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la Sociéte HistorIque de la Vallée de Memramcook

 

Vol. 1 No 1 mai 1979

 

Le monument Lefebvre

 

Avec ce premier numéro bien modeste, la Sociéte Historique de la Vallée de Memramcook lance aujourd'hui ce petit journal qu'elle veut adresser à toute personne intéressé à l'histoire de la Vallée de Memramcook - que ce soient nos citoyens, nos anciens citoyens, nos amis, nos voisins. Nous voulons vous introduire à notre Société Historique, ses buts, ses activités, et aussi, faire connaître la riche histoire de notre Vallée.

 

C'est notre intention de publier plusiurs numéros de ce petit journal au cours de l'année, traitant d'une variété de sujets et de thèmes se rapportant à l'histoire : nous espérons qu'ils vous intéresseront, et nous invitons vos suggestions et vos commentaires.

 

Message du Président

de LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE LA VALLE DE MEMRAMCOOK

À la réunion annuelle du 25 mars 1979

 

Il me fait plaisir à titre de président de la Société historique de la Vallée de Memramcook de pouvoir vous donner une idée assez générale de ce qu'est notre société historique, de vous parler de ses activités et de ses projets futurs. Je me dois de vous dire tout de suite que la Société Histo rique de la Vallée de Memramcook est une des plus jeunes des sociétés historiques, car elle n'a qu'un peu plus de deux ans d'existence.

 

Il est fort probable que la fondation d'un tel organisme a été amenée à la suite d'un projet quelconque ou d'une idée issue d'un besoin historique. Ainsi par exemple, pour ce qui est de la société de la Vallée, il nous faut revenir quelque peu en arrière, si nous voulons trouver la vraie raison de sa création. Au mois de novembre 1976, plus d'une centaine de personnes représentant une vingtaine d'organismes avaient été invitées au Monument Lefebvre afin de voir ensemble ce qui pourrait être fait pour sauver le Monument et même le faire revivre si possible. A cet effet, un comité de quinze personnes fut formé dans le but de se réunir et de former une société dont le mandat serait de sauver le Monument. Au début de l'année '77, ces mêmes personnes avec la collaboration d'un certain nombre d'autres intéressées au projet nommèrent dix personnes qui devaient former le premier bureau de direction. Dès les premières réunions, les membres du bureau de direction décidèrent du nom de la société, firent les démarches nécessaires pour avoir notre charte, nommèrent un comité pour préparer les statuts et réglements, en un mot firent tout ce qui est nécessaire pour la mise en marche d'un tel organisme.

 

Quant au but que devait avoir notre société, nous avons formulé le suivant: "Le but de la Société est de grouper les personnes qui s'intéressent à l'histoire, particulièrement à l'histoire de la Vallée de Memramcook et de ses environs. La principale fonction de la Société sera la découverte, la collection et la publication de tout ce qui peut contribuer à mieux faire connaître et aimer l'histoire de la Vallée de Memramcook. La société prendra des mesures pour conserver tout ce qui se rapporte à l'histoire de la Vallée de Memramcook, pour que ce soit accessible à ses membres et à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la Vallée de Memramcook. La société fera connaître l'histoire de la Vallée de Memramcook et coopérera avec les autres sociétés historiques qui poursuivent un but analogue dans leur région.

 

Mais comme la raison première d'être de la société était de sauver le Monument, dès les premiers mois le bureau de direction a fait des démarches auprès de différents groupes ou organismes afin de voir ce qui pouvait être fait afin de ne pas seulement sauver le Monument, mais même le faire revivre. En plus des démarches que nous avons faites auprès de Parc Canada, soit par lettre ou par rencontres avec les administrateurs, nous avons aussi rencontré le Conseil d'Administration de l'Institut afin de conclure une entente en vue de l'utilisation du Monument. Déjà à ce moment‑là la Commission Nationale des Lieux et Sites Historiques du Canada était informée de nos intentions quant à l'avenir du Monument et ce grâce à M. Jules Léger. Si aujourd'hui on parle d'utiliser le Monument comme lieu d'interprétation du fait de la survivance acadienne, c'est bien à la suite du travail fait par M. Léger auprès des membres de cette dite commission. Aussi nous lui en serons toujours reconnaissants.

 

Encore à présent, nous sommes toujours en contact avec les gens de Parcs Canada et tâchons d'être le plus��� info rssible de ce qu'ils pensent faire avec une partie du Monument. Le bureau de direction est bien conscient du rôle qu'il a à jouer dans cesens. Aussi ce projet demeure toujours une de nos priorités, même si la société s'est donné d'autres buts.

 

Dès nos premières réunions, nous avons essayé de nous motiver en prenant connaissance de quelques feuilles qui traitaient de certains aspects de l'histoire de la Vallée. Mais comme la région n'a pas son histoire d'écrite, le bureau de direction a fait tout son possible pour trouver quelqu'un qui serait intéressé à entreprendre un tel projet. Après avoir trouvé la personne, nous avons eu de Canada au Travail un projet pour la durée d'un an. Ainsi nous avons pu embaucher quatre personnes qui ont ramassé et classifié une grande quantité de documents sur la période de 1765 à 1845. Ensuite ils ont pu commencer la rédaction de leur recherche qu'ils n'ont pu terminer faute d'argent. La projet de cette recherche est intitulé "Memramcook: un siècle d'histoire". A l'automne, nous nous proposons de renouveler notre demande pour un autre octroi dans le cadre de Canada au Travail.

 

Grâce aux dmarches de notre secrétaire auprès de l'Office National du Film, nous avons obtenu l'unique copie du film intitulé "Les Aboiteaux", qui a été tourné dans la région au début des années '50.

 

Quant aux réunions de nos membres, nous avons tenu trois réunions générales jusqu'à présent. La première fut marquée par le lancement du livre de Della Stanley sur Pierre‑Amand Landry et de celui de Charlotte Cormier intitulé "écoutez bien, petits et grands". Aussi lors des Fêtes Acadiennes de la Vallée l'été dernier, la Société historique organisa une soirée à laquelle avaient été invités Lorraine Léger qui parla des chevaries, Paul Surette qui donna un aperçu de la recherche faite sur l'histoire de la Vallée, et Bernard LeBlanc qui présenta une série de diapositives sur des maisons de la région. Enfin, la troisième réunion eut lieu à 1a fin de janvier à l'occasion de notre première assemblée annuelle. En plus des rapports réguliers, quelques personnes prirent la parole, à savoir le Dr Jean Daigle, Paul Surette et quelques représentants de Parc Canada. Pour terminer le tout, l'Office National fit la projection du film "Les Aboiteaux" et la présentation de la bobine à la société.

 

Au cours des prochaines années, nous aimerions pouvoir identifier et localiser un certain nombre de sites historiques de la Vallée. Comme Memramcook est une des plus vieilles paroisses acadiennes, nous sommes conscients des possibilités dans ce domaine. Aussi il nous faudrait songer l'érection de quelques monuments.

 

Présentement, nous faisons des démarches en vue d'avoir un projet de "Jeunesse Canada au Travail", dans le but de cueiller et classifier tout document ayant une valeur historique. Nous voulons profiter de l'occasion pour faire l'inventaire des objects historiques dans la Vallée. Nous croyons que ce travail est très urgent.

 

Au cours de l'année, nous nous proposons de publier un bulletin ou une feuille historique. C'est là certes une nécessité si nous voulons sensibiliser les gens de notre milieu à un patrimoine.

 

Un projet qui nous tiens beaucoup à coeur et dont la réalisation n'est pas pour demain, est d'avoir un jour un musée dans 1a Vallée. Nous savons que c'est là un projet de longue haleine et que nous aurons à y mettre beaucoup d'efforts.

 

Enfin, les membres du bureau de direction sont conscients du travail qu'il y a à faire, mais ils sont optimistes quant à la réalisation de certains des buts qu'ils s'étaient donnés dès la fondation de la société. Avec la collaboration de quelques personnes dévouées et convaincues de la cause, ii est possible de réaliser plusieurs projets d'intérêt historique dans la Vallée. C'est là mon souhait comme président de la Société historique de la Vallée de Memramcook.

 

Edmond Babineau, président

 

La Société Historique de La Vallée de Memrar!mcook publiera plusieurs numéros de ce petit journal au cours de l'année. Le coût de chaque exemplaire ‑ $1.00 aux non‑membres.

 

Le journal sera distribué gratuitement aux membres de la Société.

 

Pour assurer que vous receviez chaque numéro aussitôt publié, il suffit de faire parvenir votre cotisation de membre ($5.00), avec votre nom et adresse, au Comité de Publication, C. P. 235, St‑Joseph, N.‑B. Toute demande d'information peut aussi être adressée à cette même adresse.

 

Arbre généalogique de la famille BREAU de Memramcook

 

1o VINCENT BROT, né en 11, en France; arrivé en Acadie (à Port‑Royal) vers 1652. En 1661 il épousa Marie Bourg (Bourque), dont les parents, Antoine Bourg et Antoinette Landry, étaient arrivés en Acadie de France en 1642.

 

Un recensement par‑Sieur Randin, 1e 5 novembre 1671, nous fournit l'information suivante:

 

Vincent Brot, agriculteur, âge: 40; sa femme, Marie Bourg, âge: 26. Enfants: quatre ‑ Marie, 9; Antoine, 5; Marguerite, 3; et Pierre, 1 an. Bétail: 9, et 7 brebis. Terre en cultivation: 4 acres.

 

Vincent Brot est décédé à Port‑Royal en 1686, à l'âge de 55 ans; sa veuve Marie y est décédée en 1730, à l'âge de 84.

 

Certains des onze enfants de Vincent Brot ont souffert les misères de la déportation de 1755:

 

Pierre, qui était âgé de 85 ans lors de la déportation, fut déporté avec sa femme, Anne LeBlanc, âgée de 75 ans, et leur famille. Leurs noms paraissent sur un document en date du 25 avril 1757, intitulé: "La condition des habitants français de la Nouvelle‑Écosse habitant le bourg de Braintree, à dix milles au sud de Boston, contenant les noms de ces personnes, et l'état de leur santé."

 

Paul Brot, né en 1717 (aussi fils de Pierre), marié à Marie‑Josèphe Landry, fut envoyé au bourg de Waltham, avec sa famille de six enfants.

 

Les Acadiens exilés sont restés là où ils avaient été déportés pour une dizaine d'années. Puis, en 1766, le Canada étant redevenu une possession anglaise, tout comme les États Unis, ils ont demandé permission de retourner au Canada. LA GAZETTE de Québec, le premier septembre 1766, publiait ce rapport: "Le Schooner Ferry" est arrivé de Boston hier soir, avec 40 Acadiens..." Et une semaine plus tard, le 8 septembre, un autre rapport dans LA GAZETTE nous dit: "Le Schooner Good Intent", sous le capitaine Samuel Harris, est arrivé aujourd'hui avec un bon nombre d'Acadiens ...."

 

2o JEAN BROT, né en 1675, fils de Vincent. Brot et de Marie Bourg, marié en 1699 à Anne Chiasson, fille de Gabriel Chiasson et de Marie Savoie, de Beaubassin. Ils se sont établis à Port‑Royal, où Jean est décédé le 17 avril 1751, à l'âge de 76 ans.

 

Bien que Jean soit décédé quatre ans avant la déportation, certains de ses enfants ont été déportés: Pierre, né en 1712, et Simon, né en 1718, furent déportés au Massachusetts; Antoine, né en 1717, fut déporté au Connecticut. Le frère de Jean, Antoine, (né 1666, marié en 1687 à Port‑Royal à Marguerite Babin) et leur fils Charles (de Pisiguit, marié à Claire Trahan) furent faits prisonniers par les Anglais le 5 septembre 1755, puis internés dans le Fort Édouard, à Windsor, et le mois suivant ils furent embarqués à bord l'un des navires, soit le Sloop Ranger ou le Dolphin, et firent voile du Bassin des Mines le 27 octobre 1755, à destination du Maryland, aux États Unis. On les retrouve le 7 juillet 1763 à Port Tobacco, au Maryland, et vers 1766, ils quittèrent cette localité, se rendirent à la Louisiane et se fixèrent à St‑Gabriel, Iberville. Ils firent ce long trajet à pied.

 

3o AMBROISE BROT, né en 1705, fils de Jean Brot et d'Anne Chiasson; marié à Port‑Royal le 29 octobre 1726, à Marie Michel, fille de Jacques Michel et de Catherine Commeau. Il s'est établi à Chipoudie (aujourd'hui Riverside, comté d'Albert), devint ensuite, vers 1760, l'un des premiers colons et pionniers de Néguac, N.‑B.

 

Ambroise et la plupart des membres de sa famille ont échappé à la déportation en se cachant dans les bois dans la région de Beauséjour et à filer l'est de notre province actuelle du Nouveau‑Brunswick.

 

Cependant, Athanase, le fils d'Ambroise, marié à Marie LeBlanc, habitait St-Jacques de Cabahannocer, en Louisiane, en 1766, avec deux enfants; il y est encore, avec cinq enfants, en 1777.

 

4oJOSEPH BREAU, né à Port‑Royal le 17 juillet 1727, fils d'Ambroise et de Marie Michel. Né à Port‑Royal, Joseph est allé avec ses parents d'abort à Chipoudie, puis à Néguac. En 1760 il épouse Marie‑Blanche Boudreau. Le ménage s'établit à Richibouctou. En 1768 Joseph fut interné au Fort Edouard, à Windsor, N.‑E., jusqu'en 1770, alors qu'il s'établit à Memramcook‑est avec sa famille.

 

5oJOACHIM BREAU, né à Richibouctou vers 1772, fils de Joseph Breau et de Marie-àBlanche Boudreau; marié en avril 1809 à Richibouctou, à Victoire Blanchard, fille de Joseph et de Marie Henri, du Village d'Aldouane. Victoire est décédée à Memramcook le 16 janvier 1859, à l'âge de 70; Joachim est décédé au même endroit le 13 janvier 1864, à l'âge de 77 ans.

 

Ce Joachim Breau est l'ancêtre de tous les Breau de Memramcook.

 

6o DOMINIQUE BREAU, né à Tédiche (Dupuis Corner) le 31 décembre 1812, fils de Joachim et de Victoire Blanchard. Le 22 septembre 1834 il épouse Françoise Hébert, née à Tédiche le 11 septembre 1815, fille jumelle de Joseph Hébert et de sa première femme, Victoire LeBlanc. La famille s'est établie dans la paroisse de Memramcook, où Dominique fut inhumé le 28 octobre 1883.

 

7o OLIVIER BREAU, né à Memramcook, fils de Dominique Breau et de Françoise Hébert; le 19 juillet 1875, à Memramcook, il épouse Sylvie LeBlanc , née le 20 mai 1854, fille jumelle de Laurent LeBlanc et de Lucie DesBarres, de Menoudie, N.‑E. Olivier est décédé à Memramcook le 15 janvier 1920; Sylvie le 16 mars de la même année.

 

8o ALFRED BREAU, né à Memramcook le 13 avril 1893, fils d'Olivier Breau et de Sylvie LeBlanc; marié à Rhéa LeBlanc, fille de Napoléon LeBlanc et Arthémise Gauvin.

 

Joachim (Josh) Breau (frère d'Alfred), né à Memramcook en août 1882, marié à Joséphine LeBlanc, fille de Dosithé LeBlanc;

 

Jean (Johnny) Breau (frère d'Alfred et de Joachim), né à Memramcook en mai 1896, marié 1o Marie Ouellet, fille de Maximilien Ouellet, et 2o à Rosée Cormier, fille d'André Cormier.

 

Memramcook : un siècle d'histoire

 

Pour longtemps après sa fondation au tournant du XVIIIe siècle, la colonie de la vallée de laMemramrkouke constituait un des postes les plus avanc�é de la frontière acadienne. Mais, ce fut peu de temps après la déportation que cette région prit sa plus grande importance et devint même cruciale pour la survie des Acadiens, Ceci s'explique principalement par deux raisons.

 

Puisque ces terres furent réservées à des militaires anglais qui ne s'y installèrent jamais, elles ne furent pas accaparées par des villages anglophones comme ce fut le cas de la plupart des anciens marais acadiens. Alors, peu de temps après les dispersions des Acadiens purent y revenir. De plus, à cause de plusieurs circonstances heureuses, pour ne pas dire providentielles, la petite communauté acadienne qui s'y établit fut plus ou moins laissée en paix.Elle ne fut pas beaucoup dérangée durant une période de quelques 15 ans.

 

Ce fut la chance dont ces Acadiens avaient grand besoin pour reprendre leur souffle. Bien qu'après cette tranquilité bénéfique ils aient été durement éprouvés par milles difficultés: des ingérences, des tracasseries, des évictions, des menaces de prison, etc., ils avaient eu le temps pour accomplir leur travail essentiel, celui de rebâtir leur société acadienne. Celle‑ci avait déjà pris racine.

 

Au tournant, du XIX siècle, ce fut cette civilisationtion acadienne que les colons de Memramkouke purent répandre sur une vaste étendue qui allait de Tracadie aux deux Chimogoui. Il s'agit principalement des comtés actuels de Westmorland et de Kent.

 

Le mode de vie que Memramkouke avait recrée n'est rien d'autre que celui qui se continue maintenant. Donc, pour les Acadiens d'aujourd'hui qui veulent comprendre pleinement leur situation actuelle (et surtout ceux de la partie sud de la province), il s'impose de regarder ce que leurs ancêtres de Memramkouke ont construit et prépare durant cette période très importante.

 

Ce fut précisément ce thème qui fit l'objet du projet "Memramcook: un siècle d'histoire". Celui‑ci fut parrainé par La Société Historique de Memramcook, et fut mis sur pied à la fin de janvier 1978, grâce à une subvention Canada au travail. La plupart de sa durée d'une année fut consacrée à fouiller complètement plusieurs immenses fonds documentaires, surtout gouvernementaux, qui touchent cette période. A l'heure actuelle plusieurs milliers de documents ont été inventoriés, copiés et classifiés. Ils constituent un important fond d'archives pour la Société Historique de Memramcook et ils seront plus tard mis a la dispoistion de tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la région.

 

Enfin, durant guère plus de deux mois, l'équipe de projet a écrit la plupart d'un premier volume de l'historique de Memramcook. De plus, le capital historique amassé et préparé permettra de faire plusieurs autres volumes sur cette très importante période.

 

Paul Surette,

jadis directeur du projet "Memramcook : un siècle d'histoire".

 

Faits et dates historiques sur les origines de Memramcook

 

1605 ‑ Exploration des cartes de la baie Fundy au Cape Cod par Champlain et Poutrincourt. Ils ont fait mention d'une Pointe Rocheuse à l'embouchure des rivières Memramcook et Petitcodiac : c'est tout probablement la pointe de Beaumont, ou Folly Point, nommée ainsi par le cartographe DesBarres en l'honneur de son arpenteur, nommé Folly.

 

1612 ‑ Biencourt et les Pères Biard et Massé, Jésuites, se rendirent à la rivière Memramcook. Ils racontent qu'il y avait une trentaine de campements indiens, comprenant 60 à 80 cabanes.

 

1676 ‑ Memramcook est inclue dans la seigneurie de la Vallière, qui comprenait Beaubassin (Amherst et Sackville) et le territoire des trois rivières Shepody, Petitcodiac et Memramcook.

 

Vers 1680 ‑ Un bateau français exporte 3,000 peaux et fourrures, dont la majeure partie venait de nos régions.

 

1698 ‑ Pierre Gaudet et René Blanchard, deux jeunes aventureux du haut de la rivière Port‑Royal, vinrent se défricher un lot près de l'ancien pont de Rockland. Ils accompagnaient leur oncle, le meunier Thibodeau, qui s'était établi à Shepody. Par la suite quelques colons s'établirent dans la région avant 1710.

 

1713 ‑ Traité d'Utretcht, par lequel l'Acadie passe définitivement sous l'Angleterre. Celui‑ci réclame 1e territoire des trois rivières, y compris Memramcook. De nouveaux colons vinrent s'établir dans notre région, pour s'éloigner de la domination anglaise.

 

1740 ‑ Après cette date la colonie de Memramcook progresse rapidement. C'est à cette période que la première chapelle fut construite, près du pont de Rockland.

 

Vers 1749 ‑ Erection du Fort de la Gallissonnière à la Pointe Rocheuse (Beaumont) pour protéger les limites de la colonie française. Le plan de ce fort est aux Archives de la Marine, à Paris. Ce projet fut abandonné et remplacé par l'érection du Fort Beauséjour.

 

1751 ‑ Recensement de Memramcook. On comptait dans la Vallée 51 familles et 250 personnes. La colonie devint prospère. L'abbé Leloutre avait obtenu de l'aide financière du gouvernement français, pour assécher les marais.

 

1755 ‑ Expulsion des Acadiens ‑‑ prise du Fort Beauséjour par les Anglais. Les colons de Memramcook sont tenus à l'écart. C'est en 1756 que le colonel Scott, avec 300 hommes, se dirigea vers Memramcook; ils brulèrent 125 bâtiments et s'emparèrent de 300 têtes de bétail et chevaux. Ils revinrent trois fois au cours de l'hiver pour chasser les Acadiens cachés dans les bois (ils durent vivre cachés ainsi pendant sept ans).

 

1763 ‑ Traité de Paris, où la colonie de la Nouvelle‑France (Québec) passe sous l'Angleterre. Les colons acadiens signèrent une soumission et par la suite s'établirent de nouveau à Memramcook, ainsi que d'autres colons réfugiés au Fort Beauséjour, au Fort Édouard (Windsor), de la Nouvelle‑Angleterre et de la rivière St‑Jean.

 

1767 ‑ Memramcook est desservi par les missionnaires ambulants, les abbés Bailly et Bourg.

 

1772 ‑ DesBarres achête la concession des terres incluant le territoire de 1a Vallée de Memramcook, jusqu'à Calhoun.

 

1780 ‑ Construction de l'église de la Montain par l'abbé Bourg.

 

1781 ‑ Érection canonique de la paroisse sous le vocable de St‑Thomas, par Mgr Briand, Évêque de Québec.

 

1782 ‑ L'abbé Joseph Thomas Leroux fut nommé premier curé résident de Memramcook, avec missions des paroisses avoisinantes. I1 décéda en 1794 ‑‑ les restes mortels reposent sous l'église de pierre actuelle.

 

1796 ‑ Incendie de l'église de la Mcntain, dont le toit était couvert de chaume.

 

Vital Gaudet