire imprimer 200 copies additionnelles. Merci de votre appui. Continuez!

 

Notre liste de membres s'est passablement allongée grâce au dévouement , à la tenacité et aux convictions acadiennes d'Adolphe LeBlanc, l'un de nos administrateurs. Puissions-nous en avoir davantage comme lui.

 

Un gros merci, aussi, à Donatien Gaudet. Grâce à lui, les Cahiers de la Société Historique de la Vallée de Memramcook vous sont présentées sous un nouveau format. Vous aimez les gros caractères ?

 

Et, comme vous vous l'avez constaté dans l'article qui traite du "projet de l'écomusée", plusieurs sujets nous préoccupent. Vous demeurez à proximité d'un site historique ? Vous connaissez des personnes ou des événements reliés à notre histoire ? Veuillez nous les faire connaître. Et si vous le pouvez, prêtez votre concours pour que l'un ou l'autre de ces. projets voit le jour. C'est notre histoire. Nous devons la connaître et la faire connaître.

 

A la prochaine.

 

Patricia Utley Comité des Cahiers

 

L'HISTOIRE DE PRÉE‑D'EN-HAUT

 

par P. William Bourque

 

PREMIÈRE PARTIE : DESCRIPTION

 

Ne cherchez pas Prée-d'en-Haut sur une mappemonde, car vous ne l'y trouverez point. Pas encore, du moins.

 

Même si vous avez sans doute déjà visité les provinces maritimes du Canada en plusieurs occasions, il est probable que vous ne vous soyez jamais rendus à Prée-d'en-Haut. La raison en est fort simple : cette localité est située loin des grandes routes et n'est pas considérée comme La Mecque des touristes. Elle ne possède ni gare ferroviaire, ni autoroute, ni même ce qu'on pourrait appeler son secteur commercial. On y trouve, par contre, quelques magasins éparpillés ici et là.

 

Sis paisiblement sur les rives de la Petitcodiac, rivière néo­brunswickoise bien connue pour son mascaret, Prée-d'en-Haut n'est pas véritablement une entité municipale. En réalité, cette paroisse regroupe cinq hameaux : Beaumont, Belliveau Village, Boudreau-Village, Village des Gautreau et Prée-d'en-Haut proprement dit. Ce dernier nom a été choisi parce que c'est là que se trouve l'église paroissiale, Notre-Dame-de-l'Annonciation.

 

Toutes ces localités sont habitées par des Acadiens. Au début de 1951, on y retrouvait un total de 145 familles. A cette époque, Prée-d'en-Haut renfermait une immense ceriseraie, plusieurs petits vergers et cent-treize fermes d'environ 45 acres chacune. A l'extrémité sud du village se trouve toujours Beaumont, ancienne réserve indienne. C'est là qu'un cap en saillie fend l'eau de la baie de Chipoudie, prolongement naturel de la Baie de Fundy, entre la rivière Petitcodiac et la rivière Memramcook, cours d'eau secondaire. De là, Prée­d'en-Haut suit ensuite la rivière Petitcodiac jusqu'à Dover, établissement anglophone.

 

Pour se rendre à Prée-d'en-Haut, il faut faire preuve d'ingéniosité. En voiture particulière, il suffit de suivre la route qui mène dans la vallée de Memramcook, et dE là suivre les indications qui vous y mènent. Si vous suivez la route du village de Saint-Joseph, vous verrez, à un moment donné, un des paysages les plus pittoresques de l'Amérique du Nord. En effet, en arrivant au sommet de la dernière colline, vous serez saisi d'émerveillement. Sous vos yeux, vous verrez la rivière Petitcodiac qui s'étend dans sa toute sa fière splendeur.

 

A votre gauche, vous apercevrez la péninsule de Beaumont. Un phare se dressait, autrefois, sur sa falaise qui avance dans la baie de Chipoudie, séparant les eaux tumultueuses en deux cours distincts. L'un est large, rectiligne et majestueux, l'autre est étroit, tortueux et tourbillonnant. En arrière-plan se dessine le profil accidenté des collines de Dorchester Cape qui vous cache partiellement le bassin de Cumberland. Si vous observez attentivement ce paysage, vous constaterez que le bassin de Cumberland et la baie de Chipoudie se fusionnent au-delà du cap pour former la baie de Chignectou, berceau de la baie de Fundy. Devant vous, à votre droite, s'étend la jolie vallée de la Petitcodiac, divisée en deux parties égales par la rivière du même nom. Des rochers imposants, de grandes étendues champêtres, des boisés clairsemés ici et là et de petites agglomérations agricoles occupent le long des deux rives. D'un côté, se trouve la route asphaltée du comté d'Albert et, de l'autre, se déroule le chemin de campagne tel un ruban longeant la rivière. Tout ce paysage est encadré, d'une part, par les immenses hauteurs du comté d'Albert et, d'autre part, par les hautes terres ondulantes de la Nouvelle­Ecosse qui s'estompent dans le lointain. Des milles et des milles d'océan séparent ces deux éléments.

 

Cet endroit magnifique faisait jadis partie de l'ancienne Acadie, terre d'Evangéline, établie par De Monts en 1604, seize ans avant l'arrivée des Pilgrim Fathers à Cape Cod. En 1605, Champlain avait visité une partie de cette région au cours de son périple autour de la baie de Fundy, puis le long ders côtes du Nouveau-Brunswick, du Maine, du New Hampshire et du Massachussets. S'ils l'avaient su, les Pilgrim Fathers auraient pu se procurer sa carte de Plymouth Harbour à Paris dès 1614!

 

Les habitants de Prée-d'en-Haut sont des gens/simples,honnêtes, travaillants et croyants. Ils descendent directement de certains de ces héros dont le sort est si bien décrit par Longfellow dans son poème Evangeline. Ils ne se sont pas fixés ici parce que le sol était riche ou le minerai abondant, mais uniquement pour pouvoir vivre en paix, loin de leurs voisins anglophones qui, convoitant leurs riches terres agricoles de la Nouvelle-Ecosse, s'étaient emparés de leurs ancêtres pour en disperser les familles aux quatre coins du monde.

 

 

En 1763, le Nouveau-Brunswick est devenu colonie britannique, comme d'ailleurs le reste du Canada. Trop éloignés des francoophones du Québec et trop proches des anglophones de la Nouvelle-Écosse pour se sentir à l'aise, Prée-d'en-Haut et les autres établissements français avoisinants sont vite devenus des localités abandonnées. En outre, les conservateurs anglais, évincés de Boston et de New-York au moment de la révolution américaine. vinrent s'établir le long du fleuve Saint-Jean, quelques milles plus loin seulement. Les habitants de cet isthme étroit qui rattache la Nouvelle-Écosse au reste du Canada s'isolèrent alors pour devenir une race oubliée. Pendant longtemps, ils vivront dans la crainte constante de voir des colons anglais les attaquer sans préavis pour répéter les injustices de 1755. Il faudra plus d'un siècle pour rétablir la confiance de ces gens. Dans l'intervalle devait naître et se développer une sorte de complexe d'infériorité collectif.

 

Dieu se servit de la plume d'un poète américain, Longfellow, pour attirer l'attention du monde sur leur triste état. Après la publication de son poème bien connu, la situation des Acadiens se mit à changer progressivement. Deux congrégations religieuses, les religieux de Sainte-Croix et les Eudistes, vinrent à leur secours. Les Anglais avaient privé les Acadiens de leurs écoles, de leurs églises et même de leurs prêtres bien-aimés. Désormais, on tenterait de corriger cette situation en construisant des écoles neuves et des collèges pour compléter l'oeuvre des églises que les Acadiens eux-mêmes avaient déjà construites.

Avec l'arrivée de l'éducation, une nouvelle vie commençait. Petit à petit, le complexe d'infériorité légendaire devait s'estomper. Mais, Prée-d'en-Haut étant éloigné des grandes routes, sa renaissance devait se faire attendre plus longtemps qu'ailleurs.

 

Encore en 1935, il n'y avait rien pour provoquer le délire à Prée-d'en-Haut, sauf peut-être la beauté exquise du paysage et l'amabilité exceptionnelle de ses habitants. Les seuls sentiers qui menaient à ce village étaient presque impraticables. On ne pouvait pas s'y rendre par train et le trajet en automobile se faisait aux risques et périls du chauffeur et de ses passagers. Cette localité n'avait pour établissements scolaires que trois petites écoles décrépites, convenant à peine à des êtres humains. Il n'y avait ni église, ni lieu de réunion public. Il y avait bien une chapelle indienne pouvant contenir une cinquantaine de personnes. Elle avait été construite presque cent ans plus tôt par le gouvernement pour empêcher les Indiens de la réserve de se solidariser avec la cause des Acadiens. Ces Indiens étaient maintenant partis depuis longtemps et leur mission était fermée. De toute façon, la petite église était fort délabrée Dans les établissements éloignés, comme Prée-d'en-Haut, on ne trouvait ni électricité, ni téléphones, ni radios, ni toilettes intérieures, ni eau courante. Il n'y était certainement pas question d'outillage moderne, d'agriculture scientifique, et encore moins de diversification ou de roulement des récoltes. Bref, on croyait que la terre était trop pauvre pour penser à l'améliorer.

 

Par contre, la messe du dimanche posait un certain problème mais personne ne pensait l'omettre. Même s'il fallait parcourir environ huit milles pour s'y rendre, tous assistaient, sauf, bien entendu, les vieillards, les malades et les personnes qui devaient rester au foyer pour y garder les enfants en bas âge.

 

La plupart du temps, ils amenaient les enfants avec eux pour les laisser chez des amis ou des connaissances de Memramcook. Ceux qui pouvaient se permettre de posséder un cheval, ne fût-ce qu'un cheval de ferme, s'en servaient pour aller à l'office dominical. Sinon, ils s'y rendaient à pied, espérant que de bons voisins les feraient monter dans leur voiture.

 

C'est ainsi que les cultivateurs et les pêcheurs de cette localité trimaient dur pour s'assurer une maigre existence. Ne sachant pas commercialiser leurs marchandises, ils se faisaient souvent voler leurs justes profits par les riches marchands des environs. Évidemment, la ville de Moncton, en pleine croissance, était relativement proche, mais les moyens de s'y rendre et d'en revenir faisaient sérieusement défaut. Or, bien que le taux de natalité fut exceptionnellement élevé, la population demeurait plutôt stationnaire. Lorsque la situation devenait intenable, les jeunes quittaient la demeure familiale pour chercher fortune ailleurs.

 

DEUXIÈME PARTIE : LE NOUVEAU VILLAGE

 

En 1935, une jolie petite église était construite à Prée-d'en­-Haut. Au début, ce n'était qu'une mission sans prêtre résidant. Chaque dimanche, l’un des vicaires de la paroisse mère, habituellement le Père Plouffe, venait y célébrer la messe et veillait aux besoins spirituels des gens.

 

Premier curé

 

Cinq ans plus tard, le Père Arcade Goguen, un autre religieux de Sainte-Croix, était nommé curé avec permission de demeurer sur place, s'il le jugeait opportun. Les conditions étant ce qu'elles étaient, absence de presbytère sans aucun argent pour en construire un, le Père Goguen ne jugea pas bon de s'installer près de l'église. Les gens étaient si divisés qu'il leur semblait impossible de même penser à faire vivre un curé. Celui-ci fit donc comme ses prédécesseurs, qui se rendaient sur les lieux à chaque fin de semaine.

 

Deuxième curé

 

En 1941, un troisième religieux de Sainte-Croix, le Père Azarias Massé était nommé à ce poste à sa propre demande. Son arrivée devait changer beaucoup de choses.

 

Le Père Massé n'était pas un prêtre de paroisse, mais un professeur de collège. Il s'était au préalable penché expressément sur le sort de ces malheureux paysans. Il arrivait avec des plans en tête, bien qu'il ne sût pas très bien alors comment les mettre en oeuvre. Né au Québec, il avait cependant étudié et passé une grande partie de sa jeunesse au Nouveau-Brunswick, où son oncle était curé.(1) Les autres membres de sa famille étaient bien connus dans les domaines politique et social du Québec, mais ce prêtre avait tant travaillé auprès des Acadiens qu'il les aimait beaucoup et se considérait comme l'un des leurs.

 

Résidence

 

Comment pouvait-il venir en aide à ces bonnes gens? En premier lieu, il décide de demeurer sur place et de ne pas se contenter d'y venir les fins de semaine. C'était là une décision difficile à prendre puisqu'il n'avait ni presbytère, ni argent pour en construire un. Le Père Massé se rendait parfaitement compte qu'il devait sacrifier ses sentiments personnels et accepter l'hospitalité d'un paroissien charitable. Il se mit donc à chercher une chambre à louer dans une maison située près de l'église. Avec générosité et sans penser à lui-même, il abandonna le confort de sa chambre de collège pour devenir le premier curé résident de Prée-d'en-Haut.

 

Un paroissien bien connu, ancien du collège, lui offrit l'hospitalité de sa propre demeure.(2) Celui-ci y habitait avec sa femme, une jeune fille et deux vieillards. Sa maison était ni grande ni somptueuse, mais elle était bien meublée et aussi moderne que les conditions locales le permettaient. En se tassant, et en se sacrifiant sans doute un peu, la famille réussit à mettre quelques pièces de côté pour son pasteur bien-aimé. Tout était propre et soigné, mais naturellement, sans les commodités telles que l'eau courante, les toilettes intérieures et la douche.

 

Le Père Massé voulait d'abord venir en aide aux gens. Mais comment pouvait-il y parvenir, alors que tant de gens refusaient ses avances attentionnées? Même si la paroisse ne renfermait qu'une centaine de familles, plusieurs d'entre elles refusaient toujours de fréquenter la petite église et préféraient se rendre à des églises plus grandes, situées à des milles plus loin. Le Père Massé s'attela donc à la tâche. Il ne pouvait pas faire grand'chose avec la quête mensuelle (3) qui totalisait la somme "faramineuse" de six dollars. Il décida donc de visiter chaque famille récalcitrante pour expliquer comment et pourquoi il avait besoin de la coopération de tous et de chacun. Il dut faire montre d'une grande persuasion, parce qu'il les gagna rapidement à sa cause. Dix ans plus tard, ces gens étaient parmi ses admirateurs les plus dévoués.

 

Évidemment, le Père Massé avait besoin de l'aide de l'extérieur. Il fit donc appel à sa famille, à ses proches, à ses anciens élèves, à ses amis, aux paroisses avoisinantes, à tous ceux et celles qui étaient susceptibles de lui venir en aide. Il talonnait sans relâche le gouvernement, les politiciens et même les entreprises commerciales de la région. Très rapidement, les gens se réveillèrent et lui prêtèrent attention. Ils ne pouvaient tout simplement plus résister à ce petit prêtre qui ne les lâchait pas d'un pouce.

 

Au fond, c'était un plaisir d'aider une personne si engageante. C'est ainsi que les routes s'améliorèrent, qu'un service d'autobus fut inauguré, que l'électricité et le téléphone firent leur apparition à Prée-d'en-Haut. L'église fut agrandie, le chauffage au mazout avec commandes automatiques fut mis en place et le sous-sol fut réaménagé pour y tenir des concerts, des parties de carte et des soupers paroissiaux.

 

Pique-niques

 

Ce pasteur avait une façon pratique de faire les choses. Il se rendait bien compte que ses paroissiens étaient trop pauvres pour se procurer ce dont ils avaient grandement besoin. Il allait donc conçevoir des moyens d'obtenir le nécessaire à meilleur marché possible. A force de travail, il amena les ménagères à consacrer leurs temps libre à la confection de tapis, de poupées et d'objets de toutes sortes à l'intention des diverses activités paroissiales. Puis, il installait un haut-parleur sur une voiture et parcourait la campagne et les régions avoisinantes pour annoncer partout l'événement à venir. Les gens de l'extérieur commencèrent à envahir Prée-d'en-Haut. Ainsi, le pique-nique annuel, d'une durée de trois jours, accueillait des milliers de personnes dans ce petit village. Et l'argent entrait progressivement. Bien entendu, tout n'était pas que profit, mais la méthode consistant à faire faire le travail par les paroissiens et paroissiennes, puis à amener les gens de l'extérieur à dépenser leur argent produisit rapidement d'excellents résultats.

 

Presbytère

 

Maintenant que l'église avait été bien rénovée et fraîchement peinte, le projet suivant était la construction d'un presbytère. Celui-ci devait faire la fierté de Prée-d'en-Haut : point de repère caractéristique, il sera l'un des plus beaux presbytères du diocèse. Il fut construit en pleine seconde guerre mondiale,(4) alors que les matériaux étaient rares et difficiles à obtenir. Le Père Massé surmonta toutes les difficultés l'une après l'autre, jusqu'à ce que tout soit parachevé. Il traça lui-même les plans, se fit entrepreneur général, acheteur et superviseur des travaux. Il voyait personnellement à tous les détails, si bien qu'il réussit en fin de compte à édifier un immeuble qui faisait l'envie de tous les prêtres des environs. Son coût : 18,000$ en 1945. Tous les travaux étaient payés, même avant leur parachèvement. Et les paroissiens ? Cinq ans plus tard, ils se demandent encore comment leur pasteur avait réussi ce tour de force sans grever leur paroisse de dettes.

 

Le travail

 

D'autres choses attendaient. Il fallait apprendre aux villageois comment régler leurs problèmes et s'occuper de leurs propres besoins. Maintenant qu'un autobus faisait deux voyages par jour à Moncton, il n'y avait plus aucune raison de rester sans emploi. On pouvait travailler dans les magasins de la ville, ses bureaux et ses usines. Le Père Massé les encouragea donc à se déplacer pour travailler. Lorsque les gens ayant besoin de travail ne pouvaient s'en trouver, il se servait de son influence pour leur obtenir des emplois qui payaient bien.

 

La ferme

 

La plupart des villageois étaient des cultivateurs, mais quelques-uns étaient pêcheurs. Le père Massé fit une étude de leurs divers besoins. Il était inutile de poursuivre la culture du foin et du blé année après année. Lorsque le marché était inondé ou la récolte piètre, les cultivateurs ne recevaient pratiquement rien pour leurs mois de durs labeurs. Leurs légumes demandant de nombreuses manutentions, ils rapportaient peu. Pourquoi ne pas organiser une coopérative? Ne pourrait-on pas adopter un certain roulement ou diversification des cultures? Si le sol était si pauvre, pourquoi ne pas trouver des cultures plus appropriées? Ce territoire était certainement bon pour le pâturage; alors pourquoi ne pas s'intéresser à l'élevage du bétail? Avec l'aide de leur curé, les principaux cultivateurs effectuèrent une étude spéciale de la situation. Certains suivirent même des cours pendant les mois d'hiver dans une école d'agriculture voisine.

 

La Caisse populaire

 

L'un des premiers résultats fut la fondation d'une caisse populaire locale. On dut procéder à une étude préliminaire, dans un double but : faire prendre conscience aux cultivateurs de leurs problèmes communs et insuffler un admirable esprit collectif dans la paroisse. Le 4 avril 1944, 165 membres s'unissaient pour former la Caisse Populaire de Prée-d'en-Haut. Les dépenses étaient plutôt réduites puisque les agents de la caisse travaillaient sans rémunération et que le curé offrait le local et le mobilier à titre gratuit. Le sous-sol de l'église servait de siège social provisoire. Une fois le presbytère terminé, c'est dans la plus belle maison du village que logea la caisse populaire. Ce sous-sol bien chauffé, aéré et confortable avait été spécialement conçu à cette fin et équipé d'un mobilier peu coûteux, ainsi que d'un immense coffre-fort encastré. Vers la fin de 1950, le nombre de membres était passé à 286 et les prêts se chiffraient à plus de cent milles dollars.

 

La Santé

 

Maintenant que les paroissiens semblaient vouloir s'aider eux-mêmes, il était temps de faire quelque chose au sujet de la situation sanitaire en général. Il n'y avait pas de médecin sur place, même si le téléphone permettait de l'appeler facilement au chevet des malades. Etant donné que l'état des routes s'était amélioré, le médecin pouvait se rendre à destination plus rapidement, mais en général les gens ne pouvaient pas se payer les services d'un médecin. De plus, il n'était pas question de séjourner à l'hôpital. Il fallait donc recourir à la Croix-Bleue et au Blue Shield. On lança donc une campagne de souscription. Celle-ci fut un véritable succès : pratiquement toute la paroisse accepta de s'abonner. Le curé les fit s'inscrire en groupe, ce qui réduisait de beaucoup les frais. Désormais, si quelqu'un était malade, il pouvait recevoir les meilleurs soins médicaux et hospitaliers disponibles sans que son porte-feuille n'en souffre indûment. Nous sommes loin du temps où les gens enduraient leur mal en patience chez eux lorsqu'ils étaient frappés de maladie. En outre, le Père Massé leur avait appris à faire de mauvaise fortune bon coeur. Il était toujours prêt à les consoler dans leurs épreuves et à leur montrer comment en tirer parti pour assurer leur propre salut éternel et la plus grande gloire de Dieu. Lorsqu'il n'y avait aucun autre moyen, il transportait lui-même les malades à l'hôpital, où il insistait pour qu'ils reçoivent les meilleurs soins disponibles. Même si l'hôpital le plus rapproché se trouvait à une quinzaine de milles plus loin, il se rendait visiter ses malades plusieurs fois par semaine, tant pour les consoler que pour s'assurer qu'ils recevaient bien les soins voulus.

 

Progrès

 

Un tel dévouement ne pouvait manquer de produire des fruits. Très rapidement, les résultats se manifestèrent. Avec l'aide de la caisse populaire, on reçut dans le village du matériel agricole, de l'outillage moderne, du bétail et des volailles additionnels. Puis, le commerce des oeufs et des produits laitiers se développant sans cesse, on mit sur pied une coopérative pour s'occuper de la vente de ces produits. De nouvelles cultures vinrent s'ajouter à celles du blé et du foin, qui existaient depuis toujours. Le village commençait donc à faire du progrès.

 

Coopérative de fraises

 

Le père Massé affirmait, même en pleine chaire, que le sol et le climat devaient être particulièrement propices à la culture de la fraise. Il est vrai que la saison était plutôt tardive, mais cela serait un avantage, puisque la récolte de Prée-d'en-Haut arriverait sur le marché lorsque celui-ci n'aurait déjà plus de fraises provenant de l'extérieur. Il donna des instructiuons publiques, visita chaque cultivateur pour bénir ses semences et donner toutes les explications voulues, contribua à organiser une coopérative de fraises, tant et si bien qu'il ne parlait plus que de ce fruit du matin au soir. Il planta même un carré de fraises dans sa propre cour arrière, pour donner l'exemple. Enfin, ce projet vit le jour. La première année, la récolte atteignit les 60,000$; la deuxième année, 120,000$ et la troisième, les 130,000$. Bien entendu, tout cela n'était pas des profits nets, loin de là. A vrai dire, le profit n'était pas exhorbitant vu le nombre de familles qui participaient aux travaux nécessaires. Cette initiative devait néanmoins apporter dans la région de l'argent qui autrement aurait été ailleurs.

 

La culture des fraises n'apporta pas que de l'argent. Cette initiative commune eut pour effet de renforcer l'unité collective et de produire un sentiment de confiance en soi. Les gens apprirent qu'ils pouvaient parvenir à la stabilité économique, si seulement ils se serraient les coudes et travaillaient les uns pour les autres. On passa ensuite à la culture des bleuets sur des terres qui auraient été parfaitement inutiles sans cela. En outre, l'expérience de la coopérative permit de découvrir de nombreux talents pour la gestion des affaires. Les gens purent constater qu'ils étaient très débrouillards si l'occasion l'exigeait. Ainsi, lorsqu'une menace de grève ferroviaire laissait entrevoir la perte de milliers de cageots pleins, prêts à partir, le directeur commercial décida de les expédier immédiatement par avion vers New York dans l'espoir de pouvoir les écouler sur le marché local. C'était une initiative risquée. Il fallait envisager des dépenses considérables, sans avoir l'assurance que ce nouveau marché serait favorable ou que les fraises n'arriveraient pas avariées à destination. En réalité, les fraises arrivèrent en excellente condition et se vendirent à soixante-quinze cents le panier.

 

Fait inusité

 

On pourrait encore évoquer de nombreux récits captivants au sujet des fraises. Au début de juillet 1946, trente-cinq jours complets s'étaient écoulés sans une seule goutte de pluie. Des feux de forêts faisaient rage un peu partout dans la province. De lourds nuages de fumée noire recouvraient toute la région et on pouvait les voir à des centaines de milles plus loin. Les cultivateurs ne savaient plus que faire, car la récolte allait se solder par une perte totale à moins qu'il n'y ait de la pluie avant trop longtemps. Même le Père Massé s'inquiétait de la tournure des événements. Il avait consacré tant d'énergie à convaincre les gens qu'ils devaient cultiver les fraises et voilà que, dès la première année de la récolte, il semblait que ses efforts et le travail de ses paroissiens allaient s'envoler en pure perte. Ce serait un dur coup pour l'esprit de la paroisse. Il conseilla de prier; de beaucoup, beaucoup prier. Les cultivateurs se cotisèrent pour faire dire quelques grand-messes. La première fut chantée le dimanche suivant. Tous y assistèrent avec grande ferveur, convaincus qu'ils étaient que Dieu allait certainement leur venir en aide. Vers cinq heures ce soir-là, le ciel s'obscurcit et la pluie se mit à tomber. C'était un brouillard fin qui dura ving-quatre heures, juste ce qu'il fallait alors aux fraises, car celles-ci n'auraient certainement pas supporté un violent orage. Surprenant? Pas le moins du monde, surtout lorsqu'on sait que cette pluie ne tomba pas ailleurs que dans cette région. Les feux de forêt continuèrent leur ravage ailleurs dans la province pendant dix autres jours avant d'être finalement maîtrisés.

 

La pêche

 

La situation lamentable des pêcheurs faisait grandement souffrir leur pasteur. Ils étaient si peu nombreux et si mal organisés qu'ils se trouvaient totalement à la merci des négociants anglophones qui achetaient leurs prises. En 1945, en particulier, ils connurent des moments extrêmement difficiles. Six d'entre eux disposaient d'une très grande quantité de poissons qu'ils ne pouvaient vendre qu'à perte. Il s'agissait surtout d'alose(5) de la Petitcodiac, poisson très prisé que certains préfèrent même au homard. Pourquoi ne pas le mettre en conserve comme le homard? Le Père Massé examina les possibilités. Il se rendit plusieurs fois à Shédiac, à 20 milles plus loin, et il y posa de nombreuses questions. Puis, il organisa les hommes dans un genre de coopérative, loua un petit immeuble, emprunta l'équipement voulu et se mit au travail. Le résultat? Un profit net de 30,000$ pour les six hommes et une provision de trois ans de cette délicieuse alose en conserve pour le Père Massé.

 

La jeunesse et l'école

 

Il aurait été difficile pour ce pasteur d'oublier les enfants. Il leur vouait une attention spéciale. Pour dire vrai, ils avaient été fortement négligés dans le passé. Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement s'occupait à cette époque de la construction, de la réparation et de l'entretien des écoles, pourvu qu'on y suivît le programme officiel de la province. Les diverses écoles, ou plutôt les bâtisses délabrées qui faisaient office d'écoles dans les différents hameaux, tombaient littéralement en décrépitude. Aucune d'entre elles ne renfermait quelque élément de confort moderne que ce soit. De plus, on ne pouvait pas trouver d'instituteurs ou d'institutrices de premier ordre pour la simple raison qu'il s'agissait d'un district rural : le salaire était extrêmement faible et, de toute façon, personne ne voulait venir s'établir à cet endroit isolé et peu fortuné. Le Père Massé régla d'abord la question des enseignants en fournissant des installations pour les activités sociales et les loisirs, de même que la pension et le logement gratuits et un salaire supérieur à celui du gouvernement. La situation devait changer du tout au tout. Il n'était plus difficile d'attirer de bons instituteurs ou de bonnes institutrices à Prée-d'en-Haut.

 

Les autorités scolaires

 

Puis, le Père Massé s'intéressa ensuite aux dirigeants scolaires. Ils acceptèrent plutôt à contrecoeur de rénover tous les bâtiments. Cela ne suffisait pas,. cependant. Le curé ne voulait rien de moins qu'une belle école, commode, combinant le primaire et le secondaire et dotée de toutes les commodités et outils pédagogiques modernes.

 

Une école secondaire à Prée-d'en-Haut? Vous n'y pensez pas; voilà bien une idée absurde, n'est-ce pas? Le Père Massé n'en démordait pas, cependant, et il continua donc d'importuner les dirigeants. Il savait ce qu'il voulait et il les avertit carrément qu'il ne les laisserait pas en paix tant qu'il n'aurait pas obtenu ce qu'il cherchait. Le comité scolaire finit par admettre qu'il prendrait en charge le transport des élèves, si seulement la paroisse construisait l'école. C'était bien quelque chose, mais on était encore loin du but visé. Le Père Massé continua donc son harcèlement des autorités scolaires. A telle enseigne qu'on convint finalement que le gouvernement et la paroisse se partageraient les coûts initiaux et que le comité scolaire s'occuperait de l'entretien de l'école, de la rémunération des enseignants et enseignantes et du transport des élèves. On construisit donc en face de l'église une belle école moderne, petite mais comportant quand même toutes les installations nécessaires à l'enseignement de la première à la onzième années. L'ouverture officielle eut lieu à l'automne de 1949(6). A la fin de l'année suivante, elle desservait déjà 115 garçons et filles, conduits chaque jour par un autobus fourni par le comité scolaire du district. Pour leur part, les plus jeunes enfants qui vivaient trop loin pour profiter du transport quotidien pouvaient fréquenter deux écoles de district entièrement rénovées : 26 à Boudreau-Village et 38 à Belliveau-Village.

 

Les religieuses

 

Le système scolaire du Nouveau-Brunswick permettait alors aux religieuses possédant un certificat provincial d'enseigner dans les écoles publiques et d'y recevoir le même salaire que les enseignantes laïques. Voulant profiter de cette situation, le Père Massé avait acheté depuis longtemps une petite maison située près du presbytère; il espérait y loger un jour une congrégation religieuse enseignante. Mais sa tentative en ce sens ne fut pas couronnée d'un succès total et les locataires d'origine habitaient toujours cette maison. Chaque jour, deux religieuses venaient de leur maison-mère, située dans une localité avoisinante(), et les autorités de cette congrégation affirmaient ne pas pouvoir augmenter ce nombre. Le Père Massé s'efforça d'obtenir de France et d'Irlande des Soeurs maristes, ces soeurs bleues arrivées récemment dans d'autres régions de la province. Mais les vocations étaient rares et une réponse définitive tardait à venir.

 

Le garage

 

Chaque année, quelque chose de nouveau se produisait dans la paroisse. En 1948, le curé décide qu'il lui fallait un nouveau garage. Jusqu'alors, il avait utilisé un vieux bâtiment situé tout près de la maison où il était autrefois locataire. Il s'attela donc encore à la tâche et fit construire un garage selon ses propres plans. En peu de temps, ce bâtiment était terminé et il complétait merveilleusement bien le magnifique presbytère déjà sur place. Le curé l'appelait un garage pour les besoins de la cause, mais il s'agissait bien plus que cela. Ce bâtiment de quarante pieds par cent et de trois étages renfermait une grange, un entrepôt et le garage proprement dit. Il était doté d'une cave en béton, d'un grenier spacieux mais non fini à l'intérieur et de quatre toilettes à l'intention des paroissiens.

 

Le cimetière

 

En 1948, le temps était venu de penser au cimetière. La population était plutôt réduite, mais il y avait bien des décès comme partout ailleurs. En 1950, il y avait des vieillards à Prée-d'en-Haut : 18 personnes de plus de 80 ans et 74 de plus de 70 ans. Manifestement, il fallait un lieu de sépulture puisque les gens étaient alors inhumés à l'extérieur de la paroisse. Directement en face du presbytère, il y avait un immense terrain qui s'étendait sur plus de 1500 pieds jusqu'à la rivière. On procéda à son nivellement, puis on le divisa en trois parties. L'une servirait de terrain de jeux, l'autre de terrain de base-ball et le troisième de cimetière. Le terrain de jeux était directement accessible à partir de la cour d'école

 

Chemin

 

En 1950, les abords de l'église étaient embellis et trois escaliers en bois étaient remplacés par des escaliers en béton. Le Père Massé se mit encore à importuner les politiciens pour qu'ils fassent niveler quelque peu la route entre l'église et l'école. En effet, il y avait là une colline plutôt abrupte qui empêchait les conducteurs de bien voir les enfants arrivant à l'école. Les travaux qui s'ensuivirent devaient beaucoup améliorer l'aspect des immeubles paroissiaux des deux côtés du chemin. Les matières enlevées servirent à faire du remplissage près de l'église. Ainsi, le gouvernement se débarassait de choses dont il n'aurait su que faire et la paroisse acquérait quelque chose qu'elle pouvait utiliser à bon escient.

 

TROISIÈME PARTIE

 

PROGRÈS ÉCONOMIQUE, SOCIAL ET SPIRITUEL

 

Contributions à l'église

 

Pour apprécier pleinement la transformation intégrale qu'avait connu Prée-d'en-Haut au cours des dix dernières années, il fallait connaître l'ancien village et le nouveau, ainsi que les habitants eux-mêmes. Néanmoins, on pouvait se faire une idée des progrès réalisés en prenant connaissance de la contribution financière réelle des paroissiens. En 1941, la quête se chiffrait à six dollars; en 1950, elle atteignait trois cents dollars. Or, le Père Massé aimait faire la quête lui-même. Seul prêtre dans la paroisse, il ne pouvait faire la quête pendant la messe. Il disait donc aux gens de ne pas quitter l'église, puis une fois l'office terminé, il passait lui-même le panier. Et le croirez–vous, pas une seule âme sortait de l'église avant que tout ne soit terminé!

 

Campagne pour l'éducation

 

Une autre preuve de l'apport des gens de Prée-d'en-Haut, c'est la campagne menée dans le diocèse pour recueillir des fonds pour les collèges et les institutions religieuses catholiques de la régions). Prée-d'en-Haut s'engagea à verser 12,000$, soit une moyenne de 83$par famille sur trois ans. Cette excellente contribution se comparaît à celles de Shédiac ou de Memramcook, deux paroisses au moins cinq fois plus grandes que Prée-d'en-Haut.

 

Salles

 

Les gens adoraient les rencontres sociales de tous genres. Ils les avaient toujours aimées, mais ils n'avaient aucun lieu de rencontre. Le Père Massé avait deux grandes salles : l'une au sous-sol de l'école et l'autre au sous-sol de l'église. Elles pouvaient servir à diverses fins : présentation de films et de concerts, parties de cartes et soupers au homard. Comme le Père Massé était un génie de la publicité, il n'avait aucune difficulté à remplir la salle la plupart du temps. Cela était facile dans le cas d'activités comme des concerts, des présentations de films et des soirées sociales. Mais il réussissait à y attirer au moins trois cents personnes pour des conférences éducatives et pour des concerts musicaux de grande qualité.

 

Soupers

 

La salle de l'école possédait déjà une grande estrade et tout le nécessaire pour la projection de films. Le sous-sol de l'église, quant à lui, était équipé d'une cuisinière et de tout le matériel culinaire voulu. A l'occasion du pique-nique annuel, plus de onze cents soupers au poulet ou au homard étaient servis trois soirs d'affilée. Ici encore, c'étaient les paroissiens qui faisaient le travail; qui apportaient' les tartes, gâteaux et pâtisseries, et qui assuraient le service. Et ce sont les gens de l'extérieur qui payaient pour tout cela.

 

Le spirituel

 

L"aspect spirituel de la paroisse s'était lui aussi grandement amélioré. Les gens n'avaient plus honte de leur paroisse. Au contraire, ils préféraient désormais leur église à n'importe quelle autre de la région. Il leur était cependant difficile d'assister quotidiennement à la messe, vu les distances qu'il fallait parcourir et les nombreux travaux de la ferme qui les accaparaient sans répit. Par contre, les gens les plus rapprochés se faisaient un point d'honneur de se rendre à la messe à tous les jours. Il n'était pas difficile de trouver des enfants de choeur, puisque l'école se trouvait juste de l'autre côté du chemin. Contrairement à de nombreuses églises rurales qui étaient verrouillées pendant la semaine, celle de Prée-d'en-Haut restait ouverte à longueur de journées. Ainsi les personnes les plus pieuses pouvaient y faire de petites visites de temps à autre.

 

Les confessions

 

Enfin, on y entendait les confessions trois fois par semaine. En 1951, le nombre de communions avait vite passé à 8,000.

 

Les 40 heures

 

Chaque année, pendant les quarante-heures, le Saint-Sacrement était exposé sans interruption pendant trois jours et deux nuits. Quatre heuresaintes avec prédication étaient alors célébrées. On dressait des listes sur lesquelles les gens pouvaient indiquer l'heure où ils effectueraient une visite individuelle. Même si cet événement religieux avait habituellement lieu pendant la saison des foins, les bons fermiers ne manquaient pas de faire une pause pour s'acquitter de leurs devoirs religieux. On dit même que certaines personnes passaient jusqu'à quatre ou cinq heures chaque jour en présence du Saint-Sacrement.

 

Les associations

 

La population de la paroisse était trop réduite pour soutenir un très grand nombre d'associations. La congrégation des Dames de Sainte Anne, destinée aux femmes mariées, fut fondée en 1943 et comportait alors 63 membres. En 1951, elle en avait 78. Chaque année, on faisait appel à un prêtre de l'extérieur pour prêcher une neuvaine en l'honneur de Sainte-Anne, sainte particulièrement vénérée par les Français. En 1947, on établit à Prée-d'en-Haut le mouvement antialcoolique à deux composantes, l'une s'adressant aux hommes, soit le Cercle Lacordaire, et l'autre destinée aux femmes, soit le Cercle Jeanne-d'Arc. Il y avait alors trois membres dans chacun des deux groupes. En 1950, le premier renfermait ving--et-un hommes et le second, quarante femmes. Ces deux organismes étaient très actifs et remplissaient un rôle très positif dans la paroisse. Le Père Massé s'intéressait de près à ces mouvements. A preuve, il veillait à assister à chacune de leurs réunions.

 

Le curé

 

Il n'y avait pas d'heures de bureau au presbytère. Si le curé n'était pas là, la bonne savait où le trouver. Les gens pouvaient se présenter au presbytère à toute heure du jour ou même de la nuit.. Et ils s'y rendaient. Ils y venaient pour montrer cette maison à leurs amis, pour utiliser le téléphone; pour se confesser ou pour demander au prêtre de visiter des malades ou des mourants; pour faire bénir des médailles, des chapelets ou des statues; pour chercher le réconfort dans leurs difficultés ou pour demander 'conseil sur des questions d'affaires, en cas de situations difficiles, au sujet de l'éducation de leurs enfants, sur leurs devoirs de citoyens et sur toute autre question imaginable. Le Père Massé était considéré comme leur pasteur, leur maire, leur échevin, leur conseiller spécial, leur statisticien, leur ingénieur

 

Changements

 

En 1951, Prée-d'en-Haut avait beaucoup changé par rapport à ce qu'il était dix ans plus tôt. Ce village avait toujours les mêmes frontières et une population un peu plus grande. Tout le reste avait beaucoup évolué. Pratiquement chaque maison avait l'électricité et la radio. De nombreux foyers avaient même le téléphone. Il y avait des tracteurs, des camions, du matériel agraire des plus modernes et environ dix fois plus d'automobiles. Un grand nombre de familles s'étaient fait creuser des pluits artésiens, qu'elles avaient équipées de pompes électriques pour se doter de l'eau courante. Les maisons étaient devenues attrayantes grâce aux nombreuses couches de peinture dont on les avait revêtues et elles renfermaient un beau mobilier et des installations neuves.

 

Fierté

 

Le caractère des gens avait également subi une transformation radicale. Ceux-ci étaient devenus des gens qui se respectaiernt et qui s'intéressaient vivement à leur bien-être. Étant donné qu'ils étaient tous au travail, certains dans la paroisse, d'autres de l'extérieur, ils pouvaient maintenant se dresser fièrement et dire sans aucune gêne, qu'ils venaient de Prée-d'en-Haut.

 

Valeurs

 

Le Père Massé avait fait ses débuts avec une chapelle de mission. En 1951, la paroisse possédait un terrain considérable, une église, un presbytère, un garage, une école, une maison pour religieuses, un cimetière et un terrain de jeux. La valeur totale de ces immobilisations paroissiales était alors de 400,000$. Et ce qui est encore mieux, il y avait à peine quelques milliers de dollars de dette, notamment sur l'école. Le Père Massé avait pris grand soin de tout; ses efforts et son ingéniosité avaient porté fruit.

 

Résultats

 

Il n'est pas étonnant alors que Dieu ait récompensé la foi des paroissiens de Prée-d'en-Haut. Au début des années cinquante, la paroisse avait donné à l'église 13 religieuses et 8 prêtres. Les prêtres suivants : Philippe Belliveau, s.j., Fidèle Belliveau, Philéas Bourgeois, c.s.c., Antoine Bourque, c.s.c., Oscar Gaudet, Vital LeBlanc, Zoël Landry et Antoine Richard avaient tous été membres de cette paroisse, soit avant ou après l'établissement de Prée-d'en-Haut comme paroisse distincte. L'épisode de la pluie qui avait sauvé les fraises n'est pas le seul du genre qui soit évoqué dans la région. S'il fallait prouver notre assertion, il serait facile de trouver une pléthore de faits semblables. De toute façon, les habitants de Prée­d'en-Haut auraient pu vous assurer que le Seigneur prend bien soin de ses enfants.

 

QUATRIÈME SECTION : ÉPILOGUE

 

Voilà le récit de ce qui s'est passé jadis à Prée-d'en-Haut. Cela illustre bien ce que peut faire un prêtre sensible aux aspects sociaux de la vie de ses paroissiens, surtout s'il décide de s'engager concrètement dans des initiatives de relèvement social. On voit également comment la situation économique peut s'améliorer du tout au tout si on enseigne aux gens à prendre véritablement les choses en mains.

 

En 1951, il restait encore beaucoup à faire et le Père Massé en était pleinement conscient. C'est l'une des raisons pour lesquelles il tenait à demeurer à Prée-d'en-Haut quelques années encore avant d'aller ailleurs pour y répéter la même expérience. Un autre motif, c'est qu'il aimait tellement ses merveilleux paroissiens qu'il pouvait difficilement envisager de les quitter.

 

A cette époque, le Père Massé avait encore des plans plein la tête. Il comptait intervenir auprès du gouvernement pour faire asphalter la route de Dover à Memramcook, soit une distance d'environ vingt milles. Une fois cette route revêtue d'asphalte, Prée-d'en-Haut deviendrait un rendez-vous préféré des visiteurs, des touristes et des amants de la nature. Il y aurait alors une route longeant la côte vers des paysages superbes trop ravissants pour être décrits comme il faut. Si vous avez la chance de visiter sous peu le Nouveau-Brunswick, peut-être aurez-vous le plaisir de voir de vos propres yeux Prée-d'en-Haut, l'un des endroits les plus beaux des provinces maritimes du Canada, qui sont déjà considérées comme un joyau en elles-mêmes.

 

(1) Il s'agit d'un autre Père Azarias Massé, c.s.c. qui vint succéder à son frère le Père Étienne Napoléon Massé, c.s.c., alors curé de Grande Digue. A la mort de ce dernier, Azarias Massé, c.s.c., alors séminariste, conduisait le le deuil.

(2) chez Adolphe (Dolphé) Richard, maison située du côté du chemin opposé à la Caisse Populaire de Prée-d'en-Haut.

(3) probablement hebdomadaire

(4) en réalité à l'été de 1945 et terminée en décembre de la même année.

(5) l'agate

(6) cette école passa au feu en 1963 et fut remplaçée par celle que nous voyons aujourd'hui

(7) la maison-mère des religieuses de Notre-Dame du Sacré-Coeur située où est situé le Foyer Saint-Thomas, à Saint-Joseph

(8) campagne menée dans l'archidiocèse de Moncton en 1948 par Mgr Norbert Robichaud

 

NOTES SUR L'AUTEUR : le Père William Bourque est membre de la congrégation des maristes. Ancien élève de l'Université Saint-Joseph, il a rédigé cette étude au début de 1951, alors qu'il demeurait au Marist College de New Bedford, au Massachussets. Le texte ci-contre a été traduit et adapté par Daniel Deveau, professeur au département de traduction et des langues de 1"Université de Moncton. Ce texte nous fut agréablement remis pour publication par le Père Guy Léger, alors curé de Prée-d'en-Haut.

 

LE SPORT DANS LA VALLÉE DE MEMRAMCOOK

 

par Alban Léger

 

AVANT PROPOS

Le présent travail se veut un compte-rendu abrégé des activités sportives dans la Vallée de Memramcook à compter des années 1880 jusqu'en 1937.

 

Les rapports, fiches, photos et divers articles tels que vieux patins, habits de baseball, et chandails de hockey sont conservés au Panthéon des Sports à l'Institut de Memramcook.

 

Le directeur actuel du Panthéon est Alban Léger.

 

LES DÉBUTS

 

Le sport dans la Vallée de Memramcook voit le jour avec l'arrivée des premiers colons. L'histoire nous enseigne que les premiers habitants s'adonnaient à la chasse et à la pêche qui, en plus de leur servir de moyen de subsistance, devenait en même temps une source de détente.

 

Parmi les hommes forts de cette époque on cite Joseph Bonaventure surnommé Jos Bonnant, l'ancêtre de la famille des lutteurs Cormier du Haut-du-Ruisseau, mieux connus sous les noms de "The Beast, Rudy Kay, Léo Burke et Bobby Kay". Jean (Gros Jean) Gaudet est également reconnu pour sa grande force physique. Il est un ancêtre d'Oscar Gaudet, vedette de hockey. Une autre famille, soit celle de Dominique LeBlanc, s'est taillée une réputation de gens dotés d'une force physique remarquable.

 

LA LUTTE

 

La tradition nous dit que la lutte aurait été l'un des premiers sports pratiqués dans la région

 

LES SPORTS ORGANISÉS

 

Les sports organisés font leur apparition peu après la fondation du Collège Saint-Joseph, vers l'année 1870.

 

Le football figure au premier rang des sports pratiqués au Collège, suivi du jeu de baseball, mieux connu alors comme la paume", suivi du hockey, du ballon-volant, du ballon-panier, du tennis, etc.

 

En 1896, le Collège organise un "comité athlétique" où l'on retrouve des noms tels que Camille Gautreau, V. Lyons, Edward McSweeney, Arthur Demers, Rév. S. J. Arsenault et Charles Caneton.

 

LE BASEBALL

 

Vers 1895, le baseball gagne de plus en plus de popularité. On disait alors que le Père Holland et Arthur J. Gaudet faisaient figure de grandes vedettes.

 

On compte alors deux champs de balle au Collège Saint-Joseph. Par ailleurs, au village Saint-Joseph, vers 1915, le champ de baseball se trouvait dans le marais (ou aboîteau) du côté sud de la maison de Cyrille Cormier (présentement Mme André Cormier). En 1924, un champ de baseball de Saint-Joseph est aménagé sur le terrain de la paroisse Saint-Thomas, au sud de l'église, du côté ouest du chemin qui va de Saint-Joseph à l'Anse-des-Cormier, où il se trouve encore aujourd'hui.

 

Le curé du temps est le Père Benjamin Lecavalier, c.s.c. Le responsable des travaux: P. Dollard Morel, c.s.c. Les autres participants: Honoré Gaudet, Ulysse Gaudet, Adélard Belliveau, Alyre Léger, Edmond Gaudet, Gérard H. Gaudet, Gustave Gaudet et peut-étre d'autres qu'on aurait pu oublier.

 

PRÉE-D'EN-HAUT

 

A Prée-d'en-Haut, on a pu compter jusqu'à quatre champs de baseball, dont un sur la terre à Adolphe (Dolphé) Richard, (maintenant Maurice Richard), un deuxième sur 'la butte des Rails", un troisième sur la terre à Gilbert S Gautreau et le dernier sur le terrain de la paroisse de Prée-d'en-Haut, du coté ouest de l'église.

 

COLLEGE-BRIDGE

 

A College-Bridge cependant, le seul champ de baseball connu se trouve toujours sur la terre à Arthur et Hector Saulnier, près de la ligne de chemin de fer du Canadien National.

 

LOURDES

 

A Lourdes, on connaît deux champs de baseball : avant 1940 -- du côté ouest de l'église; après 1957 -- du côté sud de l'église.

 

AUTRES LOCALITÉS

 

A McGinley, à l'Anse-des-Cormier, à Belliveau-Village et au Lac, on a déjà aménagé des champs de baseball. Il semble toutefois que leur existence n'ait été que de courte durée.

Les sports dans la Vallée de Memramcook ont toujours été très bien organisés

 

Le Collège (plus tard l'Université) Saint-Joseph, fondé en 1864, mettait de l'avant des équipes fort compétitives tant au baseball qu'au hockey et qui rivalisaient avantageusement avec les équipes des environs de Moncton. Elles affrontaient même celle de Chatam, localité alors passablement éloignée.

 

Les villages de Saint-Joseph, de Prée-d'en-Haut, de College-Bridge et de l'Anse-des-Cormier ont organisé des équipes de baseball à un temps ou l'autre. Celle de Saint-Joseph, connue alors sous le nom d'A.C.J.C. (Association Canadienne de la Jeunesse Catholique) remporta le championnat de baseball catégorie sénior du Nouveau-Brunswick en 1937. L'instructeur était nul autre qu'Armand LeBlanc, devenu plus tard le Père Armand LeBlanc, le président , le P. Honoré Lapointe, c.s.c. et le gérant, Adrien Cormier.

 

Les joueurs: André Cormier, Paul-Eugène Gaudet, Jean W. Gaudet, Roméo et Léonard Gaudet (plus tard devenus prêtres), Alfred Gaudet, Joseph-Camille Belliveau, Eugène Belliveau, Albert P. Gaudet, Joseph A. Gaudet. Substituts: Héribert Léger et Valérie Landry.

 

LE HOCKEY

 

Il faudra attendre la construction de l'aréna du Collège, au début du siècle, pour voir le hockey prendre de l'ampleur et se développer de façon systématique.

 

Les équipes de hockey de la Vallée se considèrent alors privilégiées d'avoir accès aux services de l'aréna du Collège Saint-Joseph. De plus, les parties disputées entre le club du Collège et celui de Saint-Joseph sont toujours fortes en émotions. En effet, les joueurs de ces deux équipes ont toujours revendiqué le titre de fiers compétiteurs. L'un de ces joueurs, Pius Gaudet, rejoindra plus tard les rangs des professionnels avec les Rovers de New York, club ferme des Randers de la Ligue Nationale de Hockey.

 

Lfa ligue de hockey de la Vallée de Memramcook a pris naissance en 1936. Mais auparavent, soit en 1934, on avait déjà construit une patinoire extérieure à McGlinly, à l'arrière de la maison à Herman (à Clément) Léger. La ligue comprenait alors trois équipes, soit une de College-Bridge, une de McGinley et une de Saint-Joseph. Cette ligue existe encore en 1993 alors que d'autres équipes sont venues s'y ajouter. La rivalité entre ces équipes est légendaire et l'intérêt atteignait son sommet lors des séries finales. L'aréna se remplissait alors à pleine capacité pour accueillir les partisans venus encourager leur club favori et goûter la joie de la victoire tant convoitée

 

LE CERCLE SAINT-THOMAS

 

On peut lire dans le livre du secrétaire des années "30 que le Cercle Saint-Thomas a été fondé en l'année 1900 par Allbert Landry et Arthur Gaudet. Ce dernier en fut le premier président. Albert Landry devint plus tard prêtre et curé de Saint-Anselme, en 1933.

 

Les activités du Cercle Saint-Thomas se déroulaient alors dans les locaux de l'édifice Assomption, situé en face du Collège Saint-Joseph avant 1933. On emménage par après dans une nouvelle bâtisse construite au bas de la côte où demeure présentement (1993) Clarence Wade.

 

Le Cercle a connu d'intenses activités durant les années '30 et '40. On y tenait des assemblées hebdomadaires. Lors de ces réunions, l'un ou l'autre des membres devait présenter un travail qui pouvait comporter un récit, une déclamation, une narration, un discours ou encore une chanson, etc. Le but de ces rencontres était d'iciter le membre à se présenter en public et à développer un certain leadership dans le domaine des activités sociales.

 

Les officiers du Cercle pour l'année 1931 étaient: Joseph A. Gaudet, président; Charles P. Gaudet, vice-président; Henri A. LeBlanc, secrétaire-archiviste et Albert P. Gaudet, trésorier. Le Cercle était également un endroit où l'on pratiquait les sports tels que la boxe et la lutte. On rapporte que Philéas Cormier faisait figure de très bon boxeur. C'était aussi l'endroit où l'on s'exerçait au théâtre. On y pratiquait des pièces ou scénettes que l'on jouait par la suite au Monument Lefebvre. Enfin, c'est encore à cet endroit que les membres du Cercle Saint-Thomas planifiaient les événements sportifs.

 

Voici quelques notes relevées des comptes rendus des assemblées du Cercle:

 

(1)Décembre, 1931: on aménage une patinoire avec bandes sur le terrain de l'aboîteau, du côté sud de chez Cyrille Cormier.

(2)10 octobre, 1932: proposition de d'ériger une bâtisse pour le Cercle Saint-Thomas.

(3)Collecte pour une partie de baseball, le dimanche 11 septembre: 3,68$.

(4)A l'été de 1933: la Montain avait un club de baseball.

 

Pendant la deuxième guerre mondiale ou tout juste après, la bâtisse du Cercle Saint-Thomas est montée au sommet de .la côte où elle demeurera pendant quelques années. On la déménage par la suite près du cimetière où elle a longtemps servi d'entrepôt pour la paroisse Saint-Thomas. A la fin des années '80, elle est enfin vendue à Eugène Belliveau, de College-Bridge.

 

Voilà quelques bribes sur les origines du ssport dans notre belle Vallée de Memramcook. Ces notes ont été recueillies grâce à la collaboration de plusieurs personnes de la Vallée. Nous leur sommes très reconnaissants. Ces notes ont été rédigées pour alder les gens qui nous succéderont à se souvenir , comme le dit le proverbe : "Haec olim meminisse juvabit".

 

La fondation du village des Gautreau

 

Quelques années après la signature du Traité de Paris, en 1763, les Acadiens furent relâchés des prisons anglaises.Un de ceux-là fut Paul Gautreau. Gardé prisonnier au Fort Edward avec son épouse, Anne, et leurs enfants, il s'établit d'abord au village de Minoudie, en Nouvelle-Écosse.

 

Pendant ce temps, dans la région de Memramcook, plusieurs petits villages bourgeonnaient, ici et là, habités par des Acadiens et des Acadiennes de retour d'exil au Massachussets, libérés des prisons anglaises, sortis des bois après avoir échappé à la déportation, ou fuyant constamment sous la menace de l'expulsion.

 

Paul Gautreau et son fils Joseph se sont noyés dans les eaux de la rivière Minoudie. Et un autre de ses fils, Petit Jean, partit avec des amis pour s'établir à Memramcook, dans la partie inférieure du "deuxième village".

 

Charles Gautreau, cousin éloigné de Petit Jean et de Petit Pierre, ainsi que deux de ses garçons, Cyprien et Pfaul, étaient déjà établis à Beaumont.

 

A cette époque, les Acadiens pouvaient difficilement obtenir des concessions de terres. N'ayant pu obtenir de concession dans la région, Charles, Cyprien et Paul Gautreau choisirent de partir. Ils s'établirent, notamment, à Barachois, Shédiac, et Cap-Pelé.

 

Quand la mère de Petit Jean, Anne, se remaria, Petit Pierre vint se joindre à Petit Pierre au deuxième village. C'est là qu'il épousa Anne Babin de Memramcook. Ils eurent plusieurs enfants. Petit Pierre vécut jusqu'à 101 ans. Par ailleurs, Petit Jean avait épousé Madeleine Forest de Minoudie. Ils eurent plusieurs enfants. Le village des Gautreau a été nommé en l'honneur de ces premiers colons.

 

MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE LA VALLÉE DE MEMRAMCOOK

 


Albert, Thérèse

Arsenault, Lorette

Arsenault, Marie-Ange

Arsenault, Roberte

Auffrey, Jean-Marie, Dr.

Auffrey, Mona (Monavie Couture)

Babineau, Edmond

Babineau, Marguerite

Bastarache, Aldona

Belliveau, Germaine

Belliveau, Joseph

Belliveau, Normand

Bissonnette, Jeannette

Boudreau, Anita

Boudreau, Antoinette

Boudreau, Edgar

Boudreau, Louis-Joseph, Père

Boudreau, Paul

Bourgeois, Léonce & Phyllis

Bourgeois, Roger & Thérèse

Bourque, Armand

Bourque, Laurie

Bourque, Marie

Breau, Albert

Cormier, Alyre H.

Cormier, Arthur

Cormier, Bertrand

Cormier, Carmelle (membre à vie)

Cormier, Clarence

Cormier, Francis

Cormier, Jos

Cormier, Lizzie-Anne

Cormier, Louis-Marie

Cormier, Murielle

Doiron, Marc

Dupuis, Antoine

Dupuis, Dollard

Dupuis, Doris

Dupuis, Paul-Emile

Dupuis, Rhéal

Dupuis, Walter

Forest, Léonard

Gaudet, Adéodat

Gaudet, Alberta

Gaudet, André

Gaudet, Armand

Gaudet, Aurèle-C.

Gaudet, Bella

Gaudet, Bernadette

Gaudet, Donatien

Gaudet, Francis

Gaudet, Georgio

Gaudet, Gustave

Gaudet, Henrie

Gaudet, Huberte

Gaudet, Jean

Gaudet, Jude

Gaudet, Léon

Gaudet, Louis-Arthur & Louise

Gaudet, Marie R.

Gaudet, Olivon

Gaudet, Paul-Eugène

Gaudet, Raymond

Gaudet, Roméo, Père

Gaudet, Rose-Marie

Gaudet, Thérèse G.

Gaudet, Thérèse O.

Gaudet, Ulysse & Irène

Gaudet, Valmont

Gaudet, Vital

Gautreau-Burke, Géraldine

Gautreau, Huberte

Gionet, Alcide

Gould, Cannella

Gould, Eugène

Johnson, Eliane

Landry, Arthur

Landry, Charles

Landry, Florence

Landry, Gérald

Landry, Hélaine

Landry, Michel

Landry, Roger & Pierrette

LeBlanc, Adolphe

 LeBlanc, Anna

LeBlanc, Antoinette

LeBlanc, Arthur

LeBlanc, Bob

LeBlanc, Claire

LeBlanc, Créola (décédée)

LeBlanc, Dollard & Ruth

LeBlanc, Don

LeBlanc, Donald R. (décédé)

LeBlanc, Donald

LeBlanc, Dora

LeBlanc, Dorine

LeBlanc, Doris

LeBlanc, Édouard A.

LeBlanc, Euclide

LeBlanc, Eugène E.

LeBlanc, Fernande

LeBlanc, Gilbert

LeBlanc, Ginette D.

LeBlanc, Guy

LeBlanc, Hermance

LeBlanc, Jean-Guy

LeBlanc, Joseph

LeBlanc, Laurie J.

LeBlanc, Léonard

LeBlanc, Lomer

LeBlanc, Lucille

LeBlanc, Marie-Louise

LeBlanc, Michel, Dr.

LeBlanc, Noël

LeBlanc, Patricia

LeBlanc, Philias

LeBlanc, Pius Y.

LeBlanc, Rita

LeBlanc, Roger

LeBlanc, Roger R.

LeBlanc, Roland

LeBlanc, Ronald

LeBlanc, Rosanna

LeBlanc, Ruth

LeBlanc, Ulysse

LeBlanc, Yvonne

Legendre, Guy

Léger, Adrien

Léger, Benoit

Léger, Charles-Auguste

Léger, Dora

Léger, Dorine

Léger, Élisa

Léger, Gérard P.

Léger, Gérard S.

Léger, Isaïe

Léger, Jean-Guy & Édith

Léger, Guy, Père

Léger, Joseph-Édouard

Léger, Léandre

Léger, Léonard

Léger, Lorenzo

Léger, Lorenzo L (décédé)

Léger, Maurice, Père (membre à vie)

Léger, Michel

Léger, Robert, Dr.

Léger, Roméo

Léger, Thérèse

Magee, Fred

Malone, Doloria

Melanson, Angela

Melanson, Pat

Morrison, Alva

O'Donnell, Greg, MAL.

Poirier, Gérard

Poirier, Germaine

Poirier, Robert & Célina

Poitras, Jeannot

Richard, Diane

Richard, Lorenzo

Robichaud, Claudette

Robichaud, Émile

Roy, Muriel

Saulnier, Édith

Savoie, Guy N.

Savoie, Nicole

Sonier, Thérèse

Surette, Paul

Utley, Patricia

Village Saint-Joseph

Wade, Clarence, M & Mme


 

 

CONSEIL D'ADMINISTRATION

 

Société historique de la Vallée de Memramcook

 

Dr Robert Léger, président

Normand Belliveau, vice-président

Patricia Utley, secrétaire

Edouard-Alfred LeBlanc, trésorier

Adolphe LeBlanc, directeur

Donatien Gaudet, directeur     

Walter Dupuis, directeur

Pius LeBlanc, directeur

Eugène R. LeBlanc, directeur

Lorette Arsenault, directrice

Huberte Gaudet, directrice

Rita Gautreau, directrice

 

ÉQUIPE DES CAHIERS

 

Patricia Utley, publicité

Huberte Gaudet, distribution

Donatien Gaudet, rédaction

Pius LeBlanc, rédaction

 

Coupon d'abonnement

 

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Tarif: 1 an : 10.00$ payable à :

La Société Historique de la Vallée de Memramcook,  C. P. 49, Saint-Joseph, N.-B.

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