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La Société historique de la Vallée de Memramcook Vol. 2 No 2, novembre, 1988

Le projet “EGLISE DE BEAUMONT”

Beaucoup de personnes se demandent sans doute comment va le projet Beaumont”. On peut dire que le tout avance aussi bien que prévu. L’important est que nous avons pu débuter cet automne.

Tout cela a commencé à la Société historique, lorsque Robert Léger est arrivé avec nous, sur le Conseil d’administration. Il avait dans l’idée de conserver ce site, qui, à ses yeux, valait la peine d’être préservé comme site historique et touristique. A la suite de ses nombreuses lettres et contacts avec différentes personnes du gouvernement, il a réussi à décrocher un projet qui nous a permis de commencer les tavaux de rénovation. Nous avons recouvert le toît de l’église de bardeaux d’asphalte en prenant soin de mettre du “plywood” (contre-plaqué) auparavant ainsi que celui du presbytère. En plus, nous avons réparé la galerie du presbytère. Grâce au projet du fédéral, nous pouvons payer les salaires des employés; tandis que l’argent que nous avons recueilli sert à acheter les matériaux.

Plus tard, nous allons peinturer l’intérieur de l’église, renforcir la fondation de l’église du côté ouest ainsi que aménager le presbytère afin qu’il puisse être habité. Cela supposera plusieurs réparations en plus de l’installation de l’électricité et d’un système d’égoût.

Grâce au travail acharné de Robert Léger et de quelques personnes, le fonds pour sauver le site de Beaumont dépasse les $10 000.00 dans le moment. Pour cela, il a fallu que des lettres soient envoyées à différentes industries et à plusieurs individus. Aussi, le marcheton a rapporté $1,500.00. Les Indiens de la Point Foly Band ont ramassé plus de $500.00 grâce à un marché aux puces et à des sollicitations individuelles, grâce au travail du Chef Bernard. La soirée musicale organisée le 6 novembre à pré d’en Haut a rapporté un autre $1,500.00. La quête aux sorties des trois églises les 12 et 13 novembre a sûrement été un autre succès. Nous avons d’autres projets pour l’avenir.

Pour terminer, nous tenons à remercier tous ceux et celles qui nous ont aidés à débuter ce projet sur un bon pied. Ensemble, nous allons pouvoir continuer à améliorer les alentours, surtout le cimetière, lequel est si cher aux Indiens de la région.

Nous vous donnerons d’autres nouvelles lors de la parution de notre prochain bulletion qui devrait paraître à la fin janvier ou au début de février. C.A.L.

Paroisse Notre-Dame de l’Annonciation

Pré d’en Haut

R.R. No. 1, St.-Joseph, N.B.

E0A 2Y0

C’est avec beaucoup de satisfaction que je vois les membres de la Société Historique de la Vallée de Memramcook s’intéresser au projet de réparation et de restauration du site historique de Beaumont.

Ils n’on pas ménagé leurs efforts pour éveiller les gens de notre milieu, les autorités provinciales et fédérales à ce projet d’assez grande envergure. Qu’ils en soien félicité!

Il est à nous de la Vallée de Memramcook à les supporter dans ces efforts pour garder cette partie de notre héritage lié de si près à celui des indiens micmacs de notre région.

Mgr l’archevêque et le conseil paroissial ont donné leur assentiment pour que les travaux se poursuivent selon les plans dressés par le comité du projet. Nous souhaitons qu’avec notre appui, ils pourront mener ces travaux à bonne fin. Guy Léger, c.s.c.

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Mot du président

Il nous fait plaisir de pouvoir vous présenter ce deuxième numéro de notre bulletin historique cette année. Vous allez sans doute remarquer que nous avons voulu mettre en évidence le projet Beaumont. Grâce à plusieurs personnes, vous pourrez apprendre bien des détails concernant l’église de Sainte Anne de Beaumont et de la région jusqu’à la Pointe Rocheuse.

Aussi, je profite de l’occasion pour les féliciter ainsi que le Dr Robert léger pour tout ce qu’il a fait et qu’il continue de faire en vue de la réalisation du projet “Beaumont”. Jusqu’à présent, il y a mis beaucoup de sa personne et de son temps depuis quelques mois. Trois personnes font partie du comité pour sauver l’église de Sainte Anne et des environs, dont Robert est le président, appuyé du Père Guy Léger, Bernard Vangrugghe et Pius LeBlanc. Bonne chance dans vos démarches.

Nous savons que la Société historique de la Vallée de memramcook a parmi ses buts, la préservation de notre patrimoine et la diffusion de notre histoire locale. Mais je dois dire que le visage de notre région change quelque peu depuis un certain temps. Ainsi, plusieurs vieux mots pour désigner certains villages sont remplacés par des mots anglais. On remarque aussi que de plus en plus de magasins et d’entreprises ne s’affichent qu’en anglais. Certains diront qu’il n’y a rien là. Pourtant il serait peut-être assez facile d’afficher au moins dans les deux langues. C’est à souhaiter, pour le bien de notre grande région, laquelle a toujours été reconnue comme ayant été le Berceau de l’Acadie après la Déportation, que des démarches vont être faites afin de corriger cette situation.

Je me permets de féliciter tous ceux qui ont fait flotter le drapeau acadien cet été. Bravo! Nous en verrons certainement plus dans l’avenir.

En 1984, des étudiants, grâce à un projet du gouvernement, avaient fait l’inventaire de tous les objets ou documents que vous aviez afin qu’un jour, nous puissions les exposer dans un musée. Depuis un certain temps, nous avons fait des démarches fain de s’organiser pour rammasser ces objets et de les remiser dans un des édifices de l’Institut. En attendant, il s’agirait de votre part de tout conserver ce qu’il vous sera possible. Un jour, nous aurons peut-être un musée dans la région.

Le nombre de membres augmente de plus en plus. Bienvenue à tous ceux et celles qui sont devenus membres de la Société historique de la Vallée de Memramcook. Vous devrez être invités à une assemblée générale au début de l’année prochaine. Edmond Babineau

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PROMENADE “SUR LES BEAUMONTS”

Aujourd’hui c’est dimanche, un beau dimanche d’été; non, il crachine; c’est une triste journée d’automne ou encore, c’est une belle journée d’hiver, le froid est mordant. Enfin peu importe, je vous convie à une belle promenade qui saura s’accommoder du temps qu’il fait. Préparez vous selon la température, n’oubliez pas votre équipement de base: vos yeux, vos oreilles, votre nez; chacun y trouvera son compte. Pour transporter tout ce matériel, une paire de bonnes jambes vous suffira. Maintenant laissez votre voiture près de la petite église de Beaumont et suivez le chemin de terre qui se dirige vers la pointe rocheuse de Beaumont où se trouvait anciennement un phare dont il ne reste aujourd’hui malheureusement plus rien. Quelle magnifique promenade à pied, au bord de la rivière, en une bonne demi-heure, vous serez rendu au confluent de la rivière Memramcook et de la rivière Petitcodiac, tout au fond de la baie de Shepody. Là ne s’arrête pas notre promenade; si vous êtes bon marcheur, continuez votre promenade pendant environ une heure et quart; le chemin vous mènera en longeant cette fois la rivière Memramcook jusqu’à la bleuètière des Indiens à Taylor Village. Vous serez séduit par le charme de la rivière à cet endroit, le chemin en sous-bois, l’atmosphère de ces lieux jadis habités. Trois quarts d’heure vous séparent maintenant de votre voiture que vous regagnerez en suivant le chemin qui traverse de Taylor Village au camp scout de Beaumont. Au total, cette promenade vous prendra deux heures et demie, si vous êtes un bon marcheur. Quelle que soit la saison, vous serez fasciné par le charme toujours changeant de ce site. En automne, les couleurs vous séduiront, alors qu’en hiver, le calme vous invitera à la rêverie; je suis sûr que vous y reviendrez. Si maintenant vous avez la chance de pouvoir changer de moyen de transport, risquez vous en ski, l’hiver, sur ce parcours, ou bien enfourchez votre bicyclette pour une randonnée familiale l’été. Lorsque vous serez plus familier avec ces lieux, vous serez tenté de prendre l’un des multiples petits chemins de bois qui partent toujours sur la gauche vers les collines boisées. Vous y découvrirez un véritable dédale de chemins qui décupleront vos possibilités de promenade pour toutes les saisons. Essayez, vous verrez. Vous constaterez alors, comme moi, que le potentiel récréatif de toute cette pointe est énorme.

Ah! J’oubliais, ne laissez de votre passage que la trace de vos souliers, vous n’en apprécierez que plus votre prochaine promenade. B.V.

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SAVIEZ VOUS QUE..........?

- Memramcook est riche en histoire.

- Memramcook est la plus ancienne paroisse, fondée en 1781.

- Memramcook est la paroisse-mère de l’Acadie moderne. - Memramcook est le berceau de la survivance acadienne. -

Il y eut neuf (9) églises ou chapelles dans la région de Memramcook: 2 à la Pointe-aux-Bouleaux, au nord de l’ancien pont de Rockland; 1 à La Montain; 3 à Saint-Joseph; 1 à Beaumont; 1 à Lourdes; 1 à Pré-d’en-Haut. P.L.

MEMRAMCOOK “l’ancienne” MEMRAMCOOK “la moderne”

Connaissez-vous l’histoire de Memramcook? Saviez-vous comment s’appelaient autrefois certains villages de Memramcook “l’ancienne”? Vous voulez faire un petit jeu d’assemblage? De quoi s’agit-il?

C’est très simple. Il suffit de “jumeler” un nom de village de Memramcook “l’ancienne” à un nom de village de Memramcook “la moderne”. Vous êtes prêt-e-s? Allons y!

Village-des-Jospiau (ou les Jospiau)....................................(a) Dover

Village-des-Piau...................................................................(b) La Montain

Village-d’en-Bas..................................................................(c) Taylor Village

Pointe-à-l’Ours.....................................................................(d) Breau Creek

Village-du-Bois....................................................................(e) Village des Belliveau

Village-des-Léger................................................................(f) Calhoun

Village-des-Leplatte............................................................(g) Anse-des-Cormier

Village-d’en-Haut................................................................(h) College Bridge

Pré-des-Surette.....................................................................(i) Saint-Joseph

Cul-de-Sac............................................................................(j) McGinley et Chemin de Shédiac Dunngiven............................................................................(k) Lourdes

Ruisseau-de-René-Forest ou Ruisseau-des-Br ....................(l) La Hêtrière

N.B. Il ne faudrait surtout pas passer sous silence les villages qui n’ont pas de double toponymique, notamment Pré-d’en-Haut, Gayton, Gautreau-Village, Boudreau-Village, Beaumont, Le Lac. (Vous connaîtrez la réponse dans notre prochain numéro.) P.L.

LES INDIENS DE LA GRANDE REGION DE MEMRAMKOUKE:

TROIS RIVIERES-BEAUBASSIN

A. Noms de famille.

Les Indiens portaient des patronymes tels que Nokoute, Bernard, Skéouite, Toudou, Argémiche, Thomas, etc.

B. Campements.

Le gouvernement britannique ne créa de réserves indiennes qu’à partir de 1845. Alors, avant cette date, les autochtones de la région vivaient dans plusieurs campements, l’hiver plutôt à l’intérieur des terres, l’été près des cours d’eau. Au moins un de ces campements se trouvait dans la péninsule du Grand-Marigouin.

M. Vital Gaudet affirme qu’il y avait un village indien à St-Joseph même, là où fut construit le couvent (aujourd’hui le site de la Caisse populaire et de la résidence des personnes âgées).

C. Religion.

La plupart des Indiens gardaient la Foi catholique que leur avaient transmise les missionnaires français. Ceux de la région dépendaient du prêtre de Memramkouke pour l’exercice du culte et des sacrements. Les prêtres jouissaient d’une très grande influence auprès des Indiens. De plus, dès le début de l’occupation britannique, les autorités anglophones se servaient des prêtres pour contrôler les autochtones qui, le plus souvent, se montraent très hostiles envers les Anglais.

D. La fin des années 1830: Une concordance de facteurs altère la situation des Indiens:

1. Facteurs de changement:

1) Un accroissement des méfaits de l’alcool chez les Indiens et un désir d’enrayer la source du mal.

2) Des intempéries périodiques qui nuisaient aux cultures et qui rendaient la vie difficile pour les fermiers acadiens et anglophones (et qui affectaient surement les Indiens).

3) L’influence du prêtre Ferdinand Gauvreau.

2. Le retour d’un Gauvreau changé: Ferdinand Gauvreau revint à Memramkouke en décembre 1836, pour commencer son second ministère en cette paroisse. Plus âgé, expérimenté et méfiant, il suivait maintenant une sévère règle de conduite:

1) S’approcher des paroissiens acadiens le moins possible; se mêler le moins possible de leurs problèmes; restreindre les contacts au minimum.

2) Enter dans les bonnes grâces des prêtres et prélats irlandais qui achevaient de s’approprier la domination de l’Eglise en Acadie.

3) Nouer de bons rapports avec les magistrats anglophones les plus influents dont le principal (et le plus rapproché) était Edward Barron Chandler de Dorchester.

4) maîtriser la langue anglaise.

5) Se monter une fortune indépendante. S’exerçant assiduement en Anglais, Gauvreau réussit de fait à nouer d’étroits rapports avec Chandler. Le magistrat se fiait au prêtre pour lui recommander parmi ls Catholiques des enseignants, des officiels ou des juges de paix (Gauvreau en choisissait rarement parmi les Acadiens); puis, bien traditionnellement, Chandler s’attendait à ce que Gauvreau surveille et contrôle les Indiens.

3. La nomination de Gauvreau en tant que commissaire de s Indiens: Dès 1837, Chandler confia à Gauvreau les fonctions de commissaire des Indiens du comté de Westmorland.

E. Travaux accomplis pendant que Gauvreau fut commissaire des Indiens

1. Election d’un chef:

En juillet 1837, alors que Gauvreau présidait une de leurs réunions générales, les Indiens de la région élirent, en tant que chef, le jeune Peter Bernard, auquel le prêtre prêtait les qualités suivantes: honnêteté, industrie, piété, sobriété et modestie.

2. Efforts pour arrêter la vente d’alcool aux Indiens: En juin 1838, Peter Bernard, muni d’une lettre d’introduction de Gauvreau se présenta chez Chandler, avec qui il discuta des moyens possibles pour décourager les marchands de vendre de la boisson aux siens.

3. Fondation d’une communauté agricole avec chapelle et presbytère: a. Plan: Dès 1837, le chef Bernard, appuyé de Gauvreau, dévisa le plan d’établir une communauté fixe où les Indiens pourraient davantage cultiver la terre.

B. Arrangements avec Chandler: Lors de sa visite en juin 1838, le chef Bernard expliqua aussi au magistrat ce plan d’une communauté fixe. Pendant cette rencontre et bien d’autres, le chef et le magistrat s’accordèrent pour que le comté achète une terre vouée à cet usage.

C. Achat d’une terre: On choisit alors un terrain à la Pointe (les terres entre les rivières Memrmakouke et Petcoudiac), plus précisement une partie (64 acres) des 2000 acres de la “pointe” même qu’Amasa Weldon avait acheté à la famille Des Barres en 1820. Ce lot se trouvait justement au sud de village des Beaumont, dont les habitants (Bourque, Gaudet, Boudreau, LeBlanc) avaient eux aussi acheté aux Des Barres en 1821, pour se mériter les reproches de tous leurs voisins qui continuaient la lutte contre ces puissants propriétaires absents.

Le 15 juillet 1840, les juges de paix du comté de Westmorland payèrent 50 livres à Amasa Weldon qui leur signa le transfert du terrain en question.

D. Déménagement des Indiens:le déménagement se fit sans doute peu après le transfert, à la fin de l’été ou à l’automne de 1840.

E. Construction d’une chapelle: Après un temps difficile, (1835 à 1839), les paroissiens de Memramkouke et de Saint-Anselme construisaient, chacun de son bord, à partir de 1840, de nouvelles églises, celle de Memramkouke étant monumentale pour l’époque. Alors, vers 1841, on proposa de construire sur les terres où venaient de s’établir les Indiens, une chapelle où le prêtre de Memramkouke viendrait dire la messe pour les Indiens et les Blancs de la région. On embaucha donc le maître-charpentier Hilaire à Louis Arsenault du Barachois, qui avait déjà érigé plusieurs églises dont celle du Barachois. La construction, d’un style dit “classique”, fut terminée en 1842.

F. Recensement de 1851:

le recesseur de la paroisse civile de Dorchester (laquelle comprenait Memramkouke), achevant son oeuvre ne octobre 1851, indiqua que dans cette paroisse se trouvait un établissement indien comprenant les éléments suivants: une bonne chapelle, quatre maisons de bois, dix tentes (“camps”) et une population de 40 personnes.

Quelle était belle la Vallée!

Nos deux “Américains de Memramcook”, Pierre et Willie, ont décidé d’aller faire un tour à Beaumont. La visite qu’ils devaient faire à l’église Saint-Thomas a été remise à plus tard. Ils ont entendu dire qu’on voulait réparer l’église Sainte Anne et le presbytère à Beaumont. Comme ils sont très curieux, ils vont aller voir ce qui se passe. Dorilla, la femme de Pierre, et Maggie, la femme de Willie sont arrivées des “Etats” et elles ont rejoint leur mari. Elles ont fait le voyage en Cadillac. Nous souhaitons donc la plus cordiale bienvenue à nos “Américaines” de Waltham. Pour leur part, Maggie et Willie vont passer la journée à Bouctouche et à Sainte-Marie de Kent où ils ont de la parenté. Ils vont donc passer une belle journée “à la côte”, comme le disait si bien ma défunte mère.

Aujourd’hui, c’est le 26 juillet. C’est la fête à Sainte Anne. Et, c’est aussi le jour où les Indiens assistent à la messe à l’église de Beaumont. Pierre et Dorilla sont devant le perron de la maison d’Eustache et de Philomène au Lac. Ils préparent pour se rendre à Beaumont.

Pierre - Vite! Dépêche-toi! Dix heures et demie! La messe des Indiens à Beaumont commence à 11 heures. Grouille-toi!

Dorilla - OK! Hold your horse! Je suis prête. On y va avec la Ford ou la Cadillac?

Pierre - La Ford LTD. C’est mieux!

Bien assis dans la Ford LTD, Pierre et sa femme Dorilla prennent la route pour se rendre à Beaumont. Dorilla est au volant.

Pierre - Le club...à côté du “Liquor Store”...

Dorilla - You don’t say...

Pierre - Le prgrès à Memramcook... C’est ça?... Non?

Dorilla - Et là?... Le magasin de meubles... As-tu vu?

Pierre - Tourne à droite... Petro-Canada... Tu vois?

Dorilla - Don’t get on my nerves!... You know... I can see the CNR tracks... There...

Pierre - Look!... Le pont n’est plus là! Ca change!... Ah! Ha! They made a causeway... HMMMMMM. C’est différent. Je me demande si ça se bouche au pringtemps... You know....

Dorrilla - Quelle belle ligne droite... Devant nous, à droite, c’est la banque?...

Pierre - Tu parles... Parles... Tourne à gauche au faîte de la butte... Tu vois l’église Saint-Thomas. On y reviendra, je te le dis... Notre prochaine visite...

Dorilla - Straight ahead?... Parle.... Parle...

Pierre - L’église Saint-Thomas, c’est là où j’ai été baptisé...

Dorilla - Tout droit ... Oui ou non?...

Pierre - Oui... Oui... Continue...

Dorilla - Chemin Pré d’en Haut... C’est par là qu’on va?...

Pierre - Non! Non! Je veux passer par Taylor Village.

Dorilla - OK! OK!... Je continue...

Pierre - My God! Regarde... Cette maison. Elle est belle

Dorilla - Où ça?...

Pierre - Là à gauche... Continue... Continue... On arrive au Cove.

Dorilla - Belles maisons ici itou...!

Pierre - La maison là ... A droite les fleurs. For God’s sake, It’s full of it...

Dorilla - Arrête de “bagueuler”. On va à Beaumont, Oui ou Non...

Pierre - Don’t get on my nerves...

Dorilla - Excite-toi pas le poil des jambes!

Pierre - Ah!... Regarde là, à droite... là, c’était la vieille école... It’s gone now. L’école... là est en briques asteur... It changes- It’s funny... Et là, à gauche, c’est là qu’est né le sénateur d’Ottawa.

Dorilla - On va tout droit?

Pierre - Où veux-tu qu’on aille? Straight ahead. C’est Taylor Village. Je vais te montrer où je suis né; au faîte de la butte. Tu vois, c’est là à droite, la maison n’est plus là. Vendue, je pense, et déménagée ailleurs. That’s it.

Dorilla - Regarde la belle vue! La rivière chocolat... What a...

Pierre - Les aboiteaux.. Acadia engineering! That’s right. No bluffing. Mon père y a travaillé il y a bien des années, sur les “ans premiers”.

Dorilla - Je continue toujours tout droit.

Pierre - Of course... Keep on... Tu tourneras à droite... Là... le champ de bleuets des Indiens.

Dorilla - On peut pas arrêter! Dommage! Moi, j’aime ça les tartes aux bleuets. On y reviendra...

Pierre - Tu peux pas lire... Regarde là... “No trespassing”...Je ne veux pas retourner à Waltham avec des balles de fusils dans les deux fesses! Les Indiens surveillent leur champ de bleuets. And they’re right. After all, c’est leurs terres. Understand now?

Dorilla - OK! OK! J’ai compris... My God! Le chemin qui va à Beaumont est un vrai accordéon! Yes, a real washbord! For Pete’s sake... Les trous!...je vais avoir les “piles” avant d’arriver à Beaumont...

Pierre - C’est toi qui conduis. Si ça te donne les “piles”, c’est ta faute! Arrête de faire le “cowboy”. Put the breaks on...

Dorilla - Ca va! Ca va! Blabber mouth! I can drive you know...

Pierre - Regarde... Là l’église de Beaumont. C’est bien beau! On m’a dit qu’on voulait faire des réparations...

Dorilla - C’est vrai? That’s great!

Pierre - Lots of cars around the church. Park right there. Let’s go...

Dorilla - Belle église...Pas bien grande... C’est vrai. Regarde 1842. Ça fait longtemps qu’elle existe!

Pierre - Regarde le clocher... C’est beau! Tu vois!

Dorilla - Hurry up!... Grouille toi! Il passe 11 heures. Toute le monde est déjà entré... Come on... On visitera les alentours après la messe.

(A suivre. Au prochain numéro Dorilla emmènera Pierre voir l’empacement où se trouvait la maison de son père, le Grand pacifique à Fidèle le Câgou Belliveau. Ensuite, ils se rendront visiter la belle église de Pré d’en Haut, Enfin, ce sera l’église Saint-Thomas qui les accueillera).

La première église de la Vallée de Memramcook a-t-elle vraiment existé?

Son emplacement- On semble croire qu’elle aurait été située à environ 30 mètres au sud de la maison de M. Bruce Barnhill, sur une colline en face de la rivière memramcook, à upper Dorchester, à proximité du pont couvert de Rockland (maintenant inexistant). La tradition orale nous rappelle que l’église aurait été abandonnée par les Acadiens en fuite au moment de la Déportation.

Il va sans dire qu’il y aurait eu un cimetière acadien sur la propriété de Monsieur Barnhill. Depuis 1780, le terarin de l’é a appartenu à plusieurs fermiers d’origine anglaise. Etant donné que le site a été occupé de façon plus ou moins permanente au cours des années, il y aurait eu de nombreuses modifications quant à l’apparence physique des lieux.

Les dernières fouilles - D’après Edouard Landry, de Collge Bridge, il y aurait des documents historiques qui indiqueraient l’existence d’une chapelle acadienne construite avant la Déportation des Acadiens et qui serait située sur la propriété de M. Bruce Barnhill. Les dernières fouilles ont été entreprises à partir du 23 juillet pour se terminer le 25 du même mois en 1985. (Recherches assez brèves!) Aucune preuve d’activités sur la propriété au cours du 18e siècle. On a cependant exhumé des artefacts et des vestiges du 19e et 20e siècle.

Quelques faits historiques

Les Acadiens qui peuplaient la région de Memramcook venaient probablement de Beaubassin (région d’Amherst). Au moment de la Déportation en 1755, plusieurs Acadiens vivaient dans cette région où la population s’était concentrée surtout dans l’actuel village de Saint-Joseph et sur la rive ouest de la rivière Memramcook, près de l’embouchure, juste en bas de l’emplacement de Rockland. En 1755, les principaux villages situés sur la Baie Française (Fundy) sont détruits.

Le 17 novembre 1755, le lieuteneant colonel George Scott fait son entrée à Memramcook avec environ 250 soldats. Les ordres sont donnés: encercler le village et capturer ses habitants. Scott trouva les maisons vides à l’exception d’une seule. Une femme fut prise en otage. Scott continua jusqu’à “Ouescak” (Westcock?) Où il brûla environ 100 bâtiments. Scott revient à Memramcook le 4 janvier 1756, y capture quelques hommes, mais 80 familles réussissent à s’échapper. Scott avait l’habitude, semble-t-il, de faire des prisonniers et de brûler les maisons, à l’encontre des ordres de ses supérieurs.

Conclusion

On se pose donc la “fameuse” question. Y a t-il eu “oui” ou “non” une première chapelle à upper Dorchester? D’après les fouilles faites en 1985, rien ne “prouve” qu’il y a eu une chapelle à cet endroit. Par contre, les documents et les récits laissent croire à l’existence d’une chapelle acadienne sur ces lieux avant 1756. Enfin, les dernières fouilles en 1985 n’ont duré que 3 jours, soit du 23 au 25 juillet. Donc...Est-ce suffissant pour apporter une preuve concluante? C’est maintenant à vous la parole.

P.L.

Activités archéologiques à Upper Dorchester, Marc C. Lavoie, 1985

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Merci à tous nos bienfaiteurs pour les dons aux portes des églises, au marcheton, des dons en nature, des dons individuels, et aux compagnies suivantes:

Le Gouvernement du Canada Emploi & Immigration

Brunswick Bottling Ltd

Mr. Doughut

Maritme Beverages Ltd

Hostess Potato Chips

Cavendish Farms

MacArthur Flower Shop

Hub Dental Lab

Interior Visions

Lifetime Kitchens

Lasalle Confectionary

Computer World

Aston Shoes Brush & Palettes

Moncton Fish Market

La Tige Verte

Caisse Populaire de Pré d’en Haut Ltée

Caisse Populaire de Memramcook Ltée

Bell Inn

La Société historique Acadienne

War Surplus-La hêtrière

les Soeurs N.-D.S-C.

Thomas Gaudet Assurance Ltée

Appolo Heights

Aztec Construction Ltée

F & G Vidéo

Pharmacie Memramcook

Pizza Delight

Restaurant LeBlanc

Léonce Bourgeois-TapisCormier Fuel

Gaudet Texaco Gaudet Auto Repair

Verger Belliveau

William J. Allain Plombier, Dieppe

Brico

A1 Chimney Sweepers Ltd.

Bernard Lock & Key

L.G. Magasin du Coin

Omer Cormier-Electricien

All Seasons Sport

Zellers

La Mine D’Or

Moi et L’Autre

La coupe Moderne

maison Funéraire Dupuis

Canada Packers

Centennial Office Equipement

Librairie Acadienne

Lomer LeBlanc- Laitier

Dollard LeBlanc-Viande

Robert Gauder-Entrepreneur

Un reçu officiel vous sera envoyé plus tard.

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Fort de Galissonnière à Pointe Rocheuse (pointe Folly)

- Cet extrait est tiré des notes de Placide Gaudet. C.E.A.

Dans le prochain bulletin historique, nous aurons des articles sur ce fort et sur le phare qui a existé jusqu’au début des années 30.